Asie hors émergents

Albert Edwards : j’ai eu tord j’étais trop haussier !!!

Albert Edwards :  j’ai eu tord j’étais trop haussier !!!  

Actions : baisse attendue avec le départ des baby-boomers en retraite 

– « Les pessimistes actions constituent aujourd’hui une espèce menacée, tout comme ils l’étaient en 2007. Je me suis longtemps fondé sur le modèle japonais pour analyser la situation actuelle des Etats-Unis et du Royaume-Uni. J’ai longtemps cru qu’une décennie perdue était la conséquence inévitable de la mauvaise gestion éhontée des banques centrales.Notre thèse de l’Age de glace tablait sur un marché action baissier à long terme , comme cela a été le cas au Japon », affirme Albert Edwards de Société Générale Cross Asset Research.

PLUS DAGE DE GLACE EN SUIVANT :

La plupart des observateurs rejettent la comparaison avec le Japon, notamment en arguant de la situation démographique plus favorable des Etats-Unis. En effet, j’ai pensé aussi qu’au-delà de la décennie perdue et du marché baissier à long terme, les perspectives pour les Etats-Unis étaient nettement plus optimistes que pour le Japon. Désormais, j’estime que j’ai peut-être été trop optimiste.

A la fin du mois d’août 2010, alors que le S&P était en baisse de 6% et que l’économie se dirigeait peut-être vers un scénario de récession en double creux, la promesse d’une seconde phase d’assouplissement quantitatif a permis au marché d’engranger +16% sur le dernier tiers de l’année, réalisant ainsi une respectable progression annuelle de 13%. L’article de Ben Bernanke de novembre dans le Washington Post explicitait cette politique : des cours de Bourse orientés à la hausse renforceront l’effet richesse des ménages et favoriseront un accroissement de la confiance, ce qui peut permettre de dynamiser la consommation. L’augmentation des dépenses développera les revenus et les profits qui, dans un cercle vertueux, viendront soutenir davantage l’expansion économique.

 

 

 

 

Bernanke and Krugman Cartoon

 

Et cette prévision s’est bien matérialisée. Depuis la fin août, les actions ont effectivement enregistré un rebond. Les indicateurs avancés se sont redressés. La consommation a repris. L’emploi s’est amélioré. Un cercle vertueux à n’en pas douter ! Malheureusement, les responsables de cette politique n’ont toujours pas tiré les leçons de la Grande Récession : le fait d’asseoir la croissance économique sur une politique d’assouplissement monétaire conduisant à une hausse du prix des actifs est un processus purement et simplement voué à l’échec.

Du côté sell-side, j’ai le sentiment d’être le dernier des baissiers. Et ce n’est pas la première fois que j’expérimente cette solitude. Cependant, au-delà de l’ajustement de l’Age de glace (qui est loin d’être fini), j’avais nourri l’espoir que les Etats-Unis pourraient, une fois leur désendettement accompli, peut-être échapper à une réplique complète de la débâcle du Japon, principalement grâce à une conjoncture démographique plus favorable.

Nous avons prévenu pendant près de quinze longues et déprimantes années que, lorsque la bulle économique et boursière américaine éclaterait, les perspectives pour l’économie et le marché post-bulle ressembleraient peu ou prou à celles du Japon. Nous anticipions que le marché actions baissier à long terme s’étirerait sur plus d’une décennie, certes ponctuée de brèves périodes de rebonds cycliques.

Des différences majeures existent néanmoins aux Etats-Unis par rapport à la conjoncture japonaise. Alors que la plupart des commentateurs continuellement haussiers se sont focalisés sur le potentiel de hausse du marché américain par rapport à l’expérience japonaise, nous avons également constaté, qu’à bien des égards, les Etats-Unis étaient plutôt en plus mauvaise posture que le Japon (un pays, tel le Japon, socialement plus équitable et affichant une plus grande cohésion, supporterait davantage les difficultés économiques).

Selon moi, deux différences significatives ont toujours permis aux Etats-Unis de se démarquer favorablement du Japon. Tout d’abord, compte tenu de leurs soldes extérieurs divergents, une situation de monnaie faible semblait plus probable aux Etats-Unis qu’au Japon qui, pour sa part, pâtissait d’un yen élevé.

America Is Winning The Trade War Against Everyone EXCEPT China

 trade deficit by country

Image: Courtesy of CFR

En outre, la situation démographique était nettement meilleure aux Etats-Unis qu’au Japon. Mon collègue Dylan Grice a d’ailleurs noté que le PIB japonais était relativement favorable après ajustement du déclin de la population. En effet, l’économie japonaise a réalisé de bonnes performances sur la base du PIB par travailleur. En observant les données démographiques du Japon fournies par les Nations-Unies, leur caractère alarmant paraît évident. Cela dit, contrairement aux hypothèses généralement retenues, la croissance rapide de la population n’est pas une condition suffisante à une croissance économique rapide. Toutefois, si les données démographiques seules ont déterminé la croissance du PIB, alors les perspectives américaines sont favorables, même comparées à la Chine.

 

Le tableau rassurant offert par les Etats-Unis contraste largement avec celui (…) qui laisse apparaître que la situation démographique future aux Etats-Unis semble, en tout point, aussi mauvaise que celle du Japon, au moins jusqu’en 2030 environ (tableau qui représente la population active en pourcentage de la population totale). Et bien que l’âge des travailleurs continue d’augmenter au cours de la période de prévisions, le nombre de retraités s’accroît encore plus vite.

 

(…) Les prix des actifs aux Etats-Unis ont atteint un plafond quinze ans après le Japon (2007 contre 1992), parfaitement en ligne avec le plafonnement de la population active en pourcentage de la population totale. (…) si la croissance du PIB pouvait être corrélée plus étroitement avec la croissance en valeur absolue de la population active, la hausse du prix des actifs pourrait être plus étroitement corrélée à la proportion de travailleurs au sein de la population totale.

 

Si tel est le cas alors que les anciens baby-boomers commencent à partir à la retraite, cette catégorie en pleine expansion tendra à liquider ses actifs. Cette tendance ne fait qu’exacerber le marché baissier de long terme pour les prix de l’immobilier (qui ont déjà entamé un nouveau repli) ainsi que le marché actions. Cela signifie que Ben Bernanke, en dépit de tous ses efforts, pourrait ne pas empêcher que le marché baissier à long terme ne se matérialise pleinement jusqu’à ce que des valorisations planchers ne soient atteintes. Sachant que certains indicateurs clés de valorisation des actions se situent encore quelque 50% au-dessus de leur moyenne, le marché baissier pourrait atteindre des niveaux bien plus bas que je ne l’avais escompté précédemment.

  Commentaire du Wolf :  Avec le S & P à presque 1300, les stocks se négocient à un PER de 24X, selon le professeur Robert Shiller le ratio PE corrigé des variations conjoncturelles (CAPE). Cela se compare à une moyenne à long terme d’environ 16X. Ainsi, selon cette mesure (et plusieurs autres), les aCTIONS sont surévaluées d’environ 50%

Shiller PE 011511

Blue line = PE, Red line = 10-year interest rate

Image: Robert Shiller

GMO Asset Forecasts December 31 2010

Image: GMO

Source SG/Zero hedge/AOF / Funds  jan11

EN BANDE SON :  

 

1 réponse »

  1. « Nous avons prévu pendant quinze longues et déprimantes années que… »
    Tout est dit!

    Et vous continuez à créditer l’oiseau!C’est pas Albert mais Django Edwards!

    J'aime

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