Agences de Notation

Tous pour un, un pour tous : Fed, Banques, Agences de notation, Politiciens responsables de la crise

Tous pour un, un pour tous :  Fed, Banques, Agences de notation, Politiciens responsables de la crise

Si tu ne vas pas à la crise… soit assuré qu’elle viendra à toi !!!! 

Très attendu, le rapport de la Commission d ‘enquête sur la crise financière n’épargne personne à Wall Street. La crise financière de 2008 était évitable. Voilà, en substance, les conclusions du rapport de la Financial Crisis Inquiry Commission (FCIC). Cette commission a enquêté depuis mai 2009 sur les causes de l’effondrement du système financier, à la demande du Congrès américain. Les divisions du panel à l’origine du rapport pourraient toutefois minimiser sa portée, déplore le NYT, qui précise que les six démocrates siégeant à la commission ont approuvé les conclusions de l’enquête, tandis que trois membres républicains ont livré une version « dissidente » de leurs conclusions. Le Rapport reste cependant une véritable mine pour les historiens économiques, plus de 700 témoins auditionnés, des millions de pages de documents épluchées pendant plus d’un an, pour un total de 600 pages rédigées dans un style imagé, parfois émaillé de citations de Shakespeare inspirées par son président, Phil Angelides, retrace les origines de la crise qui a vu se volatiliser 11.000 milliards de dollars de richesse des foyers américains…la commission rappelle aussi que 26 millions d’Américains sont aujourd’hui sans emploi et que 8 millions de foyers ont vu leurs logements saisis ou sont parties prenantes à des procédures de saisies.

14. Mortgage Delinquencies by Loan Type

EN LIEN : LE RAPPORT EN PDF 

PLUS DE FCIC EN SUIVANT :

Personne n’est épargné par ce rapport de 662 pages: les régulateurs, les hommes politiques, les banques et les agences de rating en prennent tous pour leur grade.

Une absence totale de sens commun

Et le rapport de pointer les erreurs flagrantes d’Alan Greenspan et de son successeur à la tête de la Réserve fédérale américaine. Le premier est accusé d’avoir prôné une dérégulation à tout va et d’avoir échoué à ralentir la propagation des prêts hypothécaires toxiques sous son mandat. « Un exemple majeur de négligence » note la FCIC. Particulièrement responsable aux yeux de la commission d’enquête : Alan Greenspan, qui a refusé d’utiliser les moyens à sa disposition pour enrayer les pratiques prédatrices en matière de financement immobilier au prétexte qu’une limitation des financements «subprime» se serait avérée «nuisible» pour les marchés. En s’abstenant de mettre en place une réglementation en ce domaine dès 1994, il aurait largement contribué à favoriser la «bulle des subprimes».Bernanke est, lui, critiqué pour ne pas avoir su prévoir la crise.



L’administration Bush se voit aussi montrée du doigt pour sa réponse « inconsistante » à la crise, en laissant Lehman Brothers s’effondrer en septembre 2008, quelques mois après avoir sauvé Bear Stearns de la faillite. Henry Paulson, le secrétaire au Trésor, est critiqué pour avoir assuré en 2007 que « la crise du subprime resterait contenue ».


Le rapport n’épargne pas les démocrates pour autant. Il souligne le rôle clé qu’a joué la décision en 2000 de maintenir les transactions de gré à gré sur les dérivés hors du circuit de la régulation.

17. OTC Derivatives Outstanding. That’s in Trillion

Un gros bémol cependant c’est l’oubli volontaire du role joué par Fannie Mae et Freddy Mac les 2 agences publiques véritable bras politique du Parti Démocrate et qui auront permis au passage l’enrichissement éhonté de quelques politiciens véreux  


Timothy Geithner, l’actuel secrétaire au Trésor, est aussi critiqué pour ne pas avoir vu les problèmes de Citigroup et Lehman lorsqu’il était gouverneur de la Réserve fédérale de New York.

La Securities and Exchange Commission a aussi été critiquée ,coupable d’avoir largement contribué à cette dérive par son «médiocre contrôle des cinq principales banques d’investissement».

De même, l’assureur AIG a profité de la «faiblesse» du régulateur des assurances, l’Office of Thrift Supervision pour diffuser des produits toxiques que le Président de la FED de New York, Timothy Geithner, qualifiait lui-même de «bag of shit» («sac de merde»).

20. Counterparty Payments

Trop de levier

Les récriminations contre les banques sont nombreuses. La FCIC accuse les firmes de Wall Street d’avoir fonctionné « avec une base très maigre de capital ». En l’occurrence, pour un dollar détenu, elles en empruntaient 40… « Une chute de 3 % de la valeur de leurs actifs pouvait provoquer la faillite d’une banque ».

18. Cost of Interbank Lending. Comapre to SHIBOR today.

Le rapport pointe aussi le « shadow banking », lorsque les actifs à risque des banques sont placés hors bilan. « Ceci a caché le niveau réel d’endettement de banques comme Bear Stearns et Lehman Brothers », souligne Byron Georgiou, un des commissaires.

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La FCIC accuse aussi le manque de gestion de risque et le non respect des règles élémentaires de gouvernance d’entreprise. « Les firmes se sont trop appuyées sur des modèles mathématiques pour évaluer leurs risques », commente la commissaire Brooksley Born.

La taille des banques, supposée « trop grosse que pour tomber », est également épinglée.

Tout comme les bonus mirifiques dans le secteur. « Les bonus ont motivé les firmes financières à utiliser l’endettement pour doper leurs rendements et à rémunérer agressivement les traders pour qu’ils génèrent de la performance », note le rapport.

La FCIC a révélé que Goldman Sachs avait profité du sauvetage de la compagnie d’assurances AIG pour obtenir encore plus de remboursement de celle-ci sur des credit-defaut swaps, ces contrats à terme permettant de se couvrir contre le risque de défaut d’un émetteur. Ces remboursements sont évalués à 3,4 milliards de dollars. Elle pointe aussi la commercialisation des titres adossés à l’immobilier, « alors que les banques connaissaient déjà l’état de déliquescence du marché immobilier américain ».

Parmi les principales firmes de Wall Street visées par le rapport, Goldman Sachs est ouvertement accusée d’avoir «démultiplié les effets de la chute du marché des subprimes» en jouant un rôle central dans la création et la diffusion des produits toxiques (CDO), notamment sous le «règne» de Henry Paulson, de 2004 à 2006, avec la complicité active des trois agences de notation Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch.


 For those who still don’t get it, here is what an RMBS is.

«Au total, entre 2004 et 2007, Goldman a conçu et commercialisé 47 CDO synthétiques d’une valeur faciale cumulée de 66 milliards de dollars (…) Nombre de ces actifs risqués ont fini dans les bilans d’importantes institutions aux risques systémiques et ont contribué à leur effondrement ou leur quasi faillite au moment de la crise financière».

Agences myopes

Enfin, le rapport de la FCIC critique les modèles utilisés par les agences de notation. Moody’s a estimé que les prix de l’immobilier américain progresseraient de 4 % par an lorsqu’elle a developpé son modèle pour noter les titres adossés à l’immobilier en 2003. Les prix ont au contraire chuté de 28,5 % depuis juillet 2006 jusqu’en février 2010. Un déclin que Moody’s n’a pas vu venir. « L’échec des agences de notation fut un rouage important dans la mécanique de destruction du système financier » note le rapport.

19. Money Market Funds

Ce portrait au vitriol d’un système malade est renforcé par la vision des membres républicains du panel, qui ont livré leurs propres conclusions mercredi. Ces dernières mettent l’accent sur les flux de capitaux massifs issus du développement asiatique, venus nourrir la bulle spéculative en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que sur la politique d’accès à la propriété pratiquée aux Etats-Unis depuis des décennies. Pour ces membres, le rapport adopté par la commission fait trop peu de cas des facteurs internationaux et ne sépare pas assez « les causes des effets ».


Ce rapport de plus de 600 pages se veut le «récit historique» et fidèle d’une crise née avec des prêts immobiliers à risque, qui a gagné l’ensemble du système financier et a été lourdement payée par tous les Américains.

«La machine à prêts immobiliers», «La folie», «L’explosion», «La chute de l’économie»… les titres de chapitres rappellent les épisodes d’un drame qui n’est pas vraiment fini, vu l’ampleur du chômage aux États-Unis et le marasme de l’immobilier.

Si des prêteurs sans scrupules sont les premiers coupables, il leur a fallu des complices: les agences de notation, et les autorités de régulation.

«La débâcle d’une sphère des marchés financiers a entraîné des défaillances dans d’autres sphères par le biais d’interconnexions et de vulnérabilités que les banquiers, les responsables publics et d’autres ont manquées ou écartées», écrit la Commission.

«En tant que Nation, nous devons aussi accepter notre responsabilité. Collectivement, mais certainement pas unanimement, nous avons acquiescé à ou nous nous sommes impliqués dans un système, un ensemble de politiques et de mesures, qui a causé nos difficultés», ajoute-t-elle.

Cela implique des torts, parfois graves, pour certaines personnes encore en place dans le monde de l’entreprise et à Washington.

Sont rappelées les déclarations du président de la banque centrale (Fed) Ben Bernanke selon lesquelles la crise aurait des répercussions limitées. Mais aussi l’inertie de l’institution face à l’explosion du crédit immobilier, malgré les preuves qu’une bulle spéculative était en train de gonfler. Secrétaire au Trésor aujourd’hui, le président de la Fed de New York Timothy Geithner est décrit comme incapable d’adopter une ligne claire sur l’aide aux géants de Wall Street en train de s’effondrer: Bear Stearns en mars 2008, puis Lehman Brothers et AIG en septembre de la même année.

Au fil de son enquête, avec l’audition de 700 témoins et l’examen de millions de pages de documents, la Commission a glané une pléthore d’indices selon lesquels beaucoup savaient qu’il y avait un problème, mais refusaient d’en voir l’ampleur.

«La crise a été la conséquence d’actions et d’une inaction humaines, non pas de Mère nature ou de modèles informatiques qui se seraient détraqués. Les capitaines de la finance et les gardiens de notre système financier ont ignoré les avertissements et ont été incapables de s’interroger, de comprendre et de gérer les risques», lit-on dans la préface. «Nous avons été parfois fascinés, surpris et même choqués par ce que nous avons vu, entendu et lu», affirme la Commission.

Le langage n’est pas toujours chaste: «les gars, vous m’avez filé un sac à merde», aurait dit M. Geithner quand le régulateur d’AIG abandonnait ses responsabilités et passait le dossier à la Fed de New York.

21. Underwater Mortgages

La Commission ne fait aucune proposition particulière, se comparant à l’autorité qui enquête sur les causes des accidents d’avions, mais laisse au législateur le soin de remédier aux manquements. «Il y a eu des signes annonciateurs. La plus grande tragédie serait d’accepter la rengaine selon laquelle personne n’aurait pu prévoir cela et donc il n’y avait rien à faire. Si nous acceptons cette idée, cela se reproduira», a affirmé dans un communiqué le président de la Commission, Phil Angelides.

source Les Echos+Le Monde+Agences janv10

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