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Immobilier France : le calme avant la tempête

Immobilier France  : le calme avant la tempête

Les taux remontent. Ils remontent même diablement vite. En deux mois ils ont pris un demi point. Dans deux mois ils en auront encore pris autant. D’ici la mi-2011, les acheteurs devront donc se financer un point plus cher que ceux qui achetaient à la fin de l’année dernière. »C’est une des hausses les plus rapides qu’on ait enregistrées depuis 1995. » commentait ce matin Geoffroy Bragadir, porte parole d’Empruntis. Et ce n’est pas fini. On vise désormais 4,5% d’ici l’automne…

PLUS DE HAUSSE DE TAUX EN SUIVANT :

 Or, souvenez-vous de ce que nous avaient expliqué les professionnels de l’immobilier. Ils nous avaient expliqué que la baisse des taux avaiet compensé (en partie) la reprise de la hausse des prix. Et qu’on disposait, grâce à cette baisse des taux, d’un pouvoir d’acaht similaire, en septembre 2010, à celui d’un acheteur en 2006. La baisse des taux, en un an, a permis de financer les frais de notaires affirmaient même certains courtiers en prêts immobiliers.

En réalité, on sait aujourd’hui que la baisse des taux et la hausse du pouvoir d’achat des ménages ont été en partie annexée par les vendeurs, sous la forme d’une hausse supplémentaire des prix…

Mais ca, c’était hier. Aujourd’hui, tout change. OU plutôt tout est en train de changer. Sans que cela n’pparaisse au grand jour. Les courtiers avouent avoir plus de difficulté pour trouver un financement adapté à la situation de leur client. Les réseaux d’agences enregistrent un léger allongment des délais de vente. Les acheteurs se font plus  hésitants. Des informations encore diffuses. Mais qui sont les avant signes d’un phénomène réel : la prochaine reprise de la baisse des prix.

L’explication est simple. Elle est la même depuis plus d’un siécle : on n’achète que si l’on a les moyens.

Or, en trois semaines, la hausse des taux a désolvabilisé une grande partie des acheteurs potentiels.

Pour mieux le comprendre, prenons par exemple 100 personnes qui pouvaient acheter hier, en empruntant, disons, à 3,4% sur quinze ans.

Fin janvier, elles ne sont plus que 90 à être finançables par une banque. La mensualité, avec un prêt à 3,9%, dépasse leur capacité de remboursement mensuelle…

D’ici mai prochain,elles ne seront plus que 82 à pouvoir le faire. Et si entre-temps, les prix ont continué de monté comme ils le font en région parisienne, de par exemple, 5%, ils ne seront plus que 73% à pouvoir être financés par une banque.

En quelques mois, le marchés des acheteurs potentiels auront donc été amputé d’un quart!

La simulation :

Financables.jpg

A chaque fois que cela a été le cas, le marché s’est adapté : blocage des ventes, baisse des prix… On ne versera pas une larme sur la hausse des prix : elle a donné aux français l’illusion d’être riche, mais a exlu de plus en plus d’entre eux du marché. La Fondation Abbé Pierre a montré que le mal-logement progressait dans notre pays : une baisse des prix pourrait être un début de solution.

Et, comme en douze ans, le pouvoir d’achat des Français en matière immobilière a baissé de 50%, ce sera sans doute l’occasion d’en regagner un petit peu.

Eric Tréguier fev2011

Source et remercieùments : Blog Patrimoine / Challenges 

8 réponses »

  1. La capitale restera chère justement parce que le marché est tiré vers le haut par ceux qui n’ont pas besoin d’emprunter beaucoup. Les riches sont amoureux de notre capitale et comme ils achètent sans trop regarder les prix, cela fait monter les prix et ils se retrouvent quand même en plus value.

    L’argent appelle l’argent comme on dit.

    Il n’en va pas de même pour les quartiers populaires, mais je parie que la hausse des beaux quartiers compensera largement la morosité du marché dans les quartiers pauvres : tout simplement car les transactions ne se feront pas dans ces quartiers, seules celles des beaux quartiers se feront et ce sont celles-ci qui alimenteront les statistiques.

  2. La situation est même encore plus sournoise que vous le suggérer. Il ne s’agit pas seulement de compter le pourcentage de gens encore solvables après la hausse des taux pour évaluer et quantifier une éventuelle baisse des prix. Car on peux raisonnablement alors se demander qui dans un marché aussi stratosphérique acceptera encore d’acheter de l’immobilier s’il n’est même plus sur que la valeur de son bien sera garantie à l’avenir. (quoique l’inculture économique francaise laisse sans doute encore quelques espoirs aux marchands de sable)
    Une fois que la baisse pour cause d’augmentation des taux sera enclanchée, se sera irreversibled et il n’y aura plus de limite à la chute des prix.
    Mais je mets ma main à couper que les lobbys, et les politiques à qui ils dictent leurs 4 volontés, trouveront une « parade » pour que ce cercle infernal ne se déclanche.

  3. @zorglub : Je suis d’accord avec vous, je pense qu’ils trouveront une parade, et ce pour une raison simple : si la bulle éclate, nous nous retrouverons assez rapidement dans la même situation économique qu’un pays comme l’Espagne, sachant que notre bulle immobilière est une des plus grosses de la planète, et que le sort réservé aux pays qui l’ont laissé éclater est une crise sans précédents (USA, Espagne, Irlande etc.).

    Donc soit ils trouvent la parade, qui sera à n’en point douter financée avec nos impôts et au détriment du reste (éducation, sécurité, prestations sociales etc.), soit… en route pour la faillite !

  4. @spaceo
    En Espagne les prix n’ont pas baissé malgré l’offre démentielle de biens.En Irlande l’équivalent des OAT a provoquer un renchérissement du crédit qui a bloqué le marché.
    Mais en France cela parait impossible pour la raison suivante: Nous sommes un pays dirigé par la fonction publique en voie de sous développement. Pour pallier ce sous développement nos gouvernants n’ont que deux parades, comme en Espagne, l’immobilier et le tourisme. Donc Le transfert de richesse va continuer des plus riches aux possédants de biens immobiliers grâce au PTZ et à d’autres déductions fiscales. L’hyper inflation immobilière est le seul point d’ancrage de la création monétaire débridée des banques. Rassurons nous elles continueront à prêter aux fonctionnaires et assimilés (la moitié de la population active) et aux déjà possédant de biens immobiliers. Si vous êtes dans l’économie réelle soumis à l’hyper concurrence vous n’avez aucune chance de vous loger sauf le prêt à 35 40 ans.
    SALUTATIONS

    • Je ne suis pas convaincu… s’il n’y a plus de gens solvables pour acheter, les biens resteront à la vente et devront être dévalués pour correspondre à la demande. C’est d’ailleurs ce qui avait commencé à se produire il y a deux ans, mais qui a été stoppé par les aides de l’état à l’investissement et aux primo accedants…

      l’état peut intervenir sur les marchés pour les fausser, lorsqu’il en a les moyens, or ce n’est plus le cas aujourd’hui et le sera demain moins encore : la loi de l’offre et de la demande refera alors surface. Il y a des limites à tout…

  5. En suisse le taux de propriétaires est un des plus bas d’europe, pourtant nul n’est prèt a plaindre les suisses qui n’ont pas franchement l’air malheureux. Ils ne sont que 38% a être propriétaires. le reste est locataire.

  6. IFRS2,
    « En Espagne les prix n’ont pas baissé malgré l’offre démentielle de biens. »

    Les 20 points de chômage espagnol s’expliquent en grande partie par le fait que le pays ait perdu essentiellement des emplois dans le secteur de la construction. Si les prix sont restés stables, la demande l’aurait été tout autant, et l’emploi aussi.

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