Carmignac Gestion

Pour Didier St-Georges /Carmignac Gestion le potentiel de croissance des émergents est intact

Pour Didier St-Georges /Carmignac Gestion le potentiel de croissance des émergents est intact

Les tensions ont fourni au marché une justification commode pour une valse de prises de bénéfices.

Les Cours sont exprimés en dollars

Au-delà des chocs que vit le monde arabe méditerranéen, la hausse du prix du pétrole n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Elle s’inscrit dans une tendance lourde de hausse du prix des matières premières, notamment énergétiques, résultant pour une grande part d’une problématique de l’offre face à une croissance inexorable de la demande. Nos portefeuilles sont depuis longtemps fortement positionnés dans cette perspective. Gardant à l’esprit que le propre de tout régime autoritaire est de paraitre très stable, jusqu’au moment de son bouleversement, nous demeurons particulièrement attentifs à la situation dans le Golfe et, dans ce contexte, nos allocations en dollars et en mines d’or continuent de constituer des polices d’assurances précieuses.

PLUS DE CARMIGNAC EN SUIVANT :

  Concernant les pays émergents, la crainte d’une hausse durable du coût des matières premières, y compris énergétiques, a renforcé la psychose d’une pression inflationniste mal maitrisée.

Que cette frayeur ait par exemple entrainé la chute de l’indice Bovespa du marché actions brésilien, en recul de plus de 6% (en euros) depuis le début de l’année, nous semble néanmoins témoigner d’une défiance excessive et à courte vue du marché.

En effet, ce pays est à la fois un exportateur majeur de matières premières, notamment alimentaires, auto-suffisant en pétrole et affichant des taux d’intérêt réels de près de 6%, signe d’une politique monétaire toujours très vigilante.

 De même, le recul du marché chinois, dont les actions H sont en baisse de 4,5% (en euros) depuis le début de l’année, nous parait exagéré.

Les données publiées en février confortent ce sentiment. Ainsi, le rythme annuel d’inflation a continué d’être contenu en-deçà de 5% en janvier, taux pour moitié constitué de la hausse du prix des denrées alimentaires. Cette composante est importante, comme pour l’ensemble des pays émergents et, selon les caprices d’une météo calamiteuse cette année, pourrait encore peser au cours des mois à venir. Mais le rythme de l’inflation sous-jacente, hors denrées alimentaires, est resté contenu à 2,6% l’an, grâce tant à une croissance de l’agrégat monétaire M1 ramenée de 19,6% à 13,6% en janvier, soit son plus faible niveau depuis deux ans, qu’au relèvement progressif du taux de réserves obligatoires pour les banques, passé à 19,5%, soit un niveau plus élevé qu’avant l’assouplissement monétaire amorcé fin 2008.

Ces mesures vigoureuses, qui sont certes susceptibles d’être poursuivies encore quelques mois, risquent-elles de mettre en danger le dynamisme de la croissance chinoise? Nous ne le pensons pas. Et l’évolution de l’indice des directeurs d’achats manufacturiers conforte, là aussi, notre opinion. En effet, en dépit du traditionnel ralentissement lié aux célébrations du Nouvel An chinois, cet indice est demeuré légèrement au-dessus de 52 en février, un niveau compatible avec l’objectif de croissance de 7% indiqué par le Premier Ministre Wen Jiabao pour cette année.

Rappelons que l’augmentation tendancielle du niveau de vie dans les pays émergents, thématique centrale dans nos portefeuilles, passe par une augmentation plus rapide des salaires des classes moyennes que les gains de productivité, au contraire de la tendance qui prévalait depuis une quinzaine d’années. Cette réallocation de la richesse produite, davantage en faveur des salariés, est une orientation décisive pour la croissance de la consommation domestique, avec pour conséquences un rythme d’inflation légèrement plus élevé que le 2% des dernières années et la réduction de la part des exportations dans la croissance économique du pays. C’est dans cette perspective qu’il faut lire la réduction en janvier de 11 à 6,5 milliards de dollars de l’excédent commercial chinois.

Quant au coût de l’énergie, s’il devait atteindre temporairement des niveaux potentiellement pénalisants pour la demande finale, les autorités chinoises disposent largement de la marge de manœuvre financière nécessaire, contrairement aux pays développés, pour amortir l’impact de la hausse des prix sur les consommateurs, de telle manière qu’il ne fragilise pas la croissance économique.

Enfin, si l’on doit s’interroger sur la solidité du modèle chinois, on ne manquera pas de remarquer que le projet d’une plus large répartition de la prospérité du pays parmi ses citoyens correspond également à une reconnaissance lucide par les autorités de sa nécessité sociale.

 Une étude récente du consultant Nielsen couvrant 52 pays montre que les consommateurs chinois sont parmi les plus optimistes, affichant un «indice de confiance» de 100, pour une moyenne établie à 90, alors que, par comparaison, le Japon compte parmi les quatre pays où les consommateurs sont les plus pessimistes, à égalité avec les consommateurs roumains, avec un niveau d’index à 54. Par une cruelle ironie de l’histoire, c’est le même jour que le gouvernement nippon a pu annoncer que la croissance de l’archipel avait connu un spectaculaire rebond de +3,9% en 2010, tout en reconnaissant dans un même souffle que le Japon devait irrémédiablement céder à la Chine la place de deuxième économie mondiale, qu’il détenait depuis quatre décennies.

Par conséquent, même si les tensions immédiates sur les prix des matières premières ont fourni au marché une justification commode pour une brutale valse de prises de profits sur les pays émergents, en ce début d’année, nous ne sommes nullement ébranlés dans nos convictions.

Didier St-Georges/ Carmignac Gestion mars11

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s