Asie hors émergents

Japon : Petit point de vue du bout de la lorgnette des Marchés Financiers

Le « Genpatsu-Shinsai » qui traduit un désastre nucléaire après un tremblement de terre est en train de remettre en cause les fondements de l’économie nippone où 35% de la production d’électricité est d’origine nucléaire. L’histoire a démontré par le passé avec le drame de Kobé en 1995, que l’économie japonaise avait les capacités pour rebondir. La troisième puissance mondiale devrait une nouvelle fois bénéficier de l’effort de reconstruction rendu possible via des capitaux considérables à l’étranger et des réserves de changes confortables estimées à plus de 1000 milliards de dollars à fin 2010. Mais la situation budgétaire du pays a bien changé depuis 1995 et le japon doit désormais faire face à un endettement qui représente environ 200% de son Produit Intérieur Brut (PIB). Via le poids de son industrie dans l’économie mondiale, la paralysie de l’appareil productif japonais pourrait avoir des conséquences importantes et ce même si la part du Japon dans le monde est passée de 18% du PIB mondial dans les années 1990 à près de 9% ce jour. La théorie de l’effet papillon prend tout son sens dans cette situation. La catastrophe que connaît le Japon pourrait enrhumer la reprise de l’économie mondiale.

Petit point de vue du bout de la lorgnette  des Marchés Financiers :

Le drame humain et nucléaire que vit le Japon actuellement a rendu les opérateurs nerveux. L’ensemble des places financières internationales ont été touchées et la volatilité s’est accélérée. L’indice de volatilité VIX appelé également « indice de la peur » a progressé de plus de 45% depuis le début de la semaine revenant à des niveaux élevés vus lors de l’éclatement de la crise des dettes souveraines en Europe.

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Le Nikkei, indice principale de la place tokyoïte a vécu une semaine très difficile et ce malgré l’intervention de la Banque du Japon qui s’est mobilisée pour tenter d’apaiser les marchés. Depuis la lundi, elle a injecté 37000 milliards de yens soit 333 milliards d’euros ce qui représente 8,55% du PIB du Japon sur 2010.

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L’intervention coordonnée des pays du G7 décidée dans la nuit de jeudi à vendredi pour stabiliser le cours du yen et aider le Japon a été efficace, au moins à court terme. C’est la première intervention coordonnée du G7 sur le marché des changes depuis qu’il était venu en aide à la toute jeune monnaie unique européenne en 2000.Leur but: freiner l’envolée du yen, et éviter que cette dernière ne vienne compliquer encore la situation de l’économie japonaise, ébranlée depuis une semaine par le tremblement de terre du 11 mars. Un yen trop fort renforce le risque de déflation, et pénalise les exportateurs japonais

 La Banque du Japon est intervenue la première, la Banque de France a participé à l’opération, ainsi que la BCE, la Bundesbank allemande et les autorités britanniques. Les analystes estiment à environ cinq milliards d’euros l’intervention de la BCE pour faire baisser le yen.

Vendredi, le billet vert s’est apprécié face à la devise japonaise. Il fallait 81 yens pour un billet dollar, contre moins de 79 yens la veille. «Nous allons contrôler les marchés de près et nous coopérerons de façon appropriée», avertit le communiqué du G7.

Selon des traders et des informations de presse, la Banque du Japon a acheté plus de $25 milliards, soit l’équivalent du montant injecté lors de la précédente intervention de la BoJ en septembre. Mercredi soir la paire USD/JPY a atteint le record depuis plus de trente ans à 76,31 en rebondissant très brusquement par la suite.Puis le  yen s’est affaibli de plus de 300 pips. Plus généralement, les  nuits ont été très mouvementées sur le Forex

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Assureurs et spéculateurs dans la danse

Pourquoi le yen s’envole-t-il alors que l’économie japonaise va au-devant d’une récession et d’années de reconstruction de son économie? Plusieurs observateurs cités par les agences de presse à Tokyo notent qu’un mouvement de spéculation a pris forme depuis la catastrophe. Beaucoup de cambistes veulent profiter du rapatriement au Japon des fonds détenus à l’étranger, en particulier par les assureurs. Dimanche passé, le gouverneur de la Banque du Japon avait annoncé s’attendre à des rapatriements «massifs» de liquidités, qui risquaient de faire s’envoler le yen. Pour contrer ce phénomène, la banque centrale a injecté des fonds. Cela n’a pas suffi. En une semaine, le yen avait gagné 5% face au dollar. Vendredi, l’action réalisée par la Réserve fédérale américaine, les Banques d’Angleterre et du Canada, ainsi que la Banque centrale européenne ont donc eu plus d’effets.

Enfin la Crise au Japon a sonné le glas des opérations de carry trade (portage sur devise) consistant a enprunter en yen (devise faible) pour acheter ensuite une devise forte et se positionner deans la foulée sur des actifs risqués types actions,  matières premières  et autres obligations à haut risque.Empochant à tous les étages(money oblige) de copieux différentiels. La contraction violentes  de ces opérations menées par les spéculateurs expliquent en partie comme en 2008 les mouvements de panique à la vente sur l’ensemble des marchés(y compris sur l’or) : on vend pour récupépérer des liquidités destinés à couvrir d’autres positions….C’est toujours dans ces moments là que l’on voit pour paraphraser le célèbre WB « qui se baigne nu » c’est à dire qui utilise sur les marchés  de très gros leviers pour se retrouver ensuite plombé par les appels de marges….   

L’intervention coordonnée pour une fois des Banques Centrales a aidé la plupart des places financières à terminer cependant la semaine par une séance de hausse. L’annonce de la fin des opérations militaires de Tripoli, en Libye, a aussi soutenu les marchés. 

Dans des volumes d’échanges historiques qui ont atteint 5,78 milliards de titres échangés lors de la séance du « mardi noir », le Nikkei lui s’est effondré en début de semaine avant de se reprendre dès mercredi. Au final, il affiche une baisse de 10,20% depuis lundi, à 9206,75 points. Au regard des deux premières séances de la semaine faisant état d’une chute vertigineuse de plus de 18% de l’indice, le bilan aurait pu être bien plus lourd. Pour rappel, lors du tremblement de terre de Kobé en 1995, la correction boursière avait été de 25% en cinq mois. Aujourd’hui, le Nikkei reste bien éloigné de son plus bas du 10 mars 2009 à 7054,98 points. Plusieurs analystes estiment qu’un retour vers les 11000 points avant la fin de l’année est encore d’actualité. De son côté, le Topix, indice plus large, affiche un recul de 9,30% sur la semaine.

source agence+saxo bank+le temps mars 2011

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