Asie hors émergents

Risque Nucléaire /Japon : y a t il un pilote à bord du Fukushima ?

Risque Nucléaire /Japon : y a t il un pilote à bord du Fukushima ?   

Plut

 Afin de tracer le cheminement de la fuite d’eau hautement radioactive du réacteur 2 qui se jette directement dans l’océan, les ingénieurs l’avaient colorée à la source avec une teinture blanche. Cependant, cette teinture n’est pas réapparue. Ainsi, les liquidateurs sont à la recherche de cette fuite. Il se pourrait qu’elle provienne d’un tuyau percé sous le réacteur 2.

Tepco envisage la création d’une digue afin de contenir et de limiter la dispersion de l’eau radioactive dans le Pacifique.

Le ministre de la Santé rapporte des taux élevés d’iode 131 dans certains poissons (4080 becquerels). Le ministre souligne que les quantités mesurées ne sont pas dangereuses pour l’homme. Son département va rapidement déterminer des standards maximaux d’iode 131 dans les poissons qui ne poseraient pas de problème pour l’homme.

Tepco annonce un taux d’Iode radioactif 131, de 7,5 millions fois supérieur à la limite légale mesurée dans l’océan Pacifique (300 000 becquerels). Les experts demandent que cette contamination importante cesse le plus rapidement possible.

Les employés de la Météorologique Japonaise ont reçu une notification du gouvernement leur demandant de s’abstenir de toute publication de prévision de propagation des nuages radioactifs dans l’atmosphère afin de ne pas provoquer de panique dans la population.

Le Gouvernement a fixé une toute nouvelle limite pour la contamination des poissons. Elle a été fixée à 2000 becquerels/kg pour l’iode 131 et de 500 becquerels pour le césium 137. Au delà, les poissons sont considérés comme impropres à la consommation et cancérigènes. Au vue des nouvelles limites dévoilées ce matin, il est probable que la nouvelle norme fixée hier matin puisse être révisée à la hausse.

A la bourse de Tokyo, les actions de Tepco ont perdu 11% à 393 yens. Par rapport au plus haut des 12 derniers mois, l’opérateur de la centrale a vu dégringoler sa valorisation de plus de 85%.

EN COMPLEMENT : La science irradiée

SNE

 Tchernobyl donnait une occasion unique de mieux comprendre les conséquences d’une catastrophe nucléaire. Nous l’avons laissé passer

Que les pays hébergeant des centrales nucléaires, parmi les plus riches du monde, n’aient pas lancé d’étude sérieuse sur l’impact de l’accident de Tchernobyl sur les populations proches et lointaines en dit long sur l’ampleur du déni collectif. Car enfin, il y avait là une occasion unique de mieux comprendre. Nous connaissons bien les effets aigus des radiations. Mais nous ignorons les conséquences sanitaires à long terme d’une catastrophe nucléaire. L’exposition prolongée de populations à une contamination radioactive représente une terra incognita médicale.

Comment calculer l’atteinte à l’espérance de vie? Quelle est la part du cumul des doses, de la sensibilité individuelle? En plus des cancers, quelles autres maladies ont-elles un risque augmenté? Qu’en est-il des malformations et des troubles génétiques transmis?

Tout cela, nous aurions pu, nous aurions dû, mieux l’investiguer. Procéder à une vaste collecte d’informations. Monter une ambitieuse veille scientifique. Briser le secret imposé par les autorités locales et renseigner, à la fin, les populations européennes sur le poids qu’a eu (et a encore) Tchernobyl sur leur santé.

Nous ne l’avons pas fait. Les pays riches ont laissé les régions les plus atteintes se débrouiller. L’OMS, liée dans ce domaine à l’AIEA par une clause qui la bâillonne, est restée d’une stupéfiante passivité.

La fourchette des calculs de décès liés à la catastrophe de Tchernobyl est telle que, si le sujet n’était pas grave, on aurait envie de sourire. L’OMS évoque 56 morts par irradiation directe et 4000 par contamination. Seul problème: ces chiffres manquent de base scientifique et les experts indépendants les jugent ridiculement faibles. De son côté, l’agence internationale de recherche sur le cancer fait état de 16 000 morts. Une autre étude, éditée par l’Académie des sciences de New York, s’appuyant en grande partie sur des comparaisons de survie de populations de mêmes caractéristiques, trouve 300 000 morts. Quant à l’enquête de la Commission nationale ukrainienne pour la protection des radiations, elle recense 500 000 décès. Pour l’instant. Sans compter ceux qui surviendront durant les prochaines décennies, en Europe et dans le monde. Soyons francs. Les recherches les mieux menées sont celles qui évoquent des centaines de milliers de morts. Il est probable que la catastrophe de Tchernobyl ait tué autant que les bombes d’Hiroshima et Nagasaki.

Et maintenant, avec Fukushima, les pays se lancent-ils enfin dans une grande étude de surveillance des populations? Une collaboration scientifique mondiale de haut niveau est-elle prévue? Non. Rien. Tétanisé, le monde peine à se mobiliser pour venir en aide aux Japonais et semble ne pas avoir envie de connaître la suite.

Par Bertrand Kiefer  Rédacteur en chef de la «Revue médicale suisse».

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