Emploi, formation, qualification, salaire

Comment peuvent-ils dormir? par Beat Kappeler

Comment peuvent-ils dormir? par Beat Kappeler

... 

 
  Aux Etats-Unis comme en Europe, les échéances sont repoussées aveuglément. Bientôt, il faudra payer. Très cher. Les politiciens européens en sont-ils conscients?

L’Etat fédéral américain dispense tous les travailleurs de deux points de pourcentage de leurs contributions à la sécurité sociale, depuis janvier.

Depuis un mois, le gouvernement ne paie plus ses propres contributions d’employeur à la caisse de retraite du personnel fédéral.

Et, comme la création d’emplois piétine, on discute de dispenser également les employeurs de deux points de leurs contributions à la sécurité sociale.

Ce cumul de mesures vise deux buts. Il s’agit d’augmenter le pouvoir d’achat dans les mains des employés et des firmes. D’autre part, cela permet d’économiser des dépenses fédérales.

Il y a cependant une seule conséquence à tout cela: l’Etat social américain est fragilisé. Le gouvernement et la présidence démocrates qui normalement se targuent de leur penchant «social» commencent à démolir ce qui avait été construit.

 

PLUS DIRRESPONSABILITE ET DE GABEGIE EN SUIVANT :

La dispense des contributions renvoie l’équilibre de la sécurité sociale à plus tard.

Depuis toujours, toutes les contributions versées par les travailleurs avaient été intégrées au budget fédéral courant, et l’Etat fédéral déposait une simple «quittance» dans les coffres de la sécurité sociale. Avec la dispense des contributions travailleurs/employeurs, cette quittance augmentera simplement encore.

Mais, depuis l’année passée, les rentes à payer sont plus importantes que l’ensemble des contributions des personnes actives. Le budget de l’Etat devrait honorer les quittances et donc verser, et non plus encaisser, des sommes à la sécurité sociale. Mais un affaiblissement passager de la croissance amène les autorités à négliger cette contrainte.

source New York Times

EN LIEN : http://www.nytimes.com/2011/06/22/business/22union.html?_r=1&hp

Pour ce qui est de la suppression des contributions de l’Etat à la caisse de retraite de ses employés, celle-ci est dictée par de gigantesques et implacables déficits et par la date à laquelle le Congrès doit relever la limite de l’endettement étatique. Avec cette mesure, et quelques autres artifices, on repousse cette date au 2 août. Là encore, on repousse une échéance de quelques mois au moyen d’une dette ultérieure encore plus grande.

Les échéances sont aussi repoussées en Europe, aveuglément. Avec les paquets d’aide répétés, les pays partenaires de l’euro auront, en 2014, les quatre cinquièmes de la dette grecque sur les bras, et probablement la même proportion de celle du Portugal et de l’Irlande. Car les obligations de ces Etats endettés viendront à leur date de repaiement, et les fonds d’aide se substitueront aux détenteurs actuels de ces obligations. Mais alors, que faire en 2014?

Personne ne le sait, mais les contribuables se doutent de quelque chose et se rebellent en Finlande, en Hollande et, lentement, en Allemagne. En plus, l’Espagne, l’Italie et la France, des pays très endettés, et encore plus endettés en 2014, feront partie de la ronde des pays garants de ces paquets d’aide.

Quand j’ai lu ce pronostic pour 2014, au sujet des dettes en mains de ces pays garants, je n’ai pas dormi pendant la moitié d’une nuit. Pourtant, je ne suis pas responsable de tout cela. Au contraire, dès 1993 j’avais douté de ce projet de monnaie artificielle.

Les politiciens européens, qui eux sont les acteurs, les instigateurs de ces procédés, prennent-ils des somnifères? Ou bien sont-ils si inconscients, si irresponsables, si bêtes même pour dormir tranquillement?

La Belgique a vécu une année sans gouvernement véritable. Le gouvernement sortant ne gère plus que les affaires courantes, sans prendre des initiatives, sans poursuivre des visions hallucinantes. Devant la folie des initiatives que je viens de décrire pour les Etats-Unis comme pour les pays garants de l’euro, c’est un modèle.

On vivrait bien mieux avec des rois fainéants.

La recette doit être aussi celle des gouvernants en Suisse. Nous vivrons deux, trois années de plus en plus difficiles, avec ce franc qui s’envole. Mais, plutôt que de flancher et de compromettre nos institutions ou nos finances par des démarches hâtives, on doit persévérer dans la vertu, encaisser les coups, et durer.

source le temps juin11

 EN BANDE SON :

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s