Art de la guerre monétaire et économique

Nicolas Doze/BFM – La JP Morgan perd 2 milliards $ sur des opérations de « trading à risque »

Nicolas Doze/BFM – La JP Morgan perd 2 milliards $ sur des opérations de » trading à risques »

La banque américaine JP Morgan Chase a annoncé jeudi qu’elle avait enregistré sur les six dernières semaines une perte de 2 milliards de dollars dans le courtage, qui pourrait grossir à cause de positions risquées de dérivés de crédit, produits à l’origine de la crise de 2008.

 Cette perte est survenue parce que le groupe a voulu couvrir son exposition aux crédits, qui représente « le plus gros » risque pour le groupe financier. Pour cela il a acheté massivement des dérivés de crédit, des « credit default swap » (CDS), ( contrats d’assurance destinés à se protéger d’un éventuel défaut de paiement d’une institution)

 Ainsi cette contre-performance serait liée au genre de produits dérivés complexes qui avaient été à l’origine de la crise financière de 2008, et visés par la « règle de Volcker », l’une des mesures phares de la réforme financière de 2010, et qui prévoyait de limiter les investissements dans les dérivés des banques.

 Le problème avait été en fait  découvert à la suite d’un article du Wall Street Journal début avril décrivant l’étonnement de la place financière de Londres face aux positions très risquées et massives d’un courtier français de JPMorgan, Bruno Michel Iksil, dans les CDS. 

Surpris par le volume de ses paris, des courtiers auraient surnommé l’opérateur de marchés « la baleine de Londres ». Selon le quotidien financier, il avait investi de gros montants au nom de la banque dans des produits d’assurance, les « credit default swap » (CDS), en cas de faillite de l’organisation concernée, celui qui a vendu le CDS doit verser une certaine somme à l’acheteur, comme dans le cas d’une assurance. Or  Iksil s’est récemment mis à vendre ces CDS. Le trader de JPMorgan fait donc un pari optimiste, puisqu’il estime qu’il n’aura pas à verser de « prime » aux acheteurs de ces CDS. 

Les volumes concernés étaient tellement importants que « récemment, en partie à cause de mouvements de marchés ayant pu résulter des opérations de  Iksil, d’autres fonds spéculatifs et autres investisseurs ont fait des paris opposés » et misent donc sur une faillite des institutions concernées, avait expliqué le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier. 

Selon les sources du quotidien financier, M. Iksil a gagné 100 millions de dollars par an ces dernières années en travaillant pour le principal bureau d’investissement (Chief investment office, CIO) de JPMorgan. 

A la suite de cet article, un porte-parole de la banque avait décliné de confirmer ces investissements. « Beaucoup de détails dans l’article sont faux », avait-il ajouté, expliquant que « (le) CIO fait des investissements de long terme dans le cadre d’une couverture macroéconomique pour notre bilan global ».

CQFD 😦

source AFP avril/mai 2012

EN LIEN ET CHEZ ZERO HEDGE : http://www.zerohedge.com/news/jpmorgan-trader-accused-breaking-cds-index-market-massive-prop-position

http://www.zerohedge.com/news/why-what-jamie-dimon-doesn%E2%80%99t-know-plain-scary

http://www.zerohedge.com/news/jpm-crashing-after-it-convenes-emergency-call-advise-significant-mark-market-losses

QUELQUES REACTIONS :

Pour Barney Frank, l’un des architectes de la loi de 2010, « l’argument selon lequel les institutions financières n’ont pas besoin de nouvelles règles pour éviter des actions irresponsables comme celles qui ont mené à la crise de 2008 est aujourd’hui 2 milliards de dollars plus difficile à croire ».

Les marchés digéraient le choc de cette annonce: « c’est un nouvel exemple du fait que les énormes paris spéculatifs faits avec l’argent des actionnaires sont un problème comportemental génétique pour les traders des grandes banques, qui se prennent pour les ‘Maîtres de l’Univers' », a commenté la maison de courtage Miller Tabak.

« Financièrement, l’impact est très gérable », juge Erik Oja. Les estimations des analystes, en prenant en compte la perte annoncée, prévoient encore un bénéfice trimestriel de quelque 4 milliards de dollars après impôts pour le deuxième trimestre. C’est plutôt la réputation de la banque qui va souffrir et « cela va probablement mener à une rédaction plus stricte de la réglementation issue de la règle de Volcker ». »Ca n’aide personne à avoir confiance dans le système financier. Citibank et Bank of America vont probablement devoir dévoiler plus d’informations sur ce qu’elles font »

« Cela suggère que JPMorgan ne comprend pas la gestion du risque comme elle le devrait », constate l’analyste Dick Bove, de Rochdale Securities. « Quand vous êtes censé être la banque la mieux gérée du pays et qu’un problème comme cela est révélé, cela soulève une question: y a-t-il quelqu’un qui soit capable de gérer une banque de cette taille? ».

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