Commentaire de Marché

Le « Cartel de la dette » sous les feux de la « Spanish connection  » par The Wolf

Le « Cartel de la dette » sous les feux de la « Spanish connection  » par The Wolf

Madrid songe à des mesures d’urgence pour sauver ses banques menacées de faillite…..

  

Les banques espagnoles ne sont de loin pas encore sorties de l’ornière. Les nombreuses mesures prises à ce jour, notamment la restructuration du secteur, l’injection des fonds publics et le renforcement des provisions, n’ont pas suffi à les remettre sur les rails. Pire, le scénario selon lequel une reprise économique les aiderait ne s’est pas matérialisé. C’est le contraire qui s’est produit. La récession a fragilisé d’autres pans de l’économie, qui étaient jusque-là épargnés par l’explosion de la bulle immobilière.

Résultat, Madrid s’apprête à ­annoncer de nouvelles mesures ce vendredi afin d’éviter le pire. Le Ministère de l’économie a laissé entendre qu’il imposera aux banques de réaliser de nouvelles provisions pour se protéger de leur exposition au secteur immobilier sinistré. La presse espagnole a évoqué la somme de 35 milliards d’euros. Elle s’ajouterait aux 53,8 milliards déjà prévus lors d’une précédente réforme annoncée en février.

Fin 2010, les banques commerciales présentaient une exposition de 161 milliards d’euros et les caisses d’épargne de 217 milliards. ­Selon Delphine Cavalier, économiste chez BNP Paribas, les créances à risques ont sensiblement augmenté depuis. Elles se sont étendues à d’autres prêts dans leurs portefeuilles.

La création d’une «bad bank» ou caisse de défaisance qui réunirait les créances les plus exposées est aussi dans l’air. Objectif: épurer les bilans des banques en séparant la partie immobilière.

Enfin, l’Etat s’apprête à injecter des fonds publics, 7 à 10 milliards selon la presse espagnole, dans Bankia, la quatrième banque du pays et résultat d’une fusion de plusieurs caisses d’épargne. L’Espagne veut nationaliser partiellement Bankia, s’emparant de 45% du capital de la quatrième banque cotée espagnole, très exposée au secteur sinistré de l’immobilier, en convertissant un prêt public en actions, a indiqué  le ministère de l’Economie. «La valeur nominale de ces participations s’élève à 4,465 millions d’euros, qui avaient été injectés à travers un prêt public en décembre 2010», indique le ministère.  A la fin de l’année dernière, elle était exposée à hauteur de 37,5 milliards d’euros, dont 31,8 millions considérés comme très risqués. Des analystes accusent les autorités espagnoles d’avoir camouflé la mauvaise situation de certaines caisses en les fusionnant avec d’autres en meilleure forme. Selon eux, l’ensemble du secteur se trouve aujourd’hui fragilisé. Cette annonce a fait suite au rapport d’audit de Deloitte selon lequel le bilan de Bankia aurait été gonflé de 3,5 milliards d’euros. Près de la moitié des prêts hypothécaires que la banque a consentis seraient douteux.

 Suite à cette annonce, le taux d’intérêt sur les obligations souveraines espagnoles a franchi la barre des 6%. Les autorités de régulation bancaire exigent désormais que les banques espagnoles enregistrent 37 milliards d’euros de provisions complémentaires, en plus des 54 milliards d’euros déjà constatés pour couvrir les défaillances de prêts hypothécaires, ce qui a provoqué mercredi un effondrement de leurs actions.

Take a look at the IBEX 35 since May 2, 2000:

spain ibex 35 since 2000

Selon Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, les 1000 milliards d’euros de prêts que la Banque Centrale Européenne a consentis aux banques européennes pour un taux d’intérêt de 1% en février, qui ont été massivement souscrits par les banques espagnoles, ont contribué à masquer l’ampleur du problème de la fuite des capitaux, et les banques espagnoles sont de plus en plus à court de liquidités. Pire : comme elles se sont servies des prêts pour acheter des obligations souveraines espagnoles à un moment où celles-ci étaient proposées à un taux d’intérêt de 5%, et que ce taux avoisine les 6% aujourd’hui, elles se retrouvent une fois de plus avec des actifs qui ont perdu de la valeur.

Fuite des capitaux 

Plusieurs économistes pensent que le fonds de restructuration du secteur bancaire n’est pas suffisamment doté et que Madrid aurait dû faire appel à une aide européenne décisive. Ils expliquent que depuis la mi-2010, le système bancaire se refinance allègrement  aussi  auprès de petits investisseurs locaux. La crainte que ces derniers perdent leur épargne et, par conséquent, plongent l’Espagne un peu plus dans la récession, se fait de plus en plus pressante.Le journal espagnol La Vanguardia parle lui aussi de cette menace de la panique bancaire. « La peur des paniques bancaires gagne notre société comme un autre spectre de la crise. Personne n’ose en parler ouvertement, mais chacun ressent la panique. La Grande Dépression de 1929 a débuté exactement de cette façon ».

 

«La récession va encore compliquer la stabilisation du secteur bancaire, déclare Delphine Cavalier. La confiance est aussi entamée du fait que le gouvernement ne paraît pas ferme dans sa stratégie. Il est revenu sur son engagement de ne plus injecter de fonds publics dans le secteur bancaire tout comme sur la création d’une «bad bank».

Cette fragilisation du système bancaire espagnol intervient alors que de plus en plus de signes semblent indiquer une sortie probable de la Grèce de la zone euro, avec la menace d’une réaction en chaîne. « Les risques d’une contagion sont lamentablement sous-estimés », affirme Andrew Roberts de la banque RBS. « Si la Grèce est forcée de partir de l’euro, cela déclenchera une ruée bancaire dans les pays de l’Europe du Sud. Cela devient très dangereux. Ils ont l’air de croire que la Grèce est un cas isolé mais dès qu’il y aura un précédent à la sortie, tout changera ». 

L’Espagne très exposé au Portugal : effet domino ?

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 L’Espagne paie ainsi les excès des années 2000 dans l’immobilier où un groupe énorme comme Metrovacesa, qui cotait 54€ au plus haut, ne vaut plus que 0.5€ et en réalité plombe les comptes des banques espagnoles qui ont mis de l’argent pour les projets de promotion pharaoniques. Les sociétés Martinsa-Fadesa et Inmob Colonial sont tombées dans l’oubli de la faillite mais leurs dettes colossales dans les comptes des grandes banques sont bien vivantes.

Et pas seulement dans les banques espagnoles : on trouve ainsi Commerzbank dans Inmob Colonial. Ces banques ont saisi bien entendu l’ensemble de l’immobilier de leurs clients en difficulté, mais n’ont pas sérieusement entamé la dépréciation de ces actifs.

On trouve ainsi les diverses Cajas engluées dans le financement de l’immobilier classique et les grandes banques comme Santander, BBVA et le désormais célèbre Bankia (fusion de plusieurs Cajas) engagées avec les grands promoteurs.

Les taux longs se sont à nouveau tendus en Italie et en Espagne avec le 10 ans dépassant les 6% alors que le refuge vers la sécurité faisait baisser les taux allemands vers 1.7%. Les banques de l’Eurozone ont été à nouveau fortement attaquées, ce qui signifie que la piqure de « morphine » de 1 trillions d’euros de Mario Draghi injectée fin décembre a achevé ses effets. Le cours des banques de l’Eurozone a retrouvé ses plus bas de la crise suite à la faillite de Lehmann et on retrouve les mêmes points bas récents de Septembre, Novembre, Janvier… Le secteur a perdu 80% de sa capitalisation boursière d’avant la crise ! Le Crédit Agricole, à la tête d’un bilan de 1.7 trillions d’euros, a une capitalisation boursière de 9.7Mds ! La Société Générale, avec 1.2 trillions, capitalise 14Mds€. Deutsch Bank, la plus grosse banque selon son actif de 2.2 trillions, ne capitalise que 31Mds€. Ces chiffres colossaux montrent l’interpénétration du secteur financier et son exposition à l’ensemble des pays européens.

La faillite d’un pays entraînerait celle de pays sains. Ainsi, l’exposition des banques allemandes ou françaises est telle que ce serait leurs gouvernements qui devraient assumer la chute de créanciers en Espagne, Italie ou dans les autres pays en difficulté. Angela Merkel a dû déjà tirer les leçons de cette interdépendance et fera tout pour éviter une crise majeure.

THE WOLF Le 11 Mai 2012

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