Brèves de Trottoirs

Brèves de trottoirs du 17 Juin : Banqueroute, Bankrun… Sur la route des Banques Européennes par The Wolf

Brèves de trottoirs du 17 Juin : Banqueroute, Bankrun… Sur la route des Banques Européennes par The Wolf  

  Dexia : le gouffre financier s’accentue

La Comission Européenne a approuvé l’extension des garanties publiques sur Dexia jusqu’au 30 septembre 2012. Elle a également approuvé l’augmentation de cette garantie de €45 Mds à 55 Mds tout en soulignant que la rémunération proche de zéro de ces garanties ne lui semblait pas compatible avec les règles communautaires sur les aides d’Etat. Pour rappel le portefeuille toxique de Dexia est toujours là pour des actifs de 19Mds $.

Une nationallisation qui ne dit pas son nom pour les Banques Portugaises :

Les banques portugaises vont être recapitalisées par l’Etat à hauteur de €6,7 Mds, répartis entre Caixa Geral de Depositos pour €1,7 Mds, BCP pour €3,5 Mds et BPI pour €1,5 Mds. Seule BES va ainsi éviter la nationalisation, les 2/3 du système bancaire portugais passant désormais sous la tutelle de l’Etat. Les Core Tier 1 des banques atteindront ainsi les 9% cette année et les 10% l’année prochaine. Dans le cas de BCP, la banque va lancer une augmentation de capital de €500 M au 3ème trimestre 2012 et émettre pour €3 Mds de titres contingents compatibles avec la définition qu’en a donné l’EBA. La rémunération perçue par l’Etat sur ces titres sera comprise entre 7% et 9,3%.

En attendant le Bail in du créancier combien faudra il encore de Bail out par le contribuable ?:  

La Commission Européenne a présenté son projet définitif de Directive de gestion des crises bancaires (« Crisis Management Directive ») établissant un cadre réglementaire sur l’implémentation des régimes de résolution bancaire (gestion ordonnée des faillites bancaires) et introduisant le concept de « bail-in » des créanciers, ces derniers pouvant voir leurs créances dépréciées ou converties en actions si nécessaire.

Ce document de 171 pages doit être validé par le Conseil et le Parlement Européen avant d’être transposé en droit national au plus tard le 31 décembre 2014. Cette directive entrera par conséquent en vigueur à compter du 1er janvier 2015 : un délai est accordé pour l’utilisation du « bail-in » qui n’entrera en vigueur qu’en 2018.

Plus concrètement, cette directive constitue l’un des 4 piliers permettant d’aboutir à terme à une « union bancaire » en dotant les régulateurs d’outils leur permettant d’intervenir plus facilement afin de restructurer un établissement en difficulté.

Sur le « bail-in », la directive exclut les dépôts garantis, les dettes sécurisées, les dettes ayant une durée de vie initiale inférieure à 1 mois ainsi que les dettes d’exploitation, sociales et fiscales. Tous les autres passifs peuvent par conséquent être dépréciés ou convertis en actions par le régulateur. Cependant, les fonds de garantie des dépôts seraient appelés à contribuer à hauteur des dépôts garantis, aux pertes engendrées par l’application du « bail-in », rendant de facto les fonds de garantis des dépôts pari passu avec les créanciers non sécurisés. Les actionnaires seraient les premiers affectés, puis les détenteurs de fonds propres additionnels Tier 1 et Tier 2 tels que définis dans la CRD 4 / Bâle 3, puis les autres créanciers subordonnés et enfin les créanciers seniors. Le taux de recouvrement de ces différents apporteurs de capitaux serait toutefois différent. La Commission Européenne suggère aux Etats membres d’imposer aux banques d’émettre un minimum de 10% du passif en titres « bail-inables ». La totalité du stock de passif éligible au bail-in sera concerné par cette directive à compter du 1er janvier 2018 et ce qu’elle que soit la date d’émission. La Commission Européenne rend ainsi éligible au « bail-in » les dettes actuelles ayant une durée de vie supérieure à 6 ans.

-Paella Bancaire et petite tambouille entre constructivistes européens :

La recapitalisation des banques espagnoles pourrait se faire sans passer par la mise sous tutelle du pays par l’Union Européenne et le FMI. Le plan encore à l’étude consisterait à utiliser l’EFSF ou l’ESM qui émettraient des obligations au profit du FROB, fond de restructuration bancaire espagnol. Le FROB recapitaliserait ensuite les banques par apport en nature. Ce schéma éviterait d’impacter le déficit budgétaire du gouvernement espagnol ainsi que le ratio dettes / PIB. Les statuts de l’EFSF et de l’ESM autorisent la mise en place de lignes de crédit spéciales (PCCL = « Precautionary Conditional Credit Line ») pour des montants compris entre 2% et 10% du PIB, soit €20 à 100 Mds pour l’Espagne. A défaut de résoudre tous les problèmes rencontrés par ce pays, cette solution aurait le mérite de « faciliter » l’atteinte des objectifs de réduction du déficit budgétaire fixés par l’Union Européenne qui ferait semblant bien sur de n’avoir rien vu ni entendu….

Au passage et selon la presse espagnole, BFA-Bankia aurait besoin de €28,2 Mds de fonds propres additionnels et non pas €19 Mds comme estimé initialement.

Facebook l’ennemi d’UBS

UBS aurait perdu jusqu’à 350 millions de dollars à cause des problèmes rencontrés lors de l’introduction en Bourse de Facebook le 18 mai, affirme la chaîne financière CNBC, citant des sources proches du dossier.C’est presque dix fois plus que ce que le Nasdaq a mis de côté pour dédommager les investisseurs: la plate-forme boursière où est cotée l’action de Facebook a annoncé mercredi qu’elle créait un fonds d’indemnisation de 40 millions de dollars pour indemniser les investisseurs qui auraient perdu de l’argent à la suite des problèmes techniques rencontrés pendant le lancement de l’action Facebook. Le Nasdaq s’était retrouvé face à des volumes d’ordres boursiers très élevés qu’il s’est retrouvé incapable de traiter, ce qui a entraîné d’importants retards dans leur traitement, et par des pertes parfois lourdes pour certains investisseurs.

D’après CNBC, UBS étudie des poursuites contre le Nasdaq pour obtenir dédommagement de ses pertes. Selon les sources de la chaîne financière, UBS voulait acheter 1 million d’actions mais comme elle ne recevait pas de confirmation, elle a renouvelé l’ordre plusieurs fois et s’est retrouvée avec beaucoup plus d’actions qu’elle n’en voulait. La banque n’a pas souhaité commenter ces informations, se contentant de répondre qu’elle ne «commentait pas les pertes au cours d’un trimestre», précisant que la perte liée à Facebook n’aurait pas d’impact «important» sur ses comptes. «Nous considérons toutes les démarches possibles pour recouvrer nos fonds perdus lors de ce problème mais n’avons pas encore engagé de procédure légale», a commenté un porte-parole interrogé par CNBC

Stock Européen de dettes pourries  à vendre ou à faire fondre :

Les taux de défaut cumulatif implicites à 5 ans des dettes Senior, Lower Tier 2 et Tier 1 sont de 10, 25 et 47% avec l’hypothèse d’un taux de recouvrement de 0% (selon les spreads des indices JP Morgan SUSI arrêtés au 6 juin).

Si une banque sur 2 devait réduire à zéro la valeur de ses dettes Tier 1, cela supposerait qu’environ €1 100 Mds de fonds propres durs seraient complètement effacés et €350 Mds de capitalisation boursière disparaisse en Europe.

-La question du Jour : Comment le Crédit Agricole, qui ne vaut plus que7.5Mds d’euros en bourse avec un total de bilan de 1.7 trillions n’a-t-il pu faire qu’une modeste perte annuelle de 1.5Mds€, et un profit pas plus tard que ce dernier trimestre, et la Société Générale un profit confortable de 2.4Mds ?

-La réponse du Jour : Même au plus fort de la crise en 2008, peu de banques européennes ont affiché des pertes : 20% desgrandes banques contre 38% aux Etats-Unis. On semble avoir le syndrome chinois en Europe pour sauver la face et habiller les bilans. Ce qui fait que l’on passe d’un état de profits à un état de faillite sans transiter par les pertes. Les banques centrales sont restées complaisantes et complices avec leur stress test bidons et l’on voit aujourd’hui le ridicule de la situation et l’ampleur du désastre

 Synthèse réalisée par THE WOLF

EN BANDE SON :

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