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Dexia tombe dans le rouge au 1er semestre, plombée par le coût de son financement

Dexia tombe dans le rouge au 1er semestre, plombée par le coût de son financement

EN LIEN : Faillite des collectivités locales : En France la Banque Postale double la mise (des contribuables et des épargnants) pour les collectivités locales étranglées

La banque franco-belge Dexia a de nouveau été dans le rouge au premier semestre, subissant une perte nette de 1,2 milliard d’euros, notamment liée au coût des garanties des Etats français, belge et luxembourgeois pour son financement.

Le résultat a également été plombé par une dépréciation de la valeur de sa participation dans la banque autrichienne Kommunalkredit Austria, à hauteur de 184 millions d’euros, a-t-elle annoncé vendredi dans un communiqué.

 Dexia souligne que le coût des garanties apportées par les trois Etats européens a augmenté pour atteindre 313 millions d’euros, contre 200 millions au premier semestre 2011. Au total, les coûts de financement ont grimpé de 370 millions d’euros d’un semestre sur l’autre.Au 1er août, Dexia avait émis 49,2 milliards d’euros de dette garantie sous le régime des nouvelles garanties accordées fin 2011. La garantie temporaire accordée à Dexia par la France, la Belgique et le Luxembourg a été relevée de 45 à 55 milliards d’euros début juin.

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Pour Rappel : Le gouvernement des affaires courantes Belges a a passé un accord entre la France et la Belgique pour régler le dossier de la banque Dexia. La Belgique a du nationaliser la branche belge de Dexia pour 4 milliards d’euros et elle garantira à hauteur de 60,5%, c’est-à-dire 54 milliards d’euros supplémentaires, les besoins en liquidités de la bad bank qui a été créée pour regrouper les actifs les plus risqués.

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Le schéma définitif soumis par les Etats prévoit un plafond de garantie portant sur 90 milliards d’euros d’emprunts. Il est actuellement en cours d’examen par la Commission européenne, qui a ouvert une enquête approfondie sur Dexia et veut évaluer la compatibilité de cette garantie avec les règles du marché intérieur. Sur ce sujet, les discussions « sont toujours en cours », indique Dexia dans son communiqué.

Elle y confirme également le remplacement de son administrateur délégué Pierre Mariani par le Belge Karel de Boeck, tandis que Robert de Metz a été nommé président.Il était déjà prévu que M. Mariani reste en place jusqu’à la publication des comptes semestriels. Il assurera encore la présidence de la filiale turque Denizbank et de la filiale de gestion d’actifs Dexia Asset Management jusqu’à la conclusion de leur cession.

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Karel De Boeck, CEO de Dexia pour 600.000 euros par an

Karel De Boeck est officiellement le nouveau patron du groupe franco-belge Dexia, après un conseil d’administration qui s’est tenu ce jeudi, rapportent les sites internet De Tijd et L’Echo.Il touchera pour cette fonction 600.000 euros par an. M. De Boeck touchera donc moins de la moitié de la rémunération de son prédécesseur Pierre Mariani. Le nouveau président de Dexia, Robert De Metz, devrait pour sa part gagner 250.000 euros, selon le quotidien français Les Echos. « Après maintes péripéties, Karel De Boeck a été nommé CEO de Dexia, lors d’un conseil d’administration qui s’est tenu jeudi après-midi à Paris », rapporte l’Echo. Il prend ainsi le relais de Pierre Mariani, qui avait été appelé en octobre 2008 pour redresser Dexia.

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Les cessions engagées dans le cadre de son plan de restructuration ont, en outre, engendré des pertes à hauteur de 458 millions d’euros, dont 203 millions pour Dexia Banque Internationale à Luxembourg (BIL) et 202 millions pour la banque turque Denizbank. « Les résultats du premier semestre sont pénalisés par le coût des cessions engagées depuis l’automne 2011 et le fardeau que constitue le coût de financement du groupe », a souligné Pierre Mariani, cité dans le communiqué.

Concernant la cession de sa filiale de gestion d’actifs, Dexia Asset Management, la banque franco-belge, qui avait annoncé être en négociations avec trois investisseurs internationaux, explique que les discussions se poursuivent.

Il en va de même avec avec la Caisse des dépôts et la Banque Postale pour la mise en place par la France d’une nouvelle structure pour le financement des collectivités locales.

Sur le plan de sa solvabilité, la banque a vu son ratio de fonds propres « durs » (capital et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits accordés) reculer à 6,2%, contre 6,4% au 31 décembre 2011.Elle précise toutefois que la finalisation des cessions en cours et déjà annoncées permettrait de réduire encore davantage la taille des engagements qu’elle porte et ainsi de faire remonter le ratio de fonds propres durs à 10,8%.

Dexia a certes réduit sa perte par rapport aux 4 milliards d’il y a un an mais le déficit demeure très lourd. Les causes sont par contre restées les mêmes : des moins-values sur les activités cédées dans le cadre du plan de restructuration et la crise financière qui renchérit les coûts de financement.

De par sa situation difficile, Dexia doit en effet consentir d’importantes primes au niveau de ses financements alors qu’elle est contrainte de financer sa division Legacy. Cette dernière regroupe les actifs (prêts, titres obligataire, etc.) hérités d’activités cédées ou arrêtées comme son rehausseur de crédits américain ou le financement des collectivités partout en Europe. À la fin juin 2012, les engagements s’élevaient à près de 84 milliards dont plus de 40% sont financés à court terme. L’apport de la garantie de la France et de la Belgique soulage certes Dexia mais cela reste insuffisant, d’autant plus que le groupe peine à se défaire de ces actifs à des prix convenables, les investisseurs (institutionnels) les jugeant trop risqués ou trop spécifiques. Certaines obligations étaient en effet conçues sur mesure pour le client.

Dexia progresse certes dans son plan de restructuration (prévoyant quasiment la cession totale ou partielle de toutes les activités) mais la Legacy Division demeure un fardeau quasiment insupportable. Karel de Boeck, qui remplacera Pierre Mariani au poste de CEO, devra s’atteler à réduire plus rapidement la voilure de cette division qui menace l’avenir du groupe.

Source AFP/Trends Be et Money Talk  Aout12

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