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Asie et Etats-Unis dans une guerre froide pour le fret maritime, les ressources énergétique et halieutique de la Mer de Chine méridionale.

Asie et Etats-Unis dans une guerre froide pour le fret maritime, les ressources énergétique et halieutique de la Mer de Chine méridionale.

C’est une histoire à 1000 milliards de dollars. Soit le revenu potentiel des activités de pêche et d’exploitation pétrolière dans les fonds de la mer de Chine du Sud. De quoi susciter des tensions géopolitiques majeures dans cette partie du monde où transitent plus de 50% du tonnage pétrolier international transporté par voie maritime.

C’est justement le cas: il y a environ une semaine, le Gouvernement chinois a annoncé sa décision, apparemment unilatérale, d’établir une garnison militaire sur le groupe d’îlots des Paracels en mer de Chine méridionale. Ce qui a provoqué l’ire des autorités vietnamienne et philippine.

EN LIEN : https://leblogalupus.com/2011/06/11/risque-geopolitique-mer-de-chine-meridionale-la-mer-de-tous-les-dangers/

Pour mémoire, le conflit territorial en mer de Chine méridionale implique plusieurs îles et archipels (îles Spratleys, îles Paracels, îles Pratas, récif de Scarborough et le banc Macclesfield) partiellement ou totalement revendiqués par la Chine, le Viêtnam, les Philippines, la Malaisie et l’Etat du Brunei. Il s’agit des. Inhabitées, ces territoires regorgent de richesses piscicoles, gazière et pétrolière et permettent en outre une certaine maîtrise géostratégique dans la région.

Or, vendredi, la tension est montée d’un cran lorsque les Etats-Unis ont critiqué la décision chinoise et appelé au calme dans la région. Pas moins de vingt-quatre heures plus tard, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Qin Gang, a déclaré que «les critiques américaines ignorent complètement les faits et confondent délibérément le vrai et le faux, envoyant un très mauvais signal». Avant de recommander aux Etats-Unis, littéralement, «de faire preuve de davantage de lucidité et de profondeur de vue» et de «retirer leur main qui s’ingère dans les conflits de la Mer du Sud».

PLUS DE RISQUE GEOPOLITIQUE EN SUIVANT :

Les six pays impliqués dans le conflit tentent depuis dix ans environ de produire un code de conduite suscitant l’adhésion de toutes les parties, mais sans succès. Ce qui présente une opportunité pour les Etats-Unis de tirer leur épingle du jeu en imposant un mécanisme externe de résolution du conflit, ce, en justifiant la menace permanente d’une guerre dans la région.

On se souvient de la bataille des Paracels en 1974, qui a opposé la République populaire de Chine au Vietnam, et qui avait éclatée suite à l’attribution par Saigon (l’actuel Ho Chi Minh) d’autorisations de prospections pétrolières à des compagnies occidentales.

Au potentiel halieutique et énergétique de ces îles s’ajoute celui du transport maritime, une autre activité géostratégique fondamentale. La zone constitue un passage de routes maritimes trois fois plus vaste que le canal de Suez et cinq fois plus grand que le canal de Panama. Pour l’heure, la Chine est le pays au monde qui en tire le plus gros avantage.

Dans le contexte de crise, la Chine est sortie renforcée dans le transport maritime mondial. Dans un rapport du Ministère français de l’Ecologie, de l’Environnement, de l’Energie et du Développement durable (MEEDDM) et le consultant Barry Rogliano Salles, sur l’évolution de ce métier, les experts notent «un déplacement vers l’Asie des flottes que ce soit au niveau de l’évolution des flux ou des problématiques de pavillon et de propriété des navires». Déplacement qui se fait surtout au détriment de l’Europe.

La baisse des taux de fret (et la surcapacité des flottes) qui a immédiatement suivi la crise des subprime en 2007-2008 a entraîné la faillite de quelques armateurs ou opérateurs traditionnels, résultant surtout de la pénurie de trésorerie qui a elle-même été provoqué par les renégociations des financements auprès de banques européennes au bord de l’effondrement.

Le rapport conclut finalement qu’en dehors de la Chine, dont le volontarisme aurait permis de traverser la crise sans trop d’encombres, «les possibilités d’action envers le transport maritime et la construction navale sont aujourd’hui de plus en plus limitée». Ce qui peut expliquer le comportement apparemment maladroit des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine qui, dans cette région des îles des Paracels, se retrouve pratiquement sans concurrence sérieuse dans le domaine du transport maritime

Levi-sergio mutemba/agefi aout12

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