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Politique Friction du Mardi 5 Mars 2013 : Débat sur l’euro, démocratie, intérêt général par Bruno Bertez

Politique Friction du Mardi 5 Mars 2013 : Débat sur l’euro, démocratie, intérêt général par Bruno Bertez

Montebourg est intervenu avant hier sur Europe 1. Il a demandé que Draghi « commence à dire que l’euro est surévalué ». 

   Voici nos commentaires :

Montebourg a raison de s’exprimer nonobstant les froncements de sourcils de Moscovici. La Démocratie, c’est cela. Montebourg est au gouvernement parce qu’il représente une tendance ; pour que le principe démocratique soit sauf,  il doit défendre les idées de cette tendance, le fameux « un ministre cela ferme sa gueule ou cela démissionne » est une émanation, une perversion de la logique du pouvoir, pas une émanation de la logique de la démocratie.

Montebourg est un incapable qui n’a aucune notion d’économie. Il rêve, comme toute la gauche et toute la France, d’un monde sans effort, sans douleur où la compétitivité revient grâce à un coup de baguette magique, par l’avilissement de la monnaie. Il ne comprend, ni les conséquences non voulues des dévaluations, ni les raisons profondes de  la non-compétitivité du système français. Voir notre article où nous démontrons que la non-compétitivité française vient de loin, est enracinée dans l’ordre social et la mauvaise allocation des revenus en général. Mais il faut dire que Gallois n’a pas fait mieux et que le MEDEF fait encore moins bien.

Montebourg est un opportuniste, court-termiste. Il ne tient pas compte du fait que si la France réussit à se refinancer en ce moment, c’est parce que l’euro inspire confiance. Si la conviction que l’Europe va participer à la guerre des monnaies se répandait, et que l’euro va s’avilir, alors les taux ne seraient pas à ce niveau de faveur, ils seraient bien plus élevés. Non seulement les taux sur le Bund allemand grimperaient, mais le spread entre l’OAT et le Bund s’élargirait. Le tout sans élargissement des exportations françaises car la demande mondiale est faible et surtout la mauvaise spécialisation économique française interdit l’amélioration des parts de marché. Après avoir réclamé la baisse de l’euro, Montebourg serait obligé de faire comme l’ami Beppé, demander,  implorer une restructuration des dettes!

Montebourg n’a pas de vision d’ensemble, « le tout » lui échappe. En particulier, il ne se rend pas compte que  « Dire que l’euro est surévalué » est inexact. L’euro français, l’euro est surévalué pour la France. Voilà la vérité. Mais il est sous-évalué pour l’Allemagne, tout comme les liquidités sont trop abondantes pour les pays du nord.

La question n’est pas de décréter que l’euro est surévalué mais de s’interroger. Comment avoir une monnaie commune et unique quand l’ensemble monétaire sous-jacent est divergent?

Montebourg est un socialiste, il trépigne comme un enfant parce que le monde n’est pas comme il le souhaite, il ne cherche pas à résoudre les problèmes du monde réel tel qu’il est. Il cherche à défendre son petit fonds de commerce. Il est évident que sa position de ministre est incompatible avec les choix –de chien crevé au fil de l’eau- de Hollande et le troisième plan de rigueur en préparation.

BRUNO BERTEZ Le Mardi 5 Mars 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

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