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Le programme de propagande Par Roy Damary

Le programme de propagande Par Roy Damary

La question se pose de savoir si les données économiques peuvent avoir une incidence sur le marché de l’emploi.

La confiance dans l’économie étant essentielle à la croissance, les autorités américaines ont lancé un programme de propagande efficace pour l’instaurer. Elles ont recours à la communication sélective, pour ne pas dire carrément fallacieuse, comme le démontrent nos observations sur les bases utilisées dans le calcul de l’inflation et celles de l’emploi (voir nos deux derniers «Observatoires»). Si nos commentaires invitent au scepticisme, il est cependant difficile de discerner si cette propagande tente de camoufler l’état critique de la situation ou dissimule simplement la mollesse de cette reprise.

Tenons-nous en aux faits: les exportations américaines ont fortement augmenté en juillet. S’il s’agit d’une tendance plutôt que d’une statistique isolée, cette indication est très positive. De même, les importations ont légèrement diminué, grâce notamment à l’expansion pétrolière et gazière américaine. La question se pose désormais de savoir si ces données économiques peuvent avoir une incidence sur le marché de l’emploi? 

Dans le «Focus» de cette semaine, nous relevons que la durée moyenne de travail et le salaire horaire ont diminué mais que les gains médians des ménages se sont néanmoins améliorés. Cela ne peut s’expliquer que par une création d’emplois. La plupart de ces nouveaux postes cumulent la particularité d’être à temps partiel et mal rémunérés. Combinons cette observation à la faiblesse du dollar et nous comprenons mieux pourquoi les exportations se portent si bien. 

Paradoxalement, ce développement économique aux États-Unis est identique à celui figurant sous l’étiquette d’«austérité» en Europe, bien que ce terme ne figure jamais dans le vocabulaire utilisé pour la décrire. C’est comme si les forces économiques naturelles avaient provoqué l’austérité sans l’adhésion formelle des autorités. Les ménages étaient surendettés, ils se «désendettent»; les villes et les états ont ajusté leurs dépenses à la baisse afin d’échapper au sort de Detroit; le déficit fédéral est en train de diminuer suite aux «séquestrations». 

Ainsi, la réponse américaine à la crise provoquée par les dépenses excessives n’est finalement pas si différente de celle de l’Europe – elle est juste présentée autrement. Sur le Vieux Continent, les autorités semblent «dire les choses comme elles sont» alors qu’outre-Atlantique, on préfère «dire les choses telles qu’on aimerait qu’elles soient.» Les Etats-Unis sont depuis longtemps passés maîtres dans l’utilisation de cette langue de bois qu’on dit d’ailleurs être devenue politiquement correcte! 

Les économies européennes, tant dans la zone euro qu’à l’extérieur (notamment au Royaume-Uni) vont réellement mieux. La route est encore longue et semée d’embûches, mais on constate désormais que le pire est derrière. 

Il n’en va pas de même au Japon. La formidable expérience d’Abe se heurte à son propre succès. Pour en connaître les proportions et le terme, nous devrons attendre les futurs développements. 

En effet, si l’inflation de 2% est atteinte, les rendements correspondants ne devraient pas tarder à les rejoindre, donc le coupon des nouvelles émissions de JGB sera évidemment ajusté en conséquence avec comme résultat une charge écrasante pour les finances publiques. 

Parallèlement, et contrairement aux perspectives encourageantes auxquelles on pouvait s’attendre, les marchés émergents souffrent, mais si les écarts des émissions libellées en USD se sont élargis, ceux qui le sont en EUR restent stables. Nous suivons leur évolution de très près car une fenêtre d’opportunités va finir par s’ouvrir. 

Pour reprendre le thème de la reprise américaine, nous pensons qu’effectivement une relance semble s’ancrer à court terme, mais nous sommes beaucoup plus dubitatifs quant à sa pérennité. 

Roy Damary  bridport Investor Services www.bridport.ch/ Agefi Suisse Mercredi, 14.08.2013

Focus

Etats-Unis: L’économie a progressé à un taux annualisé de 1,7%, reflétant en partie les investissements d’entreprises dans de nouveaux équipements et les projets de construction. Le secteur privé a dépensé 0,5% de plus en frais de personnel. Le nombre d’emplois a augmenté de 162’000, la plus faible progression en quatre mois, et le taux de chômage est tombé de 7,6% à 7,4%. Les revenus personnels ont augmenté de $45,4 milliards, soit 0,3%, et le revenu personnel disponible (DPI) de $33,6 milliards ou 0,3%, en juin. Néanmoins, la semaine de travail a diminué et les gains horaires sont tombés pour la première fois depuis octobre. L’indice des directeurs d’achats de Chicago a augmenté de 51,6 à 52,3 en juin, l’Institut pour l’Indice Non-manufacturier de Gestion de l’Approvisionnement a augmenté à 56 et l’indice manufacturier à 55,4. 

Zone euro: Le taux de chômage s’est maintenu à 12,1% le mois dernier, et l’inflation est restée à 1,6% en juillet après deux mois d’accélération. La manufacture a crû à un rythme plus rapide que prévu initialement. L’indice PMI manufacturier a augmenté à 50,3 le mois dernier, dépassant la barre des 50 pour la première fois depuis juillet 2011.

Royaume-Uni: La production industrielle a augmenté de 1,1% par rapport à mai après avoir stagné pendant trois mois. La croissance du secteur manufacturier s’est accélérée, la jauge d’usine passant de 52,9 en juin à 54,6 en juillet, la plus élevée en 28 mois. Les prix des maisons ont augmenté pour un sixième mois en juillet. Les valeurs des maisons ont augmenté de 0,9% par rapport au mois précédent et de 5,7% sur un an pour atteindre une moyenne de £169.624.

Suisse: L’indicateur UBS de la consommation a légèrement baissé de 1,45 à 1,44 en juin.  L’indicateur avancé KOF est passé à 1,23 en juillet. La construction a été le principal moteur de l’économie. L’indice PMI est passé de 51,9 en juin à 57,4 en juillet. Les risques pour le marché suisse de l’immobilier se sont intensifiés au cours du deuxième trimestre, ce qui soulève des questions quant à savoir si les autorités ont fait suffisamment pour empêcher une surchauffe du marché immobilier du pays. L’indice de bulle immobilière suisse de l’UBS est passé de 1,17 au premier trimestre à 1,20 au second. Une lecture au-dessus de 2 indiquerait une bulle.

http://agefi.com/marches-produits/detail/artikel/la-question-se-pose-de-savoir-si-les-donnees-economiques-peuvent-avoir-une-incidence-sur-le-marche-de-lemploi.html?catUID=19&issueUID=391&pageUID=11685&cHash=4804391389ec60bdce7529c9fe363793

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