A Chaud!!!!!

Se profile un mal minimisé qui prend de plus en plus d’ampleur: la hausse du taux de créances douteuses, sorte de gangrène des temps modernes!

Se profile un mal minimisé qui prend de plus en plus d’ampleur: la hausse du taux de créances douteuses, sorte de gangrène des temps modernes.

1. Définition

Selon la définition, la créance douteuse:

-Est une créance présentant un risque d’impayé ou un risque probable d’un non remboursement partiel ou total,

-N’a pas encore été perdue: cela relève encore de la probabilité de perte (une éventualité),

-Est utilisée dans le bilan comptable des banques, établissements de crédit et entreprises,

-Se situe après l’octroi d’un crédit (prêt bancaire ou crédit fournisseur).

-Mesure un échec probable de l’évaluation des risques (credit scoring).

2. Les raisons

L’augmentation des créances douteuses à laquelle nous assistons s’explique principalement par le fait que les banques préfèrent prolonger les prêts plutôt que de céder des portefeuilles et de constater des pertes. Il faut rappeler ici que la mise en vente – le plus souvent à perte – de portefeuilles de créances douteuses, réalisées, a un impact négatif sur les fonds propres. Ceci pourrait compromettre les programmes d’amélioration des ratios et inquiéter les investisseurs!

3. Les inquiétudes

Au début du deuxième trimestre 2013, plusieurs responsables de la Banque centrale européenne s’inquiétaient de plus en plus de voir le poids des créances douteuses dans les portefeuilles de prêts des banques européennes entraver le redémarrage du crédit dans un contexte de priorité donnée au renforcement des fonds propres.

La BCE fait (à nouveau) part de son agacement car les autorités nationales, les régulateurs et les banques elles-mêmes ne semblent pas (encore) prêts à faire le nettoyage des bilans.

En ce sens, selon une étude de KPMG publiée en mars 2013, les créances des banques européennes atteindraient près de 1500 milliards d’euros (dont 600 milliards rien que pour les banques irlandaises, espagnoles et anglaises).

Finalement, c’est le FMI qui s’inquiète aussi, en affirmant que les banques européennes sont potentiellement confrontées à des pertes massives de prêts ces prochaines années.

Le montant des prêts à risque des banques européennes a doublé entre 2008 et 2012, indique un rapport de PwC. L’aggravation enregistrée cette année, qui se monte à 100 milliards d’euros, a été principalement alimentée par les hausses enregistrées en Italie, en Grèce, en Espagne et en Irlande.

Le rapport indique que les prêts à risque sont passés de 514 milliards d’euros en 2008 à 1.187 milliards d’euros à la fin de l’année 2012, et il prédit une hausse à l’avenir, compte tenu du « climat économique incertain ».

Selon Richard Thompson de PwC, le rééquilibrage des bilans du secteur bancaire européen, qui doit passer par l’épuration de ces prêts défaillants, devrait encore prendre quelques années. Il estime que le portefeuille de créances douteuses que les banques devraient chercher à revendre ou à passer en pertes se monte à 2.400 milliards d’euros.

Les données sur lesquelles PwC s’est basé pour son rapport proviennent des banques elles-mêmes. C’est l’Allemagne qui est la plus en risque, avec un portefeuille de créances douteuses estimé à 179 milliards d’euros, mais qui est resté inchangé par rapport à l’année dernière. En revanche, l’Espagne est passée d’un montant de 136 milliards d’euros en 2011 à 167 milliards d’euros en 2012. EXPRESS.BE

Plus globalement, selon la dernière étude de l’EFMA (European Financial Management & Marketing Association), dix pays – dont la Grèce, l’Italie, la République tchèque et… la France – font partie de la catégorie la moins favorable. Si le niveau de créances douteuses reste raisonnable dans les bilans des banques françaises, les perspectives économiques du pays sont jugées faibles.

4. Situation actuelle

Plusieurs pays – ont été – et sont frappés de plein fouet par l’explosion des créances douteuses. Nous listons ci-dessous des exemples de pays en proie à ces créances anormalement élevées.

a. L’Espagne

Les dernières statistiques concernant le taux des créances douteuses sont inquiétantes et semblent, pour l’instant, minimisées (alors que les créances douteuses ont commencé à grimper dans le bilan de tous les établissements financiers du pays après l’éclatement de la bulle immobilière en 2008).

En août 2013, les créances douteuses des banques espagnoles – surtout présentes dans le secteur de l’immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés) – se sont élevées à 247 milliards de dollars (correspondant à un taux record de 12.12% des encours totaux, soit un taux de 30% plus élevé que lors de n’importe quelles des précédentes crises en Espagne. En février 1994, les créances douteuses avaient atteint un niveau de 9.15% en février)…. Les récentes publications confirment donc les craintes du FMI.

 non-financial companies debt slovenia

b. Slovénie

Nous le relevions en début d’année, la Slovénie, malgré sa taille (2 millions d’habitants), est l’un des pays qui pourrait être le prochain candidat sur la liste des membres de la zone euro à avoir besoin d’un sauvetage financier.

A la fin du premier trimestre 2013, le FMI relevait que les banques du pays étaient en grave détresse en raison de l’importance des créances douteuses dans leurs comptes (correspondant à plus de 20% du PIB de la Slovénie, soit 7 milliards d’euros ou 15% des prêts totaux). Ces dernières croulent sous une montagne de créances douteuses, dont le remboursement n’est pas garanti en raison de la crise qui frappe le pays depuis 2009.

npls as share of gdp slovenia

L’Etat étant actionnaire majoritaire des principales banques du pays, un risque sur les créances douteuses aura forcément une incidence sur les finances publiques…

slovenia public debt % of gdp

Le pays, tout comme la Grèce, a perdu de sa compétitivité depuis son arrimage à l’euro en 2007. Les banques ont besoin d’une recapitalisation massive (selon les estimations du FMI, les trois principales banques slovènes auraient besoin d’environ un milliard d’euros).

Plus récemment, la visite du FMI à Ljubljana relance les rumeurs d’une aide financière internationale imminente. Le premier ministre a affirmé, il y a peu, qu’une demande d’aide financière internationale ne pouvait totalement être exclue pour les banques slovènes.

slovenia gdp growth year-over-year q1 2013

La Bad Bank qui devait être mise en place pour isoler les créances douteuses est au point mort.

c. Pays bas

 Netherlands house prices

La publication des résultats du premier semestre 2013 des plus grandes banques néerlandaises a confirmé certaines craintes : les bénéfices sont – et seront – impactés par la hausse des créances douteuses.

Rabobank, tout d’abord, a annoncé un recul de 14% de son bénéfice net sur le premier semestre, imputant ce repli à une hausse des créances douteuses.

ABN Amro ensuite, nationalisée en pleine crise financière, a fait état pour son deuxième trimestre d’un bénéfice en baisse de 3% sous le coup de hausse des dépréciations sur prêts.

d. Chypre

Sans refaire l’histoire de la crise chypriote, il faut rappeler que les banques du pays sont particulièrement exposées au risque de crédit, ce que reflète la hausse rapide du taux de créances douteuses depuis 2011. A l’échelle du système bancaire, proche de 16% en 2012. La qualité des portefeuilles de prêts au secteur privé grec s’est – ce qui n’étonnera personne – particulièrement dégradée. A cela il faut ajouter que les ratios ne sont pas compensés par un niveau élevé de provisionnement, car bien que ce dernier soit en progression, il ne couvre en moyenne que 50% du montant total des prêts non performants.

e. La Chine

Ce mal n’est pas seulement européen. En effet, la Chine fait de plus en plus face à cette gangrène de l’économie.

Un premier rapport publié en début d’année par Mike Monnelly a soulevé les craintes que l’on pouvait avoir sur la fragilité du système financier du pays. Selon ce rapport, si le seul reproche que l’on ne pouvait faire au système bancaire chinois était le nombre des créances douteuses, la réalité serait tout autre. En effet, la Chine a créé beaucoup trop de crédit dans un laps de temps trop court.

China money supply, new loans and GDP 

Ainsi, en 2009, afin d’aider l’économie, Pékin a ouvert les vannes du crédit pour près de 4 trillions de yuans, faisant grimper de 2007 à 2012 le ratio crédit sur PIB à plus de 190%. Comparé à d’autres pays émergents, le pays possède beaucoup plus de dettes qui reposent majoritairement sur le marché de l’immobilier dont on sait qu’il est en situation de bulle spéculative. En ce sens, le 22 octobre 2013, d’après une dernière enquête publiée, Pékin et Shanghai ont connu respectivement, sur un an, des hausses des créances douteuses de 16% et 17% au mois de septembre. Cela représente l’envolée la plus forte depuis la mise en place du système actuel de comptabilisation de ces données, en 2011. Parmi les 70 villes suivies par le gouvernement, une seule n’a pas vu ses prix de l’immobilier s’apprécier en septembre.

Finalement, le 23 octobre 2013, d’après l’agence Bloomberg, les quatre plus grandes banques chinoises ont fortement augmenté, dans leur comptabilité officielle, la quantité de créances douteuses. Au cours du premier semestre 2013, elles ont multiplié par trois la valeur des crédits considérés comme perdus sur la période, faisant passer leur montant cumulé de 7,65 à 22,1 milliards de yuans. Cette évolution traduit la dégradation de la situation financière en Chine, qui voit certaines entreprises rencontrer des difficultés pour rembourser leurs dettes.

Le principal risque désormais pour la Chine est une chute du marché de l’immobilier, potentiellement brutale, qui déstabiliserait alors tout le système (ainsi que le shadow banking, souvent adossé au marché de l’immobilier).

Selon le site Quartz, la Chine ressemble de plus en plus à l’Occident avant le début de la crise financière. Il énumère 4 points communs :

La montée du Shibor/ le taux d’intérêt interbancaire chinois.. La cause provient peut-être du refus de la Banque populaire de Chine (BPC) d’injecter de nouveaux fonds sur le marché interbancaire pour la troisième fois de suite vendredi dernier, mais elle a fait craindre une crise de liquidités. La nécessité pour les banques chinoises de reconstituer leurs réserves pour satisfaire les exigences en matière de réserves devrait accentuer la rareté des liquidités.

La rareté des dépôts. Les dépôts, nécessaires pour l’octroi de crédits, progressent de plus en plus lentement, en raison de taux d’intérêt trop faibles qui font que les épargnants préfèrent placer leurs actifs dans des produits financiers plus rémunérateurs, proposés notamment par le réseau bancaire souterrain chinois. En conséquence, les banques ont de plus en plus de mal à collecter les dépôts qui pourraient leur permettre de prêter de l’argent, et l’on assiste à l’émergence de situations où des sociétés font du « deposit farming », c’est-à-dire qu’elles proposent aux déposants de « supplémenter » le taux d’intérêt sur leur épargne, pour leur offrir jusqu’à 8%, au lieu du taux officiel de 3,5% pour les dépôts.

La pyramide de la quasi-monnaie. Bien que les dépôts se soient raréfiés, les banques parviennent à satisfaire l’audit de leurs réserves auxquels elles sont soumises mensuellement en utilisant de la « quasi-monnaie », c’est-à-dire des instruments financiers relativement liquides qui englobent des actifs gérés. Près des ¾ des dépôts bancaires sont composés de cette « monnaie parallèle », dont une partie est parfois artificielle.

​This chart shows the difference between M2, a measure of cash that includes some types of “quasi-money,” and bank deposits.

Les dettes. La Société Générale estime que 39% du PIB de la Chine, et 60% des nouveaux crédits, sont consacrés au remboursement de dettes anciennes. Avec le ralentissement de la croissance, les entreprises sont obligées de réduire leurs coûts et de revendre des actifs pour pouvoir rembourser leurs prêts. Mais dans les sociétés d’Etat, c’est le contraire : on pense que le gouvernement central continuera de garantir les emprunts, et on continue d’amasser des dettes pour essayer de se conformer aux objectifs de croissance.

Conclusion : la montée du Shibor a rappelé à quel point le système financier chinois était vulnérable au moindre incident de parcours en matière de création de liquidité. Cela suggère qu’une chasse aux sorcières des autorités contre le système bancaire souterrain de la Chine pourrait avoir des conséquences catastrophiques.

Selon Anne Stevenson-Yang de la société pékinoise de recherche J Capital Research, il n’y a que deux issues possibles : soit une longue période de stagnation économique, ou un moment de type Lehman, avec un choc initial tel que l’effondrement d’une banque, suivi d’une crise économique. EXPRESS.BE

Source Agefi.com  Vendredi, 01.11.2013

http://agefi.com/europe-monde/detail/artikel/la-montee-en-force-de-ce-fleau-minimise-sexplique-par-le-fait-que-les-banques-preferent-prolonger-les-prets-plutot-que-de-ceder-des-portefeuilles.html?catUID=16&issueUID=448&pageUID=13404&cHash=d181c61f650396803c05ca7f402905ba

3 réponses »

  1. La phrase clé, la pensée maîtresse en ce qui concerne ces « actifs là » ?

    ILS PRÉFÈRERONT NOUS LES DEVOIR TOUTE LEUR/NOTRE VIE,
    PLUTÔT QUE DE NOUS LES FAIRE PERDRE !

    Avouez que vu comme ça, on se sent rassuré n’est-il pas ?

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s