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Douce France: L’Etat va encore dépenser 4,5 milliards d’euros pour solder l’affaire du Crédit lyonnais

Douce France: L’Etat va encore dépenser 4,5 milliards d’euros pour solder l’affaire du Crédit lyonnais

C’est un scandale qui aura coûté aux contribuables 14,5 milliards d’euros. Record à battre. Vingt ans après l’éclatement de l’affaire du Crédit lyonnais, une banque publique qui a multiplié les investissements risqués dans les années 1990 jusqu’à ce que la crise de 1993 plonge l’établissement au bord de la faillite, l’Etat s’apprête à solder les dernières dettes du Crédit Lyonnais (devenu aujourd’hui LCL).

L’Etat va anticiper d’un an un emprunt de 4,5 milliards d’euros sur les marchés financiers pour solder la dette issue du naufrage du Crédit Lyonnais, a-t-on indiqué hier au ministère du Budget, confirmant une information du journal Le Parisien. «Il est bien prévu dans le projet de loi de finances rectificative une reprise de dette de l’EPFR» (Etablissement public de financement et de restructuration), un organisme créé dans les années 1990 afin d’organiser le soutien financier de l’Etat au plan de sauvetage du Crédit Lyonnais, a indiqué un porte-parole du ministère. Pour sauver Le Crédit Lyonnais, l’Etat a créé en 1995 deux structures: le Consortium de réalisation (CDR) et l’EPFR, qui avait emprunté à l’époque 130 milliards de francs (environ 19,8 milliards d’euros) à l’établissement bancaire.

 Selon Le Parisien Dimanche, la loi de finances rectificatives de 2013 va comporter un article autorisant « l’Agence France Trésor — le service de Bercy chargé de la dette — à emprunter 4,5 milliards d’euros sur les marchés financiers. Objectif : lever les fonds nécessaires au remboursement des dernières dettes générées par la quasi-faillite de cette banque publique en 1993. Si le Parlement accepte la mesure, l’Etat mettra donc un point final au volet financier de ce naufrage industriel ».

 4,5 milliards d’euros alors que les finances publiques sont dans le rouge ? « Depuis 2006, rien n’a été fait pour anticiper cette échéance. Malgré les mises en garde de la Cour des comptes. « La dette de l’EPFR (4,4 milliards d’euros fin 2009) devrait être amortie progressivement, sans attendre 2014 », alertait la Cour, dans un référé — une injonction à agir — envoyé fin 2010 à François Fillon, alors Premier ministre, et transmis début 2011 à la commission des Finances de l’Assemblée nationale », raconte Le Parisien. Or, Fillon n’a rien fait, laissant au gouvernement suivant le soin de régler la facture. Ce que le gouvernement Ayrault s’apprête à faire.

 Reste à faire les comptes : selon Le Parisien, « au total, le sauvetage du Lyonnais aura coûté la bagatelle de 14,7 milliards d’euros à l’Etat ». Soit « une facture moyenne de 223 euros par Français ou de 812 euros par contribuable imposé… »

http://www.leparisien.fr/economie/credit-lyonnais-l-etat-passe-a-la-caisse-10-11-2013-3302883.php

Crédit lyonnais : l’Etat va emprunter 4,5 milliards pour solder la facture

Vingt ans après, l’Etat va enfin finir de régler l’ardoise du Crédit lyonnais. Au final, ce naufrage bancaire historique aura coûté 14,7 milliards d’euros aux contribuables.

Des années Mitterrand à la présidence Hollande en passant par les gouvernements Juppé, Jospin et Fillon, aucun pouvoir n’aura échappé à ce cauchemardesque et tentaculaire dossier. Trente ans après avoir été nationalisé et vingt ans après avoir failli emporter le système bancaire international dans sa chute, le Crédit lyonnais empoisonne toujours la vie politique française.

L’affaire va même, dans quelques jours, revenir sur les devants de la scène.

Selon nos informations, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, et son homologue du Budget, Bernard Cazeneuve, s’apprêtent à lancer une action décisive dans ce dossier. Plus précisément, un des articles de la loi de finances rectificative de 2013 qu’ils présenteront mercredi en Conseil des ministres autorisera l’Agence France Trésor — le service de Bercy chargé de la dette — à emprunter 4,5 Mds€ sur les marchés financiers. Objectif : lever les fonds nécessaires au remboursement des dernières dettes générées par la quasi-faillite de cette banque publique en 1993). Si le Parlement accepte la mesure, l’Etat mettra donc un point final au volet financier de ce naufrage industriel.

Un sauvetage à 14,7 Mds€

L’heure est venue de faire les comptes. Au total, le sauvetage du Lyonnais aura coûté la bagatelle de 14,7 Mds€ à l’Etat. A titre de comparaison, cela représente une facture moyenne de 223 € par Français ou de 812 € par contribuable imposé…

Si le volet financier de l’affaire se referme, cela ne signe, cependant, pas la fin de l’histoire. Dans cette rocambolesque affaire rythmée par les soupçons de maquillage de comptes, les investissements hasardeux et les placements à risques, le feuilleton judiciaire continue. La structure mise en place par l’Etat pour gérer l’héritage du Crédit lyonnais (le CDR) a encore quelques contentieux. Notamment l’épineux dossier de l’affaire Tapie-Crédit lyonnais . Ce volet judiciaire concernant le rachat et la revente de l’équipementier sportif Adidas par Bernard Tapie promet encore quelques rebondissements. Les contribuables ont payé, à la justice de jouer.

http://www.leparisien.fr/economie/credit-lyonnais-l-etat-passe-a-la-caisse-10-11-2013-3302883.php

HISTORIQUE

Crédit Lyonnais : chronique d’un naufrage bancaire historique

Par Isabelle de Foucaud/ Le Figaro Publié le 10/11/2013

Fondé à Lyon en 1863, le Crédit lyonnais a déjoué la crise de 1929 et s’est internationalisé avec succès dans les années 1960. Nationalisée en 1982, la banque est devenue au fil des décennies un géant aux pieds d’argile.

 1988-1992: course au gigantisme

Dans la lignée de son prédécesseur Jean-Maxime Lévêque (1986-1988), qui entraîne le Crédit lyonnais dans une logique de «banque-industrie», Jean-Yves Haberer entretient la boulimie du groupe. Dès sa nomination en septembre 1988, l’énarque de 56 ans collectionne les conquêtes à l’étranger: Belgique, Italie, Espagne ou Allemagne. Le Crédit lyonnais devient le premier réseau bancaire européen. Sa soif de grandeur finit par dépasser les seules frontières du secteur. Le groupe investit via ses filiales dans le capital de quelque 1 600 entreprises. Au total, la valeur des participations industrielles du Crédit lyonnais explose de 9,7 milliards de francs en 1988* (2,3 milliards d’euros aujourd’hui) à 52 milliards en 1993 (10,7 milliards d’euros).

1992-1994: spirale infernale

Cette stratégie n’est pas sans risque. Alors que la conjoncture économique se retourne en 1992, les participations industrielles pèsent sur les comptes du Crédit lyonnais, tandis que son portefeuille immobilier colossal (100 milliards de francs ; 21,1 milliards d’euros) subit de plein fouet l’effondrement du secteur. Les premiers scandales éclatent: investissements boiteux – comme le financement du rachat de la Metro Goldwin Mayer (MGM) à 5,5 milliards de francs (1,1 milliard d’euros) un an avant la faillite du célèbre studio de production – et filiales mal gérées – dont Altus qui multiplie les acquisitions risquées – finissent par contaminer le Crédit lyonnais. La banque publie ses premières pertes en 1992 (1,8 milliard de francs, soit 380 millions d’euros). Le trou se creuse en 1993 avec un déficit abyssal de 6,9 milliards (1,4 milliard d’euros). La faillite guette et menace d’entraîner le système bancaire dans son ensemble. Face à l’urgence de la situation, le gouvernement Balladur choisit un nouvel homme pour mener à bien son redressement. Jean Peyrelevade, qui fut conseiller économique de Pierre Mauroy en 1981 et nommé par Michel Rocard patron de l’assureur UAP en 1988, succède à Jean-Yves Haberer à la tête de la banque fin 1993.

 1995-1999: sauvetage complexe

Deux plans de sauvetage sont mis en œuvre par le ministère des Finances, en 1994 et 1995. Le premier permet d’éliminer 42,7 milliards de francs de créances immobilières douteuses via la création d’une structure de défaisance, l’Omnium immobilier de gestion (OIG). Le deuxième repose sur le Consortium de réalisation (CDR), créé en mars 1995 pour éponger les dettes du Crédit lyonnais en cédant ses biens les moins rentables, à hauteur de 145 milliards de francs (28,9 milliards d’euros). Très vite, le CDR se voit reprocher de brader ces actifs, permettant à d’autres de faire des affaires. En 1997, Bercy évalue les pertes du CDR à 100,2 milliards de francs, tandis que Karel Van Miert, le commissaire européen de la Concurrence, estime le coût du «désastre» à «plus de 150 milliards de francs». Après une série de désaccords, un plan de restructuration financière est arrêté par l’État et l’Union européenne, qui exige la privatisation de la banque dans les cinq ans et une réduction drastique de la présence européenne du Crédit lyonnais. La privatisation a lieu dans l’été 1999 et l’État conserve 10 % du capital.

1990-2000: les «affaires reprennent»

En marge du sauvetage financier, le dossier Crédit lyonnais prend une tournure politico-judiciaire. Dès 1994, le rapport d’une commission d’enquête parlementaire met en cause l’État actionnaire et la gestion de Jean-Yves Haberer. Deux ans plus tard, le ministre de l’Économie, Jean Arthuis, engage des poursuites contre les anciens dirigeants du Crédit lyonnais, dont Jean-Yves Haberer. Ce dernier ainsi que François Gille, l’ancien directeur général de la banque, sont mis en examen en septembre 1998. Un événement étrange marque les esprits en 1996: un feu ravage le siège parisien du Crédit lyonnais, brûlant une partie de ses archives. Puis au début des années 2000, Jean Peyrelevade est rattrapé par la justice américaine dans l’affaire Executive Life. La plus grosse compagnie d’assurance-vie de Californie avait été rachetée illégalement par le Crédit lyonnais via une société offshore au moment où elle faisait faillite au début des années 1990. Montant de la facture pour le CDR: 600 millions d’euros.

2003-2005: OPA du Crédit agricole et création de LCL

L’État annonce en novembre 2002 qu’il vend sa participation aux enchères. BNP Paribas rafle la mise. Mais le Crédit agricole lance dans la foulée – en décembre 2002 – une offre publique d’achat amicale sur l’ensemble des actions du Crédit lyonnais. Le rapprochement débute en septembre 2003 et le Crédit agricole repositionne le Crédit lyonnais en banque de proximité à réseau national. Deux ans plus tard, le Crédit lyonnais est rebaptisé LCL.

* La conversion est effectuée du franc à date vers l’euro d’aujourd’hui.

http://www.lefigaro.fr/societes/2013/11/10/20005-20131110ARTFIG00127-credit-lyonnais-chronique-d-un-naufrage-bancaire-historique.php

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