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Crise chinoise : Plus profonde qu’on le pense…

Crise chinoise : Plus profonde qu’on le pense…

Les experts de la Lettre de Vernimmen, spécialisés dans la finance d’entreprise, ont procédé à une analyse en profondeur des entreprises chinoises cotées sur les bourses de Shanghai et de Shenzhen (2457 entreprises totalisant 91,7% des capitalisations boursières des deux Bourses ou 2600 milliards d’euros). Il ressort des bilans et des performances industrielles de celles-ci que la situation en Chine est plus inquiétante qu’il n’y paraît au premier abord.

«L’économie chinoise reste dominée par les matières premières (y compris le pétrole et le gaz), l’industrie et les matériaux de construction (64% de l’activité)», notent au préalable les experts de Vernimmen. Les sociétés cotées chinoises ont cru en moyenne de 18% par an sur la période 2008-2012, soit de manière légèrement supérieure à la croissance en prix et en volume du PIB (16%). Le dynamisme du secteur immobilier fait craindre la naissance d’une bulle.

«Malgré cette forte croissance, la marge d’excédent brut d’exploitation se dégrade sur la période 2009-2012, soit de 13,5 % en 2009 à 11,4 % en 2010. On retrouve le niveau de 2005 (11,9 %) et on est loin de celui de 2002 (14,6%).» Vernimmen précise que l’ensemble des gains liés aux économies d’échelle est restitué aux clients finaux. La marge d’exploitation tomberait ainsi à seulement 6% en 2012, soit le niveau de 2005 et les trois quarts de celui de 2002.

De plus, si les investissements représentent en moyenne deux fois le montant des dotations aux amortissements, il s’explique essentiellement par la forte croissance en volume. Mais Vernimmen observe en 2012 un ralentissement des investissements, «signe que les entreprises chinoises cotées anticipent un ralentissement durable de la croissance et non juste une crise passagère.»

Quant au besoin en fonds de roulement (BFR), il serait en forte augmentation, «beaucoup plus rapide que celle du chiffre d’affaires». Ainsi le BFR représente 3% du chiffre d’affaires en 2009, soit un niveau particulièrement bas pour une économie dominée par l’industrie, à 10% l’an dernier. Ceci s’explique principalement par l’allongement des délais de paiement des clients (35 à 38 jours) et la hausse des stocks (de 75 à 82 jours). Le niveau de BFR est influencé par la part de l’export dans l’activité. «Les entreprises chinoises paient avec des délais très longs leurs fournisseurs et sous-traitants (principalement locaux) alors que leurs clients (export ou particuliers chinois) paient beaucoup plus rapidement».

Ce qui amène les experts à en déduire que la croissance interne a tendance à peser sur le niveau de BFR. De plus, les entreprises chinoises sont assez endettées. Le ratio endettement net/excédent Brut d’Exploitation étant passé de 1,3x en 2009 à 2,3x en 2012. «Dans certains secteurs (chimie, matériaux de construction, services publics, immobilier) ce ratio d’endettement dépasse 4x. L’endettement est en revanche fortement négatif dans les groupes de media.»

Source Agefi.Suisse i, 02.12.2013

http://agefi.com/marches-produits/detail/artikel/plus-profonde-quon-le-pense.html?issueUID=469&pageUID=14024&cHash=5b412b9464dd22f5303fa337916083db

Quelques Brèves supplémentaires en rapport:

L’ombre qui s’étend sur le tableau des perspectives économiques pourrait bien être celle de la Chine, qualifiée il y a un mois déjà de géant chancelant par le magazine Time.

Andrew Hunt estime les emprunts chinois, en dollars, à quelques 200 milliards par trimestre. Il est surprenant pour une banque centrale d’accumuler autant de billets verts, alors que pour sa part, l’industrie en emprunte elle aussi à grande échelle. Ces données méritent d’être confirmées et approfondies, mais insinuent que l’analyse du Time ne manque pas de perspicacité.

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Bientôt de vieux prêts «pourris» chinois à la bourse de Hongkong?

Cinda a un plan: la structure de défaisance, créée par Pékin en 1999 pour débarrasser China Construction Bank de ses actifs toxiques, cherche aujourd’hui à se coter à la bourse de Hongkong. La procédure est encore loin d’avoir abouti – il faudra notamment que l’autorité de régulation boursière chinoise n’y mette pas son veto. Mais cette démarche illustre la volonté des quatre structures de défaisance créées à la fin des années 1990 de se diversifier et de s’orienter vers des activités plus en ligne avec le marché.

Cinda, par exemple, est aujourd’hui également un courtier. Ces quatre sociétés publiques restent très largement survalorisées par l’Etat qui n’a que partiellement intégré, au plan comptable, la dépréciation des actifs qui les constituent et qu’elles avaient rachetés aux banques à leur valeur faciale. Une situation qui pourrait devenir problématique au moment où la question de l’endettement devient centrale pour la Chine.

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La Chine veut calculer son PIB différemment

Le Bureau chinois des statistiques a annoncé qu’il travaillait à la refonte du système par lequel il calcule le Produit intérieur brut (PIB) du pays. L’objectif est de mieux refléter la valeur de l’économie chinoise, et de tendre vers des pratiques plus conformes avec les standards internationaux.

D’après les experts, le nouveau calcul, qui n’entrera en vigueur, au mieux, qu’à la fin 2014, devrait également augmenter la taille de l’économie chinoise. Actuellement, la Chine utilise, pour calculer son PIB, un système qui date de 1993 et que les économistes jugent avec scepticisme.

Li Keqiang lui-même, le Premier ministre, semble d’ailleurs n’accorder que peu de crédit aux statistiques nationales dans ce domaine, comme en avait témoigné un câble diplomatique révélé par Wikileaks. On y apprenait qu’il jugeait les chiffres du PIB fantaisistes, et globalement fabriqués.

Parmi les changements qui pourraient être apportés dans le nouveau système, Pékin envisage de mieux prendre en considération l’investissement dans la recherche et développement, qui serait assimilé à de l’investissement en capital fixe. Il est aussi question de mieux comptabiliser la valeur de la terre et de l’immobilier, un projet qui est en ligne avec les annonces récentes visant à mieux valoriser les possessions foncières des paysans.

Lors de la publication de ce nouveau chiffre, Pékin prévoit de revoir également, de façon rétrospective, l’évolution passée du PIB.

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Pékin mobilise ses grands groupes pour sauver la bourse de Shanghai

Le groupe public China Petrochemical, maison mère du géant pétrolier chinois Sinopec, a annoncé dans un communiqué avoir amorcé  le rachat d’actions de Sinopec cotées à Shanghai. A ce stade, la société n’a acheté «que» 6 millions de titres, soit 0,005% du capital de sa filiale. Mais l’objectif est de racheter, au cours des douze prochains mois, 2% du capital de Sinopec. Ce qui représente, en tenant cours de la valeur actuelle des actions Sinopec, une somme dépassant 17 milliards de dollars!

Cette initiative prise par China Petrochemical Group traduit la volonté de Pékin de tout faire pour redonner le moral à la bourse de Shanghai, qui a perdu près des deux tiers de sa valeur depuis le pic de 2007. Les grands groupes publics sont appelés à la rescousse pour acheter des titres, et pousser ainsi à la hausse certaines cotations.

En particulier, Central Huijin, le holding d’Etat qui pilote les grandes banques chinoises, n’a cessé de racheter des actions des quatre grandes banques du pays depuis un an. Baosteel a dépensé un milliard de yuans pour racheter 1,2% du capital de sa propre filiale cotée.

L’autre grande mesure prise par Pékin pour soutenir la bourse de Shanghai a consisté à geler les introductions en bourse, sur un marché où l’offre de capitaux peinait déjà à suivre la demande. Pékin a donc décidé de donner, pour l’instant, la priorité à la crédibilité de sa principale place financière, quitte à compliquer un peu plus l’équation pour tous les groupes privés chinois en mal de financement. Selon certaines rumeurs, ce gel pourrait toutefois toucher à sa fin dans les prochaines semaines.

les investisseurs jugent que Pékin a donc le projet, non seulement de mettre un terme rapidement à ce blocage, mais aussi d’adopter progressivement des mécanismes d’introduction en bourse moins politiques et plus en ligne avec ce qui se fait dans les pays développés. Plutôt que de passer par les fourches caudines d’une instance comme la CSRC, les sociétés devront probablement faire la preuve, via des mécanismes d’audit, de la fiabilité de leur comptabilité, et de la solidité de leur projet.

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Pékin tente de mettre au pas son inquiétante finance de l’ombre

Les régulateurs financiers chinois sont en train de préparer de nouveaux dispositifs pour tenter de mettre de l’ordre dans l’inquiétante nébuleuse du shadow banking, cette finance informelle qui a connu un boom ces dernières années dans le pays et qui échappe à tout contrôle et toute supervision. L’agence Reuters a pu avoir accès au projet de loi sur lequel travaillent les autorités. Il prévoit notamment de reprendre en main le marché interbancaire.

C’est en effet sur ce marché que, paradoxalement, semble proliférer une partie de la finance informelle. Afin d’être en conformité avec les normes prudentielles, les banques maquillent en effet en prêts bancaires des produits financiers issus de trusts. Une banque A reverse à une banque B les bénéfices d’un tel produit, ce qui permet à la banque B de faire apparaître comme un prêt interbancaire un revenu qui découle en réalité d’un trust. Les trusts, qui représentaient 2% des prêts dans le pays en 2011, auraient atteint 11% du total, selon des données officielles.

Cette effervescence s’explique ainsi: face à des épargnants à la recherche de placements lucratifs, ils proposent des produits qui sont ensuite adossés à des projets très rentables mais potentiellement risqués (immobilier et gouvernements locaux notamment). La banque centrale chinoise avait d’ailleurs explicitement reconnu, en juin dernier, que «certaines banques commerciales… exploitent le marché interbancaire» à cette fin et que cela avait «compromis l’effectivité de la régulation financière et macroéconomique». Les nouvelles règles pour mettre au pas le marché interbancaire et interdire ces pratiques, qui promettent d’avoir un impact négatif à court terme sur l’activité, devraient en théorie entrer en vigueur début 2014.

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Pétrole: la Chine veut son marché à terme

La Chine, premier pays consommateur mondial d’énergie, a réalisé un nouveau pas vers le lancement de son propre marché à terme dédié au pétrole, potentiellement ouvert aux investisseurs étrangers, a-t-on appris . Les autorités et l’opérateur de la place boursière de Shanghai ont mis en place une entreprise destinée à organiser ce futur marché à terme, qui sera installé dans la zone franche de Shanghai lancée voici deux mois, ont rapporté des médias et responsables politiques. «Nous allons lancer (ce marché) dès que nous obtiendrons l’autorisation» du gouvernement, a indiqué lors d’une conférence Yang Maijun, dirigeant du Shanghai Futures Exchange – un des principaux investisseurs de la nouvelle société, Shanghai International Energy Exchange Corp. Le choix d’établir ce marché dans la zone franche, et donc en-dehors de la place financière shanghaïenne actuelle, suggère que les investisseurs étrangers pourraient être autorisés à y prendre part – avec l’ambition à terme de bousculer la domination de Singapour dans le négoce énergétique en Asie. Il s’agira de la cinquième place en Chine permettant l’échange de contrats à terme, selon le journal Shanghai Daily, mais aucun des marchés existants ne proposent des contrats sur l’or noir. Les contrats à terme sont un instrument financier permettant de livrer ou de prendre réception d’une marchandise à une date donnée et à un prix prédéfini.

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Immobilier: le prix moyen du mètre carré a bondi de 10,99% sur un an

La hausse des prix de l’immobilier en Chine s’est de nouveau accélérée en novembre, selon une enquête indépendante publiée hier par un groupe du secteur. Le prix moyen du mètre carré dans les logements neufs de 100 grandes villes a bondi de 10,99% sur un an le mois dernier pour atteindre 10.758 yuans (1.299 euros), selon cette étude diffusée par Soufun, le plus grand site internet chinois d’annonces immobilières. L’augmentation sur un an avait été de 10,69% en octobre et de 9,48% en septembre.

Les prix de l’immobilier sont devenus un grave problème social en Chine, où la cherté des logements a ces dernières années exclu de larges pans de la population de l’accession à la propriété.

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