Art de la guerre monétaire et économique

L’Europe en proie à l’angoisse et au spectre de la guerre/ Quand l’Allemagne entend Tsipras, Merkel rêve d’envahir la Grèce/ Machiavel ou Gribouille ?

L’Europe en proie à l’angoisse et au spectre de la guerre Par Pepe Escobar

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – le 1er février 2015 – Source RT

L’Europe, que l’Union européenne (UE) est censée représenter, livre une double guerre, contre la Grèce à l’intérieur de ses frontières et contre la Russie en Ukraine, ce qui risque de la défigurer au point de la rendre méconnaissable.

Reuters / Alkis Konstantinidis

Une exposition présentée à Rome, L’Âge de l’angoisse : de Commode à Dioclétien, ne pouvait mieux illustrer, sans le vouloir, l’esprit du temps. Les empereurs romains auraient toutefois peine à s’imaginer jusqu’à quel point les choses se détériorent sous la gouverne de l’UE.

Le face-à-face extrêmement tendu entre le chef de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le nouveau ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, donne la mesure de l’affrontement. L’UE n’acceptera pas de mesures unilatérales de la Grèce et la Grèce n’acceptera pas de prolongation du plan de sauvetage ou les diktats de la troïka (UE, BCE, FMI).

L’affrontement est déjà entré dans la légende. Après que Varoufakis est resté ferme dans son refus de discuter avec la troïka (fini, le terrorisme économique), à la fin de la conférence de presse à Athènes, Dijsselbloem lui a glissé quelques mots à l’oreille, que les fonctionnaires grecs ont interprété comme une réplique à la Pulp Fiction, genre Je vais t’la jouer à la flamme bien moyenâgeuse.

Nous assistons donc à un duel opposant Athènes aux Maîtres de l’Univers (division UE). Des observateurs indépendants seraient tentés de voir là un Persée post-moderne tentant de décapiter la Méduse de l’UE, un monstre si terrifiant qu’aucun être vivant ne peut soutenir son regard sans être changé en pierre.

La Méduse, c’est aujourd’hui la troïka. La reine méduse Merkel et ses sous-fifres, comme le ministre des Finances Wolfgang Schaüble (nous ne céderons pas au chantage), en plus des habituels bureaucrates gris sans visage qui nous balancent leurs métaphores homériques douteuses (nous sommes attachés au mât de la confrontation),augmentent la pression en refusant de réduire la dette. À la suite du face-à-face Dijsselbloem-Varoufakis, il reviendrait à ce cauchemar bureaucratique qu’est la Commission européenne (CE) de proposer une alternative viable en vue de la restructuration de la dette grecque.

Syriza dit vouloir rester dans la zone euro, mais il n’est pas question de recourir à l’austérité pour rembourser la dette écrasante de la Grèce. La balle devrait donc rester dans le camp de Bruxelles, même si Dijsselbloem dit le contraire. La pression de la troïka sera pratiquement insupportable pour convaincre Athènesd’honorer sa dette, sinon elle le regrettera. Concrètement, il sera question d’un montage ultra-complexe de restructuration de la dette, d’une augmentation de l’aide financière à Athènes par l’UE ou éventuellement de ces deux solutions.

La tactique de Persée ne devrait pas être de tuer la Méduse dans son sommeil (les Maîtres de l’Univers ne dorment jamais), mais plutôt de déclarer unilatéralement un défaut de paiement d’une partie de la dette. Si la diplomatie échoue, Bruxelles devra alors imposer des sanctions (elle s’y connaît en cette matière, il suffit de penser à l’Iran et à la Russie), et ultimement virer la Grèce de la zone euro, l’option nucléaire que les Eurocrates craignent plus que la peste noire. Pour le moment, le ministre allemand de l’Économie Sigmar Gabriel ne fait que bluffer, en mettant en garde le premier ministre grec Tsipras que la zone euro peut survivre sans la Grèce (Nous n’avons plus à nous inquiéter comme nous nous inquiétions à l’époque).

Cependant, si Bruxelles reconnaît un défaut de paiement, même partiel, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et plusieurs autres pays de l’UE en mauvaise posture vont aussitôt renchérir en vociférant nous voulons le même genre d’accord !

La Méduse s’est déchaînée et le resserrement de l’étau par la myriade de serpents issus de sa troïka aura des proportions titanesques. La prochaine épreuve de force, ce sera lors d’un un sommet des chefs d’État de l’UE le 12 février. Il vaudrait mieux pour Persée Tsipras qu’il astique bien son bouclier et son épée.

VLAD À LA RESCOUSSE ?

Un élément crucial entre aussi en scène dans cette version remixée de l’Âge de l’angoisse : la Russie. [1]

Moscou peut en effet venir à la rescousse d’Athènes, une possibilité qui a déjà été évoquée. Tout ce baratin dans la presse occidentale à propos de la Grèce qui soutient le prolongement des sanctions imposées contre les intérêts russes n’est que foutaise.

Voici la mise en contexte qui s’impose, confidence de Yanis Varoufakis [2] : la Grèce n’a même pas été consultée relativement à cette décision. Un autre clou enfoncé dans le somptueux cercueil des supposées pratiquesdémocratiques de l’UE.

Ne vous attendez pas à ce que les frêles marionnettes de l’UE, qui passent pour des chefs d’État et doivent leur prestige à leur vassalité à un Empire du Chaos amnésique, cultivent leur mémoire de l’Histoire. Ce qui nous amène à l’Ukraine.

L’Ukraine a fait partie de la Russie pendant trois siècles, soit depuis plus longtemps que le Texas et la Californie font partie des USA. L’abandon de l’Ukraine par la Russie après le démantèlement de l’URSS ne tient pas comme précédent historique [3] pour justifier le coup d’État du Maïdan, les milliards de dollars consacrés à la subversion interne et la mise à sac subséquente de l’Ukraine par les multinationales des USA, l’Allemagne et la City de Londres. Sans oublier que toute cette saga repose avant tout et continuera de reposer sur la volonté d’expansion de l’Otan.

Croyez-vous que Washington tolérerait la présence de missiles de croisière nucléaires russes sur ses premières lignes de défense stratégique que sont ses frontières avec le Canada et le Mexique ? Ce serait l’invasion par l’Empire du Chaos à coup sûr. L’Ukraine était, et demeure, une première ligne de défense stratégique pour la Russie, ce qu’ont toujours su Washington et Bruxelles.

Lentement mais sûrement, Moscou commence à riposter à la guerre financière et économique que lui livrent les Maîtres de l’Univers. Moscou a finalement (et avec douleur) compris que les véritables Maîtres de l’Univers sont ceux qui contrôlent le crédit des banques centrales. La notion voulant qu’une banque centrale constitue un instrument indépendant, c’est de la pure fiction. Les banques centrales sont redevables aux groupes bancaires privés.

Parallèlement, sur l’échiquier militaire, les choses se corsent. C’est que Moscou pourrait finalement vendre des systèmes de défense antimissiles S‑300 à Damas et à Téhéran.

Qui plus est, le chef d’état-major de l’armée russe, le général Valery Gerasimov, a dit publiquement que Moscou va répondre immédiatement à tout déploiement de systèmes de défense antimissiles américains violant le Traité START III et le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Les analystes du Pentagone savent très bien que les systèmes d’armement russes sont supérieurs aux systèmes de défense antimissiles des USA.

Juste au cas où les marionnettes, à Washington et à Bruxelles, n’auraient pas encore compris, il y a aussi le système de défense antimissile S‑500, digne de la Guerre des étoiles, qui devrait être opérationnel en 2017 et même avant. Les missiles du S-500, qui se déplacent à une vitesse de 24 913 km/h et qui ont une portée de 3 500 km, sont capables d’abattre tout missile balistique intercontinental que Washington pourrait lancer contre la Russie. Bref, l’espace aérien russe est protégé contre tout missile balistique intercontinental à ogives nucléaires des USA.

Contrairement à l’Empire du Chaos, qui laisse tomber ses sanctions avec fracas du haut d’un drone comme une brute, la Russie parle plus fort, en passant à l’action avec patience et discrétion, des qualités propres à l’Asie. Pendant que les attaques contre le pétrole, le rouble et les produits dérivés menacent l’existence même de la Russie, ses dirigeants se préparent silencieusement au pire.

Gorbatchev, qui sait de quoi il parle quand il est question de guerre froide, a raison quand il dit que si Washington persiste dans sa folie, les choses risquent de tourner vraiment mal et l’Europe se retrouvera prise entre les deux feux [4].

RÊVER D’UNE AUTRE UE

Ce qui nous ramène à Rome. Nous pouvons imaginer sans trop de mal ce que serait une UE de substitution, une UEromaine, centrée sur l’axe Rome-Athènes-Istanbul plutôt que sur l’axe Bruxelles-Francfort-Strasbourg. Le centre de l’UE actuelle se trouve au cœur même de l’empire des Francs des VIIIe et IXe siècles. C’est Charlemagne revu et corrigé qui, selon certains courants de pensée historique, a été le premier empereur à tenter d’unifier l’Europe. D’autres courants de pensée remontent à plus loin encore, lorsque la force brute germanique était mise en veilleuse par la culture et le raffinement gallo-romain.

Je devrais plutôt suivre l’exemple de Gibbon qui, pendant qu’il méditait assis devant le Capitole (quel point de vue fabuleux) par un beau soir d’octobre 1764 (j’ai fait pareil cette semaine), à la suite d’un pèlerinage sérieux dans les ruines romaines, a décidé d’écrire son Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, qui porte sur la dissolution d’un monde qui était littéralement bâti sur la pierre.

Comme Bryan Ward-Perkins d’Oxford l’a brillamment exposé, aux niveaux les plus profonds de sa psyché, l’Europe est porteuse de la crainte que si Rome s’est écroulée, un sort similaire guette les civilisations modernes les plus magnifiques. Mais nous savons tous que l’UE actuelle, en proie aux ravages d’eurocrates non élus qui détestent la Grèce, qui se mettent à dos la Russie, qui se vautrent dans le bourbier où leur vassalité à l’Empire du Chaos les mène, et qui traitent la plupart de ses citoyens surtaxés comme des ordures, est tout saufmagnifique.

Traduit par Daniel, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.net/leurope-en-proie-a-langoisse-et-au-spectre-de-la-guerre/

Source : Europe Slouching Towards anxiety & war, RT, 01-02-2015

Notes

[1] Putin’s Unexpected Victory : Europe Furious that Greece is Now a Russian Sactions Veto, Zero Hedge 29-01-2015

[2] A question of respect (or lack thereof)… – The Greek veto over Russia that never was, Yanis Varoufakis, 29-01-2015

[3] Russia might bailout Greece – finance minister, RT, 30-01-2015

[4] Russie/USA : pour Gorbatchev, la « Guerre froide » est déclaré, risque de conflit armé; Courrier international, 29-01-2015

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier,Empire of Chaos (Nimble Books).

Quand l’Allemagne entend Tsipras, Merkel rêve d’envahir la Grèce

 L’arrivée de Tsipras au pouvoir en Grèce s’est immédiatement traduite par une montée de la tension avec l’Allemagne de Merkel. On voit mal comment ces deux-là pourront longtemps cohabiter dans un même espace politique et économique.

Tsipras ou Europe orthodoxe contre Europe protestante

Aveuglés par les discours amers de Mélenchon et consors sur la grande victoire que le Front de Gauche aurait remportée par procuration en Grèce, les Français n’ont pas perçu la dimension éminemment droitière et nationaliste de Syriza et de son gourou Alexis Tsipras – dimension déjà évoquée sur ce blog. Pourtant, le premier acte de gouvernement posé par Alexis Tsipras n’a pas relevé du champ économique, mais bien du champ géopolitique: il a consisté à se désolidariser du reste de l’Union Européenne dans le dossier ukrainien.

Alors que l’Union rejetait une nouvelle fois sur la Russie la responsabilité des opérations militaires en Ukraine, Tsipras déclarait:

«Les voix de ceux qui sont opposés à de nouvelles sanctions contre la Russie n’ont pas été entendues», a regretté le porte-parole du gouvernement. Le premier ministre, Alexis Tsipras, s’en est plaint au téléphone auprès de Federica Mogherini, la chef de la diplomatie de l’UE.

Quelques heures auparavant, Tsipras s’était rendu à Kaisariani, sur les lieux symboliques de la résistance grecque à l’occupation allemande des années 40. Lors de son premier conseil des ministres, il n’hésitait pas àajouter qu’il était prêt à « verser son sang » pour rétablir la dignité des Grecs.

Tsipras n’a donc pas tardé à confirmer le pressentiment laissé par lacoalition avec le parti souverainiste des Grecs indépendants, que la gauche française n’évoque qu’en regardant le bout de ses chaussures: au-delà du folklore d’extrême gauche, qui est un discours d’emprunt, le mouvement Syriza est fondamentalement nationaliste. Il exprime ce courant « constantinopolitain » que l’église grecque avait incarné dans les années 2000 sous la férule de l’ancien archevêque d’Athènes Christodoulos.

On ne répètera jamais assez aux Français que la fierté des Grecs vient bien plus de l’empire romain d’Orient qui a survécu pendant dix siècles à l’empire romain d’Occident que de Platon et de Socrate. La Grèce appartient au monde orthodoxe, qui se vit comme l’héritier du grand empire gréco-romain de Constantinople, victime des innombrables trahisons de l’Europe (méditerranéenne et nordique) bien avant d’avoir été victime des tribus ottomanes. Tsipras en est l’un de ses enfants.

En France, Tsipras bénéficie de la cécité des élites

La réception, en France, de la victoire de Syriza a manifesté une fois de plus l’ignorance profonde des élites françaises face au fait orthodoxe. La victoire de Syriza n’était pas encore prononcée que, déjà, les élites françaises expliquaient que Tsipras était bien trop sympathique pour croire à ses discours. Forcément, il n’en appliquerait aucun!

On relèvera par exemple cette remarquable tribune sur le site de France Télévisions, où l’on doit se pincer pour croire à ce qu’on lit:

Pourtant, Syriza, si elle remporte les élections, ne devrait pas provoquer de cataclysme en Europe.

L’une des palmes du grotesque sera remise à Juliette Méadel, porte-parole du PS toujours brillamment enfermée dans sa bulle des beaux quartiers parisiens, qui a déclaré, à propos de l’alliance avec les Grecs indépendants:

«Je dois vous avouer que je ne m’attendais pas du tout à une alliance de cet type. Je pensais qu’il y aurait une alliance avec le parti To Potami. J’étais un peu surprise parce que ces Grecs indépendants sont à la fois conservateurs et anti-européen. Je crois que le message qui a été envoyé est un message de fermeté vis à vis de l’UE et je pense que ce n’est pas un bon message»

Juliette, tu n’es probablement pas au bout de tes surprises! Décidément, quand les autruches se mettent la tête dans le sable…

Moscovici exprime encore la quintessence de la cécité parisienne

Si Juliette Méadel a, probablement à son insu, dévoilé en une seule phrase la dangereuse naïveté parisianocentrée qui la guide, on ne résiste pas au plaisir de livrer quelques nouvelles sentences historiques prononcées par Pierre Moscovici sur Syriza, dans une interview au Parisien:

Ce que nous voulons les uns et les autres, c’est une Grèce qui se redresse, qui crée de la croissance et des emplois, qui réduise les inégalités, qui puisse faire face au problème de sa dette et qui reste dans la zone euro. Je suis certain que nous partageons les finalités. Après, il y aura bien sûr discussion sur les moyens, à partir du programme du gouvernement. Il lui appartiendra de voir comment il le met en oeuvre. Il faudra tenir compte du verdict des électeurs, mais aussi des règles de l’UE, du contexte, de la position des Etats membres. Et enfin — c’est fondamental — des engagements qui ont été pris non pas par un gouvernement mais par le pays lui-même.

Ben justement! les Grecs n’avaient pas trop l’air d’accord avec les objectifs de l’Union dans leur pays. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont choisi Syriza, avec la ferme intention de ne pas tenir leurs engagements.

Une autre de Moscovici?

On se méprend quand on croit que la Commission européenne dicte aux Etats membres ce qu’ils doivent faire de façon précise. Il y a une démocratie et des choix politiques nationaux qui sont souverains. En revanche, la Commission est attentive à ce qu’il y ait un chemin pro-européen et des réformes en matière d’état de droit ou pour une administration fiscale plus efficace – mais je crois comprendre que Syriza souhaite aussi les faire. Enfin, toute réforme doit être finançable et financée.

Européens, vous êtes libres! à condition d’être pro-européens (entendez: d’admettre que le bouzin bruxellois est la seule voie possible pour une construction européenne) et de réformer comme on vous le dit!

Une dernière? De quel pays Moscovici parle-t-il quand il dit:

L’économie de ce pays a été durement touchée, en raison notamment d’une approche de ses comptes publics qui, dans le passé, manquait pour le moins de rigueur, et parce qu’elle a connu une récession sévère.

De la Grèce, mais il devait penser très fort à la France et à son passage à la tête des comptes publics.

Pour ceux qui aiment Moscovici ainsi que Bouvard et Pécuchet, on lira avec délectation ses propos sur sa rémunération comme commissaire européen.

Tsipras a fait très fort en Grèce

Pendant que les Français font semblant de ne rien voir, le petit père Tsipras n’a pas tardé à mettre sur la table quelques décisions bien senties, dont le premier effet fut d’accélérer la chute de la bourse athénienne.

La première a été l’arrêt de la privatisation prévue du port du Pirée et de celui de Thessalonique, ou de la compagnie d’électricité DEI. Mais ont suivi dans la journée la hausse du salaire minimum, la réintégration de plusieurs milliers de fonctionnaires, le relèvement des pensions des retraités les plus pauvres…

Symboliquement, le gouvernement a aussi annoncé la réintégration des femmes de ménage de l’administration des Finances du pays, mises en disponibilité il y a un an et demi et qui depuis avaient installé un campement devant le ministère à Athènes, devenant la mascotte des « anti-austérité »

Résultat: la bourse perdait près de 10% dans la journée. Plus personne ne parie désormais sur l’avenir des banques grecques.

Tsipras et la marche européenne du crabe

Le gros morceau à avaler tient, au-delà de ces péripéties intérieures, à un seul mot: restructuration! Tsipras parviendra-t-il à obtenir pacifiquement un renoncement des Européens à 30% de la dette grecque? L’affaire risque d’être compliquée, et Tsipras a donc choisi une stratégie pour mener son affaire: la marche du crabe, qui consiste à donner un coup à gauche, puis un coup à droite. Pour ce faire, il a réparti les rôles: son ministre des Finances, ancien professeur à l’université du Texas, Yannis Varoufakis donne des coups à gauche, et Tsipras rétablit l’équilibre en donnant des coups à droite.

Les amateurs de films policiers connaissent bien cette technique sous le nom du « bon et du méchant ». Dans un interrogatoire, il vaut toujours mieux avoir un bon et un méchant pour faire craquer le torturé!

Ce petit manège a commencé au conseil des ministres de mercredi, où Tsipras a dit:

« Nous sommes un gouvernement de salut national, notre but est de négocier un allègement de la dette », a-t-il dit.

« Nous n’entrerons pas dans un affrontement mutuellement destructeur mais nous ne poursuivrons pas une politique de soumission », a poursuivi Tsipras, ajoutant qu’il s’attendait à des « discussions productives » vendredi avec le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. 

Le lendemain, Tsipras recevait Martin Schulz, le président du parlement européen, à Athènes. Même opération de modération:

« Il y avait une crainte qu’Alexis Tsipras suive sa propre voie mais cela n’est pas vrai, il est en faveur d’une discussion (…) la Grèce cherche des solutions sur une base commune avec ses partenaires européens », a affirmé Martin Schulz.

Il a qualifié la discussion de « sincère », « constructive », mais aussi, en termes diplomatiquement choisis, de « fatigante ». « Il y a des choses qu’il faut encore discuter », a-t-il dit.

En revanche, le vendredi, Varoufakis a tenu un discours un peu plus musclé au Néerlandais Dijsselbloem, patron de l’Eurogroupe:

La Grèce veut bien avoir « la plus grande coopération avec les institutions », comme l’UE, la BCE ou le FMI, mais elle n’a plus « l’intention de collaborer » avec ce qu’il a appelé « une délégation tripartite, anti-européenne, construite sur une base branlante », la troïka.

Et il ajoutait:

“Avec cette commission tri-partite : la troïka, dont l’objectif est d’appliquer un programme que nous trouvons anti-européen, nous sommes en présence d’une commission qui, selon le parlement européen n’a aucune légitimité, nous n’avons pas l’intention de coopérer avec”.

Le même Varoufakis a commencé une tournée européenne pour trouver des soutiens… Aucun voyage n’est prévu en Allemagne!

L’Allemagne prête à envahir la Grèce?

L’enjeu des Grecs consiste bien entendu (on se retrouve à l’époque de l’empire de Constantinople cherchant en Occident des soutiens contre les Ottomans…) à rassembler une coalition pour mettre l’Allemagne en minorité. L’espoir fait vivre! Et si Tsipras imagine un seul instant qu’il peut s’appuyer sur un allié aussi courageux et franc du collier que François Hollande…

L’Allemagne a en effet décidé d’ouvrir les vantaux de ses hangars à Panzer et a manifestement placé ses troupes les plus loyales en état d’alerte.

Dès lundi, le porte-parole d’Angela Merkel déclarait:

« Il est pour nous important que les mesures du nouveau gouvernement visent la poursuite de la reprise économique de la Grèce, ce qui implique que les engagements pris soient respectés. »

Ce samedi, le ministre des Finances allemand a donné une interview à la presse:

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a assuré dans un entretien avec Die Welt samedi: «Si j’étais un homme politique grec responsable, je ne mènerais pas de débats sur un allègement de la dette». Le magazine Der Spiegel affiche pour sa part en couverture une photo du Premier ministre grec avec cette légende: «Le cauchemar de l’Europe». Et les médias diffusent un sondage montrant que 76% des Allemands se prononcent contre un effacement de la dette grecque.

Le vice-chancelier a pour sa part déclaré:

« Si la Grèce veut dévier de ces mesures, elle doit en supporter le coût elle-même plutôt que de l’exporter à d’autres pays européens via un ‘haircut’ (abandon partiel de dette) ou d’autres idées équivalentes », a déclaré le vice chancelier social-démocrate allemand Sigmar Gabriel.

Face à la menace, Angela Merkel a d’ailleurs convoqué François Hollande à un dîner dans ses anciennes marches – en l’espèce à Strasbourg, pour lui expliquer dans les grandes largeurs les risques qu’il prend à fricoter avec les Grecs:

Le président et la chancelière se retrouvent pour un dîner informel à Strasbourg, organisé par le président du Parlement européen, Martin Schulz. La rencontre, prévue le 11 janvier, avait été reportée en raison de la marche pour les victimes des attentats en France.

« Toutes les parties sont convenues de ne faire aucune déclaration à l’issue de la rencontre », a dit à Reuters un porte-parole du Parlement européen.

Même pas une déclaration sur la collaboration entre l’Allemagne et la France? En tout cas, Merkel ne devrait pas manquer de tancer François Hollande pour ses amitiés avec Mathieu Pigasse, le banquier français de gauche qui conseillera Tsipras dans sa revendication de restructuration.

L’Allemagne hausse le ton en Europe

Au passage, on notera que le discours allemand est en voie de radicalisation sur tous les sujets. Manifestement, nos cousins transrhénans n’aiment pas qu’on les chatouille au portefeuille – surtout quand ce sont des Grecs qu’ils ont dans le dos.

On a donc appris que la Deutsche Bahn avait déposé plainte auprès de la Commission européenne contre une cartellisation du marché européen du fret aérien. Les chemins de fer allemands demandent près de 3 milliards d’euros de dédommagement. De quoi mettre pas mal de monde à genoux…

Mais une semaine ne pouvait bien entendu se passer sans qu’un banquier allemand ne pique une nouvelle gueulante contre le laxisme de la BCE, qui risque de mettre l’Europe en faillite. Comme d’habitude, c’est Jens Weidmann, le patron de la Buba, qui s’est collé à sa rengaine hebdomadaire:

Selon lui, le programme de la BCE, qualifié « d’instrument de politique monétaire anormal », ne constitue pas un « tournant » mais il n’en demeure pas moins « une décision grave ».

La décision de la Banque centrale européenne comporte, à ses yeux, « des désavantages et des risques » pour la monnaie unique.

On a retrouvé Juncker en uniforme allemand

Dans son combat contre tout ce relâchement méditerranéen, l’Allemagne a enfin retrouvé son supplétif préféré (disparu un temps), Jean-Claude Juncker, prêt à partir au combat. Le président de la Commission a, cette semaine, arrosé la presse européenne de déclarations enflammées contre Tsipras.

Dès lundi, Juncker répondait présent sur la télévision allemande, pour dire:

« Il n’y a pas de nécessité urgente à agir » sur la dette grecque, a estimé Jean-Claude Juncker lors d’une interview à la chaîne publique allemande ARD, lundi 26 janvier. Pour lui, cette question

« ne figure pas sur l’écran radar de la Commission. Je ne crois pas qu’il y aura une majorité dans l’Eurogroupe, surtout dans la zone euro, pour une réduction de la dette ».

Jeudi, Juncker donnait une interview au Figaro:

« Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l’Europe« , déclare M. Juncker, après l’arrivée au pouvoir en Grèce de la gauche radicale de Syriza.

« Des arrangements sont possibles, mais ils n’altèreront pas fondamentalement ce qui est en place »

« Il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays de la zone euro ne l’accepteront pas« , résume-t-il.

Les petites cachotteries de Juncker pour échapper à la justice

D’une certaine façon, l’arrivée de Tsipras au pouvoir constitue, pour Juncker, une aubaine inespérée. Mis en difficulté sur l’affaire Luxleaks, il peut désormais arguer de la nécessité de ne pas affaiblir la Commission pour faire face à la tourmente. Le petit père Juncker a donc entrepris d’expliquer qu’il fallait maintenant tourner la page du Luxleaks et ne plus l’embêter avec cette affaire.

Dans un étrange silence de la presse européenne, 5 députés de droite au Parlement ont donc annoncé qu’il retirait leur soutien à la création d’une commission parlementaire d’enquête sur cette affaire. Seule la presse luxembourgeoise en a parlé (on a toujours besoin d’un plus petit que soi…):

«Des pressions aussi fortes que dans les Parlements nationaux où les députés peuvent faire tomber un gouvernement ne sont pas monnaie courante ici», selon l’eurodéputé autrichien. «C’est tout sauf une situation normale», constate son collègue allemand.

Dans le même temps, et toujours grâce au parasol grec qui focalise la lumière sur lui, la Commission a commencé à décliner différents programmes, comme la mise en place d’un marché unique des capitaux ou la mise en place du marché unique du numérique.

Traité de libre-échange UE-Canada: l’Allemagne veut renégocier l’arbitrage

Les lecteurs soucieux du traité UE-Canada seront, dans tout ce brahaha, ravis d’apprendre que l’Allemagne a convaincu la France de renégocier la clause d’arbitrage dans le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union.

Ce mercredi 21 janvier s’est tenue à Berlin une rencontre réunissant Sigmar Gabriel, ministre fédéral de l’économie et de l’énergie, Matthias Machnig, secrétaire fédéral aux affaires économiques et à l’énergie et Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger.

Nos échanges ont porté principalement sur les enjeux de politique commerciale d’intérêt commun entre la France et l’Allemagne, en particulier les mécanismes de règlement des différends investisseur/Etat (ISDS). La publication par la Commission, le 13 janvier, des résultats de la consultation publique ouvre une nouvelle étape pour échanger sur les améliorations à apporter à l’ISDS. Nous saluons la parution de ce rapport, nourri de très nombreuses contributions substantielles, et soulignons la nécessité d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées (notamment : droit à réguler des Etats, fonctionnement des instances arbitrales, relations avec les juges nationaux, mécanisme d’appel).

Les échanges ont permis de s’accorder sur le fait que les quatre axes retenus par la Commission dans son rapport de consultation devraient inciter à apporter des modifications au CETA. D’autres Etats membres ont fait part de leur appréciation positive quant aux résultats de la consultation. Nous souhaitons examiner toutes les options de modifications avec eux et avec la Commission.

A suivre, donc…

Et pendant ce temps, l’économie européenne continue à se déliter

Les chiffres de l’inflation ont montré dans quel état de délabrement se trouvait l’économie européenne. Alors que les Allemands continuent à nier l’évidence, expliquant volontiers que la désinflation n’est pas la déflation, toutes les évidences concordent pour montrer que, depuis deux ans, la courbe des prix s’infléchit continument vers une situation de déflation.

La situation sociale liée à cette paralysie économique est de plus en plus tendue. D’ailleurs, la BCE a demandé aux banques européennes de faire preuve de retenue dans leurs distributions de dividendes, histoire de ne pas trop montrer que tout le monde ne porte pas le même fardeau dans un monde d’austérité.

Encore un pas franchi sur la voie de l’implosion continentale.

http://www.eric-verhaeghe.fr/quand-lallemagne-entend-tsipras-merkel-reve-denvahir-la-grece/

Je déteste écrire sur la politique, tant j’y suis incompétent. Les élections Grecques m’y forcent. Les Grecs qui avaient vendu leur âme pour un plat de lentilles sont en train de redevenir  souverains, ce qui est une bonne, une très bonne nouvelle. Tout plutôt qu’un monde dominé par des Juncker, qui vient de déclarer, fidèle à lui même. « Il n y a pas de solution démocratique contre les institutions européennes »  Il va apprendre que la souveraineté nationale est antérieure et supérieure aux institutions européennes. Mais ici, c’est de la réaction de François Hollande aux résultats Grecs dont je veux parler, tant elle m’a stupéfié.

Les Grecs viennent de se doter d’un gouvernement d’extrême gauche, ce qui est leur droit le plus absolu. Le Président de la République Française a tenu à être le premier à féliciter le nouveau Premier Ministre Grec, ce qui est bien poli de sa part. Le même Président a tenu aussi à faire part de sa satisfaction à la vue d’une nouvelle victoire de la Gauche contre les forces de la Réaction.

Ce qui est plutôt inattendu dans la mesure où  le nouveau Premier Ministre Grec a été élu …contre la politique imposée à la Grèce par l’Allemagne avec l’assentiment total de monsieur Hollande. Monsieur Hollande se félicite donc bruyamment de…sa propre défaite ou de celle de son allié le plus précieux. On imagine sans difficultés l’enthousiasme à Berlin à la découverte du message de félicitations de monsieur Hollande, tant la campagne de monsieur Tsipras a été violemment anti -Merkel et anti-Allemagne.

Ajoutons que l’ancien premier ministre Grec qui vient d’être battu aux dernières élections faisait une politique qui s’apparente tout à fait à celle que monsieur Valls essaie de suivre en France (mais avec quelle timidité!).

Monsieur Hollande dit donc à tous ceux qui veulent l’entendre que monsieur Mélenchon est dans le vrai, tandis que monsieur Valls est sans doute vendu aux forces du grand capital et à la finance internationale. Voilà qui va puissamment aider monsieur Valls. Il est toujours réconfortant pour le commandant en second de savoir que le commandant en chef ne songe qu’à négocier un armistice, voire une capitulation en rase campagne avec l’ennemi.

En fait, tout se passe comme s’il y avait deux Hollande.

Le citoyen Hollande (François de son prénom) semble se réjouir du fait que la politique rétrograde imposée à la Grèce par le Président François Hollande soit remise en cause à la suite d’élections libres et que donc la politique du précédent gouvernement soit rejetée. Or cette politique avait été imposée à la Grèce par l’alliance de tous les autres pays faisant partie de l’Europe, et avec le plein assentiment du Président Hollande.

Quant au Président Hollande, (François de son prénom aussi, c’est surement une coïncidence, il ne peut s’agir de la même personne),  il préside avec indifférence un pays  ou l’accroissement de la misère et du chômage sont patents.

Et c’est la où j’ai du mal à comprendre :

  • Ou le citoyen Hollande est contre la politique préconisée par le Président Hollande, tant les résultats sont désastreux, et il aurait du manifester son désaccord en temps utiles.
  • Ou cette politique a été imposée au Président par des forces obscures, et il aurait du démettre plutôt que de se soumettre, suivant la formule consacrée. Après tout « la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille »  et encore moins à  Berlin, Bruxelles ou  Wall-Street. Au moins la Corbeille était en France.
  • Ou, le Président sait que le citoyen Hollande dit des âneries mais l’autorise à le faire parce qu’il pense que ca va lui faire gagner des voix à gauche et peut être même à droite lors des prochaines élections, auxquelles il va se présenter, bien sur, alors même qu’il nous avait promis qu’il ne le ferait pas si le chômage était en hausse….les promesses, comme l’avait dit le regrettable Jacques Chirac, n’engagent que ceux qui les croient.

Dans le premier cas de figure, c’est une preuve de lâcheté, dans le deuxième cas, cela veut dire que la France a perdu sa souveraineté et que le Président devrait démissionner s’il avait le moindre sens de l’honneur (une notion bizarre qui existait en France encore il y a quelque temps, mais qui a complètement disparu) et dans le dernier cas, cela manifeste un mépris invraisemblable pour l’électeur et donc pour la Démocratie.

Il n’en reste pas moins que le citoyen Hollande a l’air d’être tout à fait contre la politique suivie par le Président Hollande, ce qui peut apparaitre comme un peu surprenant.

S’il en avait l’occasion, et si le citoyen Hollande était encore à la Chambre des Députés, je suis bien sur qu’il serait à la tête de la révolte contre les lois injustes proposées par le gouvernement du Président Hollande.

Apparemment, le drame de monsieur Hollande semble être qu’il ait des convictions mais pas de caractère et qu’il veuille être réélu.Et donc, comme tout Politique qui présente ces caractéristiques, il pense que parler c’est agir et qu’il doit dire ce que l’audience qu’il a devant lui attend.

Donc devant des patrons il sera favorable au capitalisme, devant des syndicalistes CGT, il sera Marxiste, à Bruxelles Européen etc. Cela permet de gagner des élections, mais hélas n’aide pas à gouverner

En effet, de temps en temps la réalité le coince et il lui faut, horreur absolue, prendre des décisions et arrêter de parler.

Comme le disait Richelieu : «Gouverner, ce n’est pas choisir entre une bonne et une mauvaise solution, c’est choisir entre deux mauvaises solutions. »

« Gouverner un royaume » disait encore ce grand homme, «  c’est s’assurer d’être damné ».

Voilà qui peut être très stressant, parce que des décisions que l’on va prendre peut découler des conséquences très douloureuses pour une partie de l’électorat, qui du coup pourrait être amené à ne pas voter pour vous.Et donc, quand il est soumis à une pression très forte par le gouvernement Allemand, le gouvernement Américain ou la réalité économique, monsieur Hollande cède, mais n’en pense pas moins.

Et le fait qu’il ait cédé ne l’engage pas vraiment. Il fait savoir en douce que dans le fonds, il n’est pas vraiment d’accord avec le traité qu’il vient de signer, ou l’accord qu’il vient de parapher et pourrait  bien sur changer d’avis si les rapports de force venaient à changer.

Et donc, des qu’une décision est prise, il faut vite l’annuler par des paroles…ou tenter de le faire. La mauvaise solution pour monsieur Hollande, ce n’est pas celle qui enfoncerait encore un peu plus notre pauvre pays, mais celle qui risque de le faire battre aux élections.

Et on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est là, la caractéristique essentielle du Président Hollande dont le souci principal semble être d’essayer de faire croire  à son électorat que le PrésidentHollande gouverne contre les convictions du citoyen Hollande et que ces convictions sont «de gauche» cela va sans dire.

Et c’est dans ce double langage que l’on trouve une information très intéressante.

Pour lui, la seule chose qu’il doit éviter à tout prix c’est que l’extrême gauche ne fasse un tabac en 2017, ce qui le laisserait en troisième position ou pire au premier tour. Son seul but est donc d’arriver deuxième au premier tour, avec Marine Le Pen en tête.  Que la France s’effondre d’ici là, que la misère augmente, que le peuple s’appauvrisse et se désespère, que tous les jeunes compétents s’en aillent, que l’unité nationale s’effondre n’a aucune importance par rapport  à ce but essentiel,deuxième au premier tour.

Bien sur, il va échouer puisque l’extrême gauche va certainement se trouver un leader charismatique dans les mois qui viennent qui remplacera sans coup férir le vieux cheval de retour qu’est Mélenchon. Et l’extrême gauche va faire un tabac en Espagne, en France ou en Italie, comme elle l’a fait en Grèce. En Espagne par exemple, il est à peu prés certain que le parti socialiste va être dynamité par Podemos et pourrait bien disparaitre, comme en Grèce.

Les calculs de monsieur Hollande sont donc non seulement misérables mais en plus vont sans doute échouer tant ils sont clairement bas.

Et c’est la que l’on ne peut s’empêcher de citer Chateaubriand « Il faut être économe de son mépris en raison du grand nombre des nécessiteux ».   

Mais j’ai du mal à me retenir quand même.

http://institutdeslibertes.org/machiavel-ou-gribouille/

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