Art de la guerre monétaire et économique

Les politiques discrétionnaires de planification monétaire centrale conduites par les banquiers centraux actuels sont très dangereuses/ Les moutons de l’assouplissement quantitatif

Adeptes de la suppression des taux d’intérêt, donc de la cessation de la rémunération de l’épargne disponible, et de la création artificielle maximale de monnaie, donc de la chute de la valeur des devises dont ils ont la charge, la plupart des banquiers centraux actuels agissent de façon inconsidérée parce que, au lieu de favoriser la croissance des économies (à supposer d’ailleurs qu’ils le puissent), ils cassent systématiquement le pouvoir d’achat des agents économiques, c’est-à-dire finalement la consommation d’aujourd’hui, l’emploi de demain et l’investissement d’après demain. Pendant qu’ils pratiquent la hausse des bilans hypertrophiés de leurs institutions (se traduisant par une progression massive de la dette globale publique et privée), lesdits banquiers centraux fragilisent en plus les États dans la mesure où « in fine » ce seront aux États, c’est-à-dire à leurs contribuables via le paiement de l’impôt ou les politiques d’austérité cassant leur niveau de vie, d’en payer la note. Ces politiques monétaires dites « discrétionnaires », combinées au libre-échange global mondialisé actuel, cassant les prix des biens et des services (et avec eux les salaires un peu partout), sont la source de la DÉFLATION PAR LA DETTE qui submerge la plupart des pays. De telle sorte queplus il y aura de Quantitative Easing, plus il y aura de récession.  

http://www.project-syndicate.org/commentary/ecb-quantitative-easing-experiment-by-stephen-s–roach-2015-01

http://www.moneynews.com/Personal-Finance/Malpass-central-banks-rates/2015/01/22/id/620041/

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-28/another-ex-central-planner-speaks-currency-war-policy-risks-major-downward-shock-ass

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« Un boom d’expansion du crédit doit inévitablement conduire à un processus que le discours commun appelle dépression… La dépression n’étant en fait qu’un processus de réajustement, de remise en ligne des activités de production avec l’état réel des données du marché… Toute tentative de substituer des moyens fiduciaires à des biens capitaux inexistants est vouée à l’échec… Il n’y a aucun moyen de soutenir un boom économique résultant de l’expansion à crédit.L’alternative est ou bien d’aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de la création monétaire, ou bien à une crise plus tard avec l’effondrement du Système monétaire qui est en cause… Le résultat de l’expansion du crédit est un appauvrissement général »… « Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales » (Ludwig von Mises).

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A contrario, rétablissez des barrières douanières raisonnables à l’abri desquelles les salaires pourront être augmentés, revenez à un Etat-providence décent ne laissant personne dans les pays développés au bord du chemin, baissez massivement les impôts et revenez à la loi de l’offre et de la demande pour déterminer l’offre de monnaie dont ont effectivement besoin les agents économiques, via l’arrêt des « réserves fractionnaires » et le rétablissement de l’étalon-or (permettant de revenir aux taux de change fixes -exceptionnellement ajustables-), tout cela ayant pour effet de résorber progressivement la dette publique et privée par le retour de la croissance  économique, et vous vaincrez la déflation-récession !!!

Les banques centrales « indépendantes » actuelles, dont les dirigeants (devenus fous parce que dotés de pouvoirs exorbitants) n’ont pas été élus par les peuples et ne sont contrôlés par personne, n’ayant été mises en place par quelques manipulateurs que pour créer et entretenir les bulles de certains actifs (actions, immobilier, etc) qui finiront bien par exploser, il est indispensable de les supprimer purement et simplement et de laisser lesdites bulles se dégonfler avant que nous soyons tous ruinés.

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Les QE anglais, japonais et maintenant européen, ayant pour effet de faire chuter la valeur de la livre sterling, du yen et maintenant de l’euro contre le dollar US, obligeront à notre avis tôt ou tard les USA, qui ne peuvent pas laisser leur monnaie s’apprécier au-delà du raisonnable, non pas à monter leurs taux d’intérêt à court terme ainsi que l’attendent vainement certains analystes -n’ayant pas compris le processus déflationniste- depuis fin début 2013-début 2014, mais à mettre en place eux-aussi des taux d’intérêt NÉGATIFS sur les dépôts en dollar US des agents économiques dans leurs banques privées, comme sur les dépôts en dollar US de leurs banques privées dans leur banque centrale.

Selon Larry Summers, la déflation et la stagnation séculaire frappent aussi bien le Japon et l’Europe que les USA:

http://www.wsj.com/articles/euros-big-drop-puts-u-s-economy-federal-reserve-to-the-test-1422059437

La fixation prochaine de taux courts négatifs par la Fed aux USA, afin de freiner la hausse du dollar US qui commence à pénaliser l’économie et les entreprises américaines, est hautement probable:

 

https://confoundedinterest.wordpress.com/2015/01/25/hilsenrath-omen-euros-big-drop-puts-u-s-economy-federal-reserve-to-the-test-euro-area-negative-sovereign-yields-over-1-4-t-euros/

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-24/get-ready-negative-interest-rates-us

http://mises.ca/posts/blog/get-ready-for-negative-interest-rates-in-the-us/

https://confoundedinterest.wordpress.com/2015/01/25/turned-the-corner-wti-oil-breaks-down-to-50-along-with-inflation-global-gdp-growth-and-10y-treasury-yield/

https://fr.news.yahoo.com/le-dollar-fort-plombe-les-184413910.html

Ce qui devrait avoir pour conséquence de faire plonger de façon supplémentaire les taux d’intérêt à moyen et long termes US (non pas vers 1,38% qui est le prochain objectif technique du taux US à 10 ans mais vers ZÉRO !!!) et donc de créer, en raison de l’inversion de la courbe des taux (les taux longs baissant au niveau des taux courts voire même passant en dessous d’eux), un signal évident de DÉPRESSION ÉCONOMIQUE MONDIALE, une hausse importante des obligations d’État US, laquelle ferait à terme vaciller la plupart des actifs financiers (or, actions, obligations high yield d’entreprises) alors en situation de KRACH, dont les détenteurs sortiraient pour SE RUER en masse dans l’achat desdites obligations d’État US. Bref, le TLT et le TMF ont de beaux jours devant eux…

L’or, qui a toujours chuté lors des krachs boursiers, devrait donc baisser encore nettement avant de trouver son prix plancher (soit 680/700 USD l’once, son plus bas de 2008 lors du dernier krach), la destruction probable du CHF (autre valeur supposée « refuge ») consécutive aux fausses manœuvres de la BNS militant aussi pour un or bien plus bas.

Les sommets de l’or (vers 1.307 USD l’once), de l’argent-métal (vers 18,47 USD l’once) et des actions des sociétés minières pour 2015 semblent avoir été atteints:

 

http://blog.kimblechartingsolutions.com/2015/01/gold-facing-most-important-test-in-years-and-years/

http://www.mineweb.com/news/gold/goldman-sachs-stays-ultra-bearish-gold-long-term/

http://www.mineweb.com/news/gold/gold-rally-fizzle-barclays/

Vraisemblablement le dollar US a gagné pour longtemps la partie. Avec les conséquences économiques, monétaires et surtout géopolitiques que l’on peut imaginer. 

Que se passera-t-il ensuite, après que les taux d’intérêt à moyen et long termes aient atteint presque partout (comme les taux à court terme), dans presque toutes les grandes monnaies, ZÉRO? Pour le moment personne n’en sait rien, parce que cela ne s’est jamais produit.

Peut-être l’adoption généralisée du dollar US et la destruction des autres monnaies (de l’or aussi, ou bien parviendra-t-il « in fine » à réémerger comme monnaie?), ainsi que cela s’est déjà produit en Amérique du Sud et dans une partie de l’Asie ou de l’Afrique dans lesquelles la dollarisation est un fait acquis. Ou bien peut-être le retour de l’inflation voire de l’hyper-inflation (en 2017 pas avant) si les banques centrales passaient au stade de la distribution gratuite de monnaie à la population « par hélicoptère » (selon la métaphore de Ben Bernanke) !!! Et c’est alors seulement qu’il faudrait acheter de l’or à très bas prix avec les valises de billets démonétisés.

http://blogs.reuters.com/breakingviews/2015/01/02/japans-cash-helicopter-may-be-first-to-take-off/

http://www.lepoint.fr/economie/erreur-de-la-banque-centrale-en-votre-faveur-3-000-euros-16-01-2015-1897133_28.php#xtor=CS3-190

Un dernier mot à propos du franc suisse, dont à notre avis la BNS, du fait de sa politique super-interventionniste incohérente de soutien contre vents et marées de la parité fixe euro/CHF à 1.20 dont elle n’avait pas les moyens, puis de capitulation en rase campagne sans préavis contrairement aux assurances qu’elle avait constamment données, a cassé cette monnaie qu’il ne faut pas conserver parce qu’elle est destinée à s’effondrer puis à disparaitre (le rêve de l’establishment suisse étant de rejoindre l’euro). Beaucoup de gens ont perdu sur le CHF (pas nous parce que nous avions compris tout ce qui se tramait depuis longtemps) quant à la BNS, continuant dans des pratiques opaques, elle n’a toujours pas communiqué la raison de son abandon du peg, ni combien toutes ses incohérences lui ont couté. Le CHF au plan mondial depuis plusieurs années ne représente plus grand chose, oubliez-le !!! Dommage parce que la Suisse et ses citoyens paieront très cher les fantaisies de leurs banquiers centraux, que ni le gouvernement ni le parlement n’ont même pas convoqués pour entendre les explications de leur fiasco…

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-26/swiss-franc-slumps-most-september-2011

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-26/swiss-franc-getting-crushed

IMPORTANT

L’Union européenne, et plus particulièrement la zone euro dont l’échec est avéré, sont tombées dans une spirale d’effondrement politico-économique accéléré parce que, après le refus de la Grèce de se serrer un peu plus la ceinture, ce sera le tour de l’Espagne puis de la France et de l’Italie, les peuples ne supportant plus la camisole de force qui leur est imposée conduisant à leur paupérisation collective, sans compter ses problèmes internes avec l’immigration islamique radicale et externes avec le dérapage de la guerre « civile » russo-ukrainienne sciemment organisée par les occidentaux. Plus la destruction de l’économie russe et la déstabilisation de l’Ukraine par les euro-américains se poursuivra, plus le risque de cassure de l’UE augmentera parce que, à un certain point d’exaspération et pour dé-serrer l’étau dans lequel elle se trouve, la Russie pourrait intervenir militairement de façon directe contre les forces de l’OTAN ayant déjà pris pied en Ukraine… ou ailleurs.

Les troupes US sont à Mariupol…

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-25/out-my-face-please-why-are-us-soldiers-mariupol

http://www.globalresearch.ca/american-troops-in-ukraine-you-bet/5428067

http://www.atlantico.fr/decryptage/jeu-dangereux-en-ukraine-comment-risque-guerre-percu-russes-echappe-europe-1979447.html?yahoo=1

IMPORTANT:

http://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/Russian-Sanctions-Might-Be-Obamas-Greatest-Blunder.html

Certes, le QE européen peut créer une bulle sur les actions européennes mais elles ne pourront pas aller bien haut si les actions US, japonaises et/ou chinoises plongent.

IMPORTANT

http://blog.kimblechartingsolutions.com/2015/01/two-thirds-chance-nyse-topping-pattern-in-play/

http://www.advisorperspectives.com/dshort/guest/Bill-Hardison-140127-Lindsay-Formation-Update.php

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http://www.zerohedge.com/news/2015-01-27/shadow-crisis-has-not-passed-durables-goods-orders-collapse

IMPORTANT

http://uk.businessinsider.com/crispin-odey-says-equities-will-get-devastated-2015-1

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http://money.cnn.com/2015/01/23/investing/shazam-tech-startups-lose-money/index.html

Sortez des actions Alibaba si vous en avez:

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-27/china-starting-crackdown-alibabas-illegal-operations

http://uk.businessinsider.com/alibaba-q3-earnings-2015-1

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-29/baba-bye-bye-chinese-megacap-plunges-below-post-ipo-first-print

La chute des prix du pétrole (et accessoirement des autres matières premières), qui est loin d’être terminée, est une catastrophe économique et financière globale qui coûtera des millions d’emplois, appauvrira de nombreux États, ruinera beaucoup d’entreprises et stoppera les nouveaux investissements dans les énergies alternatives dont le monde a pourtant besoin pour l’avenir.

 

http://www.bloomberg.com/news/2015-01-26/goldman-sachs-s-cohn-sees-oil-falling-to-30-in-extended-slump.html

https://fr.finance.yahoo.com/actualites/grande-bretagne-lindustrie-p%C3%A9troli%C3%A8re-mer-nord-danger-092216866–finance.html

Comme le montre la chute libre du Baltic Dry Index, le commerce international est en pleine déroute:

Une prudence maximale, dans les circonstances actuelles, est de mise sur la plupart des actifs, sauf quant à l’achat des obligations d’État américaines en USD (TLT, TMF, etc.) qui restent l’actif le moins risqué et le plus prometteur en terme de gains en capital.

http://www.zerohedge.com/news/2015-01-28/surprising-consequences-global-frenzy-positive-yield

http://www.oftwominds.com/blogjan15/dash-for-yield1-15.html

La baisse des taux à moyen et long termes US logiquement se poursuit en même temps que la croissance mondiale chute:

 

20150125_moredepends_0Le TMF poursuit sa progression:

tmf

Le ratio actions US / obligations d’État US est en phase de retournement à la baisse, ce qui milite pour une stratégie long obligations d’État US/short actions US:

ratio actions obligations

Le ratio obligations d’État US / or continue de monter depuis son plus bas de 2011 (haussier pour les obligations d’État US mais baissier pour l’or):

tlt gold

gold usd

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Avertissement: Les informations, analyses, commentaires et prévisions contenues dans ce site internet n’engagent pas la responsabilité de leurs auteurs, ni celle des entreprises, banques et institutions pour lesquelles ils travaillent directement et/ou avec lesquelles ils collaborent indirectement (ou bien l’ont fait par le passé), n’ont aucun caractère de certitude, sont prodigués à titre gratuit et ne constituent pas de sollicitations pour placer des fonds. Pas plus que la justesse de certaines de leurs prévisions données dans le passé ne saurait permettre d’en conclure que celles qu’ils élaborent aujourd’hui (ou qu’ils feront plus tard) ont une chance de se réaliser.

SOURCE ET REMERCIEMENTS : FORUM MONETAIRE DE GENEVE

http://www.forum-monetaire.com/les-politiques-discretionnaires-de-planification-monetaire-centrale-conduites-par-les-banquiers-centraux-actuels-sont-tres-dangereuses/

Les moutons de l’assouplissement quantitatif Par Stephen Roach

NEW HAVEN – Comme l’on pouvait s’y attendre, la Banque centrale européenne s’est désormais jointe aux autres grandes autorités monétaires de la planète dans la plus grande expérimentation menée au cours de l’histoire des banques centrales. À ce stade, nous ne connaissons que trop bien le déroulement des événements. Pour commencer, les banques centrales abaissent le taux directeur conventionnel jusqu’à la très redoutée « borne inférieure zéro. » Puis, confrontées à la persistance d’une économie fragile, mais à court d’outils conventionnels, elles entreprennent alors la démarche non conventionnelle de l’assouplissement quantitatif (QE).

Cette stratégie repose sur une théorie simple : dans l’incapacité de réduire davantage le prix du crédit, les banques centrales se concentrent alors sur le développement de sa quantité. L’argument implicite consiste à considérer cette réorientation, de l’ajustement du prix à l’ajustement de la quantité, comme l’équivalent fonctionnel d’un surplus d’assouplissement de la politique monétaire. Ainsi, même en présence de taux d’intérêt nominaux situés au plancher zéro, et toujours selon cette conception, les banques centrales conserveraient un certain nombre d’armes dans leur arsenal.

Mais ces outils sont-ils à la hauteur du défi ? Pour la BCE et la Banque du Japon (BDJ), toutes deux confrontées à des risques baissiers considérables pour leur économie et pour les niveaux de prix globaux, cette question revêt toute son importance. Pour ce qui est des États-Unis, où les retombées du QE restent à déterminer, la réponse à cette question est tout aussi porteuse de conséquences.

L’impact du QE repose sur les « trois T » de la politique monétaire : transmission (canaux via lesquels la politique monétaire affecte l’économie réelle) ; traction (réponses des économies aux mesures politiques) ; et cohérence sur plan temporel (promesse d’autorités à la crédibilité indéfectible consistant à atteindre des objectifs spécifiques tels que le plein emploi et la stabilité des prix). En dépit de la manière dont les marchés financiers célèbrent le QE, sans parler des accolades d’autosatisfaction observées à la Réserve fédérale américaine, l’analyse de ces trois T ferait bien d’inciter la BCE à prendre un moment de réflexion.

S’agissant de la transmission, la Fed a concentré ses efforts sur le fameux effet de richesse. En premier lieu, l’expansion de bilan menée depuis fin 2008 à hauteur de quelque 3 600 milliards $ – bien au-dessus des 2 500 milliards $ de croissance du PIB nominal sur la période du QE – a dynamisé les marchés des actifs. Il a été supposé que l’amélioration de la performance du portefeuille des investisseurs – multipliée par plus de trois dans le S&P 500 par rapport au creux de mars 2009 induit par la crise – entraînerait un regain de dépense de la part de consommateurs de plus en plus aisés. La BDJ s’est basée sur une justification similaire dans le cadre de sa propre politique d’assouplissement quantitatif et qualitatif (QQE).

La BCE aura en revanche plus de mal à promouvoir les effets de richesse, principalement parce que la détention de capitaux par des particuliers (soit directe, soit via des comptes de pension) est bien moindre en Europe qu’aux États-Unis ou au Japon. Ainsi, dans le cas de l’Europe, il semble plus probable que la politique monétaire se propage via les banques, et au travers de la monnaie, à l’heure où la faiblesse accrue de l’euro – en baisse de près de 15 % par rapport au dollar au cours de l’année dernière – permet de booster les exportations.

L’aspect le plus délicat du QE réside dans la dimension traction. Les États-Unis, où la consommation représente l’essentiel de la pénurie de reprise d’après-crise, en sont une parfaite illustration. Dans un contexte de dette trop élevée et d’épargne insuffisante, les effets de richesse ont eu un impact minime dans l’amélioration de cette récession de bilan qui a frappé les ménages américains lorsqu’ont éclaté les bulles de l’immobilier et du crédit. En effet, le taux annualisé de croissance de la consommation réelle n’a atteint qu’une moyenne de 1,3 % depuis début 2008. L’actuelle reprise du PIB réel suivant une trajectoire de 2,3 % de croissance annuelle – soit deux points de pourcentage en-dessous du chiffre habituel des cycles passés – il est difficile de justifier cet enthousiasme généralisé à l’égard du QE.

La campagne massive de QQE mise en œuvre par le Japon s’est heurtée à des difficultés de traction similaires. Après avoir étendu son bilan jusqu’aux environs de 60 % du PIB – soit deux fois celui de la Fed – la BDJ réalise combien cette campagne destinée à en finir avec la déflation se révèle en réalité de plus en plus inefficace. Le Japon a aujourd’hui replongé dans la récession, la BDJ ayant tout juste réduit de 1,7 % à 1 % l’objectif d’inflation pour cette année.

Enfin, le QE se révèle également décevant en termes d’opportunité temporelle. La Fed qualifie depuis bien longtemps sa stratégie de normalisation post-QE selon un ensemble de conditions dépendantes d’un certain nombre de données et ayant trait à l’état de l’économie et/ou aux risques d’inflation. Par ailleurs, elle recourt actuellement aux adjectifs les plus ambigus dans la formulation d’orientations pour les marchés financiers, étant récemment revenue sur sa déclaration selon laquelle elle maintiendrait de faibles taux pendant une durée « considérable, » et les invitant désormais à être « patients » quant au moment où il s’agira de les rehausser.

C’est néanmoins la Banque nationale suisse, elle qui a imprimé des billets afin d’empêcher une appréciation trop élevée après avoir arrimé sa monnaie à l’euro en 2011, qui vient poignarder au plus profond le cœur du QE. En ayant soudainement abandonné l’ancrage euro le 15 janvier – un mois à peine après avoir confirmé son engagement à cet égard – cette BNS que l’on pensait autrefois disciplinée a considérablement mis à mal les exigences d’opportunité temporelle qui sous-tendent la crédibilité.

Les actifs de la BNS s’élevant désormais à près de 90 % du PIB de la Suisse, ce retournement de veste soulève de sérieuses questions à la fois quant aux limites et aux répercussions d’un QE à durée indéterminée. Il nous rappelle également froidement la fragilité fondamentale des promesses formulées, telles que l’engagement du président de la BCE Mario Draghi consistant à faire « tout le nécessaire » pour préserver l’euro.

En cet âge d’or du QE, la politique monétaire semble avoir perdu toute discipline et cohérence. Tandis que Draghi s’efforce d’honorer un engagement qui remonte à près de deux ans et demi, les limites de sa promesse – de même que celles d’engagements comparables de la part de la Fed et de la BDJ – pourraient bientôt apparaître au grand jour. Telles des moutons au bord de la falaise, les banques centrales semblent nier aveuglément les risques auxquels elles sont confrontées.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Par Stephen Roach project syndicate 26/1/15

http://www.project-syndicate.org/commentary/ecb-quantitative-easing-experiment-by-stephen-s–roach-2015-01/french#i37xyKFYgvlMUAVl.99

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