Art de la guerre monétaire et économique

News de Barbarie: Les wahhabites rêvent de passer au nucléaire Par Pepe Escobar/ La course contre la montre est engagée/ Afghanistan: irruption de Daech à l’Ouest du pays/ Les combattants de Daech seraient dopés au captagon

Les wahhabites rêvent de passer au nucléaire (au sens propre, [si on peut dire, NdT]) Par Pepe Escobar


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – 22 mai 2015 – Source : Asia Times Online

La possibilité bien réelle d’un accord sur le nucléaire entre l’Iran et le P5+1 pourrait se concrétiser dans quelques semaines, soit le 30 juin.

Que fomente pendant ce temps la maison des Saoud, cette paranoïaque incurable? Mettre le grappin sur une bombe nucléaire pour faire contrepoids à la bombe iranienne fictive que Téhéran, par la voix de son guide suprême, l’ayatollah Khamenei, n’a jamais cessé de condamner comme non islamique, et qu’il ne pourrait de toute façon obtenir avec les inspections rigoureuses prévues dans l’accord définitif.

L’habituel ancien responsable du Pentagone a révélé dans un journal de Rupert Murdoch que la maison des Saoud s’apprêterait à se procurer une bombe nucléaire prête à l’emploi auprès du Pakistan. Le choix du journal n’est pas le fruit du hasard, quand on sait que le prince Al-Walid ben Talal est l’un des principaux actionnaires de News Corporation.

Le Pourquoi maintenant? de la fuite est l’évidence même, mais le Qui a fait ça? est plus nébuleux.

Au moment même où les wahhabites à Riyad caressent l’idée de passer au nucléaire (au sens propre), leurs frères coreligionnaires en Syrak ont lancé une offensive nucléaire (au sens figuré) et accumulent victoire après victoire sur le terrain. On n’a qu’à penser à l’attaque contre Palmyre, ce joyau dans le désert syrien datant de l’époque de la Route de la Soie, et à la chute de Ramadi, dans l’ancien triangle de la mort en Irak.

La bombe iranienne n’a jamais vraiment été un enjeu pour les administrations qui se sont succédé aux USA. Il s’agissait davantage d’un prétexte utile pour mettre en boîte, harceler, sanctionner et isoler la République islamique, l’ancien gendarme du Golfe à l’époque du chah. Le gouvernement des USA a toujours su qu’on pouvait se procurer des bombes nucléaires sur le marché noir. Que Téhéran puisse se doter d’une arme nucléaire n’avait donc aucune importance.

Il se pourrait que la maison des Saoud (pourrait étant ici le mot clé) possède déjà une bombe depuis un bon bout de temps déjà, pour faire équilibre à Israël. Elle pourrait aussi avoir payé Islamabad pour se la procurer. Mais il n’existe aucune preuve concluante.

Ce qui est sûr, c’est que la bombe iranienne (fictive) crée une convergence de vues entre la maison des Saoud, les autres sbires du Conseil de coopération du Golfe et, fait décisif, le gouvernement israélien extrémiste et fondamentaliste de Bibi Netanyahou, qui la considèrent tous comme une menace existentielle à leur survie.

Le problème, c’est que nous ne pouvons nous permettre de considérer ce genre de choses comme une simple forme de surréalisme géopolitique. Selon un mythe tenace (très populaire dans les officines à Washington), Riyad jouit d’un certain crédit auprès d’Islamabad, car la maison des Saoud a investi des milliards de dollars au cours des années 1970 dans le programme nucléaire pakistanais, pour faire contrepoids au programme nucléaire indien.

En décembre 2011 déjà, la maison des Saoud annonçait publiquement sa volonté d’obtenir une bombe nucléaire. C’est seulement lorsque des progrès sont intervenus dans les pourparlers en vue d’un accord sur le nucléaire iranien qu’elle a mis la charrue avant les bœufs en tentant d’exercer un contrôle sur la politique étrangère des USA.

Israël s’y est mêlé en novembre 2013, lorsque la BBC a publié un article à propos d’un prétendu accord nucléaire entre Riyad et Islamabad. Un ancien chef des services du renseignement militaire israélien, Amos Yadlin, disait alors que si l’Iran avait la bombe, les Saoudiens n’attendraient pas un mois. Ils ont déjà payé les coûts de la bombe et n’auraient qu’à aller au Pakistan et ramener ce qu’il faut.

Établissons un parallèle avec les propos du rusé prince Turki, l’ex-chef des services secrets saoudiens et pote d’un certain Oussama ben Laden, qui a toujours évoqué la possibilité de nucléariser la maison des Saoud. La dernière fois, c’était en avril dernier, lors de l’ASAN Plenum en Corée du Sud (NdT – Asan Institute for Policy Studies, un think tank coréen) : Ce que les Iraniens auront, nous l’aurons aussi.

Le nouveau Parrain de la bande de Riyad, le roi Salman, voulait qu’Islamabad lui fournisse des troupes pour sa guerre en cours au Yémen. Islamabad a dit non merci. En lieu et place, un accord nucléaire pourrait (pourrait étant une fois de plus le mot clé) avoir été conclu. Évidemment, aucun dirigeant de haut rang à Riyad ou Islamabad n’a confirmé quoi que ce soit.

À surveiller : la carte pakistanaise

Le roi Salman sait très bien que si EIIS/EIIL/Da’ech force un changement de régime en Syrie (ce qui est encore loin d’être gagné), la prochaine cible sera la maison des Saoud.

Il y a aussi Washington qui garde sous le boisseau, après toutes ces années, les fameuses 28 pages caviardées du rapport secret sur le 11 septembre 2001 [qui mettent en cause l’Arabie Saoudite dans l’attentat, NdT]. L’obtention d’une bombe nucléaire pourrait ainsi servir de police d’assurance aussi bien contre Washington que contre la bombe iranienne fictive.

Par delà la propagande, le fait demeure que plusieurs VIP Maîtres de l’Univers en ont soupé de la maison des Saoud dans plus d’un dossier important, à commencer par sa guerre des prix du pétrole qui décime l’industrie du gaz de schiste aux USA.

Ce qui est sûr, c’est que la maison des Saoud ne pourrait passer au nucléaire (au sens propre) sans le feu vert de Washington.

Il faut voir les choses du point de vue du Pakistan pour mieux comprendre. Le numéro un du projet nucléaire pakistanais, A.Q. Khan (avec l’appui d’Islamabad ou, à tout le moins, son assentiment), a déjà vendu de la technologie pour la fabrication d’armes nucléaires à la Corée du Nord, à l’Iran et à la Libye. Pourtant, le montant investi dans le programme nucléaire du Pakistan ne s’élève qu’à 450 millions de dollars. De nombreux analystes pakistanais attribuent ce coût peu élevé non pas à l’aide reçue de la maison des Saoud, mais bien de la Chine.

L’Iran et l’Arabie saoudite comptent parmi les principaux fournisseurs d’énergie de la Chine. L’Iran et le Pakistan seront des joueurs clés dans le projet naissant des Nouvelles Routes de la Soie mené par la Chine. Ce serait totalement insensé de la part d’Islamabad de compromettre ses relations avec Pékin en fournissant une arme nucléaire qui serait utilisée pour menacer un voisin non nucléarisé (l’Iran), qui est non seulement un allié stratégique de la Chine, mais qui jouera aussi un rôle de premier plan pour atténuer les problèmes énergétiques du Pakistan, au moyen du gazoduc Iran-Pakistan, financé en partie par (devinez qui ?) Pékin.

À surveiller : la bataille de Ramadi (version remixée)

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Le wahhabisme, tel que pratiqué en Arabie saoudite, ce pays qui décapite à qui mieux mieux, est toujours et continuera d’être, la matrice idéologique de toutes les formes de salafisme djihadiste lâchées dans la nature au Moyen-Orient et au-delà. EIIS/EIIL/Da’ech, qui fait ses choux gras des médias sociaux, en est l’illustration éloquente.

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À la grande consternation du monde civilisé, EIIS/EIIL/Da’ech a pris Palmyre, la perle de la Route de la Soie de jadis. L’Unesco est préoccupée. La Maison-Blanche est inquiète. Palmyre est un carrefour stratégique au centre de la Syrie, qui permettra au faux califat de lancer des attaques dans toutes les directions et de harceler les positions du gouvernement syrien dans l’axe vital Damas-Alep. Il a déjà pris le poste-frontière crucial d’al-Walid, en territoire syrien.

En outre, plus du tiers des 200 000 habitants de Palmyre sont déjà devenus des réfugiés. Des centaines ont été pris en otages. Les décapitations macabres se poursuivent. Est-ce que l’Empire du Chaos qui, en théorie, est en guerre contre le faux califat, fait quoi que ce soit pour sauver les ruines romaines inestimables de Palmyre de leur destruction, probablement imminente, par des barbares plongés dans le wahhabisme ? Bien sûr que non !

La même question se pose à Ramadi, capitale de la province d’al-Anbar, à environ 110 km à l’ouest de Bagdad, que les USA n’ont pas perdue parce qu’ils ne l’ont jamais possédée. Pendant que EIIS/EIIL/Da’ech se targuait de sa victoire par mégaphone interposé dans toutes les principales mosquées, le Pentagone décrivait le tout comme un champ de bataille fluide et contesté,en insistant sur son soutien (aux Irakiens) au moyen de la force aérienne.

Zoom sur les convois de Toyotas étincelantes des brutes du califat tout sourire faisant pétarader leurs kalachnikovs sur le champ de bataille fluide et contesté qu’ils viennent de prendre. Le Pentagone aura beau soutenir tout ce qu’il veut au moyen de la force aérienne, mais son bombardement ne nuira en rien à la fluidité. Le Pentagone est à court de cibles. EIIS/EIIL/Da’ech n’est pas une cible facile. Il mène une guérilla asymétrique et n’a aucune peine à se redéployer à la vitesse de l’éclair.

La prise de Ramadi par EIIS/EIIL/Da’ech est le fruit d’une bonne planification stratégique. Elle est symboliquement d’une grande portée, car il s’agit d’une défaite majeure non seulement pour Bagdad, mais aussi pour l’Empire du Chaos, qui dirige de l’arrière, même si Barack Obama, qui ne sait rien de rien, insiste pour dire que nous ne perdons pas la lutte contre le califat.

Le premier ministre irakien Haïder Al-Abadi a fini par saisir la situation. Il a rencontré les dirigeants des principales milices chiites, qui devront faire le gros du travail en traversant l’Euphrate pour tenter de reprendre Ramadi avant que les brutes du califat ne progressent vers la ville sainte de Kerbala, qui abrite le tombeau de l’imam Hussein, le petit-fils martyr du prophète Mahomet. Il s’agit d’une course contre la montre, car EIIS/EIIL/Da’ech pourrait aussi tenter de s’emparer des bases militaires et des dépôts d’armes irakiens se trouvant à proximité.

Quant aux cheikhs des tribus sunnites autour de Ramadi prêtes à combattre le califat, ils ne décolèrent pas, car ils attendent toujours les armes promises par Bagdad. Du reste, personne ne sait pourquoi l’armée irakienne sur place n’a pas reçu d’appui aérien. Des hélicoptères de combat auraient pu pourtant réduire en miettes bon nombre de brutes du califat.

Al-Abadi a fini par agir en levant son interdiction faite aux milices chiites d’aller combattre dans la province irréductiblement sunnite d’al-Anbar. Elles l’avaient pourtant déjà fait en obéissant à un ordre de l’ayatollah Sistani, qu’elles vénèrent.

Au même moment, le chef de la Brigade Badr et commandant en chef des milices chiites, Hadi Al-Amiri, est convaincu que reprendre Ramadi sera plus facile que faire campagne au nord de Bagdad, dans la province de Salah ad-Din, où les milices, de pair avec l’armée irakienne, ont repris Tikrit et Baïiji des mains de EIIS/EIIL/Da’ech. Dans les deux cas, le bombardement de l’Empire du Chaos a joué un rôle minime.

Al-Abadi a également rencontré à Bagdad le ministre iranien de la Défense, le brigadier général Hossein Dehqan. Il a souligné que l’Iran et l’Irak combattaient l’extrémisme terroriste (sunnite), en ajoutant que (fait crucial)nous ne soutenons pas la guerre au Yémen, ce qui place Bagdad en situation de conflit direct avec Riyad.

Il y a encore mieux. Al-Abadi s’est rendu à Moscou, où il espère recevoir un grand soutien, ainsi que des armes. Après tout, EIIS/EIIL/Da’ech compte une abondance de Tchétchènes dans ses rangs. Moscou veut réduire le califat en poussière. Mais comme ce dernier a le vent dans les voiles, la possibilité d’un renouveau djihadiste en Tchétchénie n’en devient que plus menaçante.

La table est donc mise pour la bataille de Ramadi, en version remixée. D’un côté nous avons des milices chiites, des tribus sunnites, le conseiller occasionnel des USA et l’aide discrète de l’Iran et de la Russie. De l’autre, nous avons les brutes du califat, dont bon nombre sont des mercenaires, soutenus généreusement par divers wahhabites fortunés de l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe. Pour l’Empire du Chaos, la tactique dudiviser pour mieux régner demeure le nerf de la guerre.

Traduit par Daniel, relu par jj, pour Le Saker francophone

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

http://lesakerfrancophone.net/les-wahhabites-revent-de-passer-au-nucleaire-au-sens-propre-si-on-peut-dire-ndt/

La course contre la montre est engagée

PAR LUIS LEMA/ L e Temps 27/5/15

Les djihadistes entendent gagner des points avant la fin juin, pour l’anniversaire de leur «califat». L’Iran, pour sa part, se serait rangé à l’idée d’une partition de la Syrie

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Quel est le moteur des combats actuels en Syrie? Il y a quelques semaines à peine, on ne donnait plus cher de l’organisation Etat islamique (Daech en arabe), en proie à de nombreuses difficultés. Il y a peu, personne n’aurait en outre parié sur le succès militaire du reste de la «rébellion» syrienne, fractionnée en une multitude de groupes rivaux. Pourtant, l’un et l’autre multiplient maintenant les victoires aux dépens de l’armée syrienne, à l’image de la ville de Palmyre, tombée la semaine dernière dans l’escarcelle de Daech.

Un hasard? Plutôt une sorte de course contre la montre, menée dans le sang, aussi bien en Syrie qu’en Irak. Le 29 juin prochain, cela fera un an qu’Abou Bakr al-Bagh­dadi proclamait son «califat» dans la grande mosquée de la ville irakienne de Mossoul. Dans l’intervalle, son groupe a connu des victoires importantes, mais surtout des défaites retentissantes (les environs de Bagdad, Kobané, Tikrit…). Ces derniers jours, il y a eu pourtant Ramadi, en Irak; et surtout Palmyre, une percée spectaculaire qui place Homs et même Damas en point de mire pour Daech. Autant de trophées que le «calife» pourra arborer sur son tableau de chasse le 29 juin.

Ce n’est pas la seule date clé. Le lendemain, 30 juin, sont censées se terminer les négociations sur la question du nucléaire entre l’Iran et la communauté internationale qui, si elles devaient aboutir, signifieraient une «normalisation» possible de Téhéran.

C’est l’autre front de la guerre. En prévision de cette date, les combattants du Front Al-Nosra (qui ont fait allégeance à Al-Qaida et qui sont activement soutenus par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie) assiègent la côte, c’est-à-dire le «réduit alaouite» où se trouvent les principaux soutiens au régime de Bachar el-Assad.

Dans cette partie de la guerre, il ne fait pas de doute que le rôle de l’Iran est déterminant. «L’Iran a exigé de Damas qu’il change de stratégie», assure Haytham Manna, un opposant syrien qui maintient de nombreux contacts au sein du régime. En clair: Damas est sommé de se concentrer sur le cœur de la «Syrie utile»: la capitale, Homs, la côte, les montagnes du Qalamoun, à la frontière libanaise. «Au-delà, c’est le cynisme qui a fini par triompher, poursuit Haytham Manna: que les islamistes paient pour maintenir le reste de la Syrie à flot, et non les Syriens et les Iraniens. Ou alors, que la coalition internationale menée par les Etats-Unis s’en charge!»

L’armée syrienne a déjà perdu des dizaines de milliers d’hommes en quatre ans de guerre. Les jeunes sunnites rechignent à s’enrôler pour combattre les djihadistes, sunnites comme eux. De fait, ce sont les Iraniens qui sont devenus l’épine dorsale du régime, en termes d’armement, de soutien financier, mais aussi de combattants. Les responsables à Téhéran auraient été ulcérés par la dernière offensive en date de l’armée syrienne, tentée à Alep en février dernier. Un fiasco, qui aurait fini par convaincre Téhéran de se ranger à l’idée d’une partition de la Syrie, fût-elle temporaire.

«Le prix à payer pour l’Iran, en termes tant financiers que politiques, devient exorbitant», confirme Daniel Meier, ingénieur de recherche CNRS. Selon lui, Téhéran continue de miser sur un «axe stratégique» qui passe par la Syrie et rejoint le Liban avec la présence du Hezbollah chiite. «Mais, dans la nouvelle architecture qui est en train d’émerger dans la région, Téhéran a surtout besoin de maintenir des points d’appui solides.» Le chercheur insiste: «L’Iran ne croit plus à la Syrie telle qu’on l’a connue. Qui pourrait unifier à nouveau les Syriens? Sur quelle histoire commune? Nous assistons bel et bien à un effondrement des frontières.»

Un signe supplémentaire: le Hezbollah pro-iranien, lui aussi, semble maintenant se concentrer à proximité de la frontière libanaise, et notamment sur les hauteurs du Qalamoun. «Face à la menace de l’extrémisme sunnite, le combat du Hezbollah reste très populaire, assure Daniel Meier, notamment auprès des chrétiens libanais. Mais il ne peut pas jouer trop longtemps à l’étranger. Ses ressources, comme celles de l’Iran, ne sont pas éternelles.»

L’opposant Haythem Manna enchaîne: «Vu de Téhéran, un abandon des régions tenues par les islamistes reviendrait à se retrancher sur des positions beaucoup plus facilement défendables, encore plusieurs années s’il le faut, le temps d’attendre une éventuelle négociation politique.»

Haythem Manna figurait précisément parmi les opposants accueillis à Genève par l’émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, en vue de relancer les discussions politiques. Ni Daech ni le Front Al-Nosra n’ont été invités, à l’inverse de l’Iran. Dernier détail: ces consultations de Genève, elles aussi, doivent se terminer le… 30 juin prochain.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/f4488e4e-03e2-11e5-a2d8-dac5eea792f9/La_course_contre_la_montre_est_engag%C3%A9e

 Afghanistan: irruption de Daech à l’Ouest du pays

Pour la première fois depuis l’annonce de sa création, Daech investit l’Afghanistan à partir de la province occidentale de Farah frontalière avec l’Iran. Des combats opposent depuis trois jours des éléments de l’organisation terroriste Deach et les Talibans d’Afghanistan du Mollah Omar, figure emblématique de la résistance contre les forces américaines et atlantiques depuis octobre 2001. 

L’enjeu des combats est le contrôle des voies de passage vers les provinces voisines d’Helmand et de Kandahar, bastion historique de l’Emirat Islamique des Talibans d’Afghanistan. De là, ils auront toute latitude à opérer de l’autre côté de la ligne Durand dans les zones tribales pakistanaises et tenter d’atteindre un des objectifs affichés de Daech: attaquer les bases militaires où est entreposé l’arsenal nucléaire pakistanais…

L’apparition soudaine de Daech en Afghanistan suscite de nombreuses interrogations. Les convois interminables de Daech ont-ils réussi à obtenir un passage à travers l’Iran et si oui, quelle est la faction du pouvoir iranien ayant intérêt à le faire et en échange de quelles dividendes? Serait-ce le résultats d’un deal secret entre une partie de néoconservateurs US et l’une des factions libérales iraniennes ou tout simplement d’un paiement de droits de passage aux réseaux de contrebande protégés par des représentants des autorités locales? 

Cependant, certains observateurs favorables à l’axe de Téhéran, l’apparition de Daech en Afghanistan met en péril les deux flancs de la République islamique d’Iran puisque celle-ci combat déjà l’armée de l’ombre en Irak et en Syrie. 

Quoi qu’il en soit, la lutte pour le contrôle des zones de production de l’opium  sera l’un des objectifs immédiats de Daech car la production afghane, la première au monde, constitue l’une des plus grandes sources de cash recyclé dans les circuits de l’économie mondiale et dont a profité en premier lieu l’économie US. 

  

Le gouvernement du président Afghan Ashraf Ghani et ses alliés Tadjiks, commandant une armée forte de 300 000 hommes formés tant bien que mal par les américains risquent de ne pas peser grand chose dans la balance. 

https://strategika51.wordpress.com/2015/05/27/afghanistan-irruption-de-daech-a-louest-du-pays/

Les combattants de Daech seraient dopés au captagon

PAR ALEXANDRE LÉVY SOFIA/ le Temps 28/5/15

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Les combattants de Daech seraient dopés au captagon, un psychotrope interdit depuis 1986, qui proviendrait de Bulgarie Le psychotrope, interdit depuis 1986, doperait les troupes de l’Etat islamique. Et les miraculeux cachets blancs proviendraient de Bulgarie

On les traite de «fous d’Allah» et de barbares. Mais si leur cruauté, comme leur détermination, ne tenait beaucoup plus à la chimie qu’à la religion? De nombreux observateurs sont persuadés d’avoir découvert le secret des djihadistes de l’Etat islamique (Daech selon l’acronyme arabe): le captagon. Cette molécule de la famille des amphétamines – son appellation médicale est la fénéthylline – est classée depuis 1986 dans la catégorie des stupéfiants et sa production est officiellement interdite.

Connue pour procurer une tonicité sans pareille, elle permettrait de vaincre la peur, la fatigue et la douleur, tout en augmentant les performances sexuelles. Distribué sous forme de cachets blancs, reconnaissables à leur double «c», le captagon reste très demandé dans les pays du Golfe et le Moyen-Orient (l’Arabie saoudite en est la première consommatrice). Et par les djihadistes de Daech, comme le rapportent de nombreux témoignages qui décrivent des combattants dans un état second, voire «complètement shootés».

Certains ont aussi affirmé que ces pilules miraculeuses étaient fabriquées en Bulgarie. Des experts russes y ont même vu l’œuvre d’un «laboratoire de l’OTAN» basé dans la campagne bulgare, provoquant ainsi une petite tempête médiatique à Sofia, où de nombreux journalistes ont tenté, en vain, de localiser ce mystérieux labo.

«Comme souvent dans ce genre d’affirmations, il y a de la fantaisie pure et des éléments réels», déclare Tihomir Bezlov, l’un des meilleurs spécialistes de la criminalité organisée en Bulgarie. Car son pays a une longue histoire avec le captagon, dans lequel le régime communiste avait vu une mine d’or. Grâce à l’ouverture des archives, cette période est bien documentée: au début des années 1980, Sofia a importé des petites quantités de captagon d’Allemagne de l’Ouest avant de se lancer dans sa propre production, cette fois-ci à une échelle industrielle – et illégale. Les recettes ont alimenté en devises un pays de plus en plus exsangue. Ce business pas comme les autres avait aussi la particularité d’être entièrement géré par la Darjavna sigurnost (DS), les redoutables services secrets.

Labos clandestins

Après la chute du mur de Berlin en 1989, les canaux et, parfois, les lieux de production survivent pendant de nombreuses années. «Privatisé», ce trafic est à l’origine de la création des principaux groupes mafieux du pays et connaît un essor spectaculaire jusqu’à l’entrée de la Bulgarie dans l’Union européenne, en 2007. Entre-temps, plusieurs dizaines de labos clandestins ont été détruits et des tonnes de captagon saisies. A en croire Tihomir Bezlov, ceux qui y ont échappé sont des petits producteurs artisanaux, des «cuistots» dans la terminologie locale. Mais un certain savoir-faire bulgare en la matière persiste: les aînés des cuistots, appelés «chimistes», issus des grandes usines pharmaceutiques communistes, parcourent aujourd’hui le monde arabe en faisant monnayer leurs compétences. L’un d’eux, âgé de 47 ans, a été arrêté en novembre 2014 au Liban. Un «gros poisson», selon la police. Pour combien d’autres dans la nature?

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/6713762e-04a5-11e5-a2d8-dac5eea792f9/Les_combattants_de_Daech_seraient_dop%C3%A9s_au_captagon

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