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Les boursicoteurs, rois du marché chinois/ L’homme le plus idiot de Chine

Les boursicoteurs, rois du marché chinois

Frédéric Lelièvre Shanghai/ Le Temps 7/6/15

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La bourse de Shanghai. En un an, le principal indice chinois a doublé de valeur. Certains y voient une bulle gonflée par les petits épargnants qui risque d’éclater alors que la croissance économique ralentit. (Lucas Schifres)

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Les yeux rivés sur un écran à tube cathodique, Madame Ma fait défiler des courbes. Elle compose un code sur un petit clavier fatigué et affiche d’autres graphiques. Au fond de la boutique de courtage, que cette retraitée fréquente presque chaque jour, défilent sur le mur des centaines de noms et de cours des sociétés cotées à la bourse de Shanghai. «J’essaie de deviner ce qui va encore monter, explique Madame Ma. Mon mari ne me fait pas confiance. C’est sûr que c’est un peu comme une loterie, mais j’ai une amie qui a gagné 10 millions de renminbis» (1,5 million de francs suisses).

En Chine, les petits investisseurs comme Madame Ma font le marché: ils assurent 80% du volume quotidien, quatre fois plus que sur les marchés occidentaux. Son agence pour boursicoteurs est située au cœur de Shanghai, à quelques pas de la place du Peuple. Un lieu où l’on pariait sur les chevaux avant que le Parti communiste ne prenne le pouvoir et ne détruise le champ de course.

Ce matin de mai, le tableau géant affiche un rouge presque total. Comme presque tous les jours depuis une année, le marché est en hausse. Les chiffres passent au vert… quand les cours baissent. En douze mois, le principal indice de la bourse de Shanghai a doublé. Celui des valeurs technologiques de Shenzhen, ChiNext, a plus que triplé. Cette envolée a mis fin à plusieurs années de stagnation, mais nombre de financiers la décrivent aujourd’hui comme une bulle gonflée par les petits épargnants et qui risque d’éclater alors que la croissance de l’économie décélère. Le 28 mai a-t-il servi de premier avertissement? Ce jour-là, les écrans sont passés au vert vif. Shanghai a perdu 6,5%, avant de rebondir de 4,7% le lendemain. La semaine passée, malgré une alerte jeudi en cours de séance, s’est achevée sur un nouveau niveau record. L’indice a passé les 5000 points, son plus haut depuis 2008.

Dans une étude publiée il y a dix jours, les économistes de Credit Suisse ont fait part de leur inquiétude. Ils relèvent que les cours ne reflètent plus les fondamentaux des entreprises, et que les capitaux qui affluent sont de nature «spéculative». Tous les financiers ne sont toutefois pas de cet avis, en particulier les Chinois.

Fu Gang vient d’atterrir à Shanghai, où il est associé de River East. Ce gérant de hedge fund contrôle une autre société d’investissement, MaunaKai, à Hongkong. A elles deux, elles gèrent plus de 1,5 milliard de dollars américains. Pour lui, le 28 mai, «il ne s’est rien passé. C’était purement psychologique.» Le gérant de hedge fund, qui a gagné 20% sur le seul mois dernier, estime que «nous ne sommes qu’au début du marché haussier». Il y voit trois raisons: «D’abord, les investisseurs continuent de déplacer leurs actifs de l’immobilier vers les actions. Quelque 3000 milliards de renminbis sont prêts à être investis en actions. Dans deux ou trois ans, ce pourrait être 10 fois ce montant.» D’autant que la banque centrale desserre la vis monétaire.

Les deux autres raisons: «Les taux d’intérêt, qui pouvaient dépasser les 10%, étaient considérés sans risque. Ce n’est plus le cas depuis que le gouvernement a laissé certaines entreprises faire défaut», relève Fu Gang. Les actions deviennent donc plus intéressantes. Enfin, «le gouvernement essaie de ­faciliter les introductions en bourse», conclut-il.

Assis à une terrasse de café sur Nanjing Road, Rencan Tian tire sur sa cigarette. «Ne vous fiez pas non plus aux valorisations qui peuvent paraître excessives selon les critères occidentaux, souffle le responsable de la coentreprise créée avec l’Union Bancaire Privée (UBP) en janvier dernier. Il faut regarder le potentiel de croissance des entreprises. Or le marché intérieur chinois est immense.» Rencan Tian a appris le français dès 9 ans à Shanghai, et a aussi étudié en Belgique. Avant de s’associer à l’UBP, il dirigeait HFT, une société commune entre Haitong Securities et Fortis qu’il avait créée en 2003, et qui gère 12 milliards de dollars américains. La capacité de progression de la bourse «reste considérable, assure-t-il, même si cela ira avec de fortes fluctuations. Le marché est loin d’être parfait, et il existe des tromperies, comme Hanergy , mais nous sommes là pour faire le tri.»

Chez le courtier près de la place du Peuple, Monsieur Qu a son avis: «Voilà dix ans que j’investis des petites sommes et n’ai jamais vendu. J’ai fait pas mal d’argent. Mais l’envolée de cette année ne repose sur rien. Le marché va finalement retomber.» Pourtant, ce retraité hésite à prendre ses gains car «le gouvernement pousse les actions à la hausse pour financer l’économie. Il poursuit aussi un but politique: montrer au monde que l’économie chinoise se porte bien.»

Assis à côté de lui, un de ses amis à la chemise blanche impeccable, Monsieur Wu, 85 ans, sort un cahier jaune. Il y note le code des entreprises, la date à laquelle il a acheté le titre, et son prix. «Pour investir, j’étudie les tendances et je suis l’actualité, avance-t-il. S’il se passe quelque chose en Afrique qui pourrait influencer le cours des matières premières, je regarde quelles entreprises chinoises pourraient en profiter.» Avant d’avouer: «Il y a comme une bulle, c’est vrai. Il faut faire attention. J’ai connu la crise de 2007.»

La passion pour la bourse est aussi entretenue par les récentes entrées en bourse dont Monsieur Wu et ses amis n’ont pas réussi à profiter tant la demande était forte. Bloomberg a calculé que les 144 entreprises nouvellement cotées cette année avaient vu leur cours augmenter en moyenne de 539%, dont 44% le premier jour de cotation.

A quelques rues du Bund et de ses bâtiments historiques, une quarantaine de personnes font la queue chez Guosen Securities, un courtier contrôlé par l’Etat. Elles viennent ouvrir un compte. Credit Suisse relève qu’il s’en est ouvert en Chine 4,2 millions dans la seule semaine du 24 avril; et 2,6 millions au cours de celle du 22 mai. Des nombres qui expliquent pourquoi le volume quotidien à la bourse chinoise a désormais dépassé celui de Wall Street.

Madame Zhou est dans la file. «J’ai ouvert un compte en 2007, mais trop tard. La bourse a chuté. Alors je n’y ai plus touché jusqu’à l’an dernier», raconte cette traductrice, mère de deux enfants. «Je suis venue pour augmenter le risque que je prends avec mon compte. La marge de fluctuation est limitée à 10% par jour; elle va passer à 20%. C’est peut-être plus dangereux, mais j’ai aussi l’espoir de gagner davantage.»

Dans l’agence Guosen, des messages défilent sur un écran: «Téléchargez gratuitement notre application pour passer vos ordres», suivi de «Attention aux fraudes». Sur le réseau social WeChat, les groupes d’investissement se multiplient. «Tout le monde se prend pour un expert, raille un financier de Shanghai. Les Chinois restent obsédés par le rendement absolu, ils ignorent les risques pris pour l’atteindre.»

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/38c1de94-0d3a-11e5-b8f6-5d331e67f11f/Les_boursicoteurs_rois_du_march%C3%A9_chinois

L’homme le plus idiot de Chine

IMG Auteur

Wolf Richter

Wolf Street/24hgold.com

Publié le 05 juin 2015

Permalien de l'image intégréeLe marché boursier chinois a gagné 142% en un an, bien que l’’économie chinoise ralentisse aujourd’hui au point que ceux qui ont depuis longtemps prédit un atterrissage brutal commence à se lécher les babines et espèrent qu’on leur donnera bientôt raison. Mais après toutes ces années de frustrations, la Chine continue de planer, carburée par la monnaie et le crédit.

Steve Sjuggerud, éditeur chez Daily Wealth, a écrit l’an dernier que les actions chinoises défieraient la gravité et offriraient des gains extraordinaires. Beaucoup ont suivi son conseil pour enregistrer des profits confortables – et peut-être gagner quelques cheveux blancs en passant.

Aujourd’hui, Sjuggerud est de retour avec une théorie remarquable. Qui n’est pas sans être drôle aussi, dans un sens assez pervers. Il nous dit que la bulle chinoise est devenue si démente, que les gens vont si loin pour pouvoir y participer, que sa fin ne peut qu’être proche. Tout n’est plus question que de savoir quand plier bagage et rentrer chez soi.

Il en vient à cette conclusion en faisant la différence entre investisseurs, spéculateurs, et ceux qui savent qu’ils jouent un jeu dangereux.

Finalement, tout n’est question que de faire rentrer de l’argent sans perdre un sou – et c’est cette dernière partie qui est la plus difficile.

Par Steve Sjuggerud, éditeur de Daily Wealth :

C’est quelque chose qu’on aurait du mal à inventer…

« Stephen Qin, un employé de bureau de 28 ans installé dans le nord de la Chine, a parcouru 1.500 kilomètres pour ouvrir un compte à Hong Kong… pour pouvoir échanger des actions chinoises qu’il aurait pu acheter chez lui », commeBloomberg l’a expliqué cette semaine.

Sa logique ? « Si je peux emprunter plus, je peux enregistrer plus de profits ».

Voyez-vous, Qin peut emprunter plus d’argent à Hong Kong qu’il ne peut en emprunter en Chine. Il profite aussi d’un taux d’intérêt plus faible à Hong Kong. Et Qin n’est pas le seul dans son cas. Des milliers de Chinois font le même pèlerinage vers Hong Kong pour ouvrir un compte de courtage pour les mêmes raisons.

Les maisons de courtage de Hong Kong apprécient grandement cet afflux d’investisseurs chinois. Elles vont même jusqu’à les encourager en offrant de couvrir jusqu’à 10.000 HK$ de frais de transport à ceux qui viendraient ouvrir un compte auprès d’elles. C’est une sorte de Las Vegas étrange – où « la maison » prend soin de vos frais de chambre, tant que vous dépensez de l’argent au casino.

Et l’affaire devient plus ridicule encore. Qin est tout excité de pouvoir être assis devant son ordinateur en Chine, pour acheter des actions en Chine au travers de son compte basé à Hong Kong. Il a récemment acheté des actions à la Banque d’investissement chinoise. Le fait est que les actions de cette banque sont 7% moins chères à Hong Kong qu’en Chine.

Qin a conduit 1.500 kilomètres jusqu’à Hong Kong… Mais plutôt que d’acheter des actions à la Banque d’investissements chinoise sur place, il a acheté ces actions en Chine, où elles sont 7% plus chères.

En Chine, les investisseurs individuels ont perdu tout sens de la réalité. La folie a bel et bien pris le dessus.

Comme nous l’avons vu sur le marché américain de l’immobilier il y a quelques années, les investisseurs comme Qin pensent pouvoir enregistrer davantage de profits en dépensant plus. Qin, comme beaucoup d’autres, se trouveront un jour dans la position dans laquelle se sont trouvés tant d’Américains suite à l’effondrement du marché de l’immobilier.

Ce qu’il y a de plus fou, c’est que je ne vends pas moi-même mes actions chinoises. La phase de croissance se poursuivra encore avant que tout se termine. La situation tournera mal. Une chute de 50% ne serait rien en comparaison.

Je ne pense simplement pas que nous ayons déjà atteint le point culminant du marché.

La différence entre Mr Qin et moi-même, c’est que je sais que je joue un jeu dangereux. Je sais que la partie prendra fin et que Qin, avec son argent emprunté, n’aura un jour plus rien.

L’histoire de Qin prouve que les actions chinoises sont entrées en phase de mania, mais la partie n’est pas terminée pour autant. Je préfère ne pas vendre tout de suite.

Par Steve Sjuggerud, Daily Wealth

Les commentaires du vendeur à découvert Muddy Waters Research ont eu de lourdes conséquences pour les actions des sociétés chinoises. Ils visent désormais le marché boursier du pays. Le gouvernement a déclaré patriotique d’acheter des actions. Les insiders ont cédé à la folie. Lisez ceci : Muddy Waters Warns on Chinese Stocks: “Largest Pump-and-Dump in History”

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-l-homme-le-plus-idiot-de-chine.aspx?article=6994392238H11690&redirect=false&contributor=Wolf+Richter.

3 réponses »

  1. Bille en tête,qualifier le boursicoteur Chinois,qui est avant tout un Patriote,d’Idiot ,peut-être mais …..utile à son pays
    L’argent pour le Chinois,c’est un jeu
    il s’en fout.Il sait qu’il est la chèvre
    Mais son pays:C’est TOUT
    En quoi serait-il plus idiot que celui né …ailleurs 🙂
    La masse monétaire représente une arme pour ce pays
    qui a d’ailleurs freiné la Russie pour qu’avec elle, ils fassent sombrer Wallstreet
    L’option choisie:
    exploiter les boursicoteurs de Wallstreet
    Le Chinois sait faire sortir du jus en pressant une pierre
    C’est un poker et les USA ne peuvent plus suivre longtemps ….pour voir 🙂

    Planétairement, pour voir,ils vont voir
    et nous aussi
    Wallstreet produit ….des Bulles
    Mais La Chine fait se faire Hara-Kiri aux bourses de la planète.
    L’Arme du Dirigeant Chinois
    L’INTELLIGENCE de sa JEUNESSE
    et le bonus
    ELLE EST IMPITOYABLE
    Souvenez-vous
    « Quand la Chine s’éveillera »….
    Le temps n’est plus aux « Chinoiseries »
    Mettez vos sous à l’abri
    On est à 2 doigts du Sauve Qui Peut
    en suivant les conseils du Blog à Lupus
    Le boursicoteur Chinois est un LEURRE
    il ne faut pas regarder le doigt,mais ce qu’il montre 🙂

    Nootre Atout Majeur:la vidéo qui suit

    Pour le Fun

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    • brunoarf,bonsoir
      Il seront donc 2 au premier tour car Sarko se présentera
      Comme l’Election du maire de Paris
      Séguin Tibéri
      …ça se « Corse »
      Il va y avoir sous peu des « suicides »,je crains 🙂

      J'aime

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