Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito du Samedi 15 Aout 2015: Un large survol de notre discours sur les marchés. Comment nous interprétons la situation actuelle Par Bruno Bertez

Un large survol de notre discours sur les marchés. Comment nous interprétons la situation actuelle Par Bruno Bertez

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Depuis Mars 2009, date du retournement haussier des marchés financiers, leur comportement a profondément évolué. Les indicateurs historiques ont cessé de fonctionner. Les analyses techniques ont perdu leur pouvoir prédictif.

L’expérience même, celle qui a été accumulée par des investisseurs au cours de décennies de pratiques productives et performantes, cette expérience s’est avérée être plutôt un handicap qu’un atout. Il valait mieux être un gogo, fasciné par le momentum, qu’un investisseur chevronné pour performer, tout au long de ces dernières années.

Nous-mêmes, très rapidement, afin d’être utile avons élaboré des cadres analytiques neufs qui permettaient de rester assez confortablement investis dans les marchés malgré leur bizarrerie.

Ainsi nous a avons d’abord et une fois pour toutes dès 2009 affirmé que le choix des responsables de la conduite des affaires était irréversible et que l’on allait poursuivre l’expérience d’inflation du prix des assets jusqu’à la destruction des monnaies. Nous avons appelé cela la « hausse de misère ».
Puis avons repris notre théorie (construite en 2000) de la régulation par la fabrication volontaire de bulles récurrentes et successives. On gonfle, on stimule, on resserre, on détruit, on regonfle.

Puis nous avons mis en veilleuse cette théorie car elle conduisait à sortir des marchés prématurément et nous avons au contraire affirmé qu’il n’y avait pas de bulles… tant que la production mondiale de liquidités se poursuivait. Les liquidités soufflent des hernies successives.

Nous avons affiné en expliquant que le prix des assets quasi-monétaires n’avait plus à voir avec les valeurs réelles, mais à voir avec la masse de liquidités -le mistrigri- en quête d’emploi. Un achat de valeurs mobilières est un échange de « cash qui ne rapporte rien » contre un « actif qui rapporte un peu et auquel est attaché un billet de loterie ».

Enfin nous avons tracé une nouvelle voie de réflexion qui consiste à suggérer que la nature de la monnaie et celle des assets quasi-monétaires était en train de changer. De la même façon que l’on a libéré les monnaies, actifs monétaires à maturité zéro, de l’ancrage de l’or, on a libéré les actifs quasi-monétaires de l’ancrage du fondamental, de la référence à la Value…

Nous avons émis l’hypothèse que c’était peut-être un effet de la modernité et que et que l’on évoluait vers un nouveau système dans lequel monnaie et quasi monnaie se « libéraient » du poids du réel et devenaient manipulables et biodégradables au fil des besoins des gouvernements et régulateurs avec les taux zéro, les NIRP, les promesses de Put, les prélèvements sur le cash, les bail-ins etc etc . C’est l’idée de la modernité qui pousse vers l’abstrait et le non figuratif, le règne des signes soumis aux pouvoirs des Maîtres. C’est l’idée que la monnaie n’est plus un En-Soi mais un simple outil au service des politiques. Ce n’est plus un instrument de liberté individuelle, ce n’est plus une réserve de valeur. C’est un « para-maître » au sein d’un Système qui n’est que combinatoire manipulé et manipulable.

Nous avons développé des idées complémentaires.

  • D’abord nous affirmons qu’il n’y a pas de possibilité d’Exit réel des politiques choisies, il n’y a que des ajustements possibles, des réglages à la marge.
  • Ensuite nous avons écarté de nos réflexions l’idée de la Grande Réconciliation entre la Sphère Financières et la Sphère Réelle, elle ne nous paraît pas d’actualité. Elle ne peut intervenir que si les Maîtres perdent le contrôle du nouveau système qu’ils ont créé et qu’ils expérimentent.
  • Enfin nous avons récemment complété en disant que le mouvement d’ensemble n’excluait pas et au contraire favorisait des éclatements partiels de bulles, des assainissements locaux, lesquels ont pour fonction en quelque sorte de permettre de continuer dans la même voie, ils ont pour fonction systémique de refaire le plein de raisons, d’alibis, de continuer à descendre la pente.

Nous ne nous attarderons pas sur les constats, anomalies et bizarreries des marchés, chacun, qui opère sur les marchés les a fait, quelque fois douloureusement, car penser et agir comme avant a coûté cher.
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La volatilité s’est contractée, les corrections techniques se sont faites plus rares et plus étroites, les spreads ont marqué » une tendance continue à se comprimer malgré les incertitudes grandissantes, ce qui a débouché sur une complaisance extrême et l’illusion que le risque est devenu quasi nul sur… les assets à risque.

Ce mouvement a été longtemps entretenu par les régulateurs comme Bernanke et Yellen, lesquels ont entretenu la tendance haussière et affirment que les primes de risques étaient toujours trop élevées. Et que donc les marchés n’étaient pas surévalués.

Nous avons abondamment discuté de cette affirmation et souvent démontré qu’elle était simplette, erronée et trompeuse. L’équation de la FED qui permet de telles affirmations est une imbécillité théorique dont le seul but est de permettre à la Réserve Fédérale et à ses constructivistes de prendre le contrôle intellectuel des marchés et d’influencer les opérateurs. L’exceptionnel John Hussman a fait justice, au plan théorique, dans ses notes hebdomadaires de ces escroqueries intellectuelles.

Nous avons inversé conceptuellement la notion de prime de risque afin d’en faire quelque chose qui a un sens assez concret. Nous avons déclaré que le prix d’un actif financier était la somme d’une valeur fondamentale, intrinsèque, et d’un « bon de droit à écart de cours », c’est à dire d’un billet de loterie qui permet de participer au Ponzi. Ainsi, quand les joueurs ont beaucoup d’appétit pour le risque, ils tirent sur le prix des billets de loterie, ils compriment les primes de risque. Quand les joueurs ont peur et sont moins enclins à jouer, ils ressentent une aversion pour le risque, alors ils vendent le risque et les primes de risque augmentent.

Selon ce cadre analytique, on peut donc apprécier objectivement l’appétit ou l’aversion pour le jeu/risque en mesurant les primes de risque, les spreads entre les différentes catégories et classes d’actifs. En mesurant les divergences de comportements, les corrélations, l’extension et l’unanimité des mouvements. Bref en faisant attention à ce qui se passe, en relatif, au sein des marchés et également à ce qui se passe du côté des volumes et des carnets d’ordres, c’est à dire à la profondeur des marchés.

Ce qui nous amène à la situation présente qui constitue une sorte de cassure.

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Les notes de recherche depuis quelque temps mettent le doigt sur de nouveaux phénomènes ou anomalies. Ainsi il y a quelques mois Dimon, le patron de JP Morgan attirait l’attention sur l’étroitesse des marchés. Il expliquait que les marchés étaient peu fournis et que les prix pouvaient connaître des variations brutales, des trous, des gaps. Selon lui, cette situation était fragile et dangereuse et l’étroitesse des écarts bid-ask ne devaient pas faire illusion la liquidité avait disparue. Et que ceci était particulièrement inquiétant s’agissant des marchés directeurs comme celui des Treasuries. On se souvient du flash crash d’octobre dernier. La liquidité restreinte d’un marché signifie que même si les cours restent bons, ils sont fragiles et vulnérables.

D’autres observateurs font remarquer que ce que l’on appelle les évènements rarissimes sont de plus en plus fréquents. Des mouvements qui ne devraient jamais se produire, qui ont une probabilité d’apparition tous les trois milliards d’années, se produisent maintenant. En particulier sur les marchés de changes. On se souvient du carnage lors de la rupture du Peg entre le Franc Suisse et l’Euro. La liste est longue de ces « ruptures » et de ces événements rarissimes qui maintenant sont mensuels ou hebdomadaires, on le voit sur l’or, les parités monétaires, le Bund Allemand, les Commodities. Tout ceci pour dire que l’exceptionnel devient la nouvelle norme.

Parmi les anomalies les plus inquiétantes il y a celle de la divergence entre les indices des cours des actions et les indices des classes d’actifs High Yield. Depuis 2011, les indices qui retracent la performance des actifs Hign Yield et ceux des actions de l’indice S&P 500 divergent. Cette divergence s’est creusée fortement depuis la mi 2014. Les indices des ETF du High Yield sont clairement baissiers alors que l’indice du S&P 500 lui est encore nettement haussier, même si il est tournant. C’est une anomalie puisque ce sont tous deux des actifs à risque qui ont rapport organique entre eux.

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Bank of America vient de sortir une note qui pointe une divergence tout à fait bizarre. La divergence entre le crédit et les actions, mesurée autrement. . Les spreads sur le crédit s’élargissent alors que la volatilité sur les actions se réduit ! Alors que les deux séries évoluaient de concert étroit depuis de nombreux mois, elles ont commencé à diverger en mars 2014 pour re-converger en Juillet ; et elles ont recommencer à diverger à la mi-avril 2015 pour ne plus se rapprocher depuis. Le gap entre les deux est maintenant très important. L’analyste de Bank Of America qui étudie cette question fait remarquer que pareille divergence est aussi importante que celle observée à la veille de l’accident Bear Stearns en Mars 2008. La conclusion intuitive est la suivante, le marché du crédit pointe dans la direction de difficultés importantes, voire d’accidents alors que le marché des actions reste serein, sinon complaisant.

Pour apprécier correctement les enseignements que l’on peut tirer de ces divergences, de ces anomalies on peut proposer plusieurs pistes de réflexion. Mais il faut d’abord remarquer que les indications fournies par le Crédit sont complétées par celles qui sont fournies par les Commodities, elles plongent , elle déflatent, elles atterrissent.

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D’abord, on peut considérer que l’emprise des régulateurs et des Banquiers Centraux, faiblit. Ils ne réussissent plus à tout contrôler, à tout faire léviter. Les divergences traduisent en quelques sorte l’érosion de leur crédibilité face aux marchés, la pesanteur peut-on dire commencerait à avoir raison de leur résistance. Symétriquement on peut dire que la confiance, la croyance dans la toute-puissance des régulateurs s’émousse, c’est la même chose, mais présentée en symétrique.

Ensuite on peut émettre l’hypothèse que les régulateurs subissent la sanction du réel, le poids du réel. La mise en apesanteur du monde des signes, de la sphère de la finance na pas entraîné le monde réel au point qu’une reprise auto-entretenue s’enclenche et vienne ratifier les niveaux atteints par les signes financiers. Les jeunes pousses (green shoots) seraient en train de pourrir avant que de grandir. En quelque sorte on n’en aurait pas fait assez, ou pire les remèdes seraient inadaptés.

Enfin, on peut imaginer que l’on est dans une phase intermédiaire de régulation dans la régulation. On s’apprête ou on fait semblant de fermer les vannes monétaires afin de purger le gaspillage, les effets parasites qui se sont développés depuis le début des printing et des zirp. On secoue le prunier et cette purge est l’assainissement qui va permettre d’aller de l’avant, d’aller plus loin.

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Au cours de la purge un double phénomène se dessinerait : On liquide le plus pourri, les cours chutent. Mais on remet les capitaux disponibles sur ce qui est considéré comme le plus porteur et le moins vulnérable, on concentre ses investissements, ce qui donne l’impression d’une divergence contradictoire alors qu’elle n’est que paradoxale. Les divergences actuelles et les anomalies ne seraient que la manifestation du fait que le pilotage est habile, les choses sont bien en mains, simplement les marchés sont « non statistiquement répartis », ils donnent à voir le fait qu’il y a des intervenants, plus égaux les uns que les autres, qui les dirigent.

Les lois anciennes, les probabilités, les outils anciens sont dépassés.

C’est notre hypothèse privilégiée.

Jusqu’à ce jour.

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La bourse est devenue un jeu de cache-cache, les régulateurs vous épient

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Nous sommes dans une phase de transition complexe.

D’un côté les anglo-saxons sont sur le point (tôt ou tard) de passer sur l’autre versant du cycle du crédit, de l’autre des blocs « core » comme le Japon, l’Europe, la Chine s’engagent ou restent dans les délices du « printing » et de l’avilissement monétaire.

De toutes façons, que le calendrier des resserrements anglo-saxons soit sans cesse retardé ne change rien, le processus d’anticipation est déjà engagé, il suffit pour s’en persuader d’observer les sorties de capitaux des émergents et des périphéries. Il suffit de faire attention à la dégringolade de leurs devises. Face à la perspective d’un dollar plus rare, les flux rejoignent le Centre. Le mouvement de réduction de l’appétit pour le risque ne fait aucun doute, et refuser de le voir c’est se condamner à de mauvaises surprises, coûteuses surprises.

La baisse de l’appétit pour le risque provoque un mouvement de reflux des Périphéries vers le Centre; ou plutôt des « Périphéries » vers les « Core » et des « Core » secondaires vers le vrai « Core  » global, les Etats-Unis. C’est un peu comme le système solaire avec ses sous-systèmes. Il y a un mouvement d’ensemble et des sous mouvements secondaires qui brouillent les perceptions.

Nous avons expliqué tout cela, à la lueur de notre théorie (une abstraction, bien sûr) qui distingue dans un asset financier d’une part sa valeur fondamentale et de l’autre le billet de loterie qui lui est attaché. Le fondamental, est ce qu’il est, relativement stable, tandis que le prix du billet de loterie varie en fonction de l’appétit pour le risque. Ce que l’on ferait mieux de désigner sous le nom d’appétit pour le jeu. Plus l’appétit pour le jeu est grand et plus le cours d’un asset financier peut s’écarter de sa valeur fondamentale, c’est en effet ainsi que joue le fameux Ponzi; tandis que plus l’appétit pour le jeu se contracte, moins les joueurs acceptent de surpayer et plus on se rapproche des valeurs fondamentales. Le Ponzi, c’est cela: le fait que les joueurs continuent le jeu et se paient les uns sur les autres en inflatant les primes de jeu.

Les valeurs fondamentales étant ce qu’elles sont, données ou approchées par les méthodes d’analyse financière du type Graham ou autres comme Shiller, il apparait que nous sommes surévalués de 50 à 60%. En clair, les soi-disant investisseurs acceptent de payer des prix qui incluent la certitude qu’ils ne gagneront rien du tout pendant 7 à 12 ans en réel et dividendes réinvestis, pour avoir le droit de participer à la loterie. La prime que l’on paie pour exercer son appétit pour le jeu est donc considérable.

Les valeurs constatées sur les marchés sont donc la somme des fondamentales et des primes que nous appelons « de jeu ». C’est dire la somme d’une valeur fondamentale externe, exogène à l’asset, le référent, et d’un « bon de droit à écart de cours ».

La cotation des « bons de droit » dépendant du maintien de l’appétit pour le jeu, on peut considérer que lorsque cet appétit faiblit, alors on le voit, on le constate grâce au désintérêt progressif pour les véhicules les plus risqués. On vend ou bien on se désintéresse d’abord de ce qui est le plus risqué, de ce qui est de plus mauvaise qualité, de ce qui est le plus fragile. Comme sur un marché de légumes ou de poissons, quand la demande faiblit, on se concentre sur ce qui est de meilleure qualité, on devient sélectif. Ainsi sur ce marché, des divergences se creusent entre ce qui est en quelque sorte de « top qualité » et ce qui est de qualité moindre. Des divergences se multiplient à la fois au sein de l’univers que constitue le marché et dans les « spreads », c’est à dire les écarts de valorisation. Quand un marché est moins porté et porteur, la vague n’a plus la force de tout soulever.

L’unanimité haussière disparaissant, seuls certains titres ou secteurs tirent leur épingle du jeu, restent haussiers alors que de plus en plus de secteurs et titres deviennent baissiers. Il y a de moins en moins de titres qui inscrivent des « plus hauts » et de plus en plus qui inscrivent « des plus bas ». Il y a de moins en moins de titres qui évoluent au-dessus de leurs moyennes mobiles longues et de plus en plus de titres qui évoluent en dessous de leur moyenne mobile longue. etc etc, vous avez compris.

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L’un des meilleurs ouvrages de Greenspan s’intitule « The map and the territory ». Nous l’avons lu et relu car pour nous, c’est la clef de la pensée des régulateurs. La clef de la pensée théorique sous-jacente à leur Great Experiment.

Dans cet ouvrage Greenspan n’abandonne rien de ses thèse qui nous ont conduit à la crise, mais il franchit une étape supplémentaire, il s’interroge sur la responsabilité du déclenchement de la crise et sur la question de savoir si avec d’autres instruments, on aurait pu la prévoir et donc la traiter. L’ouvrage s’interroge donc sur le risque, la nature humaine, et le futur de la prévision, « The future or forecasting ». Tout naturellement il débouche sur une analyse et une réflexion et surtout des pistes de recherche; sur ce que Greenspan appelle les « animal spirits », les bouffées d’irrationalité, l’esprit de jeu de « Greed and Fear ».

Ceci rejoint notre cadre théorique, c’est normal, car la lecture régulière de Greenspan l’a en partie inspirée. En partie seulement car nous avons été formé à la lecture d’Adam Smith et nous n’avons jamais oublié ce qu’il écrivait à savoir que: « tout joueur à tendance à s’exagérer ses chances de gagner au jeu » et cela à toujours guidé nos attitude face aux marchés.

Dans « The map and the territory, Greenspan avance l’idée que lorsque les régulateurs auront intégré l »étude et le décodage des animal spirits, alors ils pourront les modéliser. Alors, les crises seront évitées et plus rien ne s’opposera à leur toute puissance. On contrôlera l’irrationalité et ainsi on pourra manipuler à l’infini. Nous sommes persuadés que le pilotage des marchés qui est effectué depuis le départ de Greenspan, depuis Bernanke et Yellen reprend ces idées. Ce qui explique la chute de ce que l’on appelle la volatilité.

Si nous ne nous trompons pas, la FED ou ses chercheurs étudient les graphiques, les charts, les consultations et recherches sur Google, les instruments techniques qui précisément renseignent sur l’humeur des participants aux marchés, sur l’état des « animal spirits », sur l’appétit pour le jeu et le risque. Ils ne subissent pas, ils étudient, analysent et pilotent. Les régulateurs jouent :

  • -sur les quantités: la liquidité.
  • -sur les prix: les taux.
  • -sur la volatilité: l’appétit pour le risque.

Ils ont intégré comme un feed back le comportement, les réactions, les anticipations et les humeurs des opérateurs. Tout ceci se lit dans ce que l’on appelle les données techniques des marchés.

Les chartistes, les analystes multiplient en ce moment les avertissements sur la multiplication et l’accroissement des divergences, autrement dit sur la contraction de l’appétit pour le risque et la montée subreptice de la peur. Une note récente de BOFA est très significative à ce sujet.

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  • Pour le Dow Jones, c’est la première fois depuis 4 ans que la moyenne mobile à 50 jours évolue en dessous de la moyenne mobile de 200 jours. Cette figure est connue des analystes comme étant une “Death Cross”, et c’est un signal très inquiétant. Nous sommes à peu près au moment où les investisseurs qui prennent des décisions d’investissement crieront de “vendre” en fonction de tous ces signaux techniques les plus couramment utilisés.

Nous affirmons que les régulateurs font la même chose que les analystes de BOFA et qu’ils en tiennent compte, ils l’intègrent dans leur manipulations/régulations/pilotages.

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Nous sommes non pas dans le binaire, les opérateurs face aux marchés, mais dans le jeu à trois, les opérateurs, les marchés et les pilotes. Rien n’est action-résultante, tout est action-réaction-résultante. Ils ont un coup d’avance sur vous car eux sont initiés, ils savent vers ou ils veulent vous diriger. Votre savoir, votre expérience, ils l’intègrent dans leurs actions et surtout leurs paroles. Le petit bonhomme de Laplace, l’observateur modifie le réel.

Et cela leur sert, à eux, aux maîtres, à maintenir l’ordre, leur ordre. Tenez-vous le pour dit.

La question centrale devient donc celle-ci, le fait de savoir qu’une crise est en préparation, suffit-il, suffira-t-il à l’éviter. Vous connaissez notre réponse, non! Car la gravitation, cela existe, car l’horizon ultime de l’économique ne changera jamais, ce sera toujours la Valeur, la vraie, l’incontournable, la Valeur Travail. C’est à dire la production de richesses vraies et non pas celle des signes de richesses.

En attendant, dans le monde actuel il y a de moins en moins de place pour les déviants, les rebelles, même en matière boursière. Ne l’oubliez pas.

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BRUNO BERTEZ Le 15/08/15

illustrations et mise en page by THE WOLF

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2 réponses »

  1. « Nous sommes non pas dans le binaire, les opérateurs face aux marchés, mais dans le jeu à trois, Nous sommes non pas dans le binaire, les opérateurs face aux marchés, mais dans le jeu à trois, les opérateurs, les marchés et les pilotes. Rien n’est action-résultante, tout est action-réaction-résultante. Ils ont un coup d’avance sur vous car eux sont initiés, ils savent vers ou ils veulent vous diriger. Votre savoir, votre expérience, ils l’intègrent dans leurs actions et surtout leurs paroles. Le petit bonhomme de Laplace, l’observateur modifie le réel.. Rien n’est action-résultante, tout est action-réaction-résultante. Ils ont un coup d’avance sur vous car eux sont initiés, ils savent vers ou ils veulent vous diriger. Votre savoir, votre expérience, ils l’intègrent dans leurs actions et surtout leurs paroles. Le petit bonhomme de Laplace, l’observateur modifie le réel. »

    Je ne suis pas expert des dynamiques de marché, mais ce que vous dites fait sens et me ramène à des questions aussi complexes que la physique quantique et du rapport coexistant entre perception/conception, croyance/incertitude/déterminisme et sujet/objet, acteur/spectateur….
    On veut se rendre maitre des événements puisque ainsi on élimine l’erreur qui est soeur du hasard… hasard qui n’existe sémantiquement que parceque l’incertitude, l’imprédictibilité, dominent la dynamique des événements, événements auquel sujet-objet-observateur sont intégrés.

    La Non séparabilité entre le sujet et l’objet, l’objet pouvant prendre la forme du sujet selon ou nous nous plaçons en tant qu’observateur de l’expérience. Il y a donc 3 « états », un triptyque sémantique/situationnel qui introduit l’idée d’un échange à 3… l’observateur agit sur le couple sujet-objet puisque observer n’est pas un acte sans redondance, parceque prétenduement isolé dans une sphère de réalité non commutée et considérée à tord comme Non Locale… en fait, il n’est isolé que dans notre esprit par effet de distanciation, convention simpliste, puisque au fond le 4ème sujet/observateur c’est « moi-je »!.

    Nous naviguons dans 3 dimensions, 2 dimensions d’échange entre le sujet et l’objet et leur permutabilité induite, et celle enfin tenue par l’observateur qui opère dans la 3ème dimension… (RMQ: »moi-je » est « périphérique » puisque je n’aie pas parti lié au jeu à 3 qui nous interresse ici… je l’observe et n’ais aucun effet sur les 3 acteurs… mais ils en ont sur moi)
    Le fait que l’observateur/ »initié » agisse du « haut » sur le « bas » dans la perspective de discerner/affiner la pensée, le logiciel d’action du couple Sujet-Objet/opérateurs-marchés c’est admettre qu’il a pour contrainte de relever l’INCERTITUDE par le décryptage en continus des évenements qui s’opérationnalisent dans la sous dimension (D2)… En gros, l’observateur arbitre la réalité sous-dimensionnée des acteurs (sujet/objet-objet/sujet), et c’est en retour des expériences directement observables que l’on réajuste, on arbitre. On réduit l’incertitude certes mais on ne s’évite pas pour autant l’échec, car vouloir prévoir l’imprévus c’est admettre qu’en tant qu’acteur/observateur tout est HUMAINEMENT réductible au DETERMINISME des phénomènes, ce qui est impossible puisque nous appartenons collectivement, de manière inclusive, aux phénomènes observables.

    Dans ce modèle à 3 dimensions, il manque une dimension supplémentaire, « proximale » qui fait interface et qui est REELLEMENT NON LOCALE… (il y aurait d’ailleurs paradoxe apparent entre proximité et non localité… mais ce n’est pas le cas car le « tiers terme »/acteur de l’ombre sur-détermine les inter relations).
    Il s’agit de l’INCONSCIENT autant individuel que collectif. Les archétypes modèlent les actes/pensées à travers et entre « les opérateurs, les marchés et les pilotes », si bien que l’élément manquant est véritablement ce que Greenspan recherche à déterminer ( « l’étude et le décodage des animal spirits ») hors ce Saint Graal n’est point accessible à l’Humain puisqu’il se situe dans un ailleurs cognitivement inaccessible… on ne peut se contenter que d’observer ses effets phénoménologiques alors que sa sphère propre est NOUMENALE…
    On goute ses fruits mais on ne percoit pas l’arbre ni comment il nourrit et se nourrit lui meme… et encore moins pourquoi les choses sont ainsi.

    Désirer modéliser les « animal spirits » est le prolongement du désir de puissance/jouissance et ceci n’est que l’expression de l’HYBRIS, hors l’hybris est le fruit de l’inconscient dominateur des acteurs comme Greenspan si bien que modéliser les comportements des acteurs de marchés, en tant que régulateurs eux meme sujets dépendant de l’objet étudié, est voué à l’échec, in fine… Le reel prendra le dessus parceque tout n’est pas modélisable… à commencer par le « hasard ».

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