Art de la guerre monétaire et économique

Grèce, Schauble veut continuer à avoir la main sur le noeud coulant autour du cou grec !/ Varoufakis: le funeste report de la restructuration avec L’analyse de Bruno Bertez

Grèce, Schauble veut continuer à avoir la main sur le noeud coulant autour du cou grec !

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Les pays du nord veulent pouvoir « tenir » le gouvernement grec et pour cela ils sont favorables à des prêts relais, c’est à dire à l’instauration d’une situation précaire.

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Ils n’ont pas renoncé à saboter les accords et ils obligent Tsipras à gigoter comme un pantin au bout d’une corde tenue par … son opposition.

Nous pensons que Tsipras boira la coupe jusqu’à la lie, « la bourgeoisie n’est pas tendre avec les vaincus, elle est même sans pitié »

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Tsipras se trompe,  totalement d’analyse, il espère en se rangeant dans le camp de ses adversaires obtenir un peu de miséricorde, et c’est pour cela qu’il attaque Varoufakis, ce faisant il abandonne ses dernières armes, les quelles sont aussi ses derniers remparts pour protéger sa dignité.

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Contrairement à son affirmation, Tsipras ne conduit pas l’avant garde des pays progressistes en Europe, il n’y a nul progressisme à donner l’exemple de l’incompétence, de la lâcheté et de l’inconséquence. Tout ce qu’il a obtenu par ses rodomontades pseudo progressistes mal articulées, c’est une aggravation sanglante du plan d’austérité et de perte de souveraineté imposé par Schauble.

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La solution au drame Grec n’était pas l’affirmation d’un progressisme imbécile face à la bourgeoise, cela est hors de propos. La solution d’une restructuration/ allégement de la dette n’est ni de gauche ni de droite, elle est technique. Et elle a été pratiquée de tous les temps par des institutions aussi bien de droite que de gauche.

En affirmant ses positions idéologiques, Tsipras a fait échouer, nous l’affirmons, une négociation qui aurait normalement pu aboutir, à condition qu’on l’habille pour qu’elle soit acceptable par les Allemands.

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Tsipras a fait de la provocation enfantine, il a pris une claque et maintenant, le pire est qu’il continue en affirmant ne pas croire au plan qu’il fait lui-même voter!

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Varoufakis: le funeste report de la restructuration avec Analyse de Bruno Bertez

Voici un bon texte de Varoufakis. Il  est clair; avec de bons rappels historiques qui permettent comprendre la position Grecque.  Lisez-le soigneusement.

On mesure également l’absurdité de la situation présente  car on s’aperçoit,  à la lecture, que les Européens jouent depuis le début contre leur intérêt.  Cet intérêt étant de maximiser la valeur de leurs créances et en même temps de remettre le moins d’argent possible « au pot ». 

Varoufakis néglige de signaler, et il a tort,  que l’intérêt de l’Europe dans son ensemble est de maximiser sa production de richesses globales, y compris en incluant la Grèce.  Plus on plonge la Grèce   dans la dépression et plus on réduit la production de richesses de l’ensemble européen.  C’est ce que font remarquer les bons vrais économistes et que Varoufakis oublie de développer. Quelqu’un d’authentiquement européen raisonne de cette façon. Il cherche l’optimisation de l’ensemble.  Et ne pas raisonner ainsi est bien que la preuve, a contrario  qu’en Europe on n’est …  pas   Européen!  Il est sidérant qu’aucun économiste n’ait eu le courage de prendre cette approche et n’ait  eu l’idée de faire tourner les modèles pour le démontrer, il a fallu que ce soit des économistes étrangers comme Steve Keen et son école qui le fassent.

Varoufakis commet une autre erreur, il reste théoricien et professeur, il pense en économiste alors qu’il était  homme politique, ministre dans un gouvernement. Un homme politique doit raisonner dans son rôle et non pas en technicien.  Or l’homme politique doit tenir compte de la réalité politique qui est que l’Allemagne ne peut accepter de réduction et d’allègement de dettes sans violer  son principe de base: pas de solidarité, pas de mise en commun. Merkel louvoie, mais toujours sur la même base: ne pas payer pour les autres de façon visible.

Merkel et Schauble en réalité sont coincés  eux aussi. Les élites Allemandes ne veulent pas d’abandon ou d’allègement de créances car les leaders d’opinion ont déjoué le piège et montré dans la presse que tout allègement équivalait à de la mise en commun fiscale.

Donc il faut, si on est pragmatique et bon politique inclure dans la recherche des solutions optimum, les contraintes des uns et des autres; ce que précisément personne ne veut faire en Europe car il est admis implicitement que cette question ne doit pas être abordée; que le seul optimum, -non-dit- est celui de l’Allemagne d ‘une part et de la classe des banquiers  et financiers d’autre  part.

On touche du doigt la question fondamentale escamotée: la question de la politique, au sens premier et fort en Europe.  Hollande l’a réintroduite pour ennuyer les Allemands dans ses propositions  de nouvelle assemblée,  de démocratie  et de vote qui bien sûr s’imposeraient à tous, y compris aux Allemands.  Il s’est bien sur fait » claquer » par Schauble, lequel au contraire, veut dépolitiser au niveau de la Commission,  afin de redonner du poids aux seuls intérêts de son pays.

Yanis Varoufakis. Ancien ministre grec des Finances.

En principe, une restructuration de dette a pour objectif de réduire le volume des nouveaux prêts nécessaires au sauvetage d’une entité insolvable. Les créanciers concèdent un allégement de la dette, et perçoivent en retour une valeur supérieure. Ils veillent également à octroyer à l’entité insolvable aussi peu de nouveaux financements que possible.

Or, il semble que les créanciers de la Grèce aient oublié ce sage principe financier. Dès lors qu’il est question de la Grèce, un phénomène particulier se produit, apparu au cours des cinq dernières années, et qui demeure à ce jour intact.

En 2010, l’Europe et le Fonds monétaire international accordaient à l’Etat grec, insolvable, des prêts équivalant à 44 % du PIB du pays.

La simple évocation d’une restructuration de la dette était alors considérée comme inadmissible, et jetait le ridicule sur ceux qui osaient faire valoir son caractère inévitable.

En 2012, tandis que grimpait en flèche le ratio dette/PIB, les créanciers privés de la Grèce ont fait l’objet d’une coupe significative de 34 %. Or, dans le même temps, de nouveaux prêts représentant 63 % du PIB venaient s’ajouter à la dette nationale grecque. Quelques mois plus tard, l’Eurogroupe (composé des ministres des Finances des Etats membres de la zone euro) faisait savoir que l’allégement de la dette serait finalisé d’ici le mois de décembre 2014, une fois achevé «avec succès» le programme de 2012, et une fois que le budget gouvernemental de la Grèce aurait atteint l’excédent primaire (exclusion faite des paiements d’intérêts).

En 2015, une fois l’excédent primaire atteint, les créanciers de la Grèce allaient pourtant refuser l’idée même d’une discussion autour d’un allégement de la dette. Pendant cinq mois, les négociations demeureront dans l’impasse, avec pour point culminant le référendum grec du 5 juillet, à l’issue duquel les électeurs rejetteront en masse toute nouvelle austérité, et qui donnera lieu plus tard à la capitulation du gouvernement grec, formalisée dans l’accord du Sommet de la zone euro du 12 juillet . Cet accord, qui constitue désormais la feuille de route des relations entre la Grèce et la zone euro, vient perpétuer une modèle vieux de cinq ans, et consistant à placer la restructuration de la dette au dernier plan d’une longue séquence désastreuse alliant resserrement budgétaire, contraction économique et échec des programmes.

En effet, la séquence de «nouveau sauvetage» prévue par l’accord du 12 juillet débute comme l’on pouvait s’y attendre par l’adoption – avant la fin du mois – de mesures fiscales sévères et d’objectifs budgétaires à moyen termes, équivalant à une nouvelle période d’austérité rigoureuse. Interviendra ensuite une négociation en milieu d’été, autour d’un nouveau prêt massif représentant 48% du PIB (le ratio dette/PIB étant déjà supérieur à 180%). Enfin, au mois de novembre, au plus tôt, et après achèvement d’un premier examen du nouveau programme, «l’Eurogroupe se tiendra prêt à considérer, si nécessaire, la possibilité de mesures supplémentaires… avec pour objectif que les besoins bruts de financement conservent un niveau soutenable.»

Lors des négociations auxquelles j’ai participé entre le 25 janvier et le 5 juillet, j’ai proposé à maintes reprises à nos créanciers de procéder à une série de judicieux échanges de dette. L’objectif consistait à minimiser la quantité de nouveaux financements exigés par le Mécanisme européen de stabilité et par le FMI aux fins du refinancement de la de la dette grecque, ainsi qu’à faire en sorte que la Grèce devienne, courant 2015, éligible au programme d’achat d’actifs (assouplissement quantitatif) de la Banque centrale européenne, afin de rouvrir l’accès de la Grèce aux marchés de capitaux. Nous estimions que 30 milliards d’euros (soit 17% du PIB) de nouveau financements issus du MES seraient suffisants, sans nécessité d’en faire bénéficier le budget primaire de l’Etat grec.

Nos propositions ne furent pas rejetées. Nous avions consciencieusement travaillé à leur conférer une rigueur technique et une justesse juridique. Non, elles ne furent tout simplement même pas débattues. La volonté politique de l’Eurogroupe se limitait à ignorer nos propositions, à laisser échouer les négociations, à contraindre les banques de prendre des vacances pour une durée indéterminée, ainsi qu’à forcer le gouvernement grec à acquiescer sur tout – y compris sur un nouveau prêt massif, d’une ampleur presque trois fois supérieure à ce que nous avions proposé. Une fois encore, les créanciers de la Grèce avaient préféré mettre la charrue avant les bœufs, en insistant sur l’acceptation d’un nouveau prêt avant même toute discussion autour d’un allégement de la dette. C’est ainsi que ce nouveau prêt jugé nécessaire s’est accru inexorablement, comme en 2010 et 2012.

Tôt ou tard, lorsqu’elle est intenable, une dette finit toujours par être allégée. En revanche, le timing et la nature de cet allégement font toute la différence concernant les perspectives économiques du pays concerné. Or, si la crise humanitaire grecque conduit aujourd’hui le pays à l’agonie, c’est bel et bien parce que le caractère inévitable de la restructuration de sa dette n’a cessé d’être utilisé comme une excuse destinée à reporter cette restructuration ad infinitum, comme l’illustre ce que m’a dit un jour un haut responsable de la Commission européenne: «Contre vents et marées, votre dette sera nécessairement allégée, alors pourquoi gaspillez-vous un capital politique aussi précieux en insistant pour que cette restructuration s’opère dès aujourd’hui?»

La réponse à cette question était évidente. Une restructuration plus précoce de la dette, en ce qu’elle aurait réduit l’ampleur des nouveaux prêts, et rendu la dette tenable avant la mise en œuvre de quelque réforme, aurait eu de bonnes chances de mobiliser l’investissement, de stabiliser les revenus, et d’établir un contexte propice à la reprise. Par opposition, les allégements de dette opérés trop tardivement, comme dans le cas de la Grèce en 2012, et découlant simplement de l’échec des programmes, ne font qu’entretenir la spirale infernale.

Ainsi, pourquoi les créanciers de la Grèce refusent-ils de s’orienter vers une restructuration de la dette avant que de nouveaux prêts ne soient négociés? Et pourquoi privilégient-ils un nouveau paquet de prêts beaucoup plus volumineux que nécessaire?

Les réponses à ces questions ne peuvent émerger d’une sage discussion autour de la finance, publique ou privée, dans la mesure où elles s’ancrent solidement dans le domaine de la politique des puissances. La dette constitue un atour de pouvoir pour les créanciers. C’est la leçon que tire douloureusement la Grèce aujourd’hui: une dette intenable change le créancier en véritable Léviathan. Dans ces conditions, la vie humaine devient difficile, brutale et – pour nombre de mes compatriotes – écourtée.

EN BANDE SON:

 

2 réponses »

  1. Vous savez que je vous remercie vivement pour l’envoi de tous vos mails. Mais comme vous le dîtes sur le dernier, les ECONOMISTES n’ont plus droit à la parole. Seuls les POLITIQUES (Même MEDIOCRES comme en FRANCE) ont le droit à la parole. Regardez bien l’EUROPE elle n’a pas de raison d’être, certes le Américains y tiennent c’est bien la raison pour laquelle le Président de la Banque Européenne est Mr DRAGGHI, qui vient de chez eux. Mais les PEUPLES n’y croient plus, et lorsqu’un peuple met en place un Gouvernement à l’encontre du bien commun on l’attaque, c’est bien ce qui vient de se produire avec la GRECE. Les POLITIQUES sont en mal de DEMOCRATIE c’est une certitude quand on voit le rejet du Gouvernement GREC. Alors les ALLEMANDS n’en parlons même pas, tant que ce SCHLAUBE n’aura pas remboursé le dette de guerre, il devrait se taire. A vous lire. Très cordialement.

    Date: Sat, 15 Aug 2015 13:47:55 +0000 To: jacky.lagain@dbmail.com

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