Art de la guerre monétaire et économique

La Maison des Saouds s’est tiré une balle dans le pied : « Il y a une pénurie de Dollars » !

Les Saoudiens se sont tiré une balle dans le pied Par Bruno Bertez

Je pense que vous avez compris qu’un des éléments essentiels de mon cadre analytique du moment c’est la baisse de la liquidité en dollars. Et c’est pour cela que je ne cesse de répéter que les QE européens et Nippons ne servent à rien sous cet aspect, ils sont autant de cataplasmes sur une jambe bois. D’ailleurs nous avons écrit il y a peu un papier dans le genre « du dollar, on veut du dollar ».

La liquidité en dollars est essentielle pour le fonctionnement du système et pour le dollar funding sur le marché mondial de l’eurodollar. Si le dollar funding se contracte, alors les banques sont poussées vers le risk-off.

Plus que la politique Américaine, ce qui a provoqué une crise du « dollar funding », une raréfaction exponentielle du dollar, c’est la décision imbécile des Saoudiens de vouloir faire baisser les prix du pétrole afin de mettre à genoux, la Russie et les producteurs marginaux US. Ils ont effondré les prix du pétrole, mais ils ont aussi effondré leurs excédents, torpillé leurs finances et dynamité leur budget. Toute la mécanique du BWII, du recyclage a ainsi été mise à mal. Et cela dure depuis plus d’un an ! Moscou n’a pas cligné des yeux et a continué à soutenir Assad, tandis que les producteurs américains tiennent plus longtemps que prévu.

Avec des finances fragiles, une crédibilité menacée, les Saoudiens et leurs complices sont en mauvaise position, Moscou vient de remporter de remarquables victoires tactiques. Les Saoudiens se sont tiré une balle dans le pied car toute la région manque de dollars maintenant, et les banques ne sont pas en super forme. A un point tel que les baisses de rating se multiplient.

Le phénomène est maintenant reconnu publiquement. Bloomberg rapporte la déclaration suivante de la  National Bank of Abu Dhabi PJSC, the United Arab Emirates’ largest bank,  « there’s a reduced supply of dollars in the country as the region grapples with the impact of oil trading around $30 per barrel and credit downgrades ». Traduction il y a une pénurie de dollars dans la région en raison de l’impact des prix du pétrole à 30 dollars et des dégradations de rating.

Le cercle vicieux s’enclenche avec :

  • -Prix du brut en chute
  • -Baisse des dépenses des gouvernements locaux
  • -Contraction des dépôts bancaires
  • –Ralentissement de la croissance
  • -Effondrement de la valeur des collatéraux

Telle est la raison pour laquelle nous sommes plutôt enclins à anticiper une tentative de faire remonter les cours du pétrole : les succès Russes impliquent que les Saoudiens perdent leur partie de bras de fer et qu’ils finissent par plier. Ceci serait bon pour le risk-on et le dollar funding.

« Il y a une pénurie de Dollars »: Abu Dhabi met en garde contre la diminution de l’offre de Dollar

02MARS 2016 Le Blog de la résistance / Zerohedge

Et pas que Abu Dabi – L’économie angolaise souffre de la pénurie du dollar :

Pendant que les recettes pétrolières chutent, les banques étrangères approvisionnent de moins en moins les banques locales en billets verts.

L’Égypte aussi, voir la vidéo ci dessus  .

—————————————-

Il est pas tout à fait certain que l’Arabie Saoudite savait ce qu’ils étaient en train de mettre en mouvement lorsque le royaume a décidé de faire baisser délibérément les prix du brut à la fin de 2014.

L’idée (bien sûr) était de préserver des parts de marché par la faillite du marché du schiste américain et s’il y avait des «prestations accessoires» – comme, disons, forcer Moscou à renoncer à son soutien à Bachar al-Assad – eh bien c’était encore mieux mieux.

Malheureusement pour Riyad, les choses ne se déroulent vraiment pas comme prévu. Le déficit budgétaire du royaume à gonflé à 16% du PIB (ce qui, pour les non-initiés, est un désastre absolu) et l’objectif de 13% de cette année sera invariablement difficile à atteindre à moins que les Saoudiens décident soit de laisser tomber la guerre au Yémen, abandonner le peg du riyal, ou (de préférence), les 2 à ​​la fois.

En tout état ​​de cause, la disparition prévisible du pétrodollar créé une pénurie de … pétrodollars, et ça commence à apparaître aux Émirats arabes unis .

La « National Bank of Abu Dhabi PJSC, la plus grande banque des Émirats arabes unis, a déclaré qu’ il y a une réduction de l’offre en dollars dans le pays alors que la région fait face à l’impact du pétrole autour de 30 $ le baril et de déclassements du crédit , » selon Bloomberg plus tôt aujourd’hui , ajoutant que  » les banques des Émirats arabes unis, qui possède la sixième plus grande réserve de pétrole du monde, font face à la détérioration des conditions d’un prix du brut moins cher qui a conduit à une baisse des dépenses publiques, une croissance économique plus lente et une baisse de la qualité des actifs. »

» Il y a une pénurie de dollars « , a déclaré le PDG de PJSC  Alex Thursby aux journalistes à Abu Dhabi mercredi. « Il est pas de crise, mais ça se resserre. »

Comme Bloomberg note ensuite, «le secteur bancaire des UAEs a perdu 56 milliards de dirhams (15,25 milliards de dollars) de dépôts du gouvernement depuis Septembre 2014. »

Exact. Ce qui n’a pas vraiment été une surprise. Les Saoudiens ont (peut-être par inadvertance)  inauguré une nouvelle ère pour les producteurs de pétrole du monde. Ceci est la «vie à 30 $ / baril » .

Habituez-vous y.

Zero Hedge – resistanceauthentique

https://resistanceauthentique.wordpress.com/2016/03/02/il-y-a-une-penurie-de-dollar-abu-dhabi-met-en-garde-contre-la-diminution-de-loffre-de-dollar/

EN BANDE SON 


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7 réponses »

  1. M’enfin les saoudien ont tout de même des réserves non négligeable de dollar tout comme les chinois. Les bons du trésor américain se sont bien des dollars ou on nous aurait menti. Il n’y a jamais eu autant de dollar dans le monde. Si il y a pénurie c’est que certains ne savent plus compter.
    En quoi la baisse du prix du pétrole crée une pénurie de dollar ? Je veux bien que l’on me l’explique ?

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    • non, les bons du trésor US ne sont pas des dollars ! ces bons permettent à la FED de créer des dollars lorsqu’elle les achète (les bons dans sa poche; les dollars dans les poches des autres) et à les détruire si elle les vend.

      En plus les « autres » sont essentiellement des banques adhérant à la FED : qui redéposent immédiatement à la FED les dollars obtenus contre les bons qu’elles lui ont vendu (contre un récépissé = reconnaissance de dette payable en dollar de la FED envers celles-ci). Ainsi en plus des bons stockés à la FED et lui appartenant, ces dollars sont aussi stockés à la FED, sans lui appartenir, sous forme de réserve excédentaires de ses banques clientes, mais ne sont pas dans la poche de ceux qui en auraient besoin. Oui, il n’y a jamais eu autant de dollars, mais pas dans les « bonnes » poches.

      Après avoir payé leurs « menus » frais de fonctionnement, les Séoud échangent les dollars surnuméraires qu’ils reçoivent en paiement de leur pétrole contre (entre autres bien sûr) des bons du trésor US : les dollars quittent leur poche et y sont remplacés par les bons.

      Quand les Séoud veulent s’acheter davantage de bricoles qu’à l’ordinaire (bombes, avions, mercenaires), il leur faut davantage encore des dollars, d’autant plus que leurs commandes font monter ces prix-là, mais, effet ciseau, ils perçoivent bien moins de dollars avec leur vente de pétrole dont les cours ont baissé, il leur faut revendre des bons, beaucoup de bons.

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    • Tout simplement parce que les revenus liés au pétrole ne sont plus suffisants pour permettre à l’État saoudien de financer ses opérations courantes il doit donc pour cela dans un premier temps recourir à des déficits budgétaires en passant donc par l’émission de dette ou vendre une partie de ses réserves en devises puis dans un deuxième temps si cela n’est pas suffisant pratiquer une dévaluation de sa monnaie locale c’est à dire rapidement cessé de fixer, en tout ou partie, le cours de sa monnaie par rapport au dollar

      Deux conséquences à cette dévaluation à grande échelle : premièrement, elle absorbe la pression subie par la monnaie nationale suite à la chute du prix du pétrole. Cela permet autant de ménager les revenus du gouvernement dans la monnaie nominale locale que de réduire la pression exercée sur les réserves monétaires internationales, une ressource financière vitale du pays. Deuxièmement, c’est la population tout entière qui subit très vite les mesures d’ajustement drastiques, avec une hausse de l’inflation parallèlement à l’envol des prix des importations dans la devise locale. En d’autres termes, la monnaie est une sorte de soupape de décompression qui exige de l’économie qu’elle s’adapte rapidement à la nouvelle réalité.

      Les chiffres sont implacables : avec un prix moyen du pétrole à 40 $ en baril, si le pays conserve son train de vie fiscal et ne réduit notamment pas les prestations sociales accordées à une vaste partie de la population saoudienne ni les très dispendieuses subventions liées au pétrole qui encouragent le gaspillage, ses réserves pourraient s’envoler entièrement d’ici à quelques années, à en juger par la vitesse à laquelle elles s’amenuisent actuellement. Sans compter que le gouvernement a du entériner un déficit budgétaire surprise de plus de 20% du PIB en 2015.
      Les pressions sont manifestes et les spéculations vont bon train, avec des contrats dérivés qui changent de mains, preuve que le riyal pourrait être dévalué. Une chose est sûre : plus l’Arabie saoudite va attendre, plus la dévaluation du riyal fera potentiellement des ravages…et les joies du FMI

      Il faut éviter à l’Arabie Saoudite de subir le triste sort du Venezuela ou de l’Argentine car les US déteste les Rogues Nations…et les traite en conséquence grâce à son arme atomique nommé Dollar…

      Les Russes résistent héroïquement mais ils ont un leader charismatique aimé de son peuple…

      Bruno résume parfaitement la mécanique à l’œuvre :

      Le cercle vicieux s’enclenche avec :
      -Prix du brut en chute
      -Baisse des dépenses des gouvernements locaux
      -Contraction des dépôts bancaires
      –Ralentissement de la croissance
      -Effondrement de la valeur des collatéraux

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  2. Les bons du trésors américains sont à peu près la dernière chose de confiance ( encore pendant un moment), donc ils s’écoulent bien.

    Le dollars est une des dernières monnaies à tenir, donc comme il a monté on le garde, donc il s’écoule bien à l’achat peu à la vente.

    Le pétrole est peu cher, et se vend mal, donc il donne moins de dollars

    D’où la pénurie de dollars…Non?

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  3. « les US déteste les Rogues Nations »

    La suivante pour évoquer le cas de l’arabie saoudite à travers le prisme de Dubai
    (je ne me suis jamais rendu à Dubail et je pense que je n’irai jamais ou peut etre en amoureux… histoire de bien manger en hiver et de visiter ce zoo… mais j’en connais pas mal de ressorts)

    Une fois j’ai acquis des photos de journaux, donc commentées qui decrivaient l’opulence de Manhattan en 1928. on y recensait le nombre de grosses cylindréés, le nombre de joaillers et de palaces par block, et on y phrophétisait un changement de l’humanité ad vitam eternam.

    Ce qui sautait aux yeux, en 2005 lors de mon achat était le fait qu’un journal ait pu être aussi aveugle.
    Encore aujourd’hui, car jamais dans les livres d’histoires au collège je n’avais vu ces photos.
    Que les photos de campagne de midwest en 1932 ou les hooverville

    Dubai est un zoo, (de même la Chine mais au moins ils bossent…)
    construit par des gens de bonnes volontés mais avec des investisseurs incultes

    dubai en 2015 a du faire probablement -15%/-30% en CA (la variable explicative n’est pas la chute de l’oil). il est vrai que les malls sont achalandés (contre en chine VIDES)

    aujourd’hui des insiders, probablement inspirés par l’histoire que l’arabie saoudite serait l’instigatrice d’un dumping sur l’oil, et que donc c’est une opportunité sous controle, continuent massivement à construire (ikea le plus gros au monde…encore de la bouffe ou des sacs en plastiques)
    Ou peut etre est-ce pour éponger des surcapacités d’amis dans le btp ou pour l’honneur

    Mais on m’assure que non: : ILS PENSENT réellement que cela va repartir >>en 2016<< le barril va remonter en 2016

    2015 est morte

    Je ne sais pas si le barril va remonter en 2016, mais je pense que Dubail ne repartira pas en 2016 et que voire même Dubail va etre un cimetière de l'investissement

    Les invest arabes de LT s'ils sont démolis macroeconomiquement alors cela arrangerait certains à LT.
    cela serait briser leur ego

    Et si vous imaginez qu'ils peuvent éviter un -5% sur le pib ou -30/40% sur le SP:
    alors ils ont quand même gagné:
    En effet mon sentiment est que ni la chine ni le MOrient ne vont repartir car les us se moquent de la croissance mondiale:
    ce qu'ils veulent tenter c'est garder lead
    ils se moquent de faire un -5% de pib si les autres font -20%

    Non seulement ils s'en moquent mais ils vont peut etre tout faire pour la flinguer.
    Partant de plus haut, moins leveragé ils ont tout à gagner

    la chine en 2009 a déconné avec sa dette de manière irreversible ( schema1929 elle a construit 50ans d'immobiliers en 5ans avec un barril à 100dollars! elle est tartée. -trump le sait: c'est foutu =>on part en guerre commerciale-)

    le moyen orient a déconné, non PAS en 2015 avec un dumping MAIS en 2011 en participant trop au cartel de l'oil (avec HFund dans la danse: 120doll prix debile: un correspondant de keiser londonien l'a souligné)
    elle s'est habitué à cela, (technique rothschild)
    si encore en plus on l'a convaincu de se lancer dans un dumping…
    si encore en plus on l'a convaincu de s'embarquer dans des conflits armés qui s'y frotte s'y pique

    ce qui compte dans une guerre est la manière de l'entrée en guerre.
    si un choc se produit qui va dire que c'est la faute des US?

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  4. nous sommes deja en 2016 !
    je corrige ma faute car c’est important lorsqu’on parle de pognon,
    ils voient oil remonter en 2017
     »
    2016 est morte

    Je ne sais pas si le barril va remonter en 2017, mais je pense que Dubail ne repartira pas en 2017 et que voire même Dubail va etre un cimetière de l’investissement

    « 

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  5. et moi, je pense que le pétrole est révolu, que le pétro-dollar est mort et que nous sommes dans l’ère de l’immo-dollar…

    Le bétonnage, les tours immenses, les stades etc… vendu 10 fois le prix. Ouvrez bien l’œil.
    Le grand paris à 36 Mdrs ça vaut le détour kin même…
    Même Trump se frotte déjà les mains, il va remplacer Desmarais…

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