Allemagne

Pangermanisme : La « germanisation » de la BCE inquiète l’Europe…

La « germanisation » de la BCE inquiète l’Europe

By Audrey Duperron, fr.express.live mars 23, 2018

À la Banque Centrale Européenne (BCE), la nationalité qui prédomine parmi le personnel est la nationalité allemande. Dans ce contexte, la potentielle nomination du patron de la Bundesbank, Jens Weinmann, pour succéder en 2019 au président actuel de l’institution, l’Italien Mario Draghi, suscite de vives inquiétudes

La BCE a son siège à Francfort, la capitale financière allemande, et les Allemands sont sur-représentés au sein de ses équipes. Ainsi, sur les 2900 membres de son personnel, 29 % sont Allemands, près de 15 % sont Belges, 12 % sont Italiens, et 8 % sont Français. L’institution compte plus d’Allemands dans son personnel que d’employés français, italiens et espagnols cumulés.

Les Allemands s’accaparent également 30 % des postes de cadres supérieurs. De plus, quatre des six principaux conseillers du directoire de la Banque centrale européenne sont Allemands. Or, jusqu’à présent, l’institution n’a jamais été gouvernée par un Allemand, et le président de la banque centrale allemande, Jens Weinmann est considéré comme le favori, en grande partie pour cette raison.

Une influence allemande

Le Wall Street Journal affirme qu’il a eu communication de données non rendues publiques montrant que les Allemands exercent déjà une forte influence au sein de l’institution. L’un de ses services économiques les plus importants, qui produit en particulier les prévisions et les recommandations de politique économique, est surnommée en interne « la division panzer ».

Ce surnom lui a été attribué lorsqu’il était dirigé par Jürgen Stark, l’ancien chef économique de la banque. Aujourd’hui, c’est le Belge Peter Praet (qui est toutefois né en Allemagne de mère allemande…), qui est à la tête de ce service. L’année dernière, 34 % des employés de ce service étaient de nationalité allemande.

Deux poids, deux mesures

« Il y a une germanisation de la BCE, ce qui bien sûr alimente un sentiment de préjugés à l’égard des pays de la périphérie », explique le président d’une banque des pays du sud de l’Europe. En 2011, une étude menée par le think tank allemand Ifo avait conclu que la nationalité des gouverneurs de la banque centrale pouvait avoir une influence sur leurs décisions en matière de taux d’intérêt.

En Allemagne, la BCE a souvent été critiquée pour avoir mené une politique d’assouplissement monétaire pour relancer l’économie sous la direction de Mario Draghi, un Italien. Dans le reste de la zone euro, cependant, beaucoup pensent que la BCE a agi trop tardivement en raison de l’influence allemande.

L’obsession de l’inflation

La nomination d’un allemand au poste de président risque donc d’intensifier ce sentiment. Par le passé, la BCE a souvent été accusée de trop se préoccuper de l’inflation, une obsession allemande. Un officiel de la banque souligne que cette dernière a beaucoup critiqué les pratiques des institutions financières italiennes, portugaises ou espagnoles et qu’elle a en revanche constamment épargné leurs homologues allemandes.

Selon Karel Lannoo, du think tank Center for European Policy Studies, « la nationalité du personnel de la BCE est extrêmement importante. Les Allemands ont une certaine vision de l’austérité de la la manière dont on manipule l’argent, les emprunts, et des opinions fortes en ce qui concerne le quantitaive easing ». Les porte-parole de l’institution affirment que ce sont les compétences et le talent qui sont déterminants pour le recrutement à la BCE, tout en soulignant qu’il est normal qu’on y retrouve un plus grand nombre d’employés allemands compte tenu de sa localisation à Francfort.

« Un ministre des Finances allemand reste un ministre des Finances allemand, quelque soit sa couleur politique »

By Dominique Dewitte, fr.express.live mars 21, 2018

Plus de six mois après les élections, suivies de la formation laborieuse d’une coalition, les Allemands ont enfin un gouvernement. L’Allemagne a donc une nouvelle voix, et cela s’est ressenti dans les toutes premières heures qui ont suivi l’annonce de la formation de cette coalition.

« L’islam n’appartient pas à l’Allemagne »

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer (CSU), a déclaré dans une interview au journal Bild que l’islam n’appartenait pas à l’Allemagne. Cette déclaration a rapidement suscité la polémique, et Seehofer a même été accusé de plagier le parti anti-immigration AfD.

Les déclarations de Seehofer ont aussi provoqué de vives critiques de la part du SPD, le partenaire de la coalition CDU / CSU. « Cela fait réfléchir, quand le ministre de l’Intérieur définit à titre de premier acte officiel les personnes pour lesquelles l’Allemagne ne peut pas être une patrie », a déclaré le secrétaire général Lars Klingbeil. « J’ai une idée complètement différente du Heimat. » D’autres dirigeants du SPD ont exposé des vues similaires.

Merkel IV pense-t-elle différemment de Merkel III?

Quiconque pense qu’il s’agit d’un “side show” pourrait bien se tromper. Par exemple, les sociaux-démocrates (socialistes) du SPD ont trois portefeuilles ministériels très importants, à savoir ceux des Affaires étrangères, du Travail, et surtout celui des Finances.

On pourrait donc penser que l’Europe serait ainsi vouée à abandonner la doctrine d’austérité du précédent gouvernement Merkel, dans lequel Wolfgang Schäuble était aux manettes aux Finances. Ce dernier, un conservateur indécrottable, est devenu entre-temps président du Bundestag. Au cours de son mandat, il avait prôné le départ de la Grèce de la zone euro.

Mais il ne faut pas s’y tromper, et imaginer que les socialistes pourraient avoir d’autres projets. L’Europe attend beaucoup de la doctrine Macron [soutenue par Merkel et Jean-Claude Juncker], qui appelle à une plus grande intégration financière dans la zone euro par le biais d’une union bancaire, d’un budget commun et d’une plus grande coopération paneuropéenne dans les domaines de la défense, de l’immigration, du commerce et de l’économie.

Qui est Olaf Scholz ?

On pensait donc qu’Olaf Scholz (à gauche sur la photo, à côté de Merkel), le nouveau ministre allemand des Finances (SPD), se déplacerait avec Merkel dans la direction souhaitée par Macron. Jusqu’à ce weekend, lorsqu’il a déclaré dans le Süddeutsche Zeitung : “Nous ne pouvons pas et ne paierons pas pour tout le monde.” Après quoi, il a souligné qu’il n’y avait aucune raison de prendre une autre voie que celle de son prédécesseur Schaüble : “Un ministre des Finances allemand demeure un ministre des Finances allemand, quelque soit sa couleur politique”.

Rutte et le « Groupe des 8 » veulent plus de discipline fiscale

De plus, un groupe de huit pays fiscalement conservateurs, dans lequel on retrouve les Pays-Bas, l’Irlande, la Scandinavie et les pays baltes, veut, sous la houlette du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, éviter le “partage des risques financiers” à tout prix en amenant des pays comme l’Italie à réduire considérablement les créances douteuses dans les bilans de leurs banques.

Selon Rutte – était déjà réticent à l’égard de la politique monétaire accommodante de la BCE et de la baisse des taux d’intérêt qui y était associée – le gâteau ne sera pas plus gros si l’on imprime plus d’argent et que l’on crée un fonds d’urgence centralisé, mais bien en adoptant des réformes pour mettre les budgets à l’équilibre.

Conclusion

L’Allemagne a indiqué vouloir réformer la zone euro avec la France, mais les responsables allemands soulignent qu’il existe encore un grand écart entre Berlin et Paris sur une série de questions clés. L’une d’elles est de savoir qui devrait supporter les risques financiers à l’avenir.

Macron rêve d’un budget européen commun, Angela Merkel redoute toutes les étapes vers une union de transfert. Merkel a utilisé à plusieurs reprises le mot “convergence” dans ce contexte. Elle veut progressivement rapprocher les systèmes nationaux sur la base de propositions communes, tout en préservant la structure nationale.

Dans les mois à venir, nous découvrirons comment tout cela pourra se combiner.

OK+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

EN BANDE SON :

1 réponse »

  1. Si les cigales européennes ont une monnaie solide dans la poche, c’est bien grâce aux fourmis allemandes (entre autres), je ne vois donc aucun problème à ce que les Allemands soient sur-représentés à la BCE, c’est plutôt rassurant!!!!!!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s