Divide and Conquer

Divide and Conquer : À défaut de vivre ensemble, est-il encore possible de vivre côte à côte, pour éviter de le faire face-à-face ?

À défaut de vivre ensemble, est-il encore possible de vivre côte à côte, pour éviter de le faire face-à-face ?

Nicolas Gauthier Journaliste, écrivain Bld Voltaire

Le plan banlieues de Jean-Louis Borloo était censé réenchanter la politique de la ville. Par « ville », comprenez quartiers autrefois ouvriers et proprets, devenus depuis zones envahies par une immigration incontrôlée, une délinquance qui ne l’est pas moins et un islamisme de combat qui trouve, là, son terrain de chasse rêvé. Plan que nos médias, menant comme souvent une guerre de retard, ont accueilli dans l’allégresse.

Ainsi, les recettes de l’humaniste de droit divin – Borloo fut l’avocat de Bernard Tapie en son époque de prédation financière, celle qui fit croire qu’en mettant les salariés à la rue, notre économie ne s’en porterait que mieux – sont, aujourd’hui, passablement datées. Ce qu’il faut aux quartiers ? Du fric. Mais du fric, il en a été déversé par centaines de millions d’euros depuis des décennies sans que la situation ne change…

Il est de notoriété publique que cette politique n’a servi à rien, les fortunes dilapidées l’ayant été en vain, puisque ne tenant pas compte de ces deux données fondamentales que sont l’immigration incontrôlée et l’islam, religion de ces nouveaux arrivants, consistant généralement plus à un repli identitaire qu’à une éventuelle volonté de conquête.

L’actuelle non-réponse d’Emmanuel Macron ne va guère plus au fond du problème, puisque reprochant seulement au plan de Jean-Louis Borloo de coûter trop cher. Toujours l’éternelle question de gros sous qui passe à côté de l’essentiel.

Lequel consiste en ce profond mal-être existentiel des populations, fils et filles de nulle part, cantonnés en ces « territoires » en passe, quand ils ne le sont déjà pas, de faire sécession du reste d’un pays qui, bon an mal an, demeure malgré tout le leur. À ce titre, il est un ouvrage à lire – vingt euros chez Albin Michel coûtera forcément moins qu’un rapport facturé Jean-Louis Borloo –, car signé de deux journalistes de renom, pas forcément dévorées par la fibre identitaire, Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin : La Communauté. Cet essai a pris pour cible la ville de Trappes. On résume.

Autrefois, cette bourgade des Yvelines a servi de réceptacle aux travailleurs immigrés que nos sergents recruteurs allaient chercher au Maghreb. Ces gens tentaient alors de se fondre dans la masse. Puis le regroupement familial, décrété par Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac, fait grossir les effectifs. Les enfants ne courbent plus la tête devant les contremaîtres de l’industrie automobile. Ensuite, les usines ferment. La drogue arrive, avec son cortège de trafics et d’overdoses. Les années SOS Racisme sont tout aussi stupéfiantes, s’agissant pour le PS de rameuter de nouveaux troupeaux de jeunes électeurs.

Viennent après les prédicateurs du Tabligh, mouvement musulman traditionaliste de l’espèce piétiste. Les policiers les voient tout d’abord arriver d’un bon œil, puisqu’ils contribuent à réduire l’insécurité ambiante. Guerre civile algérienne oblige, de nouveaux missionnaires entrent en lice. Ceux du GIA ; de l’espèce belliqueuse, ceux-là, en attendant leurs homologues de Daech, plus mortels encore. Dans l’intervalle, les médias dominants promeuvent de douteux modèles plus ou moins racailles, rappeurs, footballeurs ou humoristes, qui servent de miroir aux alouettes à ceux qui demeurent cantonnés à l’ombre de leurs tours.

Aujourd’hui, Robert Ménard, maire de Béziers, rappelle dans le mensuel L’Incorrect : « Vous pourriez régler les problèmes de délinquance, vous pourriez éradiquer le terrorisme, vous pourriez réduire l’immigration, resterait une communauté musulmane dont bien des membres ont un mode de vie qui heurte certains que certains sociologues appellent les Français de souche. »

Voilà une problématique allant bien plus loin qu’une simple histoire de gros sous, mais qui pose cette question essentielle : à défaut de vivre ensemble, est-il encore possible de vivre côte à côte, pour éviter de le faire face-à-face ? Nous en sommes là.

http://www.bvoltaire.fr/plan-borloo-banlieues-france-nest-quune-question-de-gros/

Le racisme anti mâles blancs, une révolution française ?

N’examinons pas au fond son non-plan pour les banlieues, puisque c’est un non-plan et que, de son propre aveu, et par méthode, il ne contient rien de déterminant, sinon la volonté de le construire ensemble avec ceux qui doivent en être les acteurs et les bénéficiaires. Les quelques projets concrets qu’il a égrenés (1.300 policiers dans 60 quartiers, 30.000 stages) sont autant de gouttes d’eau dans la mer, et ne servent qu’à titre d’exemple, d’espoir, d’entraînement. Le maître mot d’Emmanuel Macron, durant tout son show, fut « mobiliser ». On évoluait entre le plan sur la comète et le vœu pieu, que la conjoncture a priori ne semble pas secourir : il nous invite à la pêche à pied à marée basse quand la marée remonte.

Mais sa posture est nouvelle, et révolutionnaire. En se plaçant dans la position d’un super-circulateur des informations et des souhaits plutôt qu’en grand mâle blanc dominant, Macron a souhaité faire une révolution française, ne plus être un père président mais un grand frère manager. Il n’est naturellement pas assez bête pour ne pas voir qu’il abaissait ainsi et l’autorité de l’Etat et l’autorité tout court.

Cette révolution de la façon de gouverner accompagne et exprime en quelque sorte une autre révolution que Macron mène en même temps, la révolution de la société française. Et pour commencer la révolution de l’identité française. Sa sortie à Borloo sur les banlieues qui n’accepteraient pas un plan décidé par « deux mâles blancs » est très éclairante. Marine Le Pen a immédiatement tweeté : » Je trouve extrêmement choquant que Macron évoque un argument racial digne des « Indigènes de la République », en délégitimant toute solution pour les banlieues qui émanerait de « mâles blancs ». C’est la consécration du communautarisme au sommet de l’Etat. » Juste. Emmanuel Macron, au moment où il fixait pour les banlieues un objectif de « reconquête républicaine », s’est défait des habitudes et des principes de la république française. On peut l’en féliciter ou l’en blâmer, on peut même dire qu’il s’essaie à tenir compte de la réalité, on ne peut pas en revanche le nier.

La révolution sociétale d’Emmanuel Macron

Pour Emmanuel Macron, la société française se compose donc de plusieurs tribus et ethnies différentes qui ne reconnaissent pas toutes l’autorité de la république française, et, pour ramener la paix civile, il convient d’utiliser la médiation d’officiers indigènes. C’est une reconnaissance officielle, par le premier magistrat de la république, de l’invasion, de son ampleur, des effets des migrations de masse sur les mœurs et les institutions de la France.

En écoutant le président avec soin, on voyait poindre une autre révolution. Si le rétablissement de la paix dans les banlieues et leur développement économique demeurent suspendus, dans les limbes, à la bonne volonté et à l’habileté des futurs co-constructeurs d’un plan en devenir, on pouvait repérer dans le discours d’Emmanuel Macron quelques éléments d’une autre nature, pour ainsi dire solides, tels des amers dans sa pensée, des projets opératoires tout de suite.

Les banlieues, prétexte d’un vaste plan de flicage de la pensée

En voici quelques-uns. D’abord la généralisation du testing encouragé par l’Etat et appliqué aux 120 entreprises françaises les mieux cotées en bourse. La délation et la fraude au service de l’antiracisme, sous les auspices de la puissance publique. Ensuite l’appel aux citoyens à « signaler ce qui ne va pas ». Ce que le président, s’élevant au niveau de la sociologie politique, a exprimé par un mot d’ordre général, la « société de vigilance ». J’ai ici-même déjà parlé de totalitarisme participatif : plus besoin de Big Brother quand des millions de little brothers and sisters veillent. Attentifs ensemble pour Vigipirate, pour dénoncer un terroriste ou un contenu « illicite » sur le web. Cette fois, c’est notre gentil grand frère le président des Français et des autres qui nous y engage. Les quelques policiers supplémentaires envoyés en banlieue n’y assureront pas la sécurité, mais ces projets, surtout si on les rapproche des déclarations de Macron sur les fake news, concourent à un renforcement toujours plus vétilleux de la police de la pensée.

Les mâles blancs dans le viseur de la révolution féministe

La petite décoration florale qu’a rajoutée Macron à la fin de sa conférence, sur « les mamans », missionnées pour changer les âmes et les us des banlieues, éclaire aussi la méthode choisie par Macron pour faire la révolution. Il n’a pas manqué de rappeler que le « challenge » de son quinquennat sera l’égalité homme femme. Pourtant, il a, dans son souci de ne pas heurter l’islam, admis avec empathie le port du voile dans l’espace public, dont il sait très bien que c’est pour l’islam un enjeu et un moyen de manifester sa puissance. C’est l’avantage de ces formules, telle l’égalité homme femme, qui ne veulent rien dire : elles disent tout des intentions de ceux qui les utilisent. L’égalité homme femme ne servira à protéger ni à promouvoir personne, mais elle sera, comme la société de vigilance, un puissant moyen de la révolution sociétale en marche. Et c’est ainsi que Macron le grand fait la révolution française à travers sa politique des banlieues.

Pauline Mille

https://reinformation.tv/macron-males-blancs-banlieues-revolution-francaise-mille-84547-2/

OK++++++++++++++++++++++++++++++++

8 réponses »

  1. Très instructif avec une Pauline Mille renouant avec la dialectique analytique (sur l’instrumentalisation de l’écologie, elle oubliait récemment une face, hélas concrète et noire).
    Derrière la mise en cause de l’autorité « classique », et assumée (caricaturée en l’homme dominant, pardon le mâle, blanc), mise en cause doublée de l’orientation d’une trame de toute-vigilance par tous, c’est définitivement un pouvoir fort et surtout pas assumé comme tel qui agit et compte bien s’imposer totalement.
    Je retiens l’excellent « TOTALITARISME PARTICIPATIF », après le gentil urbanisme participatif, la douloureuse co-gestion de la catastrophe nucléaire ici ou là ou à venir – ajoutée de participative pour appuyer la bonté et la grandeur de l’affaire – , et combien d’autres projets collaboratifs enjoués auxquels l’incitation à l’entreprise solidaire joint son chœur. Ceci dit avec un restant sincère d’intérêt pour ce qui dépasse l’échelle individuelle (et comment donc !, et de un, et nausée accumulée sur les grands soirs encore entretenus, à coup de chaque matin souriant, petit mais grand, répétés à l’envi, et de deux).


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  2. 1968:femmes françaises en mini jupe
    2018 femmes françaises voilées et ou en burka.
    porter une minijupe équivaut a une provocation pour les adeptes de la religion de paix et d’amour.
    « une femme qui n’est pas voilée est comme un morceaux de viande les mouches peuvent aller s’en nourrir »
    dit dans un prêche de la même religion.


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  3. Ps: il n’y aura pas de bombe ..vont pas prendre le risque de se faire sauter la gueule
    même logés en Nouvelle Zélande…
    Quant aux complots francsmacs juifs et autre cela en rajoute a leur pouvoir…
    les messianiques servent le Système qui n’a même plus cette humanité la !!!!!
    C’est une Mécanique.
    Sortir des rouages..
    bonne chance.


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