Art de la guerre monétaire et économique

Trump et la vertu de l’Incertitude

Trump et la vertu de l’Incertitude

Plus avancent les choses, les condamnations et les apologies avec elles, les contradictions, les perceptions divergentes, les appréciations opposées et radicales, plus apparaît l’évidence que Trump possède au plus haut degré la vertu de l’Incertitude qui est quelque chose comme “la mère de tous les désordres”. Ceci au moins ne fait aucun doute : le désordre répandu dans un monde dominé comme dans une prison fermée à double tour par un Système qui entend imposer son ordre pour conduire à l’entropisation, représente le plus grand danger possible pour le Système.

Au gré des événements peu ordinaires que nous vivons jour après jour et au jour le jour, la chose la plus remarquable se trouve dans la disparité extraordinaire des jugements généraux sur l’action de Trump, ses supposées-intentions, sa supposée-politique et ainsi de suite. Et nous ne parlons nullement de l’opposition de jugement entre commentateurs-Système et les antiSystème, mais bien à l’intérieur des deux camps et, pour ce qui nous concerne, chez les antiSystème. Nous ne parlons pas non plus d’un événement particulier, d’une politique précise, mais bien d’une orientation générale sur le sujet capital des intentions générales, ou dans tous les cas des effets généraux de l’action de Trump sur le destin de ce qu’il est convenu d’appeler “l’empire”, – qui n’a rien à voir avec un “empire”, qui concerne la puissance hégémonique ou ex-hégémonique du système de l’américanisme au service du Système.

Les deux textes que nous donnons ci-dessous, de Philip Geraldi et de David Stockman, sont de la plume de deux auteurs confirmés de l’antiSystème ; tous deux 72 ans, tous deux dissidents expérimentés qui ne se laissent pas emporter par la passion, tous deux avec une grande expérience des affaires politiques et de gouvernement, le premier étant un ancien officier de la CIA, le second un ancien secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan. Ces deux hommes du même camp de ce que nous nommons à notre sauce à nous antiSystème, d’une même tendance intellectuelle dans les grands enjeux politiques, économiques et sociétaux, d’une même capacité d’appréciation profondément critique, produisent deux textes dont les conclusions s’opposent complètement.

• Geraldi publie le 5 juillet 2018 « Imperial Hubris Redefined » sur Strategic-Culture.org, dont la thèse est que Trump mène une politique tendant à s’arranger des revers subis par les USA pour relancer une position d’hégémonie par d’autres moyens que ceux qui ont été jusqu’ici employés. Il s’agit d’une sorte de transmutation et de transformation de l’hégémonie impériale US qui tend à faire de Trump un re-créateur de la puissance US, adaptée à des circonstances nouvelles et par des moyens différents. Geraldi s’appuie sur la politique de sanctions conduite par les USA, notamment contre l’Iran, et sur le nouveau commandement militaire spatial dont Trump a ordonné la création, “militarisant” l’espace à l’avantage des USA. Il faut noter tout de même, – c’est important, – que des résistances très fortes se manifestent et que le sentiment de Giraldi est clairement que ce qu’il décrit de l’action de Trump est très loin d’être assurée d’aboutir.

• Stockman publie le 3 juillet 2018 « America First, Helsinki, and Trump’s Existential Threat to the Empire », sur son site avec reprise sur d’autres (ici, la version reprise par le site de l’Institute for Peace de Ron Paul, ronpaulinstitute.org). Le texte de Stockman, beaucoup plus long que celui de Geraldi, plaide exactement la thèse contraire : pour lui, la politique menée par Trump conduit directement à la destruction des structures hégémoniques et “impériales” des USA, par divers moyens dont la conjonction va dans ce sens. Stockman cite la politique commerciale (isolationniste) dite-America First, qui conduit à la destruction des ensembles d’alliances et de connexions d’influence globalisées, les intentions prêtées à Trump de retirer les contingents militaires US en Corée et en Europe, le sommet d’Helsinki avec Poutine et le rétablissement de relations “normales” avec la Russie.

Nous pourrions dire que nous préférons une thèse à l’autre (celle de Stockman est actuellement plus convaincante que celle de Giraldi), mais nous devrions dire également que, dans des circonstances à peine différentes et que nous avons déjà rencontrées depuis l’arrivée au pouvoir de Trump, nous avons eu une préférence inverse. Ainsi l’important nous paraît-il être, non pas que l’une ou l’autre thèse triomphe, mais que les deux thèses soient alternativement possibles selon les événements, introduisant dans le jugement les conclusions bien connues que l’action de Trump, quel que soit son but s’il y en a un, est de toutes les façons porteuse d’un désordre qui ne cesse de croître et d’influencer très fortement les psychologies.

Cela correspond parfaitement à ce qui nous convient, si nous jugeons objectivement la situation créée et l’influence exercée sur la dynamique des choses sans nous arrêter aux hommes et à leurs intentions. Trump appartient au Système, il évolue à l’intérieur du Système et au nom du Système de par sa position, et pourtant l’effet qu’il produit, non pas dans ses actes mais dans le climat qu’il crée, est objectivement antiSystème moins par ses buts que par sa forme même. Trump est un homme dont ses partenaires se disent qu’“avec lui il faut s’attendre à tout, particulièrement à ce à quoi on ne s’attend pas” ; il fait partie, dans le classement du fameux philosophe Rumsfeld, des “unknown unknowns” (“les choses dont nous ne savons pas que nous ne les connaissons pas”).

Incertitude totale, par conséquent, non pas directement sur la production des actes ni sur les actes eux-mêmes, mais sur la forme de l’esprit et sur le caractère de la psychologie qui vont conduire à la production éventuelle des actes qui sont de ce fait complètement, nous dirions presque doublement inconnus (imprévisibles, incontrôlables, etc.). Par définition, cette sorte d’imprévisibilité, cette incertitude complète sont des circonstances que hait le Système dans l’empire qu’il a créé et qui doit répondre dans un sens absolument convenu, verrouillé, assuré jusqu’à la monotonie mortelle de l’éternelle répétition, dans le sens que lui (le Système) attend d’elles. 

Trump n’est ni un grand homme, ni un homme d’État ni un exceptionnel exécutant politique, il est par définition le désordre même sur lequel il plaque des résonnements simplistes d’homme d’affaire, de comptable, de virtuose de la téléréalité, d’un personnage à la pensée un peu commune dans laquelle on trouve des réflexes naturels rejoignant par filiation courante des conceptions traditionnelles, toutes ces choses qui le placent bien entendu en opposition directe avec les sophistications faussaires, les simulacres, les faux-semblants, les conformismes dissimulés de la postmodernité qui est le régime sociétal aujourd’hui voulu par le Système. Ce n’est ni un génie, ni un révolutionnaire, ni rien de l’une de ces sortes où l’on classifie d’habitude les personnages de l’histoire et de la politique ; c’est, du point de vue du Système, un homme de désordre jusqu’à l’hyperdésordre. Cela nous va comme un gant.

dedefensa.org

http://www.dedefensa.org/article/trump-et-la-vertu-de-lincertitude

Rédigé par Philip Giraldi via The Strategic Culture Foundation,

Il y a eu deux développements au cours du dernier mois qui illustrent clairement ce qui ne va pas avec la perception de la Maison Blanche quant à la place de l’Amérique dans le monde.

Pour aller au-delà des absurdités répétées selon lesquelles les États-Unis sont en quelque sorte le «leader du monde libre», l’administration Trump a pris plusieurs positions qui soutiennent l’opinion bizarre selon laquelle un tel leadership ne peut être exercé que si les États-Unis dominent complètement tous les domaines pertinents. Au-delà de cela, Washington affirme également que ceux qui ne suivent pas la mascarade et  ne respectent pas les règles du jeu ainsi établies seront passibles de sanctions en vue de forcer leur respect et leur soumission. 

Le premier problème concerne l’espace extra-atmosphérique. Il y a un traité international signé en 1967, le Traité sur l’espace extra-atmosphérique, qui a été signé par 107 pays, dont la plupart des Européens, la Russie, la Chine et les États-Unis. Les armes conventionnelles ou les systèmes électroniques conçus pour protéger les satellites en orbite contre les attaques sont autorisés là où l’atmosphère se termine à 62 milles au-dessus de la surface de la Terre, mais l’espace est censé être libre pour tous. Le traité interdit également toute colonisation ou appropriation de la lune ou des planètes par une autorité nationale.

Le président Donald Trump n’est apparemment pas familier avec le traité. S’exprimant devant une audience au Conseil national de l’espace le 18 juin, il a  déclaré  qu’il était, de son propre chef, 

« … ordonnant au Département de la Défense et au Pentagone de commencer immédiatement le processus nécessaire pour établir une force spatiale en tant que sixième branche. les forces armées … notre destinée, au-delà de la Terre, n’est pas seulement une question d’identité nationale, mais une question de sécurité nationale. Il ne suffit pas d’avoir simplement une présence américaine dans l’espace. Nous devons avoir la domination américaine dans l’espace. « 

L’idée que les Etats-Unis chercheraient à avoir une présence majeure dans l’espace ne surprendrait probablement personne, mais Trump dit quelque chose de très différent. Il est en train de créer un commandement militaire pour l’espace, la lune et les planètes et a l’intention de l’utiliser pour soutenir une capacité offensive qui fournit une position dominante dans ces régions. Comme personne dans son bon sens ne permettrait à Washington de dominer militairement l’espace extra-atmosphérique sur la base de ses antécédents de leadership irresponsable depuis le 11/9, la proposition Trump devrait être et sera combattue par la quasi-totalité du monde.

Un fantasme de domination de l’espace est un symptôme d’une classe dirigeante qui ne peut pas distinguer entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Il est enraciné dans une nation qui a constamment nourri la peur depuis le 11 septembre, même si elle n’est pas menacée.

L’Iran, le deuxième problème apparu récemment, fait partie de cette matrice présumée de menaces, les Etats-Unis et son chien aboyant Israël affirmant à plusieurs reprises que le pays est à la fois un partisan du terrorisme et impliqué dans un programme d’armes nucléaires secret. Les deux revendications sont fondamentalement fausses.

Trump s’est conformé aux demandes d’Israël de se retirer du Plan d’Action Complet Conjoint (JCPOA) limitant le programme nucléaire iranien, même si Téhéran était totalement en conformité. Le 26 juin, la Maison Blanche a annoncé la sanction de l’Iran, déclarant  qu’elle sanctionnerait  quiconque achèterait du pétrole iranien, à partir du 4 novembre. L’interdiction globale d’achat du pétrole iranien avec «tolérance zéro» vise délibérément à dévaster la plupart des secteurs de l’économie du pays pour l’obliger à se conformer aux demandes israéliennes, saoudiennes et américaines de désarmement effectif.

La menace de sanctions est une intimidation flagrante alors que les Nations Unies et tous les autres signataires du PAGC continuent à soutenir l’accord et n’ont aucune raison de punir l’Iran, mais il est également reconnu que les sanctions incluraient le blocage des marchés financiers américains, signifiant que l’avertissement doit être pris au sérieux. Selon  certains rapports , un certain nombre de raffineurs européens et asiatiques et leurs bailleurs de fonds sont déjà en train de réduire leurs achats et de quitter le marché iranien et ceci bien avant novembre.

Mais il y a aussi eu un recul. La Turquie refuse de suivre la demande américaine concernant le pétrole iranien et il est peu probable que la Chine, la Russie et l’Inde s’y conforment, même si elles sont menacées de sanctions. Si la Communauté européenne s’unissait et développait une colonne vertébrale pour s’opposer à la pression des États-Unis, cela pourrait forcer Washington à sauver la face en émettant des dérogations pour atténuer l’impact de sa demande.

Il n’y a pas d’intérêt américain rationnel qui oblige un gouvernement américain hubriste à établir une armée spatiale ou à créer une sanction globale contre l’Iran, mais il est clair que l’administration Trump ne se soucie pas vraiment d’intérêts véritables car elle souffle et montre son pouvoir et détermination, exprimant sa volonté de puissance. Il est temps que le reste du monde se réveille face au danger posé par Washington et se mobilise pour le contrer. 

https://www.zerohedge.com/news/2018-07-07/imperial-hubris-redefined

Auteur de David Stockman via le blog Contra Corner,

La principale – et peut-être la seule proposition  rédemptrice de la plate-forme électorale de Donald Trump était son intention claire de se rapprocher la Russie, de réorganiser les engagements de l’Amérique envers l’OTAN et d’autres reliques de la guerre froide et de rejeter la stratégie de déstabilisation des autres Nations par la tactique made in CIA du «changement de régime». Essentiellement, « America First » devait devenir la nouvelle voie vers la sécurité et la sûreté nationales.

Ces notions éminemment sensibles ont dérangé la raison d’être  de l’ État profond  au cours de la campagne ; et  les actions rapides du Donald contre les objectifs de l’Etat Profond depuis avril ont provoqué un choc palpable dans la cité impériale.

De toute évidence, il veut retirer les 29 000 otages militaires américains actuellement stationnés en Corée du Sud en échange d’une sorte de traité de paix, de normalisation économique et de dénucléarisation avec Kim Jong-un.

De même, il a raisonnablement suggéré que diaboliser la Russie et Poutine n’a rien donné, et qu’il devrait être invité à revenir dans le G8. Et dès que Robert Mueller aura terminé sa farce du RussianGate, Trump pourra  mettre fin aux  sanctions actuelles contre divers responsables russes et amis de Poutine.

Nous savons également maintenant – en raison des fuites  rapportées par le Washington Post – que Trump a harcelé la bureaucratie de la sécurité nationale au sujet d’un autre artefact complètement ridicule de l’Empire. A savoir que 73 ans après qu’ Hitler soit descendu dans l’Hadès depuis son bunker et 27 ans après que l’Union Soviétique l’y rejoigne, il y a encore 35 000 soldats américains en Allemagne:

Le Pentagone analyse le coût et l’impact d’un retrait ou d’un transfert à grande échelle de troupes américaines stationnées en Allemagne, au milieu de tensions croissantes entre le président Trump et la chancelière allemande Angela Merkel, selon des personnes proches du dossier.

« L’effort fait suite au vif intérêt de Trump à retirer les troupes stationnées en Allemagne, lors d’une réunion plus tôt cette année avec la Maison Blanche et les aides militaires », ont indiqué des responsables américains. Trump aurait été surpris par la taille de la présence américaine, qui comprend environ 35 000 soldats en service actif, et se plaignait que d’autres pays ne contribuaient pas équitablement à la sécurité conjointe ou ne payaient pas assez à l’OTAN.

« Le message de l’évaluation a alarmé les responsables européens, qui se bousculent … »

Brouillage?

Nous doutons que les vrais Européens se bousculent – le Post ne fait que citer des citations de l’écho de l’OTAN.

Là encore, cette dernière est absolument l’institution multilatérale la plus inutile, la plus désuète, la plus gaspilleuse et la plus dangereuse du monde actuel.

Ainsi, les think tanks asservis de l’OTAN et les apparatchiks de la politique de l’establishment se préparent à la tempête, mais pour pleurer, la plupart des politiciens élus d’Europe sont dans la farce. Ils sont débordés financièrement en payant toujours plus pour leurs États-providence et ne sont pas sur le point de réduire leurs budgets ou de pressuriser les contribuables pour financer une puissance militaire contre une menace inexistante.

Comme  Justin Raimondo note avec justesse ,

Enfin, un président américain s’est rendu compte que la Seconde Guerre mondiale, sans parler de la guerre froide, est terminée: les troupes américaines n’ont pas besoin d’occuper l’Allemagne.

Vladimir Poutine n’entrera pas à Berlin dans une reconstitution de l’Armée rouge en prenant le Führer-bunker – mais même s’il était si enclin, pourquoi l’Allemagne ne se défendrait-elle pas?

Exactement. Si leur histoire prouve quelque chose, les Allemands ne sont pas une nation de pacifistes, docilement disposés à se pencher sur de vrais agresseurs. Pourtant, ils ont dépensé la somme dérisoire de 43 milliards de dollars en défense en 2017, soit à peine 1,1% du PIB de 3,8 billions de dollars de l’Allemagne, qui est environ trois fois plus important que celui de la Russie.

En bref, l’action politique du gouvernement allemand vous dit qu’ils ne pensent pas que Poutine est sur le point d’envahir la Rhénanie ou de reprendre la Porte de Brandebourg. Et ce témoignage d’action en direct l’emporte, pour ainsi dire, sur toutes les alarmes risibles émanant des think tanks de la ceinture et des 4 000 bureaucrates de l’OTAN qui parlent en faveur de leurs propres sinécures bruxelloises.

Mais maintenant vient la  pièce de résistance . Le Donald va à Helsinki faire la paix avec Vlad Poutine, et juste à temps.

J’espère que, d’un seul coup, ils pourront parvenir à un accord pour sortir l’armée américaine de la Syrie; normaliser le retour de la Crimée et de la base navale historique de Moscou à Sébastopol vers la mère patrie russe; arrêter la guerre civile en Ukraine par le biais d’une partition de facto convenue d’un commun accord; se retirer des affrontements militaires naissants de la Baltique à la mer Noire; et ouvrir la voie à la levée des sanctions absurdes contre les hommes d’affaires et les citoyens russes.

Inutile de dire que le temps est essentiel. Chaque heure que le Donald gaspille à tweeter sur son mur mexicain bien-aimé, à saboter les exportations et les emplois américains et à regarder les rediffusions de Fox & Friends n’est que l’ occasion pour le vaste appareil de l’État profond (et la plupart de ses hauts fonctionnaires) d’approfondir leur interprétation émergente et tout à fait bienvenue de Donald d’Amérique d’abord.

Par exemple, le même article du Washington Post cité ci-dessus contient des citations officieuses de fonctionnaires déterminés à maintenir le statu quo de l’OTAN et, par conséquent, la provocation inutile et ininterrompue de la Russie.

« … le Pentagone évalue continuellement les déploiements de troupes américaines », indique le communiqué, et ces « exercices d’analyse » ne sont pas « hors norme ».

Plusieurs responsables ont suggéré que les décideurs politiques du Pentagone aient pu aller de l’avant avec l’évaluation pour prouver la valeur de l’arrangement actuel de base et ont convaincu Trump de pousser plus loin la pensée du retrait.

Le porte-parole du Pentagone, Eric Pahon, a rejeté toute suggestion de retrait total ou partiel de l’Allemagne et a qualifié cette analyse de routine.

Surmonter les forces d’inertie intéressées de l’Etat profond et de son vaste réseau de sous-traitants, de fournisseurs d’armes, d’huiles militaires et de suppliants de think tank, est bien sûr un défi monumental. Pourtant, le cheminement de Donald vers America First est encore entravé par le fait que les Democratess sont bien contre pour des raisons purement partisanes.

C’est-à-dire que les politiciens démocrates – y compris la plupart des soi-disant libéraux et progressistes – se sont transformés en servantes de l’État de guerre en raison de leur chagrin inconsolable et de leur colère face à la perte des élections face à Donald Trump. Par conséquent, ils sont virtuellement incapables de penser rationnellement à la Russie – ou même de penser du tout.

Néanmoins, si le Donald est quelque chose, il est un showman. Et il a vraiment besoin de voler le spectacle à Helsinki aux saboteurs qui ne reculeront devant rien pour maintenir le courant de renaissance de la guerre froide totalement inutile .

Après tout, pour paraphraser Randolph Bourne, l’ogre russe est la santé du complexe militaire / industriel / renseignement / groupe de réflexion. Ainsi, même un rapprochement – pour ne rien dire de la paix – avec la Russie est une menace existentielle pour l’Etat profond; cela ferait nécessairement sortir les rentrées fiscales de l’ horrible appareil de défense, de renseignement et d’aide étrangère de 800 milliards de dollars par année.

Nous ne savons donc pas si le Donald peut tirer un deuxième Singapour à Helsinki ou pas, mais nous sommes sûrs que Flyover America se rallierait à sa cause – tout comme il l’a fait depuis sa photo historique avec Kim Jong-un.

Nous sommes également convaincus que même son gouvernement fera de son mieux pour saboter le sommet d’Helsinki, car la prospérité même de la cité impériale dépend de la diabolisation de Poutine et de la Russie. Justin Raimondo a également observé:

Le sommet d’Helsinki avec Poutine est le coup de grâce. Et  les hurlements  de  douleur résultant de nos médias haineux bellicistes inféodés aux politiciens du parti démocrate  et aux faux défenseurs   des «droits de l’ homme  , deviennent plus fort à chaque minute. Nous devrions tous nous délecter de leur misère.

Trump a fait campagne pour faire la paix avec la Russie : il a le mandat du peuple pour le faire. Cependant, cela n’intéresse guère la «communauté du renseignement» et sa camarilla médiatique, qui sont en train de prendre les armes à la perspective même d’un partenariat russo-américain pour la paix. La bureaucratie de la sécurité nationale et les bombardiers portables qui habitent le Think-tank World ont tout intérêt à maintenir un statu quo de la guerre froide qui aurait dû prendre fin avec la chute du mur de Berlin. Ils sont horrifiés par les vues de la politique étrangère de Trump «America First», et ils veulent l’arrêter par tous les moyens nécessaires – parce que sa victoire signifiait la fin de leur vision du monde et de leur carrière.

Pendant ce temps, l’importance d’Helsinki ne peut pas être surestimée. Si cela se passe bien, cela sera une preuve positive que l’Amérique ne fait face à aucun grand ennemi étatique.

C’est-à-dire qu’il éclairera puissamment le fait caché que ni la Russie ni la Chine (d’ailleurs) ne possèdent même de loin l’intention ou les moyens de menacer la patrie américaine.

De même, un éventuel retrait des États-Unis de la Syrie et un accord naissant avec la Russie pour désamorcer les tensions au Moyen-Orient rappelleront  aux États-Unis que le changement de régime a été un échec total.

Pourtant, sans une politique étrangère impériale qui soit implicitement conçue pour intimider ou retirer des gouvernements récalcitrants partout sur la planète – qu’ils aient ou non l’intention ou la capacité de nuire à la patrie américaine – il n’y aurait en aucun cas la place pour  11 groupements tactiques/flottes de combat , pour la capacité massive de transport aérien et maritime et pour la chaîne de bases et d’occupations lointaines de Washington s’étendant à plus de 100 pays de la planète.

Il y a donc beaucoup à faire dans la balance d’Helsinki – y compris la possibilité qu’un succès fort puisse ouvrir la porte à une véritable politique de l’Amérique First, bien plus systématique et intellectuellement plus convaincante à long terme.

À cette fin, nous proposons donc de creuser plus profondément – de démêler toutes les possibilités d’une politique étrangère d’Amérique d’abord maintenant que le Donald a réussi à mettre son gros ventre près du bar.

En premier lieu, il convient de noter que le slogan de Donald America, «L’Amérique d’abord», n’est pas tout à fait sous la surface du slogan du sénateur Robert Taft.

Dans les années 1950, le grand homme d’État de l’Ohio comprenait parfaitement que la prospérité de la libre entreprise, le gouvernement minimal et la liberté personnelle maximale étaient incompatibles avec un léviathan d’État de guerre permanent et fiscalement débilitant, conçu pour servir de botte du monde. Hégémon moulu.

Par conséquent, Taft s’est fortement opposé à une grande marine en temps de paix, à une grande armée permanente dotée de capacités de déploiement avancé et de déploiement rapide à l’échelle mondiale et à la prolifération de traités étrangers et d’engagements d’aide.

Au contraire, il a estimé qu’à l’ère nucléaire, une force de bombardement et de missiles basée aux États-Unis et dotée d’une capacité de frappe non contestée protégerait plus qu’assez bien la patrie contre l’agression militaire étrangère; et qu’il pourrait le faire à une fraction du coût bien moindre de ce qui équivaut actuellement à des légions impériales permanentes assignées à patrouiller la meilleure partie de la planète.

Aujourd’hui, la vision de Taft d’une défense de la patrie serait plus appropriée que jamais. Cela constituerait un garant encore moins cher et plus efficace de la sûreté et de la sécurité du peuple américain qu’à son époque. C’est parce qu’il n’y a maintenant aucune superpuissance rivale avec même une fraction de la puissance militaire et économique de l’ex-Union soviétique.

De plus, la technologie des missiles est devenue si avancée qu’une poignée de sous-marins et de sites de lancement nationaux protégés peuvent dissuader toute menace étrangère imaginable, intrinsèquement nucléaire, à la sécurité intérieure des États-Unis.

C’est-à-dire qu’à notre époque il n’y a absolument aucune menace militaire conventionnelle pour la sécurité et la liberté des citoyens d’Omaha NE, de Spokane WA ou de Springfield MA.

C’est parce qu’il n’y a aucune nation sur terre qui pourrait monter une armada navale et aérienne géante suffisante pour envahir la patrie américaine. Ou, s’il était assez fou pour essayer, pourrait-il survivre au bombardement de missiles guidés qui enverraient ses forces outretombe bien longtemps avant qu’ils ne traversent les eaux bleues qui entourent le continent nord-américain.

Autrement dit, la dissuasion nucléaire, les grands fossés océaniques et une défense militaire territoriale sont tout ce qu’il faudrait pour maintenir l’Amérique en sécurité dans le monde d’aujourd’hui.

La Pax Americana n’est pas nécessaire, même si elle peut réussir, ce qui n’est manifestement pas le cas; et même si cela pouvait se faire, ce qui est clairement impossible.

Bien sûr, le Donald est trop plein de fanfaronnades égoïstes et trop épris de harnachements militaristes pour suivre la voie de la non-intervention totale de Taft, mais s’il avait une chance raisonnable de le faire, il pourrait encore faire de la politique dans cette direction . Il est clair qu’un rapprochement avec la Russie permettrait une désescalade de la présence impériale de Washington au Moyen-Orient et éviterait une accumulation dangereuse de tensions et de dépenses militaires en Europe de l’Est.

En tout cas, aussi brutale et pompeuse que puisse parfois résonner en nous l’articulation de la proposition d’America First par Trump, elle constitue une attaque frontale contre la superstructure intellectuelle qui maintient la cinquième flotte dans le golfe Persique, 35 000 troupes en Allemagne, 29 000 militaires américains. en danger sur la péninsule coréenne, 11 groupements de combat sur les océans, une force expéditionnaire continue de 100 000 soldats, dépendants et personnel de soutien au Japon et des opérations militaires et une aide économique et militaire dans plus de 100 autres pays de la planète.

Sous ce vaste empire, bien sûr, se trouve la notion totalement fausse que l’Amérique est la Nation Indispensable et que le leadership de Washington est toujours et partout le  sine quo non  de stabilité, d’ordre et de paix tout autour de la planète.

Par la nature très odieuse de sa personnalité et de son  modus operandi , cependant, le Donald a fait beaucoup pour ternir l’idée de Washington Leadership; et c’est un pas considérable vers la paix mondiale à part entière.

C’est parce que la meilleure façon d’arrêter plus de guerres américaines est que personne ne viendra la prochaine fois que Washington lancera l’appel, et que la soi-disant Coalition de la Volonté se réduira à un quorum nul.

Cette perspective a sûrement ralenti l’établissement d’une politique étrangère néocon. Même si à ce jour le Donald a été freiné à chacune de ses avancées par le Parti de la Guerre dans sa poursuite décousue et amateur d’America First.

A cet égard, il y a peu de grands nababs du parti de la guerre qui incarnent mieux les prétentions arrogantes de l’Imperium américain que l’odieux président du Council on Foreign Relations, Richard Hass.

Selon ce dernier, le problème avec Trump est qu’après 16 mois au pouvoir, il ne comprend toujours pas; il a tourné le dos au prédicat principal qui anime la cité impériale:

« Trump est le premier président après la Seconde Guerre mondiale à considérer les fardeaux du leadership mondial comme dépassant les avantages. Les États-Unis sont passés du statut de principal garant de l’ordre à celui de principal perturbateur.

Dans quoi pense-t-il que nous soyons tombés?

Comme pour la guerre au Vietnam, la première guerre du Golfe pour sauver la richesse pétrolière du Koweït, l’occupation inutile de 17 ans de l’Afghanistan, la destruction de l’Irak, la double croix de Kadhafi après avoir abandonné ses armes nucléaires, l’oblitération d’une grande partie de la société civile et de la vie économique en Syrie, le génocide saoudien au Yémen et le coup d’Etat parrainé par Washington et la guerre civile aux portes de la Russie en Ukraine, pour ne citer que quelques exemples de «leadership mondial» putatif de Washington. avec préservation de « l’ordre » sur la planète?

Et exactement comment les «avantages» de ces instigations sérieuses de désordre l’emportent sur les «fardeaux» pour les contribuables américains – pour ne rien dire de l’ensemble des citoyens morts et mutilés qui ont eu le malheur d’être domiciliés dans ces terres traumatisées ?

De même, les réfugiés qui ont été chassés de Syrie, de Libye, du Yémen, d’Irak et d’ailleurs au Moyen-Orient par les guerres de Washington ont-ils fait quelque chose pour la paix et la stabilité de l’Europe?

Pourtant, il n’y aurait pas eu de guerre civile durable en Syrie sans les milliards d’argent et d’armes fournis aux soi-disant rebelles et aux djihadistes purs et durs par Washington et ses vassaux du golfe Persique; Le Yémen ne s’enfoncerait pas non plus dans la famine et les épidémies de choléra sans les bombes, missiles et drones américains envoyés par les pilotes saoudiens fonctionnant essentiellement comme mercenaires du Pentagone.

En effet, les ruines fumantes de Mossoul, d’Alep, de Falloujah, de Benghazi et d’autres localités par milliers ne parlent guère à une hégémonie bienfaisante.

Si Washington n’avait jamais amené ses flottes et ses forces d’occupation au Moyen-Orient après 1970 et si la région n’avait pas été sous la botte lourde du Commandement central et des proconsuls et plénipotentiaires adoubés par Washington, le fléau du jidhadisme sunnite radical n’aurait jamais surgi. Il est ainsi peu probable que l’ancien fossé entre les confessions musulmanes sunnite et chiite ait resurgit dans les conflits armés meurtriers d’aujourd’hui.

Il est bon de noter qu’en temps de paix avant 1970, aucun soldat américain n’a été tué au Moyen-Orient. Après 1990 cependant, pratiquement tous les militaires américains qui ont été tués ou blessés au combat étaient stationnés dans le grand Moyen-Orient.

Il est également intéressant de noter que la réponse aux prix élevés du pétrole est…des prix élevés, pas la cinquième flotte. En fait, la production mondiale de pétrole a doublé depuis 1973 en raison du prix, de la technologie et de la recherche mondiale de profits des compagnies pétrolières étatiques et privées – même si les prix en dollars constants du baril sont bien inférieurs aux sommets atteints durant cette décennie.

Il n’y a jamais eu d’impératif économique pour amener l’armada américaine dans la région.

Alors quand le candidat Trump a dit que l’invasion irakienne était une erreur stupide, que la guerre d’Hillary contre Kadhafi avait été mal engagée, qu’il voulait coopérer avec Poutine pour pacifier la Syrie et que l’OTAN était obsolète, il remettait en question les prédicats fondamentaux de l’Amérique. Imperium.

Et cela nous amène à la menace russe épouvantail, à la démonisation risible du Parti de la Guerre de Vladimir Poutine et au récit arrogant sur l’ingérence du Kremlin dans l’élection de 2016 – Dans le cas  d’ingérence électorale, il y a peu d’exemples plus hypocrites que celui-ci.

À savoir, le budget total de la communauté américaine du renseignement dépasse 75 milliards de dollars, soit 25% de plus que tout le budget militaire russe, y compris les navires, avions, chars, munitions, carburant, rations, opérations, maintenance et même des bottes de rechange. Une partie de ces dépenses IC énormes va, bien sur à l’ingérence, le piratage et le sabotage des nations étrangères!

L’unité des opérations d’accès ciblé (ANT) à l’intérieur de la NSA dispose d’un budget de plusieurs milliards qui finance des milliers de personnels internes et contractuels qui passent jour et nuit à pirater les canaux de communication de pratiquement tous les gouvernements, amis et ennemis. .

Bien entendu, le but même de ces intrusions est d’interférer avec la politique intérieure et la gouvernance de la plus grande partie de la population de la planète et, dans certains cas, de saboter des opérations parfaitement appropriées, comme les centrifugeuses Natanz en Iran. ont été détruits par le virus stuxnet de Washington.

Ainsi, si vous n’êtes pas pris au piège de la pensée unique du parti de la guerre, il semble tout à fait plausible que face à ces cyberattaques massives de Washington, les pays ciblés pourraient chercher à contre-attaquer, comme apparemment les services de sécurité russes.

Après tout, ce à quoi tout le cirque de l’ingérence russe se résume est une affirmation comme quoi les agents du Kremlin ont attaqué l’Amérique à la vue de tous. C’est-à-dire qu’ils ont piraté les potins et les ordinateurs intrigants de la DNC et ont violé le contenu du jeu politique protégé par mot de passe de Podesta. Mais diffuser du linge sale intra-parti n’est pas une question de sécurité nationale et sa divulgation ne met nullement en péril la démocratie américaine.

L’idée même que ces deux prétendus hacks constituent une grande attaque contre la démocratie américaine est tout simplement risible; 

En fin de compte, nous sommes censés croire qu’un pays avec un PIB de 1,3 trillion de dollars, soit 7% du PIB américain de 19,7 trillions de dollars, et constitué en grande partie de provinces vivant d’installations d’hydrocarbures vieillissantes, de champs de blé sans fin, de modestes industries en termes de capacités et d’une main-d’œuvre stagnante abusant de la vodka, est en fait une menace pour la sécurité de l’Amérique.

Et nous sommes également censés craindre la capacité militaire d’un pays qui n’a pas de marine bleue et pas de pont aérien conventionnel et de capacité d’attaque aérienne qui pourrait menacer à distance les côtes du New Jersey, et qui dépense moins en une année entière que ce que le Pentagone consomme tous les 35 jours.

Comme il apparaîtra clairement aux masses américaines , la dernière chose que Poutine va faire est de commettre un suicide national russe en lançant une attaque nucléaire contre l’Amérique.

Pourtant, c’est tout ce qu’il a : À savoir, une menace militaire inexistante et un désir justifié de protéger les populations russophones à sa porte en Crimée et au Donbass des déprédations d’une guerre civile que Washington lui-même a incité.

Cela aussi apparaîtra à Helsinki.

Que la crise existentielle de l’Empire commence!

* * *

Réimprimé par l’ Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité.

https://www.zerohedge.com/news/2018-07-07/america-first-helsinki-and-trumps-existential-threat-empire

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