Art de la guerre monétaire et économique

Italie : le racket de l’OTAN… Le pont de trop (en moins)

Le viaduc de l’autoroute Morandi, à Gênes, avant son effondrement.

Article paru sur Strategic-Culture, traduit par Soverain

L’effondrement catastrophique d’un pont en Italie cette semaine a provoqué un tollé public au sujet de la dégradation de l’infrastructure du pays et de la façon dont elle met des vies en péril. Mais la question que les citoyens italiens et européens devraient se poser est la suivante : pourquoi leurs gouvernements dépensent-ils des dizaines de milliards de dollars de plus pour la défense de l’OTAN, tout en négligeant leurs infrastructures publiques vitales ?

Suite à l’effondrement cette semaine de l’emblématique viaduc de l’autoroute Morandi sur la ville de Gênes – avec un bilan de 39 morts à ce jour – le consensus parmi les médias italiens et le public est que le pont ne pouvait être que voué au désastre.

Près de 200 mètres de la section d’autoroute enjambant une rivière, des maisons et une zone industrielle se sont effondrés pendant que des dizaines de voitures et de camions passaient. Des témoins choqués ont décrit la scène comme « apocalyptique » alors que des véhicules et du béton armé ont plongé de 40 mètres jusqu’au sol.

Le manque d’entretien a été blâmé pour expliquer l’effondrement du pont. Les conditions météorologiques du moment étaient, semble-t-il, des pluies torrentielles, des tempêtes et des éclairs. Mais ces conditions peuvent difficilement expliquer pourquoi tout un viaduc d’autoroute a vacillé et s’est effondré.

Le pont Morandi a été construit il y a 51 ans, en 1967. Il y a deux ans, un professeur d’ingénierie de l’Université de Gênes avait averti que le viaduc devait être totalement remplacé car sa structure s’était sérieusement détériorée. Il ne fait guère de doute que la catastrophe aurait pu être évitée si les autorités avaient pris des mesures appropriées au lieu d’effectuer des réparations parcellaires depuis des années.

Selon les médias italiens, ce serait le cinquième effondrement d’un pont dans le pays au cours des cinq dernières années, tel que le cite la BBC.

Le gouvernement italien demande actuellement une étude d’envergure nationale sur les routes, les tunnels, les ponts et les viaducs afin d’évaluer la sécurité publique, alors même que l’ont craint pour d’autres infrastructures qui seraient sujettes à de mortelles défaillances.

Ce qui devrait faire l’objet d’une demande publique urgente, c’est la raison pour laquelle l’Italie augmente ses dépenses pour la modernisation et l’acquisition de matériel militaire au lieu de le faire pour les équipements civils. Comme tous les membres européens de l’OTAN, l’Italie subit des pressions de la part des États-Unis pour augmenter ses dépenses militaires. Le président américain Donald Trump a fait du budget de l’OTAN une priorité, incitant les États européens à augmenter leurs dépenses militaires jusqu’à un niveau de 2 % du produit intérieur brut (PIB). D’ailleurs, Trump a même doublé ce chiffre pour le porter à 4 %.

La demande de Washington aux alliés européens est antérieure à Trump. Lors d’un sommet de l’OTAN en 2015, lorsque Barack Obama était président, tous les membres de l’alliance militaire avaient cédé à la pression américaine pour atteindre l’objectif de 2%. La menace présumée d’une agression russe avait été citée à maintes reprises comme la principale raison de renforcer l’OTAN.

Les chiffres montrent que l’Italie, comme d’autres pays européens, a fortement augmenté ses dépenses militaires annuelles chaque année depuis le sommet de 2015. Cette tendance à la hausse inverse un déclin qui durait depuis une décennie. Actuellement, l’Italie dépense environ 28 milliards de dollars par an pour l’armée. Cela équivaut à seulement 1,15 % environ de son PIB, bien en deçà de l’objectif de 2 % du PIB fixé par l’allié américain.

Mais ce qui est troublant, c’est que la ministre italienne de la Défense, Elisabetta Trenta, a donné l’assurance au conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, que son gouvernement s’était engagé à atteindre l’objectif de l’OTAN dans les années à venir. En se basant sur les chiffres actuels, cela se traduirait par un doublement du budget militaire annuel de l’Italie.

Dans le même temps, le peuple italien a dû endurer des années d’austérité économique en raison des réductions des dépenses sociales et de l’infrastructure publique.

Le nouveau gouvernement de coalition à Rome, composé de la Ligue et du Mouvement Cinq Étoiles, a appelé à un renversement des politiques d’austérité et s’est engagé à augmenter les investissements publics. Ses dirigeants, comme le vice-premier ministre Matteo Salvini, ont parfois exprimé une opinion mitigée sur l’OTAN.

Après la catastrophe du pont de cette semaine, le gouvernement de coalition populiste a renouvelé ses appels à investir davantage dans les services publics.

Mais alors, pourquoi le ministre italien de la défense donne-t-il l’assurance à Washington que le pays respectera l’engagement d’augmentation du budget de l’OTAN ? La ministre Trenta, membre du Mouvement Cinq Étoiles, affirme que son gouvernement reste déterminé à acheter jusqu’à 90 appareils de la nouvelle génération de F-35 américains.

Les données globales montrent que l’Italie a dépensé près de 300 milliards de dollars au cours de la dernière décennie pour l’armée. Les dépenses de la décennie précédente étaient encore plus élevées en dollars constants, avant le krach financier de 2008. Pourtant, le gouvernement italien – malgré son attrait populiste – prévoit d’allouer encore plus de ressources à l’armée dans les années à venir afin de répondre à l’ultimatum des 2% du PIB lancé par Washington. Un chiffre cible qui semble tout à fait arbitraire et détestable au regard des nombreux et urgents besoins sociaux et des infrastructures publiques délaissées.

Si les ponts autoroutiers italiens s’effondrent aujourd’hui, l’avenir de la sécurité publique semble encore plus sombre puisqu’une plus grande partie de l’économie du pays est détournée pour satisfaire les demandes des États-Unis pour le compte de l’OTAN.

De plus, ce dilemme ne se limite pas à l’Italie. Tous les membres européens de l’OTAN sont contraints par Washington à l’augmentation considérable de leurs budgets militaires. Le président Trump a fustigé les États européens de « parasites » menaçant de retirer la « protection américaine ». Trump a pointé du doigt l’Allemagne en l’harcelant d’augmenter son budget militaire. Après tous cela, les Européens semblent réagir eux aussi. Lors du sommet annuel de l’OTAN qui s’est tenu le mois dernier à Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN norvégien, Jens Stoltenberg s’est vanté que les membres non américains aient augmenté leurs budgets militaires nationaux de 40 milliards de dollars en un an seulement.

L’ironie cruelle est que les responsables de l’OTAN se sont plaints l’année dernière que l’infrastructure européenne de routes, de tunnels et de ponts avait besoin d’améliorations importantes pour faciliter le transport de masse des forces militaires en cas de guerre avec la Russie. Il s’ensuit que les gouvernements européens devraient augmenter leurs dépenses nationales consacrées aux réseaux de transport public, en particulier pour répondre aux besoins militaires de l’OTAN.

Cela revient pour un parasite à vouloir plus de sang de son hôte. Les infrastructures européennes sont déjà en mauvais état, en grande partie à cause de l’austérité économique forcée par des dépenses disproportionnées pour le domaine militaire de l’OTAN. À une époque où le besoin public d’investissements sociaux est pressant, les gouvernements européens obéissent aux ordres de Washington et consacrent davantage de ressources financières à la subvention du complexe militaro-industriel américain. Toutes ces dépenses folles et irrationnelles étant censées protéger les citoyens européens des menaces russes.

De toute évidence, cependant, la plus grande menace pour les citoyens européens est la façon dont Washington et son racket via l’OTAN saignent les ressources financières de l’Europe – ressources qui devraient plutôt être consacrées à la construction de routes, de ponts et d’autres infrastructures sûres.

https://www.soverain.fr/italie-le-racket-de-lotan-le-pont-de-trop-en-moins/

OK+++++++++++++++++++++++

EN BANDE SON : 

6 réponses »

  1. ON A PAS BESOIN DE L’OTAN , C’EST L’OTAN QUI A BESOIN DE NOUS EUROPÉENS POUR ÉLARGIR SA DOMINATION TERRESTRE ! LA FRANCE D’AVANT LE SARKOZY , ÉTAIT UNE PUISSANCE QUE CRAIGNAIS LES USA CAR LA SAVAIT PUISSANTE MILITAIREMENT GRÂCE AU GRAND CHARLES C’EST CE TRAÎTRE DE SARKOZY QUI VENDIT SA PUISSANCE À SES AMIS LES RICAINS ET LEUR OTAN !


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  2. Mercredi 15 août 2018 :
    « On n’a jamais vu ça » : en plein mois d’août, les Restos du cœur débordés.
    Tout l’été, l’association continue à accueillir les personnes en situation de précarité. Les bénévoles reçoivent presque autant de bénéficiaires que l’hiver.
    Pas de vacances pour les Restos du coeur. Même en plein mois d’août, les centres ne désemplissent pas, comme à Brest (Finistère), où nous nous sommes rendus. Si habituellement le nombre de bénéficiaires baisse en période estivale, l’association doit faire face à une demande presque aussi élevée que pendant l’hiver.
    « En période d’été, on est généralement à moins 30% ou moins 40% de personnes accueillies, mais cet été, autant au niveau des inscriptions que de la distribution, on n’a jamais vu ça », explique Marie-Noëlle Grall, responsable du centre de Brest.
    1 500 points d’accueil en France cet été
    Une activité qui coïncide avec une baisse du nombre de bénévoles, obligeant ceux qui restent à mettre les bouchées doubles. « On fait un petit effort, on vient un peu plus souvent et un peu plus longtemps », explique Philippe, l’un d’entre eux.
    Les trois quarts des centres des Restos du coeur restent ouverts en juillet et en août, soit plus de 1 500 points d’accueil partout en France.
    https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/les-restos-du-coeur-debordes_2897115.html


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  3. Dire que 1) financer les budgets de défense, 2) est fait dans l’OTAN, et 3) en prévision d’une lutte contre la Russie est beaucoup plus politiquement correct (même si pas assez bisounours) que de dire qu’il faut augmenter les budgets de défense pour lutter contre les guerres civiles à venir, prévoir d’avoir à lutter contre des armements de contrebande déjà stockés sur tout le territoire français (et européen probablement).
    Un livre était sorti sur ce sujet « Al Qaïda en France », de Samuel Laurent qui révélait beaucoup d’informations sur les réseaux prêts à frapper (l’ennemi djihadiste avait accepter un deal avec lui, ne lui permettant aucunement de situer ces sites, caches, mais lui permettant de les voir ; pourquoi ? je ne sais plus ce qu’en disait le journaliste, mais à ce jour je dirais pour renforcer leurs troupes, quelqu’un « d’officiel » et du camp d’en face le dit).
    Strategic-culture ne fait que partie des « narrative », ce coup ci apparemment plutôt plus anti-américain et pro-russe, mais pas trop. Le narrative habituel, dans la zone de tolérance du mainstream. Mais avec des égratignures parfois, c’est leur rôle.
    Si Trump et Poutine se sont si bien entendus en Finlande, c’est qu’ils ont une vision large commune, aussi long terme que celle de Xi, avec l’égoïsme spécifiquement chinois en moins.
    Parmi les sujets d’accord plus que probables :
    en n°1 le besoin d’endiguement du développement géographique de l’islam (la Chine a aussi ses problèmes, traités à la chinoise)
    en n°2 la compétition économique pour que chaque peuple de chacun de ces pays vive mieux, après la dégradation de l’effondrement soviétique et les oligarques pour Poutine, après la dégradation de l’effondrement moral au profit 1) d’une petite caste oligarchique alliée de fait à 2) des gauchistes haineux de leur propre pays et de ses accomplissements, eux-mêmes alliés avec ceux qui veulent conquérir les Etats-Unis (Obama avait approuvé le projet de construction d’une mosquée à Ground Zero), avec comme conséquences la flambée des décès par opioïdes etc. etc., Pratique pour contrôler le peuple, pour lui donner du pain (à peine) et des jeux et poursuivre ses objectifs de pouvoir global… en oubliant la contradiction à terme entre les deux alliés momentanés, d’où le commentaire de Poutine sur la préoccupation populaire de Trump qui écoute et travaille pour ce que veut son peuple, Poutine comprenant et respectant cela. Pour eux, le pays c’est le peuple, culture gréco-judéo-chrétienne historique qui a laissé des traces.
    A la différence de la Chine, pour qui le pays, c’est l’Empire. Et comme Poutine est loin d’être le quart d’un imbécile, il se rapprochera de la Chine, un peu si cela le sert, mais pas trop, car lui n’a pas la naïveté des Occidentaux qui ont beaucoup investi en Chine, grand marché miracle, avant de se retrouver dans la fable « du roi est nu ». Et Poutine a aussi son armée en cas de besoin pour défendre sa frontière orientale.
    Il n’y a que les Européens qui fantasment en salonnards sur les « routes de la soie » chinoises, cette reprise d’une expression européenne du 19e siècle, avec sa période friande de « chinoiseries » dans l’art notamment.
    Trump est un génie, j’avais lu quelque chose sur son QI incroyable il y a longtemps, mais je ne retrouve rien sur le net, et hélas je n’avais pas gardé. Évidemment, il vaut mieux être pris pour un inculte, un débile, un fou pour négocier, garder ses cartes le plus longtemps possible secrètes, etc.
    Mais je crois que ce n’était pas que pure jouissance fanfaronnade que de dire qu’il était « un génie très stable » il y a quelques mois. Cela aussi arrivait à point nommé, pour « donner du grain à moudre » à ceux qui commençaient à voir (comme Poutine et Xi par exemple), voir plus loin que le doigt qui montre la lune ou plus loin que le bout de leur nez écrasé par le mur des medias.
    Si je reviens au sujet de l’article, les investissements dans l’OTAN, fondé pour lutter contre la Russie, me semblent paravents pour bien d’autres luttes, même si pour faire avaler la pilule des dépenses, il faut construire l’adversaire, mais au fond « mollement » avec des sacrés moments de détente !
    Et si Poutine ne tord pas le bras d’Erdogan après la trahison de sa parole sur l’échange de prisonniers, alors que Trump a fait sa part en demandant à Israël une libération qui a été immédiate, c’est probablement que Poutine teste Trump sur divers points. Attendons le jugement du pasteur, tout le monde est devenu bien silencieux… mais on peut noter qu’avant la « détente » pour ne pas faire perdre la face au calife turc et accessoirement si l’on peut dire, éviter de faire trop tanguer les marchés, les qataris sont sortis du bois, probablement plus en intox des populations musulmanes concernées car ne rien faire, ne pas montrer leur solidarité entre frères musulmans (!), aurait sûrement été très mal perçu et aurait affaibli la logique guerrière derrière la Oumma, plus qu’avec une aide économique réelle, si ce n’est comme à leur habitude, faire leur marché.
    Donc pour reconstruire les infrastructures italiennes, européennes, américaines, très longtemps abandonnées par nombrilisme, croyance en l’instantanéité et oubli du temps long, de ce qui fait patrimoine et société…, il va plutôt falloir diminuer les coûts en éliminant les charges administratives démentielles, négocier pied à pied les contrats, surveiller le bon usage des fonds, plutôt qu’arbitrer entre deux budgets pour le coup indispensables


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  4. L Otan encercle Poutine Poutine n’attaquera jamais les US
    Il n’est pas cinglé contrairement aux neo -cons du pentagone au tarés évanlégistes et aux messainistes de tous poils qui veulent flinguer et descendre l’Iran.
    Quant aux groupes dijahisdites qui préparent la guerre civile en France mon regard se porte vers ceux qui manipulent les attentats
    qui a intérêts a une guerre civile en France?
    Il faut aller a la source pour comprendre la grande manipulation l’agitation permanente qui est faite
    par des réseaux trés organisés
    J’ai vu se créer en 2007 des sites pro neo cons qui ont bien attisé la haine apparus puis disparus depuis le job étant accompli) et maintenant cela recommence
    Comme c’est pratique le terrorisme le bon alibi pour restreindre les libertées pour provoquer la peur pour maintenir les populations en état d’hébétude pour finir par provoquer une grande guerre, aprés 1917 aprés 1939 on n’en aura une autre.
    Ce n’est pas la mort de l’archiduc Ferdinand qui a provoqué celle de 17 et a l’origine de 39 avant il y a eu Weimar la ruine de l’Allemagne qui pu permettre la prise de pouvoir d’Hitler
    et on recommence encore un tour de piste avec les mêmes conneries.
    La ruine les peuples entraîne la guerre.
    Point barre.
    Et les fanatiques ne sont que les trompe l’œil d’un pouvoir nauséabond qui s’exerce depuis trés longtemps.
    Pestilentiel.
    Il sera balayé par les grandes eaux de l’Histoire en attendant on va trinquer..


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