Art de la guerre monétaire et économique

Salvini : « Prenons le contrôle des réserves d’or de la Banca d’Italia ».

Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini veut toucher l’establishment financier européen en plein coeur. Dimanche, Salvini a déclaré vouloir éliminer la banque centrale italienne et l’organisme de surveillance financière Consob. Simultanément, il souhaite voir les personnes qui ont fait du tort aux épargnants italiens «derrière les barreaux pour longtemps». Lundi, il a annoncé son intention de prendre le contrôle des réserves d’or italiennes de la Banca d’Italia.

« L’or appartient à la population italienne, et à personne d’autre », a déclaré Salvini. Ces propos sont déplacés, selon le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria. Ce dernier défend l’indépendance de la banque centrale.

En attendant, un collègue du parti de Salvini, l’eurosceptique Claudio Borghi, appelle le parlement à voter une loi pour stipuler que l’or appartient en fait à l’Etat. Cette loi devrait permettre aux épargnants italiens de poursuivre les responsables de la Banca d’Italia pour mauvaise gestion. Si les épargnants obtiennent gain de cause, ils devraient pouvoir réclamer cet or pour compenser leurs pertes.

L’Italie possède les quatrièmes plus grandes réserves d’or du monde

Mais l’opposition craint que la coalition des populistes ne cherche à s’emparer de l’or pour financer ses promesses électorales. En particulier, cet argent pourrait être utilisé pour payer une augmentation prévue de la TVA. Cette augmentation était une condition posée par l’UE pour l’approbation du budget italien controversé. Salvini a qualifié cette piste d »intéressante’.

L’Italie possède les quatrièmes plus grandes réserves d’or du monde. Elles sont constituées de 2 452 tonnes d’une valeur estimée à 91 milliards d’euros. Borghi nie cette possibilité et se déclare prêt à voter une loi indiquant que les réserves ne pourront être utilisées que sur décision prise à la majorité des deux tiers dans les deux chambres.

« Personne ne vend l’or. Au contraire, nous voulons empêcher les autres de mettre la main dessus », a déclaré Borghi sur Twitter.

L’idée d’utiliser les réserves d’or italiennes n’est pas nouvelle. Beppe Grillo, cofondateur du Mouvement des cinq étoiles (M5S), a également écrit en septembre que « de cette manière, nous pouvons clore le chapitre +Nous n’avons pas d’argent+. Pourquoi les gens devraient-ils vendre leurs bijoux et pas l’Etat ?​​ »

La valeur des réserves d’or italiennes ne représente même pas 5 % du total de la dette

Pourtant, la valeur des réserves d’or italien pâlit en comparaison avec celle de la dette colossale italienne. Aujourd’hui, cette dernière se monte à pas moins de 2 080 milliards d’euros.

Si, comme de nombreuses personnes l’affirment, Salvini, le dirigeant de facto du pays, veut mettre échec et mat l’establishment financier, il peut, dans une prochaine phase, annuler les dettes extérieures et organiser le retour de la lire italienne.

Comme indiqué précédemment, le gouvernement a nommé il y a quelques jours, Paolo Savona, économiste chevronné et eurosceptique de premier plan, ancien ministre des Affaires européennes au poste de nouveau président de la Consob. Savona a été bloquée l’année dernière en tant que premier choix de la coalition en tant que ministre de l’Economie par le président italien Sergio Mattarella, à la suite d’une forte pression de Bruxelles et d’une tension sur le marché obligataire italien.

Bruxelles prévoit un coup de frein de la croissance en zone euro, de 1,9 % en 2018 à 1,3 % en 2019. C’est pour l’Italie, entrée en récession fin 2018, que le panorama s’est le plus assombri. La prévision de croissance, en 2019, est de seulement 0,2 % alors qu’elle était encore de 1,2 % en novembre 2018, suite aux incertitudes de la politique budgétaire du gouvernement populiste et à la hausse du coût des financements. Le déficit public annoncé de 2,04 % sera impossible à tenir. L’ouverture d’une procédure pour déficit excessif par la Commission de Bruxelles est probable.

La banque Monte dei Paschi a eu besoin de 8 milliards d’euros, mais il a fallu que l’État italien trouve encore 400 millions d’euros pour sauver la banque Carige. L’Italie ne pouvait compter, jusqu’à fin 2018, que sur la BCE pour acheter ses obligations, d’où la nécessité pour l’Italie d’émettre maintenant des obligations libellées en dollars, alors que les investisseurs étrangers ont vendu, entre mai et novembre 2018, pour 70 milliards nets d’obligations italiennes.

EN BANDE SON : 

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