Art de la guerre monétaire et économique

Le grand remplacement : Les robots, pas les Russes, aideront Trump à être réélu en 2020

L’automatisation des tâches devient un facteur clé de l’élection présidentielle américaine de 2020. Maintenant que la campagne a commencé, une analyse de l’Institut Brookings montre que les régions où vivent les républicains sont beaucoup plus vulnérables à l’automatisation que les régions remportées par les démocrates en 2016.

Le ministre américain de la Justice, William Barr, a offert au président Donald Trump une victoire politique colossale dimanche soir. Après deux années d’enquête, le procureur spécial Robert Mueller n’a rien pu trouver qui puisse prouver que la campagne Trump et le gouvernement russe ont travaillaient ensemble pour influencer les élections présidentielles de 2016.

Un grand coup de pouce pour un président dont le mandat a été dominé par le thème de la Russie depuis son élection en novembre 2016. « Trump vient d’être réélu », a écrit un faiseur d’opinion dimanche soir.

L’homme n’a pas tort. Déjà, la base de Trump n’attendait pas les résultats de l’enquête. Elle se fait une image de son président depuis un certain temps. Parce que Trump ne peut pas faire grand chose de mal aux yeux de ses fans, quoi qu’il arrive. Mais il peut aussi compter sur beaucoup de soutien en raison de la manière dont il tente de diriger le commerce et l’économie au centre des États-Unis.

Le lien entre l’automatisation et le comportement de vote

Trois chercheurs du Brookings Institute – Mark Muro, Jacob Whiton et Robert Maxim – ont étudié la corrélation entre l’automatisation des emplois dans une région donnée et le comportement de vote des résidents.

Qu’ont-ils trouvé ? Lors des élections de mi-mandat de 2018, 46 des 50 États où les emplois sont les plus exposés à l’automatisation ont voté pour les républicains. Les États les moins vulnérables à l’automatisation des tâches ont voté sans exception pour les démocrates.

Pour érablir leurs conclusions, les chercheurs se sont appuyés sur une étude publiée par trois chercheurs d’Oxford il y a environ un an. Elle avait cartographié l’impact des robots sur les élections de 2016. L’étude avait également conclu que Trump pouvait compter sur un soutien accru dans les régions où les robots menacent l’emploi.

Les chercheurs sont parvenus à 2 conclusions :

  1. L’automatisation et l’incertitude qui en découle pour les travailleurs sont des facteurs importants dans le comportement de vote. Tous deux sont très présents dans l’Amérique républicaine.
  2. L’automatisation menace les régions républicaines et démocrates. De nombreux emplois peu qualifiés dans les secteurs des transports, de l’administration et des services risquent de disparaître. Les deux familles politiques doivent se concentrer sur des mesures pouvant atténuer les problèmes pour les employés concernés.

Le « Mid-West » apprécie le « tough guy » Trump

Bien que l’analyse ne porte pas directement un jugement politique, rares sont ceux qui voient de nombreuses possibilités pour les démocrates de tirer profit de ces conclusions. La base Trump aime en effet l’image du «tough guy» que son président aime adopter et les mesures qui y sont associées.

En outre, bon nombre de ces districts menacés par l’automatisation étaient aux mains des démocrates jusqu’en 2010. Depuis, ils sont devenus si républicains qu’on ne peut plus les compter comme des cibles potentielles pour les démocrates.

Les robots et Trump

La stratégie politique de Trump dans le domaine de l’automatisation est simple. Il n’y en a pas et il n’en parle jamais. Depuis qu’il est au pouvoir, il a tweeté le mot « emplois » 600 fois. Les mots « robot », « robots » ou « automatisation » … jamais. Cela alors que la Robotics Industry Association rapporte dans un nouveau rapport que 35 880 robots ont été livrés à des usines américaines l’année dernière, soit 7 % de plus qu’en 2017.

De plus, Steven Mnuchin, ministre des Finances américain et ancien cadre de Goldman Sachs, s’attend à ce que l’impact de l’automatisation se produise dans seulement cinquante à cent ans. Il a donc déclaré que le problème n’était pas encore visible sur son écran radar.

Au fur et à mesure que l’intelligence artificielle se développera au XXIe siècle, les chances que ce problème ne fasse que grandir augmentent. Pourtant, peu de politiciens ont placé cette perturbation technologique au sommet de leurs priorités. Lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, ni Donald Trump ni Hillary Clinton n’ont discuté des conséquences de l’automatisation pour la perte d’emploi . Cela a pourtant suffi pour que le premier gagne la victoire. La probabilité que ce soit différent en 2020 diminue chaque jour. Parce que ceux qui ont peur pour leur emploi, votent pour Trump.

Selon des chercheurs, un Européen sur quatre préférerait que l’intelligence artificielle (IA) se charge des décisions importante relatives à la gestion de son pays.

L’IE University, une université privée espagnole, a mené une étude sur la perception de l’opinion publique vis-à-vis de la « quatrième révolution industrielle », à savoir l’essor des technologies intelligentes et de l’intelligence artificielle dans les usines et sur les lieux de travail. Selon cette enquête, les nouvelles technologies engendrent un sentiment d’insécurité et d’incertitude parmi le public.

Résultats

L’étude a été réalisée cette année sur base d’enquêtes électroniques auprès de 2.576 Européens provenant de 8 pays: la France, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Portugal.

Une personne sur trois aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni a déclaré qu’elle préférerait que l’IA se charge des décisions importantes du pays. Parmi ces répondants, on a observé un nombre significatif de personnes de sexe et de niveaux d’éducation différents.

Selon le rapport, les diplômés de l’enseignement supérieur sont encore plus enclins à laisser les robots se charger des questions politiques que les personnes non titulaires d’un diplôme universitaire. 34% des hommes étaient favorables à une prise en charge des robots, contre 25% des femmes.

Méfiance

« Cet état d’esprit, probablement lié à la méfiance croissance des citoyens à l’égard des gouvernements et des hommes politiques, est à la base de la remise en question du modèle européen de démocratie représentative », ont expliqué les chercheurs.

Plus de la moitié des personnes (56%) s’inquiètent de la perspective d’un avenir dans lequel les robots réaliseraient la plupart des tâches humaines. « Cela montre que la célébration par la Silicon Valley de l’automatisation en tant que phénomène qui améliorera la vie des citoyens ne fait pas écho chez les Européens. »

Par ailleurs, 7 personnes sur 10 ont déclaré que les nouvelles technologies feraient plus de mal que de bien à la société au cours de la prochaine décennie si elles n’étaient pas contrôlées correctement.

Soutien aux travailleurs affectés par l’automatisation

Parmi les répondants irlandais, 79% ont déclaré qu’un soutien devrait être accordé aux travailleurs affectés par l’automatisation. Ce pourcentage est l’un des plus élevés parmi les pays de l’étude. Au Portugal, ce taux atteint 92% et en Espagne, 85%.

Selon Diego Rubio, directeur du Center for the Governance of Change de l’IE, ces résultats traduisent des sentiments de confusion, d’inquiétude et d’angoisse à l’égard des effets de la technologie sur les emplois, les vies et les systèmes politiques. « Cela montre que le public exige également une action politique plus importante sur pratiquement tous les plans. Cela va de la politique du travail à la fiscalité, en passant par la réglementation des médias sociaux et la régulation éthique des machines intelligentes. »

Paradoxe

Cette étude a mis en lumière un paradoxe. Alors que le public privilégierait  l’IA au détriment des gouvernements, les personnes craignent les progrès technologiques et l’automatisation croissante.

70% des personnes souhaitent que les responsables politiques prennent des mesures politiques énergiques pour freiner l’automatisation et pour lutter contre les suppressions d’emplois et ce, même si cela implique un ralentissement des progrès technologiques. Les chercheurs perçoivent déjà des protestations de plus en plus nombreuses contre l’impact de l’économie numérique sur l’emploi et les salaires.

Pour 67% des Européens, la gouvernance des nouvelles technologies et le changement climatique sont les plus grands défis de l’UE.

Enfin, les Européens sont inquiets des changements provoqués par les nouvelles technologies sur leur vie. 68% des personnes s’inquiètent du fait qu’à l’avenir, nous passerons plus de temps à sociabiliser en ligne qu’en personne.

EN BANDE SON :

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