Americanism

Il n’y a pas de risque de guerre – Entre le théâtre kabuki et le village Potemkine, la seule chose qui compte, c’est le pouvoir d’imposer le spectacle Par Bruno Bertez

il n’y a pas de risque de guerre. Trump est un homme à femme et un homme de femmes, pas un héros. S’élever c’est s’élever au niveau ou on ne paie plus rien soi même.

Par brunobertezautresmondes brunobertez.com 6 min  7 Janvier 2020

Le système est dans une impasse, il a épuisé tous les subterfuges qui lui ont permis de tenir jusqu’à présent. Les récentes déclarations – la semaine dernière-  du gourou Bernanke qui fait l’apologie des taux négatifs et déconseille de s’en priver , ces déclarations sont révélatrices.

« Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a donné une tournure cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand regret des réactionnaires, elle a sapé sous les pieds de l’industrie sa base nationale. » — Karl Marx et Friedrich Engels

« Alors que pour les mercantilistes, le territoire (“national”) et l’espace (économique) étaient encore confondus, Adam Smith, dans sa Richesse des nations opère une dissociation décisive entre ces deux concepts. » — Alain de Benoist, Contre le libéralisme (2019)

L’échec, l’impasse sont palpables. Ce n’est plus de la prévision c’est de la prise de conscience. On vient, avec la crise des repos surgie en septembre de comprendre que les réserves publiques des banques, les réserves auprès de la banque  centrale  ne sont pas de la monnaie ne sont pas des liquidités! Il a fallu en créer en catastrophe. Le roi est nu!

L’illusion des grands prêtres repose sur le mythe que les réserves publiques ($1,4 trillions)  sont de la vraie monnaie et ils viennent de  comprendre que seules les réserves privées étaient de la monnaie. Et que les unes ne remplaçaient pas les autres. On leur a volé le feu. C’est copernicien pour les apprentis sorciers.

Pour durer il va falloir prendre de nouveaux risques, courir de nouvelles aventures, explorer de nouvelles pistes de mensonges et de  destructions . Mais il est trop tôt pour qu’il soit déjà trop tard, on peut encore taper dans la boite, on peut encore tromper, avilir, faire disjoindre le réel de ses symboles et mystifier, Il est beaucoup trop tôt pour le système pour se résoudre à la guerre. Le peuple a encore des réserves considérables de crédulité. De vraies réserves celles là!

La situation géopolitique va occuper le devant de la scène pendant quelque temps. Cela est normal puisque cela est voulu, conçu ainsi: occuper le terrain, divertir. occuper l’opinion américaine et mondiale.

Ce n’est  pas être désobligeant ou cynique que de considérer que tout cela n’est que tristement secondaire. C’est du Kabuki, c’est ce que l’on offre pour entretenir l’imaginaire des foules.. et ce, des deux cotés. Au spectacle de l’assassinat quasi en direct sur la scène du théâtre global a répondu l’incroyable marée humaine mobilisée pour constituer la contrepartie, le pendant de l’assassinat.

Pendant  ce temps des deux côtés, on fait des calculs, on simule des jeux de guerre des jeux de stratégie dont les peuples seraient bien étonnés si ils en apprenaient  les contenus. On va jusqu’à pousser les cris de Sioux, à mettre les peintures de guerre que ce soit pour se rassurer et se persuader que l’on est un combattant ou pour  effrayer l’ennemi . Il s’ agit dans tous les cas de faire croire , à soi, ou aux autres, mais faire croire sans dépasser les limites. La dialectique du croire et du faire.

Comment répondre sans escalader telle est la question que l’on se pose non seulement du coté iranien mais également du côté américain.

Comment rester à l’interieur du code convenu tout en étant crédible à faire croire qu’on peut le violer! C’est un jeu fascinant si il n’était pas aussi méprisable. Trump joue à briser les codes, à rompre les cadres, c’est son fonds de commerce, mais je vous garantis que c’est un peureux, chaque fois qu’il a été au pied du mur, du vrai mur comme devant les Chinois,  il a cédé ce qui traduit sa nature profonde. C’est lui qui a supplié pour un accord commercial de seconde zone.

Les Iraniens sont égaux à eux même, calculateurs; ce sont presque des saints et les passions n’aveuglent pas leurs visions ou leurs calculs. Ils ont un code à eux. Trump a joué pour eux, d’abord il a réussi à rendre la présence américaine en Irak non désirable et ensuite il a refait l’unité en masse derrière les chefs religieux. Il a ressoudé! C’est un véritable cadeau. Trump a détruit ce que des années de propagande et de blocus avaient réussi: d’un seul coup il a bouché les fissures du système iranien. Et enfin il s’est dévoilé, il a montré son cul en suppliant au lendemain de son acte d’assassinat de ne pas en tenir compte et de ne pas procéder  à  l’escalade. En menaçant  de mille et une  rétorsions imaginaires, expressionnistes  et hors la loi mondiale, Trumpa révèle sa faille: son absence de phallus il montre son cul. Trump est un homme à femmes, un homme de séduction, un homme de médias, un homme de spectacle.  Pas  un héros. La démocratie ne produit pas des héros, des Churchills, des De Gaulle, non elle produit des séducteurs, des hommes à femmes ou à mère, des enfants  rois , des Macron et des Trump.

Tout est faux, apparence, théâtre d’ombres.

Rien ne résiste à une interprétation serrée, rigoureuse. Pour que cela devienne intelligible il faut entrer dans la complaisance, il faut participer de la névrose qui habite et est constitutive de ce genre de gens.

Ces gens, tous ces gens ont des agendas, ce sont ces agendas  qui déterminent leurs actions et ces agendas, ils ne les publient pas. Ces agendas  produisent le réel si on ose appeler cela le réel par une  sorte de construction parallèle, le réel qui est un pseudo réel, est une sorte de sous-produit de leur agenda . Mais n’oubliez jamais que tout cela, même le plus sanglant s’inscrit dans le cadre du grand, du colossal simulacre.

L’agenda  de Trump c’est la réélection. C’est de conserver le statut  qui le protège de la déchéance dont la perspective le terrorise. L’agenda des ayatollahs c’est la restauration de l’unité très malmenée ces derniers mois.

Imaginez le monde dans lequel nous sommes!

Un commentateur en  est réduit à considérer qu’un assassinat politique de très haut niveau, et une violation de souveraineté sont de simples gesticulations! Et pourtant c’est ce que nous faisons, avec presque un peu de honte: oui tout cela c’est de la gesticulation, du spectacle lamentable, du simulacre, bref du fake.

Que le spectacle soit coûteux est un piège , le coût sensationnel est destiné à le rendre plus crédible mais n’oubliez jamais que votre échelle de valeur, votre échelle de coût n’a rien à voir avec les leurs:  ils peuvent se permettre de dépenser beaucoup plus, aussi bien en pognon qu’en vies humaines. Votre notion du coût n’a aucun rapport avec la leur car eux, vivent dans un système de tiers payants; ils ne paient jamais rien, c’est toujours vous qui payez . Le pouvoir suprême à notre époque est là: le pouvoir de faire payer les autres, le pouvoir de servir sa propre volonté puissance mais en la faisant payer par les autres.

S’élever c’est s’élever au niveau ou on ne paie plus rien soi même!

Tout ceci pour vous livrer mon opinion; il n’y a pas de risque de guerre. On vous fabrique des frissons, de l’angoisse, de l’horreur, du chaos bidon, : le monde n’est plus capable de faire la distinction entre d’un côté le réel fait de chair et de sang et d’os et de l’autre les images, les couleurs, les sons , les sondages, les romans, les fausses émotions.

Les zozos qui prétendent gouverner ne peuvent conduire le monde, ils surfent dessus; le monde suit son chemin en fonction des forces matérielles objectives , en fonctions de ses contradictions et de  ses antagonismes internes et externes et eux, pauvres minables, ils discourent sur tout cela. Regarde maman comme je suis beau!

Il n’y  aura guerre que si le moment est venu et entre-temps je vous fiche mon billet qu’ils sont en train de désamorcer la bombe qu’ils ont fabriquée, qu’ils sont en train de s’entendre en sous main,  en sous main pour reconnaître qu’ils n’ont pas envie d’aller trop loin.

Il faut que le jeu continue car les conditions du Grand Reset ne sont pas réunies.

Je vous invite a utiliser cette grille de lecture pour analyser et decoder « l’affrontement » bidon de notre  Macron et de ses  syndicats  en ce moment.

BRUNO BERTEZ

Entre le théâtre kabuki et le village Potemkine: la seule chose qui compte, c’est le pouvoir d’imposer le spectacle.

La dernière vraie dévalorisation du capital est intervenue lors la Seconde Guerre mondiale. Depuis il n’y en pas eu.

En revanche la dévalorisation du travail est opérée en continu depuis 1971.

Précisément pour empécher la destruction du capital qui aurait du se produire économiquement avec le progrès de techniques et des processus de production lesquels dévaluent en continu le capital ancien puisque le nouveau est plus efficace.

Je dis que c’était en 1971 lorsque le lien entre le dollar et l’or a été coupé.

Depuis cette période, le capital a continué de croître en «valeur» tandis que le travail a été dévalué à l’infini.

Ce que 2008 a montré à ceux qui l’ont vécu et ont été capable de l’analyser  autrement  qu’au travers des imbécillités orientées   des médias, c’est que tout est à mi chemin entre le théâtre kabuki et le village Potemkine: la seule chose qui compte, c’est le pouvoir d’imposer le spectacle.

Tout ce qui compte c’est la capacité de la classe dominante à imposer son imaginaire, ses signes, ses codes, ses valeurs, sa vérité  aux classes dominées.

Ce pouvoir réside dans le contrôle de la monnaie, des médias et de l’enseignement.

Si le capitalisme avait fonctionné comme le disent les livres, comme un système de sanction et de récompense, sans trucage monétaire,  les  prix des actifs auraient chuté lors des corrections/nettoyages.  Les gens au sommet de notre société, les «maîtres de l’univers» auraient été complètement discrédités et ils auraient perdu toute leur «richesse», leur statut et leur pouvoir .

Chaque «solution» depuis cette crise, a seulement consisté à maintenir le système en vie et à prolonger le pouvoir actuel des classes dirigeantes.

Les récessions ont été interdites, la crise pour les salariés n’a jamais pris fin et la qualité de vie de la majorité de la population n’a cessé  de décliner.

Et cela va continuer.

 

EN BANDE SON :

3 réponses »

  1. Au moins a-t-on la conscience tranquille de ne pas arriver à s’intéresser outre mesure au théâtre de marionnettes sanglantes.
    Et la vérité blindée qu’on garde toujours en tête grâce à B. BERTEZ (dont l’idée de tiers-payant) :
    « Que le spectacle soit coûteux est un piège, le coût sensationnel est destiné à le rendre plus crédible mais n’oubliez jamais que votre échelle de valeur, votre échelle de coût n’a rien à voir avec les leurs : ils peuvent se permettre de dépenser beaucoup plus, aussi bien en pognon qu’en vies humaines. Votre notion du coût n’a aucun rapport avec la leur car eux, vivent dans un système de tiers payants; ils ne paient jamais rien, c’est toujours vous qui payez . Le pouvoir suprême à notre époque est là: le pouvoir de faire payer les autres, le pouvoir de servir sa propre volonté puissance mais en la faisant payer par les autres.
    S’élever c’est s’élever au niveau ou on ne paie plus rien soi même! »
    Payer au double fond habituel, responsabilité comprise.

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