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Article du Jour : Hystérie hygiéniste – des lendemains qui chantent peu Par H16

Hystérie hygiéniste : des lendemains qui chantent peu

Les chiffres sont formels, tout comme les visages longs et les grimaces sérieuses des hommes- et des femmes-troncs à la télé : la France va mal, très mal même puisque l’épidémie continue de se propager horriblement. Avalanche de cas, de foyers (rebaptisés « clusters » pour faire tendance) et de reportages palpitants expliquant qu’il y a avalanche de cas et de clusters foyers, petits et longs articles de la presse sur-subventionnée pour détailler la nouvelle géographie française des pestiférés et multiplication de gros micros mous poussés sous les nez humides d’experts toujours plus nombreux sur les plateaux télés, tous ces signes s’accumulent pour prouver une chose : la situation est catastrophique, c’est certain.

Tout se déroule donc comme prévu : la covid fut un virus, puis une pandémie, c’est maintenant une hystérie et cela prend gentiment le chemin de la légende. Vivement l’adaptation au cinéma !

Sur le plan politique, des générations d’historiens se pencheront sur la période que nous vivons actuellement pour tenter d’expliquer pourquoi ce qui était « inutile voire dangereux » alors que l’épidémie débutait et qu’on pouvait nettement voir les réanimations hospitalières déborder s’est transformé en quelque chose d’indispensable puis d’obligatoire alors même que les services continuent de se vider obstinément ; et alors que l’idée de base en recommandant le port du masque était, il y a six mois, d’éviter l’engorgement des services hospitaliers, on semble avoir perdu toute mesure alors que ces mêmes services sont maintenant à l’étiage le plus bas.

En pratique et pour un observateur lambda, on assiste essentiellement à une surenchère de mesures, de règlements et de contraintes de plus en plus loufoques et détachées d’une quelconque utilité réelle, pragmatique, et dont la mise en place semble rechercher avant tout l’emmerdement maximal alors que la réalité des chiffres montre une fin d’épidémie plutôt qu’une recrudescence des malades graves ou des morts.

En réalité, on comprend que le gouvernement choisit sciemment la surenchère, quitte à insister (et faire insister les médias) sur les chiffres de « contaminés » plutôt que sur ceux, bien plus significatifs, de décès (maintenant très bas depuis plus d’un mois et demi) et qu’il choisit les traitements les plus massifs et les plus collectifs là où tout indique que ce sont les comportements individuels et le ciblage précis des patients à risques qui donnent les meilleurs résultats…

On pourrait se demander pourquoi nos politiciens ont ainsi choisi d’ajouter ces contraintes (et les inévitables prunes qui les accompagnent) dans un contexte où l’impact sanitaire est de plus en plus improbable – il n’y a pas de baisse du nombre de contaminés, il n’y a pas de hausse du nombre de décès – alors que l’impact économique est, lui, de plus en plus catastrophique.

Si l’on écarte pudiquement les « explications » à base de (ingrédients au choix, panachage possible voire recommandé) nouvel ordre mondial, de 5G, de chemtrails, de puces RFID et de pandémie orchestrée par Soros-Gates, force est de constater que les comportements du gouvernement indiquent assez clairement un agenda interne fort différent de celui affiché, et la sauvegarde des intérêts de la nation et des citoyens semble bien loin des préoccupations ministérielles actuelles.

En fait, quelques secondes de réflexion suffisent pour comprendre la mécanique minable qui pousse les dirigeants à ces simagrées grotesques.

D’une part, après des mois d’incompétence crasse, d’improvisations consternantes, de déclarations contradictoires, d’une communication lamentable et d’une démonstration assez flagrante de leur nocivité, admettre à présent que les choses sont progressivement en train de revenir dans l’ordre normal et que, finalement, on peut fort bien se passer de leurs gesticulations reviendrait à perdre la face. Certes, du point de vue de la majorité des Français, cette bande d’imbéciles a perdu toute crédibilité ; en revanche, du point de vue du gouvernement, encore persuadé qu’il contrôle l’image qu’il peut avoir auprès du public, il en va différemment puisque moyennant une bonne propagande, on parviendra à régler la crise ou à en camoufler les effets pervers les plus visibles…

D’autre part, ces gesticulations s’avèrent indispensables si l’on veut éviter les condamnations que nos clowns à roulettes méritent pourtant amplement. Toute l’administration française, maintenant tournée vers ce seul but de sauver ses fesses et celles de ceux à sa tête, multipliera tant qu’il faudra les mesures les plus idiotes et les plus vexatoires pour montrer sans le moindre doute possible que « tout a été tenté ».

Le problème étant qu’avec ces comportements, on assiste surtout à la mise en place inexorable d’un cercle vicieux : l’hystérie hygiéniste entraîne une perte palpable de crédibilité des élites, des dirigeants et des sachants médiatiques présentés en petits plateaux digestes à la télé.

Cette perte visible déclenche inévitablement une nervosité grandissante de ces individus qui utilisaient jusqu’à présent cette crédibilité pour étouffer les libertés les plus encombrantes pour leurs desseins politiques. Dit autrement, il devient difficile de gérer un État fonctionnel si on ne peut plus pruner tranquillement et si l’autorité de l’État n’est plus reconnue.

Et fort logiquement, cette nervosité débouche sur l’augmentation des affichages symboliques, des mesures contraignantes ridicules qu’on observe actuellement : l’usage systématique de la force et du muscle républicain ainsi que l’affichage de l’arrogance et du mépris des élites compensent pied-à-pied le recul de crédibilité des élites, de plus en plus coupées du monde réel.

Le problème essentiel de cette tactique délétère est qu’elle ne peut déboucher sur une issue pacifique : d’un côté, les élus, croyant faussement à leur légitimité d’un vote de plus en plus lointain, s’enferrent dans des postures aussi contre-productives qu’arrogantes ; de l’autre, le peuple sent de façon croissante que le contrat tacite qui le lie à eux s’étiole de clauses léonines en lois scélérates, à mesure que sa liberté se fait découper en petites portions congrues. À un moment, l’écart entre les attentes des Français et les concrétisations minuscules produites par la brochette de clowns au pouvoir, et la perte de confiance et de crédibilité finissent par être tels que les premiers ne pourront plus exprimer calmement leur désaccord aux seconds, pourtant valets des premiers.

Le gouvernement a testé, ces dernières années et de façon régulière, sa capacité de réponse aux humeurs irritées de différentes populations. Pour le moment, on ne peut pas dire que ce fut particulièrement brillant d’efficacité et d’apaisement…

Forcément, ça va bien se passer.

« IL Y A LES SACHANTS ET LES SAVANTS : C’EST LA MÉMOIRE QUI FAIT LES UNS, C’EST LA PHILOSOPHIE QUI FAIT LES AUTRES »

Le vieux prisonnier était un de ces hommes dont la conversation, comme celle des gens qui ont beaucoup souffert, contient des enseignements nombreux et renferme un intérêt soutenu ; mais elle n’était pas égoïste, et ce malheureux ne parlait jamais de ses malheurs.

Dantès écoutait chacune de ses paroles avec admiration : les unes correspondaient à des idées qu’il avait déjà et à des connaissances qui étaient du ressort de son état de marin, les autres touchaient à des choses inconnues, et, comme ces aurores boréales qui éclairent les navigateurs dans les latitudes australes, montraient au jeune homme des paysages et des horizons nouveaux illuminés de lueurs fantastiques. Dantès comprit le bonheur qu’il y aurait pour une organisation intelligente à suivre cet esprit élevé sur les hauteurs morales, philosophiques ou sociales sur lesquelles il avait l’habitude de se jouer.

— Vous devriez m’apprendre un peu de ce que vous savez, dit Dantès, ne fût-ce que pour ne pas vous ennuyer avec moi. Il me semble maintenant que vous devez préférer la solitude à un compagnon sans éducation et sans portée comme moi. Si vous consentez à ce que je vous demande, je m’engage à ne plus vous parler de fuir.

 

— Hélas ! mon enfant, dit-il, la science humaine est bien bornée, et quand je vous aurai appris les mathématiques, la physique, l’histoire et les trois ou quatre langues vivantes que je parle, vous saurez ce que je sais : or, toute cette science, je serai deux ans à peine à la verser de mon esprit dans le vôtre.

 

— Deux ans ! dit Dantès, vous croyez que je pourrais apprendre toutes ces choses en deux ans ?

 

— Dans leur application, non ; dans leurs principes, oui : apprendre n’est pas savoir ; il y a les sachants et les savants : c’est la mémoire qui fait les uns, c’est la philosophie qui fait les autres.

 

— Mais ne peut-on apprendre la philosophie ?

 

— La philosophie ne s’apprend pas ; la philosophie est la réunion des sciences acquises au génie qui les applique ; la philosophie, c’est le nuage éclatant sur lequel le Christ a posé le pied pour remonter au ciel.

 

— Voyons, dit Dantès, que m’apprendrez-vous d’abord ? J’ai hâte de commencer, j’ai soif de science.

 

— Tout ! dit l’abbé.

Alexandre Dumas – Le comte de Monte-Cristo (1844)

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