Comment l’Europe occidentale s’est elle-même rendue périphérique

L’Europe occidentale vient de commettre l’erreur que les puissances en déclin commettent toujours :
confondre le symbole avec la force, le rituel avec le rapport de puissance, la morale proclamée avec la réalité stratégique.
Face au retour assumé du hard power américain, elle a choisi la posture.
Face à Donald Trump, elle a choisi la provocation symbolique.
Face à sa propre faiblesse économique, elle a choisi l’idéologie.
Résultat : humiliation programmée, déclassement accéléré, perte de centralité stratégique.

I. Trump ne négocie pas avec des postures : il écrase les signaux faibles
La séquence est limpide.
Des alliés européens de l’OTAN déploient quelques unités militaires symboliques au Groenland sous couvert d’exercices multilatéraux avec le Danemark.
Objectif réel : signaler un attachement à l’« ordre international fondé sur des règles ».
Objectif perçu par Washington : défi inutile et pitoyable.
La réponse de Trump est immédiate, lisible, chirurgicale :
- +10 % de droits de douane dès le mois prochain,
- +25 % au 1er juin,
- calendrier calé avant Davos, puis avant le sommet de l’OTAN.
Ce n’est pas de la colère.
C’est de la pédagogie impériale.
Trump rappelle une règle élémentaire :
Quand on est partenaire mineur, on ne joue pas au stratège moral.
II. Le Groenland : révélateur d’un rapport de force assumé
Trump dit vouloir acheter le Groenland.
Il n’exclut pas l’option militaire si Copenhague persiste dans l’idéologie.
Les Européens crient à la folie.
Ils n’ont rien compris.
Le Groenland n’est pas un caprice.
C’est :
- l’Arctique,
- les routes maritimes futures,
- les ressources,
- la projection militaire nordique,
- la clé du nouveau Grand Jeu polaire.
Là où l’Europe discourt, les États-Unis verrouillent.
Et quand l’Europe oppose des principes abstraits à une logique de sécurité, elle se condamne à perdre sans combattre.
III. L’UE : un nain économique qui se rêve en géant moral
L’Union européenne est aujourd’hui :
- économiquement affaiblie,
- énergétiquement mutilée,
- stratégiquement dépendante,
- militairement subordonnée.
Elle a scié elle-même la branche sur laquelle elle était assise :
- en acceptant des sanctions anti-russes destructrices,
- en renonçant à l’énergie bon marché,
- en s’enfermant dans une dépendance américaine totale.
Et pourtant, dans un geste d’orgueil terminal, elle imagine pouvoir :
- mener une guerre commerciale contre les États-Unis,
- bloquer un accord commercial vital,
- provoquer Washington sans contre-poids crédible.
C’est une illusion suicidaire.
On ne défie pas l’Empire quand on dépend de son énergie, de sa sécurité et de ses marchés.
IV. La bascule stratégique : l’Europe centrale remplace l’Europe occidentale
C’est ici que les mondialistes occidentaux ont tout perdu.
Pendant que Paris, Berlin et Bruxelles moralisent,
Pologne agit.
- accueil renforcé des forces américaines,
- alignement stratégique clair,
- ambition assumée de leadership régional,
- projet de réforme de l’UE pour préserver la souveraineté des États.
Washington l’a compris depuis longtemps :
L’Europe utile n’est plus à l’Ouest. Elle est à l’Est.
Si l’Allemagne expulsait les Américains de ses bases (fantasme de salon),
Varsovie les accueillerait le lendemain.
L’histoire est en train de se réécrire sans l’Europe occidentale.
V. Macron, Charles, Stubb : la fin des illusions personnelles
Trump n’est pas sentimental.
Il est transactionnel.
Les relations personnelles comptent tant qu’elles servent la stratégie.
En défiant symboliquement Washington, des dirigeants comme Emmanuel Macron, le roi Charles III ou Alexander Stubb ont franchi une ligne invisible.
Conséquence potentielle majeure :
- fin de l’ambiguïté américaine sur les « garanties de sécurité » en Ukraine,
- désengagement progressif,
- transfert du poids stratégique vers d’autres partenaires.
L’Europe croyait peser.
Elle a surtout irrité.
VI. Ukraine : l’erreur ultime de calcul
En provoquant Trump, l’Europe occidentale joue avec le dossier le plus explosif.
Si Washington retire son soutien aux garanties de sécurité radicales :
- l’Ukraine devient un fardeau européen,
- l’UE se retrouve sans moyens militaires autonomes,
- l’ambiguïté stratégique disparaît — au profit du chaos.
C’est exactement ce que Trump a laissé entendre à Zelensky :
« You have no cards. »
L’Europe non plus.
VII. Pourquoi les mondialistes ont choisi l’idéologie contre l’intérêt
La réponse est simple : ils n’avaient plus que cela.
- Plus de souveraineté énergétique,
- plus d’autonomie stratégique,
- plus de puissance militaire crédible.
Il ne leur restait que :
- l’« ordre international fondé sur des règles »,
- la posture morale,
- le théâtre symbolique.
Mais l’Histoire est impitoyable avec ceux qui confondent le langage et la force.
Conclusion lupienne : la périphérisation volontaire
L’Europe occidentale avait un choix :
- se rallier à la logique américaine,
- ou se poser en conscience morale sans levier réel.
Elle a choisi la seconde option.
Résultat :
- perte de centralité,
- transfert stratégique vers l’Europe centrale,
- divisions intra-UE aggravées,
- insignifiance internationale accrue.
On ne s’oppose pas à un Empire quand on a déjà renoncé à être une puissance.
L’Europe occidentale n’est pas trahie par les États-Unis.
Elle est trahie par ses propres illusions.
Et l’Histoire, comme toujours,
ne récompense ni la vertu proclamée
ni l’indignation rituelle —
elle récompense ceux qui savent encore compter leurs forces.

Postface — La leçon que l’Europe refuse d’apprendre
L’Histoire est cruelle avec ceux qui la prennent pour un débat d’idées.
Les puissances ne déclinent pas parce qu’elles sont attaquées.
Elles déclinent parce qu’elles cessent de penser en termes de force, tout en continuant à parler comme si leurs mots avaient encore un poids.
L’Europe occidentale est entrée dans cette phase terminale :
celle où l’on confond l’universel avec le confortable,
le droit avec la puissance,
la mémoire morale avec la capacité d’agir.
Rome a connu ce moment.
Byzance aussi.
Les Habsbourg, l’Espagne impériale, l’URSS en fin de cycle : tous ont cru que leurs principes survivraient à leur affaiblissement matériel. Tous se sont trompés.
L’Empire ne disparaît jamais d’un coup.
Il se déplace.
Aujourd’hui, le centre de gravité européen glisse vers l’Est, non par vertu idéologique, mais par réalisme stratégique. Là où l’on sait encore que la souveraineté n’est pas un discours, mais un coût à payer. Là où l’on comprend que l’alliance n’est pas une communion, mais un rapport asymétrique assumé.
L’erreur fatale des mondialistes européens n’est pas d’avoir cru à l’ordre international fondé sur des règles.
C’est d’avoir cru que ces règles survivraient sans la force qui les a créées.
Trump n’a rien inventé.
Il a simplement rappelé une vérité antique :
quand l’équilibre disparaît, le langage moral devient inaudible.
L’Europe occidentale pouvait choisir l’alignement lucide.
Elle a choisi la posture.
Elle pouvait négocier en partenaire affaibli mais utile.
Elle a préféré se rêver arbitre d’un monde qui ne la consulte plus.
L’Histoire ne condamne pas les faibles.
Elle condamne ceux qui refusent de reconnaître qu’ils le sont devenus.
Et c’est toujours à ce moment précis —
quand la morale remplace la puissance
et que l’indignation se substitue à la stratégie —
que les empires cessent d’écrire l’Histoire
et commencent à la commenter depuis la marge.

THE OPPOSITION : Very Little Glory
Pourquoi ce morceau fonctionne parfaitement ici :
Very Little Glory n’évoque pas la chute spectaculaire, mais l’épuisement discret — cette phase où une puissance continue de parler haut alors que sa capacité d’agir s’est déjà rétractée. C’est la bande-son idéale d’une périphérisation consentie, d’une Europe qui conserve le vocabulaire de l’Empire tout en ayant perdu ses leviers.
Une musique de fin de règne sans fracas, où la grandeur subsiste à l’état de souvenir — very little, mais encore exhibée.
Very Little Glory est une chanson de désillusion stratégique.
Pas d’emphase héroïque, pas de grand récit salvateur : seulement la lucidité froide d’un monde qui a cru à sa propre grandeur après avoir perdu la capacité de la défendre.
Elle accompagne parfaitement la postface historique :
- une Europe qui se drape encore dans les symboles,
- une puissance qui confond mémoire et autorité,
- un ordre ancien réduit à des restes de prestige.
Chez The Opposition, la gloire n’est pas détruite par l’ennemi.
Elle se ratatine d’elle-même, faute d’énergie, faute de volonté, faute de courage stratégique.
C’est la bande-son idéale d’une fin de cycle :
celle où l’on ne tombe pas sous les coups,
mais où l’on se retire doucement du centre,
en continuant à parler comme si l’on y était encore.
Une musique pour accompagner non pas la chute brutale,
mais cette phase plus terrible encore :
celle de la petite gloire survivante,
quand l’Histoire est déjà passée ailleurs.

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L’Europe occidentale vient de commettre l’erreur classique des puissances en déclin :
confondre le symbole avec la force,
la posture morale avec le rapport de puissance réel.
En défiant symboliquement Washington au Groenland,
en brandissant l’« ordre international fondé sur des règles »
alors qu’elle n’a plus ni autonomie énergétique, ni souveraineté militaire,
elle a provoqué ce qu’elle ne pouvait ni contenir ni gagner.
Trump n’a pas répondu par des discours.
Il a répondu par des droits de douane, des ultimatums, et un calendrier impérial.
Pendant que Paris, Berlin et Bruxelles moralisent,
la Pologne agit.
Pendant que l’Ouest décline,
l’Est devient stratégique.
Résultat :
Ce n’est pas une trahison américaine.
C’est une auto-périphérisation européenne.
👉 Article à lire sur Le Blog à Lupus.
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