démocratie

Douce FranceđŸ”„ LA RÉPUBLIQUE CONDITIONNELLE

Quand une partie du bloc militant de gauche explique que la dĂ©mocratie n’est lĂ©gitime
 que si elle vote “correctement”

Le moment est peut-ĂȘtre plus grave qu’il n’y paraĂźt.

Car derriÚre les provocations médiatiques,
les slogans,
les outrances militantes
et les logiques de clash permanent,
apparaĂźt progressivement une question fondamentale :

Et c’est prĂ©cisĂ©ment ce que rĂ©vĂšle la sĂ©quence autour de Bally Bagayoko.


I. LE POINT LE PLUS IMPORTANT N’EST PAS LE RN

Le débat médiatique va immédiatement dériver vers :

  • “fascisme”,
  • “extrĂȘme droite”,
  • “insurrection”,
  • “provocation”.

Mais le sujet central est ailleurs.

Le sujet réel est :

Autrement dit :

une partie du champ militant semble désormais considérer que :

  • certaines victoires Ă©lectorales seraient acceptables,
  • et d’autres non,
    mĂȘme si elles rĂ©sultent d’un vote lĂ©gal.

C’est un tournant majeur.

Man placing ballot in vintage French voting box inside historic room

II. LA DÉMOCRATIE LIBÉRALE REPOSE SUR UNE CHOSE SIMPLE

Pas l’amour de l’adversaire.

Pas le consensus.

Pas l’absence de conflit.

Elle repose sur :

Or lorsque des responsables politiques expliquent implicitement :

  • qu’une alternance serait “illĂ©gitime” par nature,
  • ou qu’elle devrait provoquer un soulĂšvement permanent,

alors ils déplacent le conflit :

Et Ă  ce moment-lĂ ,
la dĂ©mocratie cesse progressivement d’ĂȘtre perçue comme :

  • arbitrage,
  • compĂ©tition,
  • alternance.

Elle devient :


III. SAINT-DENIS : LABORATOIRE SYMBOLIQUE

Saint-Denis est devenue beaucoup plus qu’une commune.

Dans l’imaginaire politique français,
la ville symbolise désormais :

  • fragmentation urbaine,
  • multiculturalisme avancĂ©,
  • tensions identitaires,
  • transformation dĂ©mographique,
  • crise du modĂšle rĂ©publicain classique.

Quand un maire de cette ville parle :

beaucoup entendent donc davantage qu’une simple dĂ©claration militante.

Ils y voient :


IV. LE RETOUR DE LA POLITIQUE ETHNO-MÉMORIELLE

Une autre mutation apparaĂźt dans ce type de discours :

Colonisation,
esclavage,
discrimination,
identités blessées,
réparation symbolique,
héritages impériaux


Tout cela devient :

  • non plus seulement historique,
  • mais structurant politiquement au prĂ©sent.

Le risque est évident :
quand les sociétés commencent à se définir principalement à travers :

  • des mĂ©moires concurrentes,
  • des rĂ©cits victimaires opposĂ©s,
  • des culpabilitĂ©s historiques,
  • des identitĂ©s irrĂ©conciliĂ©es,

alors le récit national commun se fragmente.


V. LE GRAND RETOUR DU TRIBALISME POLITIQUE

Le problÚme dépasse largement :

  • Bally Bagayoko,
  • le RN,
  • ou mĂȘme la France.

Toutes les démocraties occidentales voient monter :

Blocs :

  • culturels,
  • ethniques,
  • religieux,
  • idĂ©ologiques,
  • territoriaux,
  • informationnels.

Et chacun commence progressivement à percevoir l’autre :
non comme adversaire

mais comme :


VI. LE PIÈGE MORTEL : LA POLITIQUE DEVIENT APOCALYPTIQUE

Quand chaque élection devient :

  • “la derniĂšre”,
  • “le fascisme ou nous”,
  • “la survie ou la mort”,

alors :

  • la modĂ©ration disparaĂźt,
  • le compromis devient trahison,
  • l’alternance devient insupportable,
  • et les institutions s’épuisent.

C’est le mĂ©canisme classique :


VII. LE RN PROFITE MÉCANIQUEMENT DE CETTE DYNAMIQUE

Paradoxalement,
ce type de rhétorique radicale aide souvent :
Le «  »National Rally ».

Pourquoi ?

Parce qu’une partie croissante des classes moyennes et populaires :

  • cherche stabilitĂ©,
  • ordre,
  • continuitĂ©,
  • sĂ©curitĂ© institutionnelle.

Et lorsque certains segments militants de gauche et d’extrĂšme gauche semblent :

  • relativiser la lĂ©gitimitĂ© Ă©lectorale,
  • banaliser l’insurrection,
  • ou territorialiser le conflit politique,

cela renforce mécaniquement :


VIII. LE VRAI DRAME : LA FRANCE N’A PLUS DE RÉCIT COMMUN

Le problĂšme ultime est peut-ĂȘtre lĂ .

Pendant longtemps,
la République française reposait sur :

  • assimilation,
  • centralisation,
  • Ă©cole commune,
  • mĂ©moire nationale dominante,
  • universalisme abstrait.

Mais aujourd’hui,
plusieurs récits coexistent :

  • rĂ©cit national classique,
  • rĂ©cit post-colonial,
  • rĂ©cit multiculturel,
  • rĂ©cit identitaire,
  • rĂ©cit globalisĂ©,
  • rĂ©cit dĂ©colonial.

Et ces récits deviennent de moins en moins compatibles.


IX. LE RISQUE : LA DISSOCIATION ENTRE PAYS LÉGAL ET PAYS RÉEL

Quand :

  • les Ă©lites mĂ©diatiques,
  • certains segments militants de gauche
  • certaines institutions,
  • certains territoires,

ne reconnaissent plus spontanĂ©ment la lĂ©gitimitĂ© potentielle d’une alternance dĂ©mocratique


alors apparaĂźt progressivement :

Et historiquement,
c’est toujours une zone dangereuse.


X. CE QUI SE JOUE RÉELLEMENT

Le sujet n’est pas simplement :

  • immigration,
  • gauche,
  • droite,
  • banlieues,
  • RN,
  • ou militantisme.

Le sujet réel est :

  • des rĂšgles communes,
  • une lĂ©gitimitĂ© Ă©lectorale commune,
  • un minimum de destin collectif.

Car lorsqu’une nation commence à se percevoir comme :

  • juxtaposition de blocs irrĂ©conciliables,
  • territoires psychologiques sĂ©parĂ©s,
  • mĂ©moires antagonistes,

alors la politique devient progressivement :


đŸș PHRASE MANIFESTE

 

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