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Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 20 Juin 2013: Bernanke répond aux questions, les marchés dévissent Par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 20 Juin 2013:   Bernanke répond aux questions, les marchés dévissent  Par Bruno Bertez

Forte chute sur tous les fronts hier  mercredi à Wall Street. Le lendemain, l’Asie s’est mise à l’unisson. L’Europe, elle aussi a mal commencé la journée. 

Worst day broadly in 20 months for EU stocks…

as European bonds and stocks by nation have been battered…

Europe’s credit market is getting hammered too – with XOver (high yield) back above its 200DMA and its biggest (ex-roll) move since Nov 2011.

Charts: Bloomberg

Nous vous renvoyons à nos textes récents, nous avons  attiré l’attention sur le changement de ton aux Etats-Unis et l’évolution du débat sur la politique monétaire.

Nous avons également fait le lien avec les difficultés des émergents et les sorties de hot money, aussi bien au Brésil, qu’en Chine et en Inde. Nous avons rappelé que, lorsque la mer des liquidités se retirait, alors, on voyait qui se baignait nu. On voyait quels étaient les marginaux les plus fragiles, les vulnérabilités apparaissaient. 

« Bernanke a parlé, il a planté le panonceau danger », avons-nous écrit il y a quelque temps.

Mercredi 19, Bernanke a confirmé ce que l’on savait déjà. On prépare les esprits à l’éventuelle réduction des Quantitative Easing.

La campagne de pilotage a débuté il y a quelques semaines, de la façon la plus classique, c’est à dire par  l’instillation du doute.

On a créé l’incertitude, favorisé le débat, acclimaté les marchés à l’idée qu’un jour, cela finirait. Il y a eu des fuites dans la presse, confère les articles de Hilsenrath dans le WSJ, des déclarations de gouverneurs, des allusions de Blankfein de Goldman Sachs.

La Fed considère maintenant que les risques sur la croissance et l’emploi sont légèrement réduits, ce qui étaye la thèse d’une réduction prochaine du rythme des QE puisque ceux-ci sont censés évoluer en fonction de ces paramètres.

Plusieurs gouverneurs s’étaient exprimés pour une réduction anticipée, c’est à dire avant que la reprise soit assurée, pour des raisons différentes.

- Les uns craignent l’instabilité financière et les prises de risque excessives, en clair l’excès de spéculation, les bulles,

- Les autres ont peur de réveiller le génie de l’inflation et de ne pouvoir le faire rentrer dans sa bouteille,

- D’autres encore soutiennent que les distorsions infligées à l’économie et à la finance dépassent maintenant les bénéfices que l’on peut attendre des QE.

En fait, la vraie raison n’est pas exprimée, c’est la peur, si on tarde trop, d’une hausse trop brutale des taux et d’un retour du risk-off qui déstabiliseraient  les banques et le shadow banking system.

Si on arrête les QE, alors que les bilans et positions spéculatives sont trop exposés au risque de hausse des taux, on peut craindre de fortes pertes dans les portefeuilles et une amputation des fonds propres. L’arrêt ou la réduction des QE doivent  absolument intervenir avant que le ressort de la hausse des taux ne soit trop bandé.

Un rapport non diffusé explique que le système bancaire global et le Shadow sont par solde très gros vendeurs de Put  out of the money, sur le risk-on, c’est à dire sur le pari de la perpétuation de la situation présente. Comme nous l’avons dit, « ils sont tous du même côté du bateau »; la stabilité financière est menacée.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Les marchés de crédit ont été particulièrement affectés après l’intervention de Bernanke, en particulier le 5 ans. Le 10 ans est passé à 2,36%.

Nous vous rappelons qu’au plus bas, il y quelques mois, on était encore à 1,38% sur le 10 ans.  L’amputation du patrimoine de ceux qui sont tombés dans le piège de la recherche du rendement, commence à être significative.

La hausse des taux américains ne va pas arranger les affaires des émergents, lesquels sont déjà en grosse difficulté, voir nos articles récents. On suivra de près ce qui se passe de ce côté et en particulier au Brésil, en Chine et en Inde. La situation du Brésil devient difficilement contrôlable, la Chine est ingérable, bloquée de  partout.

and the BRICS are ugly…all red for the year

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Le coup de frein chinois continue

L’activité manufacturière semble avoir continué de ralentir au mois de juin en Chine. C’est ce qu’indique l’indice préliminaire des directeurs d’achats de la banque HSBC, publié ce matin. Ce chiffre, dont la valeur définitive sera communiquée le 1er juillet, s’est établi à 48,3 points en juin, contre 49,2 en mai. Sachant que la valeur 50 correspond à une stagnation de l’activité, cela signifie que le ralentissement industriel a eu tendance à s’accentuer ce mois-ci, pour atteindre le plus bas niveau depuis septembre 2012.

La composante de l’indice mesurant les nouvelles commandes s’est établie à 47,1, ce qui n’offre pas de perspective positive pour les tout prochains mois. Cette nouvelle a contribué à déprimer la bourse de Shanghai, mais a également eu des répercussions sur le dollar australien, qui a touché sa valeur la plus basse en 33 mois.

L’économie australienne repose en effet très largement sur les exportations à destination de la Chine et tout ralentissement de la deuxième économie mondiale se répercute immédiatement sur sa propre conjoncture.

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Sur les actions, la situation est dangereuse, nous le signalons depuis quelque temps. On est vulnérable pour beaucoup de raisons:

- Surévalué

- Suracheté

- Sentiment trop bullish, complaisance

- Absence de correction depuis longtemps

Et puis,

-les marges des entreprises sont intenables, près de 70% supérieures aux normes historiques.

Et maintenant, il s’y ajoute la forte hausse des taux d’intérêt.

C’est le syndrome classique des décrochages de bonne ampleur lorsque l’on est dans des marchés naturels.

 Le seuil critique sur le S&P 500 est à 1600, on est autour des 1629/1630.

The S&P 500 is now the most below its 50DMA for the year…

S&P Sectors…

The major indices…

Commodities collapsing…

as the USD surges..

Charts: Bloomberg

A notre idée, nous n’en sommes qu’aux escarmouches, les dés ne sont pas jetés; la Fed ne cesse de répéter, ce n’est pas parce que les achats de titres vont ralentir que les taux doivent monter sensiblement. C’est le pari de Bernanke.

Mais pour le moment, les marchés lui ont donné tort, les taux montent fortement et plus les assets sont risqués, plus les spreads s’élargissent.

Si l’idée que la Fed a échoué se répand, le charme peut se briser et on peut se réveiller du "fix" auquel on est addict depuis trop longtemps et alors là, la chute peut être brutale. On surveillera donc les commentaires et le sentiment des marchés et médias de très près. On peut,  à l’inverse, tenter de faire croire à la réussite et, dans ce cas, le charme durera encore un peu. N’oubliez jamais le pouvoir de la propagande et de la collusion réunis.

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 20 Juin 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON

BRUNO BERTEZ Le Mardi 18 Juin 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON:

6 replies »

  1. Aux Etats-Unis, ça va très mal.

    En Europe, ça va très très mal.

    Vendredi 21 juin 2013 :

    La zone euro renforce l’architecture de l’union bancaire.

    Sur les 500 milliards d’euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), 60 milliards d’euros seront consacrés à la recapitalisation directe des banques. Ce montant pourra être révisé par le conseil des gouverneurs du MES si cela est "jugé nécessaire", a précisé M. Dijsselbloem.

    http://www.romandie.com/news/n/La_zone_euro_renforce_l_architecture_de_l_union_bancaire18210620130156.asp

    En réalité, le MES n’a pas les 500 milliards d’euros dont parle l’article ci-dessus.

    En réalité, ces 500 milliards d’euros n’existent pas.

    En réalité, le MES disposera de près de 80 milliards d’euros de capitaux propres, dont 27,1% sont financés par l’Allemagne et 20,4% par la France. Et ensuite, grâce aux fonds qu’il pourra lever sur les marchés, sa capacité de prêts s’élèvera EN THEORIE à 500 milliards d’euros en 2014.

    Je rappelle les sommes que vont payer les Etats européens surendettés pour doter le MES du capital :
    - Capital du MES : 80 milliards d’euros.
    - Sur ces 80 milliards d’euros, l’Allemagne va devoir payer 21,717 milliards d’euros.
    - La France va devoir payer 16,308 milliards d’euros.
    - L’Italie va devoir payer 14,330 milliards d’euros.
    - L’Espagne va devoir payer 9,522 milliards d’euros.
    - Etc.

    Pour aider les Etats européens surendettés, les neuneus ont créé une coquille vide, le MES. Mais pour doter cette coquille vide de 80 milliards d’euros de capital, ce sont les Etats européens surendettés qui vont devoir se surendetter encore plus !

    Les Etats européens surendettés vont emprunter des milliards d’euros sur les marchés, et avec cet argent ils vont ensuite doter le MES de 80 milliards d’euros de capital !

    Etape suivante : le MES va emprunter sur les marchés des sommes pouvant atteindre EN THEORIE 500 milliards d’euros. Ensuite, le MES pourra prêter ces sommes aux banques en difficulté.

    La phrase qui tue : "Si besoin est, les Etats devront aussi mettre au pot avec une contribution pouvant aller jusqu’à 20% de la somme injectée dans les banques pendant les deux premières années du plan d’aide. Ce ratio sera ensuite ramené à 10%."

    Et enfin, le bouquet final, si les banques aidées ne peuvent pas rembourser les prêts accordés par le MES, la France s’est engagée à garantir 142,701 milliards d’euros !

    La zone euro, c’est un suicide collectif.

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  2. Vendredi 21 Juin 2013 : craquements sinistres dans le secteur des ETF

    Si vous nous suivez régulièrement vous vous souvenez de notre mise en garde sur le risque que comportaient les ETF. Nous avons comparé ces véhicules miracles aux Fonds de Bernard Cornfeld , fondateur du groupe IOS.

    Nous avons expliqué que sous des dehors simples, il s’agissait de machines complexes , la réplication se faisant avec de multiples outils sophistiqués . Nous avons dit qu’en cas de baisse brutale, la question de la liquidité sous-jacente pour les outils utilisées par les ETF se poserait , nous étions le seul à aborder cette question en raison de nos expériences personnelles avec Bernie.

    On a maintenant les premières alertes, depuis deux jours de nombreux ETF décotent par rapport à leur valeur théorique, le secteur souffre d’un problème de rédemption comme il fallait s’y attendre. On commence à mettre des freins à la liquidité et aux conversions en cash.

    Ce n’est qu’un début, un jour viendra où le château de cartes s’écroulera et personne ne voudra faire la contrepartie face à ce risque que nous évaluons à près de 3 trillions globalement.

    En Bourse, les miracles n’existent pas , il n’y a que des illusions.
    .

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  3. Bonsoir Mr Bertez,
    Je suis allé voir les taux 10 et 20 ans US ($TNX et $TYX sur Stockchart.com) et ça monte sec. Pensez vous que cela va continuer à faire monter le dollar index et chuter les marchés, pensez vous que Ben Bernanke peut revenir en arrière et relancer un QE dans quelques semaines si les taux continuent à monter et les marchés à chuter ?

    Merci pour vos articles, c’est un régal.

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