Credit Suisse, leader des bonus mais pas de la banque d’investissement
Credit Suisse, leader des bonus mais pas de la banque d’investissement
L’action a chuté à l’annonce de la réorganisation de Credit Suisse. Une réponse logique à la confirmation de la culture de la grande banque. L’actionnaire n’est pas prioritaire, au contraire du bonus du management. Mais il y a pire. Credit Suisse souligne la domination de la banque d’investissement américaine sur la gestion de fortune suisse dans son modèle d’affaires. Pourtant, toutes les analyses prouvent que Credit Suisse n’est pas un leader de la banque d’investissement. Comment demander un bonus de leader de la banque d’investissement et présenter un chiffre d’affaires inférieur de moitié à la référence? Il y a bien erreur de casting.


Credit Suisse réorganise à l’envers du bon sens. L’organigramme place un directeur général au-dessus de deux grandes divisions, chacune gérée par deux co-chefs. C’est, à notre avis, la garantie d’une querelle des chefs. «Diviser pour mieux régner», telle est la stratégie. Même si les départements sont bien limités, rien n’empêchera le chef suprême de distribuer les bons et les mauvais points et les sous-chefs de perdre leur temps en politique interne. Comment a-t-on pu croire que le marché accepterait pareille situation? La baisse de l’action est logique.
Comme le chef lui-même est avant tout un homme de la banque d’investissement, c’est ce métier qui garde la main dans les décisions du groupe. Comment la Finma a-t-elle pu se féliciter de ce choix? Ne faudrait-il pas rappeler ici qu’un «grounding» de Credit Suisse ferait apparaître celui de Swissair comme dérisoire? La Confédération serait incapable d’assurer la phase intermédiaire avant la vente des meilleurs actifs au plus offrant comme elle le fit avec Swiss. Faut-il dès lors accorder un tel poids à la banque d’investissement?
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La «répression financière» est l’impôt qui effacera les dettes
La «répression financière» est l’impôt qui effacera les dettes
«Répression financière», tel est le nouveau mot à la mode parmi les économistes. Il a été inventé en 1973 par Edward S. Shaw et Ronald Mc Kinnon, mais il a été remis à la mode l’an dernier par Carmen Reinhart

«Répression financière», tel est le nouveau terme à la mode parmi les économistes. Inventé en 1973 par Edward S. Shaw et Ronald Mc Kinnon, il a été remis au goût du jour et approfondi l’an dernier par Carmen Reinhart et Belen Sbrancia, dans un travail de référence *. «La répression financière menace les citoyens des Etats-Unis et d’Europe», écrit Michael Rasch, éditorialiste de la NZZ. La National Review annonce aussi «le retour de la répression financière». Mais de quoi s’agit-il?
http://www.bis.org/publ/work363.pdf
Le terme regroupe les mesures prises par l’Etat pour s’attirer, généralement auprès d’une clientèle captive, les capitaux qui autrement prendraient d’autres directions. Les politiciens y obtiennent un avantage considérable. Les coupes dans les dépenses budgétaires sont visibles et mal vécues par les électeurs. Dans ce contexte, la répression financière, surtout si elle est associée à l’inflation, est une alternative efficace. Un somnifère indolore et difficile à chiffrer. Un impôt qui ne dit pas son nom. En effet, elle permet un transfert de dettes sans effet d’annonce.
La répression financière est une pratique ancienne. Elle a déjà été employée au sortir de la Deuxième Guerre lorsque la dette publique atteignait, comme aujourd’hui, environ 100% du PIB dans les principaux pays (116% aux Etats-Unis). Elle se prolongea jusqu’aux années 1970, même si la dette américaine n’a pris que dix ans pour baisser de 40%.
L’instrument privilégié d’une telle politique, c’est le taux d’intérêt. La répression financière se traduit en effet par une intervention massive dans le système financier. L’interdiction de rémunérer les avoirs bancaires («Regulation Q» pratiquée de 1933 à 1986 aux Etats-Unis), ou de détenir de l’or («Confiscation Act» qui se prolongea jusqu’en 1974), les contrôles de capitaux, les lois poussant à l’achat d’obligations souveraines, font partie de cet arsenal. Comme l’indique Michael Rasch, la répression financière mène à une «alliance contre-nature» entre l’Etat, la banque centrale et les banques commerciales.
Pour Carmen Reinhart, la banque centrale joue un rôle clé dans la répression financière. L’idée consiste en effet à maintenir les taux d’intérêt nominaux en dessous du taux qui résulterait du jeu de l’offre et de la demande. Des taux d’intérêt artificiellement trop bas permettent de réduire la charge financière des gouvernements et contribuent à la réduction du déficit budgétaire.
Après la guerre, la liquidation des dettes publiques américaine et britannique par des taux réels négatifs correspondait à 3-4% du PIB par année (en Italie 5%), selon Reinhart et Sbrancia. Ainsi, par le jeu des intérêts composés, la répression financière a représenté la moitié de l’ajustement fiscal effectué aux Etats-Unis. Selon les deux économistes, durant la répression financière de 1945 à 1980, le rendement annuel réel des obligations souveraines américaines n’a pas été une seule année supérieure à 3%. Et dans deux tiers des années, il a été inférieur à 1%…
Les effets secondaires d’un tel remède sont particulièrement lourds: Avec des taux d’intérêt réels négatifs, on assiste à un transfert d’argent du créancier vers le débiteur, en l’occurrence l’Etat. Le grand perdant, c’est le créancier, donc l’épargnant privé ou institutionnel (caisse de pension). Keynes qualifiait ce processus d’«euthanasie du rentier».
Mais l’effet secondaire ne se limite pas à ce gigantesque transfert. La répression financière produit des distorsions dans l’allocation du capital. Si les taux sont trop bas, l’investisseur modifie son comportement. Il est incité notamment à s’endetter et, par exemple à acheter de l’immobilier. La politique de désendettement de l’Etat incite donc le privé à acheter un actif potentiellement surévalué. L’absurde de la situation ne s’arrête pas là. L’achat excessif d’immeubles incite à son tour les politiques, ou les banques centrales, à prendre des initiatives pour décourager l’accès à la propriété. Cette série d’interventions et de manipulations supprime le principe de vérité des prix. A l’évidence, on sort alors d’un système libéral.
La répression financière compte aussi ses partisans. Matt Stoller, chercheur au Roosevelt Institute, estime qu’elle n’a pas empêché des années de forte croissance au sortir de la guerre et une augmentation annuelle de 9% des investissements entre 1947 et 1980. Si elle n’a pas empêché des dizaines d’années d’expansion, pourquoi s’en priver aujourd’hui?
La situation n’est en rien comparable. A l’époque, les Etats étaient endettés à cause de l’effort de guerre et non d’un excès de consommation et de promesses sociales. L’inflation était également très élevée après la guerre. Aujourd’hui, le chômage est important en Europe et aux Etats-Unis, mais l’inflation très basse. De plus, non seulement les Etats mais également les banques et les ménages sont très endettés. Enfin, l’actuelle phase de répression financière ne s’accompagne nullement d’une augmentation du PIB et des investissements.
Pourtant, la répression financière va s’accélérer. Les réglementations obligeant les acteurs économiques à acheter les emprunts d’Etat se multiplient. C’est le cas des règles de solvabilité pour les assurances (Swiss Solvency Test en Suisse et bientôt en Europe avec solvabilité II) et de Bâle III pour les banques. Les assurances n’ont alors pas besoin de mettre du capital de côté si elles achètent des obligations d’Etat, alors que le coût de l’investissement est prohibitif pour l’achat d’actions, d’immeubles ou de placements alternatifs. Pourquoi s’étonner si les assureurs vie étaient les premiers acheteurs d’obligations de l’Etat français (les OAT).
Cela ne devrait pourtant n’être qu’un début, estime la NZZ. En effet, le taux d’endettement est bien plus élevé qu’on ne le dit. En France, il est officiellement de 86%, mais avec les garanties à l’UE, le taux grimpe à 146% du PIB. Il est encore plus indécent avec les engagements pour les systèmes de retraite et de santé.
* «The liquidation of government debt», Carmen Reinhart and Belen Sbrancia, NBER, 2011.
http://www.bis.org/publ/work363.pdf
Par Emmanuel Garessus/Le Temps juin12
La Dette publique Explicite (celle dont on parle) et la Dette publique Implicite (celle que l’on cache)
La Dette publique Explicite (celle dont on parle) et la Dette publique Implicite (celle que l’on cache)
Entre les 2 le mur…du silence et de la honte…

Déniché dans la Neue Zürcher Zeitung ce graphique tiré d’une étude réalisée par la fondation allemande Marktwirtschaft.
Il montre non seulement la dette explicite des Etats européens, mais aussi la dette implicite.
Késako? La première, qui se limite aux emprunts de l’Etat, est celle dont on parle tout le temps, qui ne doit pas dépasser 60% du produit intérieur brut selon les critères de l’Union européenne. La dette implicite est une notion plus large qui inclut les engagements non couverts des collectivités publiques pour financer le système social (retraites, santé, etc.)
Si on s’en tient à la dette explicite, les cancres – désormais bien connus – sont la Grèce, l’Italie, la Belgique, l’Irlande et le Portugal. Si on y ajoute la dette implicite, le tableau change passablement. L’irlande confirme sa mauvaise situation, elle l’empire même avec une dette implicite représentant 14 fois son PIB! En revanche, l’Italie se trouve dans une situation beaucoup plus favorable que tous les pays européens, et le Portugal s’en sort nettement mieux que le Luxembourg, par exemple.
Le concept de dette implicite fait débat. Celle-ci s’étale sur une plus longue période et comporte un plus grand nombre de variables, susceptibles d’en modifier sensiblement le montant. les Etats ont la possibilité d’apporter des mesures correctives. Elle donne néanmoins une vision plus complète de la situaton d’un pays et, à ce titre, devrait aussi être prise en compte dans les critères de Maastricht, estime la fondation Marktwirtschaft.
SOURCE ET REMERCIEMENTS : BEQUILLES
http://peclet.wordpress.com/2011/12/08/litalie-mauvais-eleve-cela-depend-de-quoi-on-parle/
Les sanctions de l’Union européenne sont vouées à l’échec Par Emmanuel Garessus
Les sanctions de l’Union européenne sont vouées à l’échec Par Emmanuel Garessus
Les intimidations des dirigeants européens s’accumulent. Mais pas de quoi céder à la panique. «Les deux tiers des sanctions économiques échouent», a déclaré récemment Hosuk Lee-Makiyama, directeur d’un think tank spécialisé sur le commerce international, le European Centre for International Political Economiy (ECIPE)

L’expert, comme son nom ne l’indique pas, a représenté la Suède et l’UE auprès de l’OMC. Cette évaluation du taux d’échec des sanctions se fonde sur les travaux de Gary Hufbauer* qui évoque notamment les effets de la mondialisation sur ce type d’interventions. Le directeur de l’ECIPE en témoigne. «Je n’ai jamais vu autant de voitures et téléphones chinois que lors de mon récent voyage en Syrie», a-t-il ajouté lors d’une conférence de la Progress Foundation, à Zurich.
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Les Grecs renoncent au référendum, mais donnent des idées aux Allemands
Les Grecs renoncent au référendum, mais donnent des idées aux Allemands
Un guignol. C’est l’image que donne George Papandreou après avoir affolé mardi les bourses et l’Union européenne avec son référendum sur le plan d’austérité grec, puis en se disant prêt à le retirer ce jeudi en échange d’un soutien de la droite à ce plan.

Tout était bâclé, bricolé dans ce qu’on appelle à tort le « drame » grec: c’est d’un mauvais vaudeville qu’il s’agit. Ne pas mentionner la possibilité d’un référendum aux partenaires européens avec qui Papandreou négociait depuis des mois était déjà énorme. Le premier ministre n’avait pas davantage assuré ses arrières à l’interne, comme on l’a constaté ce matin quand son ministre des finances l’a ouvertement désavoué. Si encore le premier ministre avait mis sa tête sur le billot, affirmé haut et clair qu’il ne resterait pas une seconde de plus au cas où les Grecs refuseraient le plan d’austérité, il aurait au moins montré un peu de panache. Mais non, il cherchait juste à sauver sa peau, à se cacher derrière le peuple ou à forcer la main du Parlement.
Au fait, quelle aurait été la question du référendum: « Acceptez-vous les sacrifices demandés? » Que nenni! Les partenaires européens se sont vite chargés de la reformuler: « Voulez-vous sortir de la zone euro? » Tel est le vrai enjeu, dont George Papandreou ne semble même pas avoir mesuré l’ampleur avant de lancer son idée. En admettant que les Grecs veuillent courir ce risque, les conséquences seraient rapides et concrètes, comme le résume la NZZ: création d’une nouvelle monnaie qui, rapidement, ne vaudrait pas pipette, explosion des taux d’intérêt et de l’inflation, annulation probable des trois milliards d’euros d’aide que reçoit la Grèce chaque année, ruée sur les banques et faillites en série. La Grèce sombrerait probablement dans un chaos généralisé, vu le niveau d’anticipation dont font preuve ses dirigeants.
Cette perspective a dû réveiller le premier ministre. Le choc entre « les marchés » et le « berceau de la démocratie » est donc reporté, alors que certains voyaient déjà dans le référendum grec une « vengeance de la politique ». En l’occurrence, la politique ne s’est vengée de rien du tout, elle a brûlé le peu de crédibilité qui lui restait. La démocratie directe ne s’improvise pas. Elle ne fonctionne que dans un cadre clair, avec des règles précises et une certaine pratique – trois conditions non remplies dans le cas grec.

Mais il en restera quelque chose. Les Grecs ont inspiré les Allemands, dont le sentiment anti-UE est très fort. La presse de boulevard et plusieurs politiciens demandent que les citoyens votent sur les mesures d’assistance à la Grèce, où Berlin joue comme d’habitude les chefs pompiers. Si la graine de la démocratie directe devait germer en Allemagne dans le climat actuel, on peut compter sur les autorités pour que les conditions techniques citées plus haut soient remplies. Et craindre le résultat populaire.
Publié : le 3 novembre 2011 par Jean-Claude Péclet
Les Nouvelles Technologies Redessinent la situation énergétique du monde
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source New York Times
Delta one en piquée et droit dans le mur : Un courtier londonien déstabilise UBS
Delta one en piquée et droit dans le mur : Un courtier londonien déstabilise UBS
Un courtier londonien déstabilise UBS et la banque annonce une perte de 2 milliards de dollars La banque a annoncé une perte de 2 milliards de dollars. Elle accuse un de ses employés d’avoir mené des transactions illicites. Le monde de la finance ne s’explique pas ce dérapage et s’interroge sur la fiabilité des systèmes de contrôle des risques de la banque

Les cadres de la Société Générale avaient eu un week-end pour se préparer après la découverte des positions à hauts risques accumulées par un jeune courtier de 31 ans, Jérôme Kerviel, le vendredi 18 janvier 2008. UBS n’a pas eu cette chance. Ce n’est que mercredi que la grande banque suisse aurait pris connaissance de l’ampleur des paris d’un de ses courtiers londoniens. L’action UBS a perdu 10% sur la seule journée d’hier.
K. A., 31 ans, identifié dans la matinée par le Financial Times, a été arrêté par la police à son domicile au centre de Londres jeudi à 3h30 du matin. A 8h57, trois minutes avant l’ouverture de la bourse suisse et alors que le Conseil national commençait l’examen du projet de loi «too big to fail», UBS se fendait d’un communiqué de quatre lignes, annonçant que les «opérations non autorisées» de l’un de ses traders avaient causé une perte de 2 milliards de dollars (1,75 milliard de francs suisses) dans sa banque d’affaires.
L’établissement a aussitôt prévenu que cette «fraude» n’avait pas affecté de positions de clients, mais pourrait conduire à une perte sur le troisième trimestre. Les analystes s’attendaient jusqu’ici à un résultat d’un peu plus d’un milliard de francs sur la période, déjà jugée «très faible».
Selon nos informations, le courtier travaillait sur les ETF, des fonds indiciels dont le Conseil de la stabilité financière a déclaré en avril redouter leur complexité. La perte de trading, qui représente 4% des fonds propres de la banque, efface presque entièrement l’économie de 2 milliards de francs attendue par la suppression de 3500 postes annoncée le 23 août dernier.
Dans un entretien accordé à la Welt am Sonntag en octobre 2010, le patron d’UBS, Oswald Grübel, appelait sa banque d’affaires à prendre davantage de risques à l’avenir, seule manière, soulignait-il, de générer à nouveau des bénéfices élevés et de faire jeu égal avec la concurrence.
Kweku Adoboli, le trader de 31 ans d’UBS qui vient d’être arrêté pour avoir causé une perte de 2 milliards de dollars à la banque, vient d’un segment curieux de sa salle de marché: le Delta One desk.
Chaque institution financière en dispose d’un. Themis Trading parle du secret le mieux gardé de Wall Street, mais là, je ne partage pas son avis.
Ce desk particulier traite des produits dérivés sur les actions comme les swaps sur actions, les futures et les options et les ETF, avec la caractéristique de s’appuyer sur la recherche quantitative. En d’autres termes, il utilise beaucoup de mathématiques et de modèles de corrélation, en bref, des algorithmes, pour négocier ce type de produits.
Par exemple, si un hedge funds client d’une banque X veut une exposition aux compagnies minières à l’exception d’Anglo Gold et Barrick Gold, cette banque via le desk Delta one, va lui proposer un swap customisé. Les produits Delta One permettent une exposition à un panier de titres.
Une autre caractéristique de ces produits repose sur les ajustements que les traders doivent effectuer pour assurer que le produit suive correctement la performance du sous-jacent. On appelle ça le delta hedge.
Comme le souligne de nombreux médias, cette division des salles de marché des banques est devenue rentable, et les traders et quants qui y sont rattachés sont très recherchés. Elle n’est pas si secrète que ça, puisque lorsqu’on visite les salles de trading des banques, elle est souvent mise en évidence de par sa taille dans celles-ci.
Elle a pris le relais du trading en actions des salles de marché, devenus beaucoup moins rentables au fil des années, du fait des changements de régulation, de la fragmentation des marchés d’actions, et de la concurrence exacerbée des firmes de trading à haute fréquence comme Getco et Citadel Investments.
Pour en revenir à Kweku Adoboli, il semble que son delta hedge ait mal tourné et qu’il ait essayé de rattraper son coup en jouant une position inverse. Certains participants de marché soulignent qu’il a mal couvert son exposition au franc suisse.
En 2008, Jerôme Kerviel avait aussi connu un delta hedge qui a mal tourné. Et la Société Générale en avait fait les frais.
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Ne lions pas le franc suisse à une monnaie malade! Par Emmanuel Garessus
Ne lions pas le franc à une monnaie malade! Par Emmanuel Garessus
"Comme l’explique Beat Gygi, le chef de la rubrique économique de la NZZ, l’UE cherche à diriger l’économie et les monnaies, comme Moscou l’ambitionnait pour l’URSS avec ses plans quinquennaux. Cela s’est terminé par son éclatement et cela ne fonctionnera pas avec l’euro, écrit la NZZ.
Le changement que doit opérer l’Europe, c’est de permettre aux citoyens de contrôler ses autorités. Il faut mettre un «frein à l’intégration européenne». L’inverse de l’idée d’euro-obligations"
La BNS a bientôt utilisé toutes ses cartouches. Les injections de liquidités sont de plus en plus massives. Mais davantage que les milliards dépensés, c’est l’allusion à un possible lien avec l’euro qui a frappé les esprits

source Wall Street Journal
La BNS a bientôt utilisé toutes ses cartouches. Les injections de liquidités sont de plus en plus massives. Mais davantage que les milliards dépensés, c’est l’allusion à un possible lien avec l’euro, ce que les experts appellent l’«open mouth politics» (la «politique de la bouche ouverte») qui a frappé les esprits, installé le doute chez les gérants de hedge funds, et provoqué une baisse du franc. Bluff ou non, la BNS a gagné du temps, même s’il est trop tôt pour évoquer un possible changement de tendance à long terme. Car le marché adore analyser, tester, fouiner dans les endroits les plus reculés de la zone euro et revenir à la charge afin que la lumière soit faite sur les bilans des banques et des Etats en difficulté. Comme pour Lehman Brothers en 2008.
Car, en dépit des déclarations solennelles, de sirupeux sommets européens, des milliards d’euros offerts par des contribuables jamais consultés, et des achats peu orthodoxes de la BCE, la Grèce a dû annoncer un défaut sur sa dette, partiel mais réel. Cet été, la zone euro a franchi le Rubicon. Si l’aléa moral (la protection du «trop grand pour faire faillite») n’existe plus pour la Grèce, en serait-il autrement pour une autre nation, petite ou grande?

source Blog de Felix Salmon
Les conséquences de ce changement de paradigme sont analysées par le Peterson Institute1 et Simon Johnson, l’ex chef de la recherche du FMI. Le mécanisme qui menace d’éclater est complexe et technique. Il porte sur le système de clearing des capitaux entre les banques centrales de la zone euro, donc sur la gestion des soldes financiers entre pays créanciers et débiteurs. La Bundesbank joue le rôle clé. Les débiteurs de la zone euro lui devaient déjà 340 milliards à la fin 2010. Le déroulement de la crise aggrave les déséquilibres. Mais il est clair que si une banque centrale n’acceptait plus les créances d’une autre, ce serait la fin de l’euro. Si les euros détenus dans les banques allemandes n’ont pas la même valeur que ceux détenus dans les banques irlandaises, l’euro a vécu, assure ce rapport. L’Allemagne paiera-t-elle encore longtemps?
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Les leçons des critiques de Paul Krugman
Les leçons des critiques de Paul Krugman
Le Prix Nobel d’économie Paul Krugman est aveuglément convaincu que la politique doit contrôler l’économie.
Il lui est égal que cela soit par des moyens monétaires ou fiscaux, selon la NZZ.
Il est toutefois plus surprenant qu’il s’en prenne de façon agressive à Axel Weber et à sa possible nomination à la tête de la BCE. A son avis, un président aussi conservateur serait un désastre pour tout le monde. Pourtant ses critiques de la culture européenne et en particulier allemande sont étonnantes. Elle montre son ignorance du fait que lui-même est un enfant des expériences historiques de son pays. L’expérience de l’hyperinflation continue de marquer les Européens, comme la Grande Dépression reste ancrée dans l’esprit des Américains.
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Aucun accroissement des inégalités en Allemagne
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Le plan d’austérité allemand a rapidement été condamné par l’opposition en arguant de manque de «justice sociale». En même temps, une étude de l’institut DIW, à Berlin, fait beaucoup de bruit outre-Rhin. Certains y voient une plus grande polarisation des revenus. Les pauvres le seraient toujours davantage, les riches s’enrichiraient et la classe moyenne se réduirait comme une peau de chagrin.
Selon la NZZ, quiconque lit l’étude en tire une autre leçon.
La polarisation a eu lieu au changement de siècle, mais depuis dix ans l’écart entre riches et pauvres est resté constant en Allemagne et il a même baissé ces dernières années. Il est également faux d’affirmer que les pauvres sont toujours plus pauvres. L’étude du DIW montre qu’ils ont gagné en 2009 sensiblement davantage que les années précédentes. Une comparaison internationale place l’Allemagne parmi les pays les moins inégalitaires en termes de revenu. Celui qui recherche la froideur sociale doit regarder ailleurs. Mais les médias préfèrent continuer d’en appeler à la justice sociale.
BP dans les filets de la politique américaine
BP dans les filets de la politique américaine
Le groupe britannique estime pouvoir payer ses 10 milliards de livres sterling de dividendes. C’est économiquement plausible, mais politiquement moins sûr, car BP est de moins en moins le maître de ses finances et de ses ressources, selon la NZZ.
Ces derniers jours, la pression n’a cessé de s’accroître. Les exigences financières également ainsi que le gouvernement Obama devraient le montrer. C’est une atteinte hautement douteuse aux droits de BP, selon le quotidien. Cela ressemble fortement aux interventions dans un système financier pourtant déjà fortement réglementé. Dans l’énergie, comme dans l’affaire UBS, le gouvernement américain ne manque pas d’instruments politiques pour faire plier un groupe étranger. Les spéculations vont de l’amende aux plaintes pénales en passant par le retrait de brevet d’exploitation. Comme 40% du groupe sont aux Etats-Unis, cela équivaut à une perte de propriété.
Deepwater/BP : La marée noire est bien pire qu’annoncé (cliquez sur le lien)










































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