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Carmignac Gestion/Rose Ouahba : Les banques restent le maillon faible

Carmignac Gestion/Rose Ouahba : Les banques restent le maillon faible

BBVA fait partie de ces banques qui sont à nouveau confrontées à un manque de liquidités.

Les marchés obligataires envoient de nouveau des signaux de détresse. Rose Ouahba, gestionnaire de fonds chez Carmignac Gestion, constate que la prime de risque des obligations d’entreprises a recommencé à augmenter. Non pas pour des raisons liées aux fondamentaux des sociétés, mais pour une question de fermeture du marché primaire (les nouvelles émissions brillent par leur absence).

 « Depuis le premier trimestre, les banques qui détiennent des obligations souveraines des pays du sud de l’Europe se sont retrouvées dans une situation moins confortable. On a assisté à une détérioration des primes de risque des entreprises car les banques ont cessé la négociation de ces titres. Techniquement, la liquidité du marché s’est asséchée. Un gérant de portefeuille qui souhaite vendre 10 à 15 millions d’euros d’emprunts de société se retrouve dans l’impossibilité de le faire car les banques ne donnent plus de prix de rachat », explique-t-elle.

Les rendements des dettes d’entreprises s’étaient révélés stables durant la première partie de la crise souveraine. Mais le marché a désormais cédé à la psychose. « On retrouve tous les symptômes de la période post Lehman Brothers. Les banques ont cessé de se prêter entre elles et parquent leur argent à la Banque centrale européenne », observe Rose Ouahba.

Commentaire du Wolf : les Banques face aux Dettes Souveraines (cliquez sur le lien)

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Pas de panique?

Du côté des entreprises, la gestionnaire note que le gel du marché primaire ne constitue pas un problème de financement à court terme. « Elles ont bien travaillé l’an dernier. La plupart se sont financées jusqu’en 2011. Elles ont réduit leurs investissements et leurs effectifs, et disposent d’un cash-flow disponible important. Elles se retrouvent un peu moins dans le besoin qu’en 2008 », note-t-elle. Toutefois, elle reconnaît que si la situation devait perdurer, cela pourrait poser un problème. « Le principal danger réside dans une tension du marché interbancaire. C’est important car il s’agit du vecteur de transmission de la crise, souligne-t-elle. Si demain, une nouvelle banque allemande ou espagnole devait faire défaut, cela serait problématique. »

Pas de visibilité

Du côté des banques européennes, les perspectives restent nébuleuses. Rose Ouahba précise que chez Carmignac Gestion, les portefeuilles ne contiennent plus de valeurs bancaires européennes depuis un mois. « Elles ont moins provisionné par rapport à leurs actifs toxiques, contrairement aux banques américaines. Elles présentent un facteur risque souverain important. Et avec la détérioration du contexte macroéconomique, certaines sociétés plus fragiles vont aboutir à une augmentation des prêts à risque non performants », relève la gestionnaire. Les stress test montrent que les banques devraient s’en sortir, mais on reste prudent ».

De plus, le contexte actuel de régulation du secteur devrait rendre les banques moins intéressantes pour l’investisseur « en termes de retour sur fonds propres ».

Enfin, il reste aussi la question des liquidités de certaines banques. « Selon les publications d’organismes en rapport avec la BCE, les banques espagnoles ont déjà emprunté 85 milliards d’euros à la banque centrale, mais leur situation reste tendue. Des institutions comme BBVA se sont exprimées sur le sujet », indique Rose Ouahba.

La gestionnaire précise toutefois exclure un retour de la récession. Elle s’attend à une décélération de l’économie au deuxième semestre. Dans la zone euro, la croissance économique devrait rester inférieure à 1%, souligne-t-elle. L’euro devrait continuer à s’affaiblir, à 1,10-1,15 USD. Une bonne nouvelle. Bien solitaire…

source echo juin10 

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES : Une crise bancaire seulement reportée ? (cliquez sur le lien)
 
 
EN COMPLEMENT: Le contexte en mai comparable à la faillite de Lehman / BCE

La Banque centrale européenne a abandonné en mai son opposition au rachat d’emprunts d’Etat car les tensions étaient d’ampleur comparable à celles qui ont entouré en septembre 2008 la faillite de Lehman Brothers, indique la BCE dans son bulletin mensuel.

Parties des marchés obligataires, les turbulences se sont très rapidement propagées aux marchés d’actions et au marché des changes au mois de mai, mettant en péril l’accès aux financements et sapant la confiance, décrit la banque centrale dans le document publié jeudi. 

Cette situation a incité la BCE à décider de racheter de la dette dans le but de ramener le calme et de veiller à la transmission des retombées de la politique monétaire. 

« Les événements de ces quelques jours étaient sous certains aspects comparables à cette dernière (la faillite de Lehman), notamment en ce qui concerne la soudaineté de l’évolution du sentiment et le caractère abrupt de la fuite des investisseurs financiers vers la sécurité », explique la BCE. 

« Le fonctionnement de plusieurs segments des marchés financiers a été gravement mis à mal », ajoute la banque centrale. 

De manière générale, les marchés monétaires souffraient d’un climat de défiance et les liquidités se sont faites rares. Un indicateur mesurant la probabilité d’une insolvabilité de plusieurs banques systémiques était plus haut que lors de la faillite de la banque d’investissement américaine, précise la BCE dans le document. 

« La situation sur les marchés monétaires les 6 et 7 mai a souffert d’une contagion des turbulences sur les marchés des dettes souveraines, provoquée par la forte augmentation des incertitudes concernant le risque de contrepartie », ajoute-t-elle. 

« La probabilité d’un défaut simultané d’au moins deux groupes bancaires importants et complexes de la zone euro (..) a fortement augmenté le 7 mai, à des valeurs plus hautes qu’au lendemain de l’effondrement de Lehman Brothers. » 

 source reuters juin10

 
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