Changes et Devises

Quel Or est il ?

Il est l’or, mon seignor!

 « C’est l’or ! Il est l’or ! L’or de se réveiller ! Mon seignor,… ». Quoi de plus naturel que cette réplique culte tirée du film « La Folie des Grandeurs » pour faire un petit point sur un grand classique du portefeuille : l’or.

PLUS DE GOLD EN SUIVANT :

Sous forme de lingots, de pièces, d’ETF et autres produits dérivés, le métal jaune connaît un nouvel âge d’or.

L’incertitude économique a donné des ailes à cette valeur refuge par excellence. Avec un record de 1.254,50 dollars l’once le 8 juin dernier. Une once d’or pesant 31,1 grammes

Quelques données pour mesurer l’engouement pour le métal jaune:

–>La Monnaie des Etats-Unis est à court de pièces d’or.
–>Le mois dernier l’Afrique du Sud a accru de 50% sa production de Krugerrand, son plus haut niveau depuis 25 ans.
–>La contrepartie des ETF, des instruments qui permettent d’investir dans l’or sans livraison physique, atteint 1.856 tonnes d’or contre 500 tonnes en 2005.

Pour découvrir les principales réserves d’or dans le monde par pays, cliquez sur le lien

http://www.mint.com/blog/trends/who-owns-the-worlds-gold/?display=wide (cliquez sur le lien)

EN COMPLEMENT ENTRETIEN AVEC EVY HAMBRO GÉRANT DE FONDS DÉDIÉS AUX MINES ET À L’OR DE BLACKROCK

Evy Hambro : « Le véritable cycle haussier de l’or commence maintenant »

Jusqu’où ira l’or ? La forte décote des compagnies minières va-t-elle durer ? Alors que les certitudes s’effondrent, Evy Hambro, gérant vedette des deux fonds les plus capitalisés au monde investis respectivement dans les mines et les sociétés aurifères, donne un point de vue précieux.

Propos recueillis par Massimo Prandi, Les Echos juin10

La montée des prix du métal jaune a-t-elle des bases solides ?

Bien sûr. Toutes les catégories d’investisseurs sont aujourd’hui friandes d’or : les fonds, les institutionnels et les particuliers. Cet actif est bien décorrélé de l’inflation, de la déflation et des autres grandes menaces qui planent sur la conjoncture économique mondiale. C’est une alternative naturelle aux dettes publiques. Son intérêt grandit dans plusieurs pays sur fond de crise de la dette souveraine européenne. Son prix est au plus haut en plusieurs devises. C’est la première fois que cela se produit alors que son prix en dollar grimpe depuis dix ans. Ce signal marque le véritable début du cycle haussier de l’or. Les investisseurs ne vont pas oublier si tôt la leçon que leurs aînés avaient apprise il y a longtemps sur la valeur intrinsèque du placement dans le métal jaune. Encore très faiblement présent dans les portefeuilles, il deviendra progressivement une composante habituelle des allocations d’actifs. Dans ce contexte très mouvant et porteur, ça n’a pas beaucoup de sens de fixer un objectif de prix. Tout est possible en termes de hausse des cours.

Où en est-on du côté de l’offre ?

La production minière peine toujours à augmenter. Le principal obstacle est représenté par des coûts de production relativement élevés. Pour qu’une nouvelle mine d’or soit rentable, il est nécessaire que le prix de l’once qui y est extraite excède 900 dollars. Ce qui restreint considérablement les opportunités de relever l’offre minière. La seconde grande composante de l’offre relevait jusqu’à il y a peu des ventes des réserves officielles des banques centrales, notamment européennes. Ce segment comptait alors entre 13 % et 15 % des disponibilités totales. Or, cette source s’est tarie car les banques centrales ont cessé de vendre de l’or, tandis que plusieurs de leurs homologues des pays émergents accroissent leurs réserves de change en ce métal précieux, à l’image de la Russie ou de l’Inde. Et il n’est pas exclu que les banques centrales des provinces de Chine ne soient en passe de faire à leur tour des achats.

Le compartiment des entreprises minières hors mines d’or est soumis à une forte pression baissière en ce moment. Quelles en sont les causes ?

En effet, en moins d’un mois l’indice global des 100 principales capitalisations du secteur calculé par HSBC s’est déprécié d’environ 25 %. Les poids lourds aux actifs localisés en Australie ont été plus sévèrement frappés. Autant les investisseurs sont attirés par les mines d’or, autant ils sont déçus par les autres mines. Pourtant, les marges bénéficiaires de cette industrie n’ont pas beaucoup bougé, demeurant élevées. A 2,8 dollars la livre, le cuivre a certes lâché beaucoup de terrain, mais ses producteurs n’ont rien à craindre car leurs coûts de production sont de l’ordre de 1,30/1,40 dollar la livre. Et que dire du minerai de fer, dont le prix spot en Chine est encore proche des 150 dollars la tonne alors que le coût moyen de production est d’environ 40 dollars ? Les liquidations des positions prises sur les valeurs minières sont excessives. Elles sont déterminées à la fois par la perspective de l’introduction en Australie d’une super-taxe sur les profits de ces sociétés, par la crise de la dette souveraine et par le resserrement des mailles du crédit en Chine. Or, l’issue probable du bras de fer entre le gouvernement australien et les sociétés extractives est un compromis. Quant à la croissance chinoise, elle n’est guère menacée. Le mouvement de fusions-acquisitions n’est pas achevé avec plusieurs opérations de grande taille en cours. La distribution de dividendes est attrayante. Reste l’inconnue de l’évolution de la crise de la dette souveraine…

Quelles sont les ressources minérales qui ont vos faveurs aujourd’hui ?

Nos paris n’ont pas changé par rapport au début d’année : le cuivre, le minerai de fer, le platine, le potasse et l’or. Je reste en revanche prudent sur l’aluminium, dont les stocks demeurent très importants.

Evy Hambro

Evy Hambro, directeur général et gérant de portefeuille, est coresponsable des investissements de l’équipe ressources naturelles de BlackRock. Il gère les fonds actions BGF World Mining, BGF World Gold ainsi que les deux trusts anglais équivalents (BlackRock Gold and General et BlackRock World Mining Trust). Le fonds BGF World Gold et BGF World Mining pèsent respectivement 6,9 milliards et 13,1 milliards de dollars. Evy Hambro cogère également le fonds alternatif Ressources Naturelles et gère un certain nombre de mandats dédiés.
Il a rejoint BlackRock en 1994, ce qui inclut ses années d’expérience au sein de MLIM qui a fusionné avec BlackRock en 2006.
Evy Hambro est titulaire d’une maîtrise en marketing obtenue avec mention en 1994 à l’université de Newcastle.

BILLET PRECEDENTArdents playdoyers en faveur de l’or (cliquez ur le lien)

 
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