Art de la guerre monétaire et économique

Les investisseurs rêvent encore mais TINA n’a plus 20 ans par Geert Noels

Les investisseurs rêvent encore mais TINA n’a plus 20 ans par Geert Noels

Ah, les Eighties ! Quand ils entendent ce mot, mes enfants savent quelle heure il est. C’est le moment où je règle l’iPod pour débarquer au beau milieu de U2, Dire Straits, Human League, Supertramp ou Tears For Fears. Je prends alors plaisir à leur expliquer que Michael Stipe, du groupe REM, avait à l’époque une chevelure luxuriante et qu’il y avait aussi la pulpeuse Tina Turner ; oui, oui, la bobonne qui se trémousse encore aujourd’hui en ondulant des hanches.

PLUS DE NOELS EN SUIVANT :

World Stagflation is next

Les années 1980, c’était les années de crise de l’économie belge. Nos parents pliaient l’échine sous le poids des pouvoirs spéciaux et des lois budgétaires mais la Bourse belge grimpait imperturbablement. On a attribué (et on attribue encore toujours) cette hausse à la loi Cooreman-De Clerck alors qu’on peut constater aujourd’hui que dans tous les pays du monde, les Bourses ont progressé environ autant, voire davantage, au cours de la même période, sans le pouvoir magique de versions locales de MM. Cooreman et De Clerck. Il y avait par contre un effet de levier qui faisait grimper le cours de toutes les actions : le taux d’intérêt. Les taux baissaient dans le monde entier, et ils ont continué à le faire sans arrêt jusqu’à ce jour. La plus grande contribution au marché haussier a ainsi été fournie par la baisse des taux, la baisse de l’inflation après les chocs des prix des années 1970.

TINA ? There Is No Alternative !

La réalité est que, depuis 1996, les actions n’ont pas mieux presté que les obligations. Depuis 14 ans déjà, l’investisseur est mieux rémunéré par une simple obligation d’Etat sans risque que par un panier d’actions. Tout au long de cette période, on nous a pourtant fait croire que les taux d’intérêt étaient bas. Si affreusement bas que les obligations n’avaient pas de sens. Tout le monde financier s’adressait en chœur aux investisseurs en chantant une seule chanson, celle de TINA. Il ne s’agissait pas de la séduisante diva du disco mais de l’abréviation de «There Is No Alternative !»

Nous voici 14 ans plus tard et on continue à nous seriner la même rengaine. Mais ce qui avait une allure jeune, fraîche et authentique au début des années 1980, sonne faux et périmé aujourd’hui.

La vache devra continuer à donner du lait

Sur les 15 dernières années, la prestation des indices boursiers a été plus mauvaise que celle des obligations. Toutefois, si on y ajoute le dividende, les obligations sont battues de justesse.

 L’importance des dividendes pour les investisseurs en actions fait encore toujours l’objet d’une sous-estimation chronique. Il est incompréhensible que les investisseurs en produits dits à capital garanti soient même disposés à vouloir renoncer au meilleur morceau de la Bourse, à savoir les dividendes.

Dans les 10 prochaines années, les rendements boursiers seront sans doute déterminés pour moitié – voire davantage – par les dividendes. Car la vache ne peut plus être engraissée par la baisse des taux d’intérêt mais elle devra continuer à donner du lait.

Notons immédiatement que ce rendement total sera très pâlot au regard de celui des glorieuses années 1980 et 1990. Mais tout n’est-il pas devenu un peu «moins» depuis les années 1980 ? Chez Tina, il y avait quelque chose à voir mais que voyez-vous, bon sang, chez Lady Gaga ? Ou tout de même, en y regardant de plus près, on discerne Love All Dividend Yield…

Geert Noels,CEO et chief economist d’Econopolis/Trends dec10

Réactions : trends@econopolis.be

BILLET PRECEDENT :  La décennie de la tortue par Geert Noels

EN  COMPLEMENT : Les prochains shrapnels économiques par Bruno Colmant

Ce furent d’abord des déflagrations au ras des chiffres. Un peu comme ces mines qui meurtrissent sans tuer. Ensuite, on a senti les lourds bilans de Manhattan trembler et se fissurer sous les grondements de l’assaut des subprimes. Puis, tout s’est passé très vite après la faillite de Lehman Brothers. La guerre économique a alors commencé.

Terre brûlée

Il faut se préparer à une décennie économique de terre brûlée. L’annonce d’une économie plus dure n’est pas un message facile. Mais cette réalité ne signifie ni résignation, ni prophétie désespérée. C’est cela, peut-être, le message de cette crise : il faut repenser la pensée, sortir de nos réflexes idéologiques et culturels, et redéfinir ensemble la prospérité économique de notre pays. Le statu quo est intenable. Voici quelques points de repère de l’économie de demain :

1. Les foyers de croissance du monde se recomposent, avec une zone européenne à la croissance autonome très faible, suite à un manque de capacité d’innovation et à la finitude d’un capitalisme d’accumulation.

 Au cours des 10 dernières années, les économies occidentales se sont limitées à croître grâce à une politique monétaire expansionniste, aux conséquences artificielles et éphémères. Comme l’expansion monétaire atteint ses limites, la croissance de l’Europe continentale va en être durablement affectée.

2. Nous traverserons une immersion dans une économie de marché beaucoup plus exigeante, voire prédatrice, au sein de laquelle l’Etat, intoxiqué par quatre décennies d’endettement croissant et de manque de vision, sera contraint à n’assurer plus qu’un rôle supplétif.

Les prochaines années signeront la fin de l’Etat providence et des modèles de stimulation étatique à crédit.

3. Acculés par leur endettement, les Etats vont reprendre le contrôle du secteur financier en plaçant les banques sous une forte tutelle. Cette dernière conduira à exiger des banques de canaliser l’épargne vers le financement de leurs dettes.

 Les Etats vont donc recapturer le droit régalien de battre monnaie dont le sabordage des accords de Bretton Woods en 1971 les avait dépossédés. En conséquence, les banques évolueront dans un état de nationalisation éthérée.

4. Cette monétisation de la crise suscitera de probables poussées de forte inflation, elles-mêmes attisées par la rareté croissante des ressources alimentaires.

 La déflation sera évitée par une croissance des transferts sociaux. L’hyperinflation est un scénario peu probable, quoiqu’il ne soit aucunement exclu. Il s’agirait alors du «Weimar planétaire» esquissé par Jacques Attali.

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5. Le prix des matières premières, qu’elles soient énergétiques, alimentaires ou industrielles, va atteindre des sommets qui risquent d’être inimaginables, malgré l’adaptation progressive de l’homme à la raréfaction des biens.

 En même temps, les contraintes démographiques et environnementales, que l’humain n’aura pas réussi à discipliner, se verront régulées par les prix d’une économie de marché, c’est-à-dire la loi de l’offre et de la demande, multipliée par la peur de la pénurie.

6. Le contexte monétaire évoluera probablement vers une dépréciation du dollar.

Cette dépréciation du dollar sera cependant mitigée par la fissuration de l’euro et le rôle de la Chine comme premier créancier des Etats-Unis. Il n’est pas exclu que les Etats-Unis mettent en œuvre un subtil protectionnisme, pour se protéger contre la délocalisation asiatique des capacités de production industrielle.

7. Les gouvernants de la zone euro seront confrontés au dilemme schizophrénique de devoir relancer leurs économies au risque d’une fragmentation de la zone Euro.

Il en résultera des poussées inflationnistes. Des Etats, situés aux confins de l’Europe, vont suffoquer sous la discipline de la monnaie unique.

8. L’hétérogénéité des foyers de croissance sera un ferment fécond à des troubles sociaux (qui seront graves dans certains pays), voire, à une échelle extra-européenne, à des phénomènes guerriers, qui porteront sur les flux alimentaires et/ou énergétiques.

 Des tensions générationnelles émergeront et certains pays pourraient connaître un Mai 68 socio-économique, avec des réminiscences de mouvements ultra-violents.

Nos communautés continueront à traverser un profond changement de modèle, touchant à la trame de nos valeurs collectives. Car, au-delà de l’adoption du modèle, un fait s’impose, au même rythme que la disparition des référentiels supérieurs : ce sera la confiance en l’individu et donc sa responsabilisation au titre d’acteur de l’économie de marché, qui prévaudra. Ceci ramène à un des grands défis de nos communautés occidentales : la répartition des richesses, c’est-à-dire l’alignement des intérêts privés et des bénéfices sociaux.

Bruno Colmant, professeur à la Vlerick Management School et à l’UCL, membre de l’Académie royale de Belgique/Trends dec10

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Le cauchemar de l’investisseur

Les économistes distinguent le risque et l’incertitude:

les risques, on les mesure, ils sont gérables. L’incertitude, au contraire, c’est l’absence totale de visibilité, elle est ingérable. L’investisseur, en pleine incertitude, aujourd’hui, a perdu tout repère, relève l’économiste en chef. L’ultime recours: se projeter dans un avenir plus lointain… Plus incertain encore?

On se rappellera certainement de cette dernière décennie comme d’une période funeste pour les investisseurs, et la situation n’est pas près de s’améliorer.

 Pourtant, tout avait l’air si simple, autrefois: celui qui ne voulait prendre aucun risque pouvait simplement placer son argent sur un compte dans une banque ayant pignon sur rue. Celui qui voulait épargner pour le long terme achetait des bons d’État dont la rémunération était un peu plus généreuse. Ensuite venait tout l’éventail de placements à risque, des obligations d’entreprises en passant par les actions. La règle toute simple était: qui voulait prendre un risque d’une manière intelligente en d’autres mots, diversifiée devait vivre avec des fluctuations de cours à court terme, mais pouvait aussi compter sur une meilleure rémunération à long terme. Il ne reste plus grand-chose de cette logique.

Basculement

La raison, c’est que le monde entier se trouve maintenant confronté à un processus de transition, où les anciens équilibres sont bousculés. La position de domination politique, économique et financière de l’Europe et des Etats-Unis est mise au défi par des pays nouvellement industrialisés, Chine en tête. La position incontestable du dollar américain comme monnaie de réserve internationale commence à se fissurer. Alors que les problèmes de risque pays étaient auparavant réservés aux pays en développement, ce sont maintenant les riches nations industrialisées, comme la Grèce, qui sont menacées d’effondrement. Plus personne ne sursaute lorsque le magazine « Forbes » désigne le président chinois comme une des personnalités les plus puissantes de la planète, et cela en dit long sur la place qu’auront l’Europe et des Etats-Unis dans le monde de demain.

Mauvaises surprises

La transition n’est pas seulement une question de transfert du pouvoir: beaucoup de « nouveaux » pays ont une autre vision de ce que devrait être le nouvel ordre mondial.

 Les valeurs fondamentales du monde occidental, que sont la démocratie, les droits de l’homme et l’ouverture des marchés, n’y sont pas partout considérées comme allant de soi. Le chemin vers la transition est jalonné d’adaptations douloureuses et de constats désagréables. Le changement, les mauvaises surprises et les adaptations douloureuses sont autant de choses que les marchés financiers ont en horreur. Les marchés demandent à disposer de certaines prévisions pour pouvoir s’adapter sans à-coups. Et, dans un monde en train de changer fondamentalement, ils ne sont plus capables de réagir de manière rationnelle, car leur cadre de référence a disparu.

En bonne logique

Les économistes font une différence subtile entre le risque et l’incertitude: les risques sont les hauts et les bas du marché, qui peuvent être cartographiés sur base d’analyses statistiques et qui sont donc gérables. L’incertitude, au contraire, c’est l’absence totale de visibilité, et c’est ingérable.

Un monde qui subit une transition incertaine signifie que les risques financiers se traduisent en incertitude financière ingérable. Pour les économistes, le problème est résolu de manière élégante, mais les investisseurs n’y trouvent pas leur compte. Dans un tel contexte, investir doit être mieux appréhendé, et d’une autre façon.

L’investisseur perdu dans le brouillard

Ce que veulent les investisseurs, c’est cristalliser leur épargne dans l’achat d’un instrument financier. Ils espèrent le transformer, à terme, en pouvoir d’achat en le revendant, et de préférence à un prix plus élevé. En d’autres mots, les investisseurs sont en permanence à la recherche de véhicules solides qui maintiennent leur pouvoir d’achat sans prendre trop de risques, ou mieux encore, qui l’augmentent.

Mais le pouvoir d’achat est par nature fuyant et vulnérable, en particulier lorsque les véhicules doivent être manœuvrés sur des terrains inconnus, glissants et imprévisibles. Beaucoup de méthodes anciennes et de certitudes sont en train de mourir de leur belle mort. Non seulement des grandes banques peuvent maintenant faire faillite, mais des pays très industrialisés également. L’unité de mesure du pouvoir d’achat, en d’autres mots, les devises, peuvent s’écrouler. Les marchés d’actions sont sans véritable direction, et avec des taux d’intérêt qui flirtent avec 0%, l’investissement « sans risque » est plus que jamais devenu une chimère.

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 Le monde, y compris les marchés financiers, va sans aucun doute évoluer vers de nouveaux équilibres, mais ceux-ci doivent non seulement être encore découverts, mais surtout développés, car ils seront en grande partie le résultat de décisions politiques encore à prendre.

Quelle est donc la meilleure stratégie pour les investisseurs? Malheureusement, la réponse, c’est que personne ne le sait.

Dans 10 ans

Mais les investisseurs peuvent aborder la question de l’investissement d’une autre manière. Au lieu de se perdre dans des fatras de statistiques financières, ils doivent se poser la question fondamentale qui est: que puis-je acheter aujourd’hui et qui offre la plus haute probabilité, dans disons 10 ans, d’un plus grand pouvoir d’achat, ou du moins qui n’aura pas perdu sa valeur? En d’autres mots, quel est le produit d’investissement que quelqu’un sera prêt à me racheter, dans 10 ans, à un prix supérieur à ce que j’ai payé, exprimé en pouvoir d’achat?

C’est un exercice difficile et désagréable, mais d’une importance capitale pour l’investisseur. La réponse sera peut-être la même que celle que l’on trouve maintenant au pays de l’investisseur, mais poser le problème de cette façon jette une autre lumière sur le défi que représente un investissement.

Les banques ont appris cette leçon dans la douleur. En lieu et place d’un pilote automatique programmé par des modèles mathématiques extrêmement complexes, elles sont forcées, par les autorités de marché, d’utiliser d’autres techniques en plus de leurs modèles, comme par exemple les scénarios et les tests de résistance. En résumé: comment mon portefeuille se comportera-t-il sous différents scénarios, et à quel montant les pertes pourraient-elles s’élever en cas de tempête? Les investisseurs peuvent aussi raisonner de cette façon. Certains semblent déjà le faire, le plus souvent de manière intuitive. Sinon, comment expliquer la montée persistante et spectaculaire, par exemple, du prix de l’or et du marché de l’art? La question demeure de savoir si ce sont les bonnes réponses. Mais la diversification reste, dans tous les cas, mère de la prudence, car il faut garder l’éventail des possibilités aussi large que possible. l

Par Freddy Van den Spiegel,Economiste en chef de BNP Paribas Fortis nov10 /Traduit du néerlandais par Liliane Tackaert

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La démographie continuera de peser sur les actions (Invesco AM)

 Dans les années 1980, les baby boomers commencent à cotiser massivement aux fonds de pension. Les industries de la gestion d’actifs se mettent en place. Aujourd’hui, les baby-boomers prennent leur retraite. Les normes prudentielles orientent les flux vers des placements sûrs, explique Invesco .

 « Les grands investisseurs internationaux sont, à part quasi égales, des fonds d’investissements (OPCVM), des compagnies d’assurance et des fonds de pension. Assurances et fonds de pension sont soumis à deux séries de contraintes de long terme : la réglementation et la démographie. »

« L’accroissement de la population retraitée contraint les institutions à raccourcir leur actif, en accord avec leur passif. Cette politique est largement indépendante de la réglementation mais liée aussi à la démographie. Le rythme des départ à la retraite devrait atteindre son maximum dans le courant des années 2010, pour de nombreuses économies occidentales. Cette tendance longue de la démographie continue à peser sur les mouvements des institutionnels. La démographie explique pour partie le marché baissier de long terme dans lequel se trouvent les grands marchés actions (ou Age de glace). »

EN LIEN :

(cliquez sur l’image pour aggrandir)

source the big picture/big thing nov10

 Voici la carte d’un monde qui aurait été organisé  de telle sorte que les habitants des pays avec les plus grandes populations se déplaceraient  vers les pays avec la plus grande superficie, le résultat  serait assez déconcertant….

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PERDUS ? par Charles Gave

Les lecteurs  doivent se sentir un peu perdus. Par définition, le lectorat de ce blog est constitué de gens qui s’intéressent à la finance et qui veulent gérer leur épargne de la  façon la plus rationnelle possible.Cette épargne, toujours par définition, est mesurée dans la monnaie qui a cours légal en France, c’est à dire l’Euro aujourd’hui. 

Or cet Euro, on leur dit qu’il pourrait disparaitre. Que faire quand l’étalon de valeur avec lequel vous mesurez votre portefeuille devient suspect? Telle est la question.

 

Pourtant, on leur avait garanti que l’Euro allait nous assurer une convergence des économies européennes, une croissance plus forte qu’auparavant, une protection contre les folies monétaires trouvant leur origine outre Atlantique, une baisse du taux du chômage, des déficits budgétaires sous contrôle et j’en oublie sans aucun doute. Bref, les génies qui nous gouvernent avaient trouvé la pierre philosophale qui allait transformer le plomb  des dépenses étatiques Grecques ou Françaises  en or de prospérité perpétuelle.

 Hélas, à l’évidence, il n’en est rien. Comme le disait Saint Paul : pourquoi faut-il que mes actions arrivent toujours au but inverse de celui que j’ai recherché? » C’est la seule Loi en économie qui fonctionne toujours et partout, la loi des conséquences inattendues… En fait, les créateurs de l’Euro ne se sont pas rendu compte qu’ils créaient ce que Rueff appelait des « faux prix » partout et que ces faux prix avaient déclenché des flux de capitaux gigantesques qui ont été se coller dans des endroits où ce capital est en voie de destruction, puisqu’investi sur un faux prix.

 

L’exemple parfait est, bien sûr, l’immobilier Irlandais ou Espagnol financés par des emprunts que nul ne peut rembourser, ce qui fout en l’air tous les systèmes bancaires européens. Les banques allemandes auraient, parait-il, 190 milliards d’Euro de prêts sur les banques Irlandaises, qui ont elles mêmes prêté à l’immobilier Irlandais, lequel à baissé de moitié. De même pour l’Espagne.Les banques allemandes ont en fait prêté massivement à l’immobilier Irlandais, sans même le savoir.

Comme le disait Stuart Mill, le grand logicien anglais du XIX siècle : « ce qui déclenche un crash, ce n’est pas la perte de l’argent, c’est la réalisation que l’argent à été perdu il y a longtemps déjà ». 

Nous y sommes.

 

Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont tout ce désordre va être résolu.Je ne suis même pas sur qu’il existe des solutions techniques à ce qui est un problème fondamental.On ne peut pas faire coexister dans un système de taux de changes fixes des pays qui ont des productivités différentes.Qu’une réalité aussi simple n’ait pas été perçue par les créateurs de l’Euro dépasse l’entendement…Devant ce désastre inéluctable, mon seul  but dans tous les articles  que j’ai consacré à l’inévitable crise à venir de l’Euro a toujours été le même: aider les lecteurs à se bâtir un portefeuille qui passerait au travers de cette crise sans trop de dégâts. 

Et ce portefeuille est resté le même depuis longtemps.

 

1Pour les actions

En Europe : Eviter tout ce qui est proche des Etats: obligations, banques, compagnies d’assurance, services publics d’électricité 

Acheter tout ce qui a au moins 50% de son chiffre d’affaires en dehors d’Europe 

En dehors de la zone euro : Avoir une part importante de ses actifs en actions à  Singapour ou HK ou dans les belles valeurs technologique US.

Pour le revenu fixe : Conserver son cash en couronne Suédoise, en Franc Suisse, en dollar Canadien, voir en Dollar US, surtout depuis la dernière élection 

Pour les obligations, ne les avoir qu’en Asie, plutôt a 5 ans ou en dessous ou a la rigueur en Suède, en Suisse ou encore au Canada et éviter tous les risques souverains du sud de l’Europe. 

Allocation d’Actifs :  Un portefeuille qui aurait eu 50% de valeurs exportatrices européennes, 30%. D’obligations Suédoises ou Suisse et 20 % de cash en couronne suédoise ou en FS serait en hausse sensible cette année. 

Honnêtement, il commence à y avoir beaucoup d’actions pas chères dans les secteurs proches des Etats, mais je n’ai pas le courage de les recommander. 

Il s’agit d’une spéculation, et non d’un investissement et je ne sais pas spéculer. 

Le but pour le lecteur  reste le même: préserver son capital dans une période qui risque d’être très troublée pour pouvoir le déployer plus agressivement lorsque le moment sera venu. 

Pour l’instant, j’attends avec ma poudre bien sèche…Je laisse les génies qui ont monte ce système trouver une solution autre que la disparition de ce que j’ai appelé un Frankenstein financier. Mais honnêtement, j’ai mes doutes. 

 C.G/JDF /http://lafaillitedeletat.com/ DEC10

http://lafaillitedeletat.com/2010/12/01/perdus-article-a-paraitre-dans-le-jdf-de-charles-gave/

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A  déboulonner sans modération : dix mythes sur l’investissement  mités et miteux

Les grandes institutions financières dépensent des milliards en publicité pour convaincre les  clients d’acheter leurs produits. Dans leurs messages publicitaires, elles se plaisent souvent à entretenir certains mythes sur l’investissement.

Le blogue américain Daily Finance répertoriait récemment dix mythes sur l’investissement que tout conseiller mais pas payeur  devrait prendre le temps de déboulonner avec ses clients histoire d’y voir plus clair…Lucide non ?

1. Nous venons de vivre une « décennie perdue » : OUI et NON : les investisseurs qui ont acheté et détenu un portefeuille diversifié de 60% d’actions et de 40% d’obligations ont réalisé des rendements moyens annualisés de 6% EN DOLLAR US. L’investisseur qui aurait opté pour un portefeuille constitué entièrement d’actions aurait quant à lui réalisé un rendement de 8% a condition d’ètre pleinement diversifié ce qui est il faut en convenir rarement le cas…Pour les adeptes du S&P500 ce fut bien peine perdue :

Mieux encore s’amuser à calculer le tout sur une période de 14 ans prenant en compte le krach des technos en l’an 2000 

2. Les « grandes compagnies » sont toujours de bons investissements : pensez à Lehman Brothers, WolrdCom, General Motors, Conseco et Chrysler. Des compagnies que l’on qualifie de « grandes entreprises » peuvent tomber dans l’abysse des marchés boursiers en quelques jours. Il n’y a pas moyen de prédire qui sera la prochaine à plonger.

3. Le S&P 500 est un indice très stable : Même si la majorité des investisseurs savent que les compagnies entrent et sortent du S&P 500 de façon périodique, ils sont rares à savoir à quel point cet indice est instable. En effet, seulement 74 des 500 compagnies qui formaient à l’origine le S&P 500 en 1957 y étaient toujours en 1998.

Et coté volatilité cela n’est guère mieux :

4. La majorité des clubs d’investissement font mieux que le marché : Une large étude sur la performance de 166 clubs d’investissements a révélé que 60% d’entre eux ont fait pire que le marché. Il y a plusieurs bonnes raisons pour joindre un tel club, mais l’assurance d’un rendement supérieur n’est pas l’une d’entre elles.

5. Les bons rendements d’un fonds commun sont toujours attribuables à son gestionnaire : Le rendement passé d’un fonds d’investissement n’est aucunement un indicateur de son rendement futur. Une étude, menée par plusieurs professeurs universitaires américains et intitulée « False Discoveries in Mutual Fund Performance: Measuring Luck in Estimating Alphas », a examiné les rendements enregistrés par 2 100 fonds aux États-Unis. Ses auteurs concluent que la chance explique souvent la performance des fonds et qu’il n’y a pas de façon de prédire qui sera le prochain gagnant.

6. Les investisseurs devraient détenir des obligations : La majorité des investisseurs devrait investir dans des fonds indiciels obligataires au lieu de détenir des obligations en tant que telles. Ils obtiennent ainsi plus de diversification, de liquidité et des frais moins élevés.

7. Les investisseurs devraient détenir des actions : une action individuelle a le même rendement attendu que l’indice auquel elle appartient, tout en étant deux fois plus risquée. Ce risque s’explique par le fait que le titre pourrait souffrir de choses comme la malhonnêteté corporative ou la mort d’un membre important de la direction d’entreprise. L’investisseur peut arriver au même rendement en achetant un indice.

8. Warren Buffet bat toujours le marché : bien que Warren Buffett soit un grand investisseur, sa compagnie Berkshire Hathaway ne bat pas le marché de façon constante. L’indice qui a approximativement le même écart type moyen (« standard deviation », une mesure du risque) est l’Indice de valeurs émergentes. Durant les 10 et 20 dernières années, se terminant le 31 décembre 2005, le titre de Berkshire Hathaway a moins bien performé que cet indice.

9. Warren Buffett conseille aux investisseurs de choisir les fonds indiciels : Warren Buffett a toujours conseillé aux investisseurs d’opter pour des fonds communs à faibles coûts. Il les préfèrerait même aux fonds négociés en bourse.

10. L’investissement n’est pas une drogue au même titre que le jeu compulsif: les deux activités peuvent entraîner une dépendance et sont très stimulantes. C’est pourquoi les investisseurs sont si facilement attirés par les courtiers et les autres professionnels qui leur font miroiter des rendements phénoménaux. Les courtiers sont des vendeurs de drogue et les investisseurs sont des toxicomanes.

 

source F&I DEC10

EN BANDE SON :

2 réponses »

  1. En Espagne, les banques sont en faillite.

    En Espagne, la situation dégénère.

    Grève des contrôleurs aériens : l’Espagne envisage l’état d’urgence.

    Les autorités espagnoles ont menacé samedi de décréter l’état d’urgence si les contrôleurs aériens en grève ne reprennent pas le travail.

    «Si la situation ne se normalise pas, le gouvernement déclarera l’état d’urgence», a averti Alfredo Rubalcaba, ministre de l’Intérieur et vice-président du gouvernement, lors d’un conseil des ministres extraordinaire.

    «Les contrôleurs seront réquisitionnés et, s’ils ne reprennent pas le travail, l’affaire sera transmise immédiatement à la justice et ils seront poursuivis pour un crime passible de la prison», a-t-il ajouté.

    Le contrôle de l’espace aérien espagnol est actuellement assuré par l’armée.

    Les aiguilleurs du ciel, dont la grève surprise a affecté 250 000 voyageurs, sont en conflit avec la direction des aéroports AENA pour des questions salariales et de conditions de travail.

    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Greve-des-controleurs-aeriens.-L-Espagne-envisage-l-etat-d-urgence-_6346-1610954-fils-tous_filDMA.Htm

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