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Europe/Fortes tensions sur les obligations allemandes

Europe/Fortes tensions sur les obligations allemandes

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Le taux du Bund allemand à 10 ans est passé hier au-dessus des 3 % pour la première fois depuis sept mois. « Nous sommes en plein krach obligataire, estime Frank Vranken, stratégiste chez BNP Paribas Fortis Private Banking, dans une note aux investisseurs. Depuis son plancher de 2,10 % en août, le Bund allemand a vu son rendement gagner 90 points de base soit 42 %. Seuls les marchés obligataires baissiers biens connus de 1994 et 1999 ont approché, voire dépassé une telle progression. » En 1999, le rendement du Bund à 10 ans avait décollé de 52 % passant de 3,6 à 5,2 %, rappelle le stratégiste. « Un investisseur qui aurait acheté des bund en août aurait déjà perdu 8 % sur le prix », précise Frank Vranken qui n’exclut pas une perte supplémentaire de 2 à 4 %, alors que les rendements pourraient encore se tendre de 25 à 50 points de base. Mais la grande différence avec les krachs de 94 et 99 réside évidemment dans le niveau des taux réels qui restent très bas, sous leur moyenne historique depuis 2000.

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L’incertitude en zone euro pèse sur les obligations allemandes

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Les rendements des obligations allemandes, considérées en temps ordinaire comme un placement sûr, ont encore grimpé mercredi, signe que l’incertitude entourant la crise de la dette souveraine en zone euro affecte désormais la première économie d’Europe.

Le rendement du Bund à dix ans, référence pour le marché obligataire de toute la zone euro, a atteint 3% pour la première fois depuis sept mois, en partie en réaction à la baisse des emprunts d’Etat américains mais aussi en raison des craintes suscitées par les divisions qui minent l’Union européenne.

L’Allemagne et la France pressent leurs partenaires de valider, lors du sommet européen des 16 et 17 décembre, une modification des traités qui permettrait aux Etats de la zone euro affaiblis par le poids de leur dette souveraine de se déclarer en défaut et impliquerait, au cas par cas, de faire porter une partie des pertes par les créanciers obligataires du secteur privé.

Mais les ministres des Finances de la zone euro n’ont convenu cette semaine d’aucune nouvelle mesure face à la crise, alimentant une nouvelle fois les doutes des marchés sur la capacité de l’union monétaire à empêcher sa propagation.

Le rendement du Bund à 10 ans était de 2,4% au début novembre et, parallèlement à sa hausse, les coûts d’emprunt ont flambé pour les pays de la zone euro les plus exposés au risque de défaut – Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et Italie.

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« En l’absence de pressions inflationnistes, cette hausse (du rendement du Bund) est entièrement due aux incertitudes concernant l’exposition de l’Allemagne au sauvetage de la zone euro et concernant la taille des transferts budgétaires nécessaires », note le site financier Eurointelligence.

Deux pays de la zone euro, Grèce et Irlande, ont déjà eu recours à une aide financière internationale dont l’octroi a été conditionné l’adoption de mesures d’austérité très strictes.

De nombreux analystes s’attendent à ce que le Portugal sollicite à son tour une aide et certains évoquent même un sauvetage de l’Espagne, même si les gouvernements de ces deux pays réfutent cette hypothèse.

La Commission européenne a salué mercredi l’adoption, la veille, du budget irlandais pour 2011 qui ouvre la voie au versement des premières tranches de l’aide à Dublin.

Mais le Fonds monétaire international avait critiqué mardi la lenteur de la réaction européenne et appelé de ses voeux une solution globale face au risque de propagation de la crise.

Deutsche Mark coin germany

La chancelière allemande Angela Merkel rejette les deux propositions les plus fréquemment évoquées: un accroissement de la taille du filet de sécurité européen ou l’émission de titres de dette européens pour réduire les coûts d’emprunt des Etats les plus vulnérables. Berlin, outre son opposition à l’idée de ces « E-Bonds », souligne que des obstacles économiques et juridiques empêchent leur création, qui nécessiterait de modifier les traités européens.

Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, accuse de son côté l’Allemagne d’avoir rejeté cette suggestion – qu’il a formulée avec le ministre italien de l’Economie Giulio Tremonti – sans même l’avoir vraiment examinée. « La proposition est rejetée avant d’avoir été étudiée. La pensée allemande sur le sujet est un peu simpliste », a-t-il déploré dans les colonnes du quotidien Die Zeit mercredi, ajoutant qu’il ne s’agissait pas de créer une dette à taux unique pour toute la zone euro. A ces critiques, le porte-parole du gouvernement allemand a rétorqué: « De manière générale, cela ne profite à personne en Europe lorsque les acteurs se qualifient les uns les autres de ‘non-européens’. »

Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne ont fait part de leur intérêt pour ces « E-Bonds » et appelé la zone euro à accroître le montant de ses fonds de secours, tout en exhortant les gouvernements à durcir les règles budgétaires et à adopter des mesures plus draconiennes de résorption des déficits.

Les dettes très lourdes et la compétitivité faible « sapent la confiance des marchés dans la capacité de nombreux pays à honorer leur dette », a prévenu mercredi le Finlandais Erkki Liikanen, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, rappelant que la zone euro restait très fragile.

par Kirsten Donovan et Paul Taylor/Reuters dec10

EN COMPLEMENT : Obligations/Volatilité ambiante sur le marché allemand

L’Allemagne a adjugé mercredi quatre milliards d’euros d’obligations à deux ans mais la demande a été inférieure à l’offre, avec un ratio de couverture de 1,1 contre 1,4 lors d’une adjudication similaire en novembre.Le taux de rendement moyen est ressorti à 0,92% contre 0,98% le mois dernier.

« A l’évidence, les marchés obligataires souffrent d’une grande volatilité alors que la liquidité est faible actuellement », a commenté Peter Chatwell, du Crédit agricole à Londres

Une émission du Tresor a été sous-souscrite pour la troisième fois consécutive. La demande de Bunds allemands, considérés comme la valeur refuge par excellence en zone euro, diminue de plus en plus. Certains parlent de krach obligataire

Quelque 4,575 milliards d’euros ont été offerts par les investisseurs pour des bons du Trésor à deux ans (Schatz), dont l’Agence financière allemande voulait vendre 5 milliards d’euros au deuxième tour, pour porter la taille totale de cette émission du 10 novembre à 11 milliards d’euros. Au final, 4,05 milliards d’euros ont été alloués, au taux moyen de 0,92%, a annoncé la Bundesbank, qui a mené l’opération.

La semaine dernière, une émission de Bobl, obligation à cinq ans, a connu le même sort, et la semaine d’avant une opération sur le Bund à 10 ans, référence sur les marchés obligataires, n’avait pas non plus trouvé preneur dans sa totalité.

Au total, sur environ 70 opérations menées cette année par l’Agence financière allemande, six seulement ont été sous-souscrites, dont trois ces deux dernières semaines, a expliqué Jörg Müller, porte-parole de l’institution, renvoyant à «la forte volatilité sur les marchés». Mais «la solidité de l’Allemagne comme émetteur n’est pas remise en cause», selon lui.

«Les opérateurs de marché sont fondamentalement réticents à participer à participer à des enchères» en ce moment, a commenté pour Dow Jones Newswires David Schnautz, de Commerzbank, jugeant le résultat de l’opération «pas dramatique», également au regard d’un marché secondaire très liquide qui permet à l’Allemagne de placer ses produits de toute façon.

C’est également l’avis de l’Agence financière, qui estime que la différence entre le montant prévu de l’émission et la somme finalement allouée «sera rattrapée sur le marché secondaire».

Pour les analystes de Crédit Agricole CIB, «l’échec de l’émission de Schatz n’a pas énormément pesé sur le marché en général», au plus sur les taux allemands.  

Dans la matinée, le taux du Bund a dépassé les 3% contre 2,936% la veille à la clôture. Mais les évolutions en provenance des Etats-Unis, où les perspectives de croissance s’améliorent aux dépens des finances publiques, ont certainement joué un rôle plus important dans ce développement que l’émission de Schatz.

L’Allemagne est l’émetteur le plus fiable de la zone euro. C’est une des raisons pour lesquelles le pays rejette la création d’euro-obligations communes à tous les pays de la zone, auxquelles serait forcément attaché un taux supérieur au taux allemand, renchérissant les coûts de financement du pays.

L’Agence financière s’adressera au marché lundi 13 décembre pour la dernière fois cette année, avec une émission de «Bubill» à un an, d’un volume de 2 milliards d’euros

source Afp dec10

1 réponse »

  1. Jeudi 9 décembre 2010 :

    La Banque du Canada est inquiète pour l’économie.

    Une nouvelle crise économique et financière mondiale est de plus en plus probable et les Canadiens ne seront pas nécessairement bien placés pour y faire face, prévient la Banque du Canada.

    Dans l’édition de décembre de sa Revue du système financier, présentée jeudi 9 décembre, la banque centrale soutient que les problèmes de dettes en Europe se sont tellement aggravés depuis juin qu’ils présentent maintenant un risque pour le système financier canadien.

    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/macro-economie/201012/09/01-4350806-la-banque-du-canada-est-inquiete-pour-leconomie.php

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