Etats-Unis

La cigale se trouva fort dépourvue Par Beat Kappeler

La cigale se trouva fort dépourvue Par Beat Kappeler

Gordon Brown, José Luis Zapatero, Barack Obama, même combat. Chefs d’Etat dépensiers, ils paient aujourd’hui la montagne de dettes qu’ils ont laissé s’accumuler.

PLUS DINCOMPETENCE EN SUIVANT :

Il y a encore une justice. Gordon Brown, l’ancien premier ministre britannique, était tellement mauvais que son successeur David Cameron ne le recommande pas pour diriger le Fonds monétaire international (FMI). «Mauvais», dans ce cas, peut signifier que Brown était ou incapable, ou démagogue.

Car Cameron dit que le FMI aura une tâche ardue de combattre les dettes étatiques partout, et que Gordon Brown a toujours nié que la Grande-Bretagne, sous son égide, avait un problème de dette.Or, «une telle personne ne sera pas apte à déterminer si des pays ont des problèmes de dettes ou de déficits», dit Cameron. Et Cameron en sait quelque chose, lui qui doit imposer un régime de fer à son île pour sauver sa crédibilité. 

Gordon Brown, en effet, n’avait pas seulement nié tout problème de dette, mais il avait, pendant toute l’ère du New Labour, fait payer les citoyens par des redevances et des impôts en constante augmentation. Pour quoi faire? Pour cacher que le pays n’allait pas très bien. Il faisait embaucher du personnel partout, de la sorte que dans plusieurs comtés, plus de 40% des personnes actives travaillent à l’Etat. Cameron a maintenant la tâche de les licencier. 

José Luis Zapatero, le premier ministre d’Espagne, est un autre cas que la réalité commence à punir. Lui aussi avait prodigué des milliards de soutien au pays, il prétendait de ne pas voir la montagne de dettes immobilières qui aujourd’hui ruine des millions de ménages et le pays entier. 

En plus, il a admis 4 millions d’immigrants, qui maintenant sont au chômage. Zapatero sait qu’il a perdu, il ne se représentera pas aux élections. Mais il a subi cette semaine une humiliation personnelle semblable à celle de Gordon Brown. Fidèle à lui-même, il revenait de Pékin en affirmant que les Chinois soutiendraient les banques espagnoles avec 9 milliards d’euros. Or, le démenti a été cinglant. Les Chinois n’en ont aucune intention, et l’interlocuteur de Zapatero n’était qu’un fonctionnaire obscur, sans compétences. 

Les politiciens américains ne naviguent pas mieux à travers leur propre crise de dettes gigantesques. L’année dernière, le ministre des Finances, Timothy Geithner, promettait à un auditoire d’étudiants chinois d’assainir le déficit. Les étudiants répondaient par un rire franc et général.

Entre-temps l’agence de notation Standard & Poor’s a menacé d’abaisser la cote de crédit des Etats-Unis, et les autorités chinoises somment l’empire de commencer à faire des économies, tout de suite. Mais le président Barack Obama a tout d’abord réfuté les dires de l’agence de notation. Ensuite, dans un discours à ses fidèles, il a promis de mettre à disposition des côtes du golfe du Mexique, ravagées par le mazout, whatever is necessary, tout ce qui est nécessaire. Il lui échappe que son pays est ruiné et qu’il ne peut promettre plus que «tout ce que l’on pourra encore payer». Obama finira mal, déjà on parle de lui comme a lame duck, one-term president, un président paralysé et qui ne sera pas réélu

J’étale ici ces déboires avec un certain plaisir car on critique les politiciens çà et là, mais on ne fait que rarement un bilan sur plusieurs années, après la fin de leur mandat. On me pardonnera d’enregister, pendant cette année électorale suisse, quelques promesses légères pour les rappeler plus tard. Une place de choix est déjà accordée à la conseillère nationale PDC Lukrezia Meier-Schatz de Saint-Gall. Elle veut augmenter les rentes AVS des couples de 50%, avec un coût total d’environ 1,7 milliard de francs, année après année. Une autre place dans mes souvenirs est réservée à un autre conseiller national saint-gallois, le socialiste Paul Rechsteiner, qui voulait accorder une 13e rente AVS, avec un coût de 3 milliards par an environ. On en reparlera quand les baby-boomers videront les caisses. Pour les fêtes de Pâques, certains politiciens dépensiers sont en route pour la Grèce, non pas touristiquement, mais fiscalement. Cette semaine, la dette grecque affichait 22% de taux d’intérêt. C’est aussi une sorte de bilan.

Par Beat Kappeler / le temps avril11

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