Douce France

La France paraît coincée, quelle que soit la façon dont sera tranché le noeud gordien

La France paraît coincée, quelle que soit la façon dont sera tranché le noeud gordien. Sa note de crédit Aaa est sous surveillance par Moody’s, notamment parce qu’elle tarde à retrouver l’équilibre budgétaire.

Source Financial times 

Or, les banques françaises sont les plus exposées au défaut possible de la Grèce ou de l’Italie, troisième emprunteur mondial, après les États-Unis et le Japon.Elles détiennent 56,7 milliards US d’obligations grecques et 392,6 milliards de dette italienne privée et publique, selon la compilation de la Banque des règlements internationaux rapportée par Bloomberg.

Il n’est déjà plus question d’une radiation de l’ordre de 21% de la valeur faciale des obligations grecques comme le prévoit l’accord du 21 juillet, arraché après d’âpres négociations et tout juste ratifié par les 17 États membres de la zone euro.Les hypothèses vont maintenant de 30 à 50%. Cela signifie beaucoup plus de pressions sur la capitalisation des banques prêteuses.

On rapporte que Paris et Berlin se sont entendus cette semaine pour que leurs banques se conforment dès 2013 plutôt que d’ici 2019 aux nouvelles normes de capitalisation de Bâle III. Celles-ci portent de 4% à 9% le ratio des fonds propres de premier rang (actions ordinaires et bénéfices non répartis) sur les actifs.

source Financial Times

Le contexte financier est très mauvais pour l’émission d’actions ordinaires. Depuis le début de l’année, la valeur de celles de BNP Paribas, du Crédit Agricole et de la Société Générale ont chuté de 35 à 50%. Les banques peuvent aussi se départir d’actifs jugés non essentiels. Malchance, il y a peu d’acheteurs dans le présent contexte. Une braderie équivaudrait à une perte en capital.

Il reste encore la nationalisation partielle, comme Londres s’est résolu à le faire avec ses banques en 2009.

Financer des entrées au capital, alors que Paris doit faire preuve d’austérité budgétaire, paraît périlleux à quelques mois d’élections présidentielles.

Il semble de plus en plus évident, malgré les divergences de point de vue entre la France et l’Allemagne, que les dirigeants européens devraient se mettre d’accord pour étendre de façon significatif le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) lors du sommet de dimanche prochain.

source Financial Times

Pour le Die Presse, cette mesure illusoire ne résoudra pas les vrais problèmes :

« Un fonds de sauvetage de l’euro étendu de cette manière vise à calmer les marchés financiers et à faciliter la vente de nouvelles obligations souveraines. Mais les marchés ne seront pas dupes bien longtemps. Car dans le fond, il n’y aura pas plus d’argent réel. Et les gouvernements feront aussi moins de réels efforts pour tenter de résoudre le problème de la dette elle même. Ne nous leurrons pas, l’accroissement de la masse monétaire pour les Etats endettés provoquera de l’inflation, des hausses d’impôts et des coupes douloureuses dans les prestations sociales. Il n’y a pas de miracles. Même le jackpot à la loterie existe parce que ceux qui perdent semaine après semaine, le payent. A cette différence près qu’à la loterie, chacun conserve la possibilité de choisir s’il veut participer, ou pas. »

source agences+express.be oct11

3 réponses »

  1. Tout nous est présenté comme « évident », « inévitable » et « TINA » mais je dois avoir la comprenette un peu lente.

    Quid de la solution suivante:
    1 – on ferme les banques qui ne passent pas les « vrais » stress tests (des tests pas pipeautés)
    2 – leurs dépôts sont transférés à la banque centrale
    3 – les déposants ont alors 6 mois pour choisir une nouvelle banque parmi celles qui ont passé les tests avec succès
    4 – la nouvelle banque reçoit avec les dépôts (passif) des actifs de la banque fermée (actifs sains au nominal, actifs pourris avec décote) ou une dotation en cash de la BCE refinancée si possible totalement par la liquidation des actifs de la banque fermée
    5 – la « planche » à billets ne fonctionnera que si l’opération 4 ne permet pas de dégager les fonds suffisants, après bien sur sacrifice TOTAL des actionnaires (qui sont là pour ça, ne l’oublions pas, c’est le principe du capitalisme…)

    Cette méthode utilisée en Serbie avec succès est promue par Vincent Bénard de l’Institut Turgot qui conclut:
    « Il est donc absolument faux de prétendre, comme le font certains, que la seule solution contre un « risque systémique » réside dans un sauvetage des grandes banques TBTF par les contribuables sous peine de chaos. » .

    http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/vincent-benard-gerer-des-grandes-faillites-bancaires-en-bon-ordre-la-methode-dinkic

    Comme le dit VB, elle suppose cependant la réunion de 2 conditions:
    (i) Il faut qu’il reste des banques saines en quantité suffisante pour absorber les flux de nouveaux déposants en provenance des établissements en faillite; cela , seuls des stress tests sérieux peuvent le dire;
    (ii) Elle suppose que la banque centrale dispose des compétences nécessaires, et surtout ne soit pas corrompue, ni corruptible (je traduis: pas à la botte du lobby bancaire).

    Sur la (ii)e condition, c’est pas gagné; cette méthode lessive les actionnaires, les bonus et est évidemment de nature à mettre vent debout tout l’establishment bancaire qui fait la loi à Bercy et à Francfort et qui a réussi à faire croire aux politiques qu’il tient un pistolet sur leur tempe tellement « tout est imbriqué, c’est les dominos, le risque systémique, tout va sauter ».

    Sur la première condition, on va m’objecter que la santé des banques dépend de la santé des Etats. Mais cette objection montre à elle seule que la solution actuellement en voie de décision, qui consiste à endetter davantage les Etats pour recapitaliser les banques supposées « systémiques », est absolument stupide: pour améliorer la santé des banques on dégrade celle des Etats dont dépend in fine celle des banques. Mon fils de10 ans comprend que c’est stupide, mais apparemment M. Sarkozy ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre) que c’est stupide. En tout état de cause dans la solution préconnisée par VB certaines recapitalisations pourraient avoir lieu, mais de façon extrêmement sélective et ciblée, et en contrepartie d’une conversion par les créanciers d’une partie de leur dette. Car ce qu’il faut, c’est diminuer le volume global de dette et non, comme on s’apprête à le faire, l’augmenter.

    Ah, et bien sûr, cela va sans dire, on interdit aux établissements « sauvés » toute spéculation pour compte propre: c’est la restauration du Glass Steagall, ou en France de la spécialisation bancaire en vigueur avant que nos amis socialistes, qui sont encore plus les amis des banquiers, ne la suppriment en 1984.

    Enfin… Je devrais signer:
    VOX CLAMANTIS IN DESERTO
    J’ai l’impression d’errer dans le chateau de Kafka tellement je trouve tous ces mecs DINGUES. Le troupeau qui se précipite vers la falaise en croyant échapper à la mort .

    PS: bien sûr personne (à part O. Delamarche) pour dire que ce fut une c… noire de ne pas proposer au marché une recapitalisation fin 2009 ou même encore au printemps 2011 , quand le cours de la SG (par exemple) était à plus de 50 euros contre moins de 18 aujourd’hui. Bien sûr aucun mea culpa jamais, de personne, ni banquier, ni régulateur, ni homme politique.

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    • A titre de rappel et à titre d’exemple n’oubliez jamais qu’en 1983 c’est un gouvernement socialiste (Bérégovoy) qui en a opté pour une dérégulation financière ouvrant ainsi la voie aux mégabanques, au « diktat » des marchés et à un endettement massif de l’état français et ceci à des fins d’électoralisme et de social clientèlisme…Banques (regardez qui siège à leurs CA) et Etats sont les 2 faces d’un mème problème…

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  2. C’est une erreur de ne miser que sur des banques, dont les actifs sont étroitement liés à ceux des dettes souveraines. Les difficultés des unes sont liées aux difficultés des autres.

    Il faut repérer là où il y a un peu d’argent à récupérer (par exemple sur des produits d’importation) et l’allouer directement à l’économie réelle.

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