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USA: le chômage chute en apparence mais les embauches restent insuffisantes

USA: le chômage chute en apparence mais les embauches restent insuffisantes

Le taux de chômage des Etats-Unis est tombé en novembre à 8,6%, son niveau le plus faible depuis mars 2009, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington.Selon le rapport sur l’emploi du Département du travail, la proportion des actifs sans emploi a reculé de 0,4 point par rapport à octobre.

Par ailleurs, la mesure de l’emploi qui inclue les personnes souhaitant travailler mais qui ont renoncé à chercher un poste et ceux qui travaillent à temps partiel contraint est tombée à son plus bas niveau depuis deux ans et demi, à 15,6% en novembre contre 16,2% le mois précédent.

Création d’emploi

C’est la plus forte baisse du chômage depuis décembre, et elle est inattendue dans la mesure où la prévision médiane des analystes donnait le chômage stable à 9,0% en octobre. Le chômage n’avait plus été inférieur à 9,0% depuis le printemps 2009.

Selon les données du ministère, la population active a fortement baissé en novembre. Néanmoins, le nombre de personnes sans emploi a chuté près de deux fois plus vite, en reculant de 594 000 par rapport à octobre. C’est la plus forte baisse du nombre de chômeurs recensée depuis juillet 1983.

Selon le Département du travail, l’économie américaine a créé en novembre 120 000 emplois de plus qu’elle n’en détruisait, ce qui est conforme à la prévision des analystes. Le solde des embauches apparaît ainsi en hausse de 20% par rapport à octobre, mais inférieur à sa moyenne sur les douze derniers mois (131 000).

Le gouvernement indique que par rapport à octobre, «les embauches ont continué de s’accélérer dans le commerce de détail, les services aux entreprises, le secteur de la santé et celui des loisirs et de l’hôtellerie». Le secteur public a continué de supprimer des postes (20 000). À 140 000, les embauches nettes du secteur privé apparaissent en hausse de 20% par rapport à octobre, et à un niveau conforme à ce que prévoyaient les analystes.

 Néanmoins, prévient Michael Gapen, de Barclays Capital, il faut s’attendre à une remontée du chômage « dans les mois qui viennent », car si la situation s’améliore, nombre de chômeurs découragés vont se remettre à chercher du travail et à être de nouveau comptabilisés dans les statistiques.

David Ader, CRT Capital: «La mauvaise nouvelle aux États-Unis est que la durée du chômage vient d’atteindre un niveau record de 40,9 semaines et que 43% des gens sans emploi sont sans travail depuis plus de 27 semaines. Ça peut expliquer pourquoi des gens se découragent et le fait que la population active diminue. Cette diminution de la population active a beaucoup contribué à la baisse du chômage à 8,6%.»

En clair, 315.000 personnes, découragés de ne pas trouver du travail, ont tout simplement arrêté d’en chercher et sont sorties du marché. Le pays compte toujours plus de13 millions de chômeurs, dont de plus en plus de chômeurs de longue durée.

 Peter Boockvar, Miller Tabak: «En tenant compte des révisions, la croissance de l’emploi aux États-Unis est meilleure que prévu et à première vue, la baisse du taux de chômage est intéressante. Mais quand on regarde sous le capot, les statistiques sont plus nuancées. La population active est moins importante et ceux qui sont sans emploi le sont pour une plus longue période de temps jamais vue auparavant.»

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source Mish’s Global Economic

Chris Jones, TD: «Bien que le marché américain de l’emploi continue de prendre du mieux, il ne le fait pas à un rythme assez rapide pour qu’on s’en réjouisse. Les chiffres du jour dressent le portrait d’une économie en croissance, mais une croissance qui se fait à un rythme qui laisse l’économie susceptible de réagir négativement à un choc. Pour accélérer les choses, il faut trois éléments: du progrès dans le marché immobilier, des politiques fiscales moins répressives et une dose de confiance.»

Il faudrait 200.000 créations d’emplois chaque mois pour avoir une baisse du taux de chômage cohérente avec ce qu’on a vu après les dernières récessions.

 

(cliquez sur les graphiques pour les aggrandir)

Les données du ministère sur les salaires sont moins bonnes que celles sur l’évolution du taux de chômage.

Selon le rapport sur l’emploi, en effet, le salaire hebdomadaire moyen aux États-Unis a reculé de 0,2% par rapport à octobre. Il apparaît en hausse de 1,9% sur un an, ce qui est nettement inférieur à la dernière estimation de l’inflation publiée par le ministère (3,5% sur un an en octobre).

Pour Jeffrey Rosen, du cabinet d’économistes Briefing, « la conséquence la plus probable, dans l’environnement économique actuel, est que les consommateurs vont rogner sur leurs dépenses jusqu’à ce que leurs revenus recommencent à progresser de façon régulière », ce qui maintiendrait une croissance faible.

D’autres analystes font un lecture radicalement différente en s’appuyant sur le fait que le gouvernement a revu une nouvelle fois en forte hausse ses estimations des créations d’emplois des deux mois précédents. Pour ceux de la maison de courtage Nomura, « les révisions des chiffres précédents sont devenues la norme et sont le signe d’un amélioration profonde de l’économie américaine ».Ceux de RDQ Economics y voient la preuve que « la croissance économique gagne de l’élan ».

source afp/LE BLOG DE RICHARD DUFOUR dec11

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