Europe

Dette: l’Italie obtient un répit lors d’une émission obligataire test

Dette: l’Italie obtient un répit lors d’une émission obligataire test

L’Italie a émis 9 milliards d’euros de bons à échéance juin 2012, avec un rendement brut en forte baisse, à 3,251%. Les obligations à deux ans ont été émises avec un taux de 4,853%, pour un montant de 1,7 milliard.

 

L’Italie a émis ce mercredi matin de la dette à six mois avec un rendement brut en forte baisse, à 3,251%, contre un taux de 6,504% lors d’une opération similaire le 25 novembre. Une émission à deux ans était aussi programmée: elle a rencontré une demande pour 1,733 milliard d’euros d’obligations, contre un objectif de 1,5 à 2,5 milliard, avec un rendement de 4,853% contre 7,8% précédemment. Les soumissions de l’adjudication de mercredi ont atteint 15,216 milliards d’euros pour cette opération, la demande ayant représenté 1,69 fois l’offre, contre un ratio de couverture d’environ 1,5 fin novembre.

Il s’agit de la première adjudication italienne depuis l’injection par la BCE de 490 milliards d’euros de prêts à trois ans aux banques de la zone euro le 21 décembre, une mesure sans précédent destinée à contrer un possible tarissement du crédit.

→ Une fois l’émission opérée, les taux obligataires de l’Italie se détendaient fortement: vers 11H45, le rendement des obligations italiennes à 10 ans reculait à 6,732% contre 6,943% la veille. Ce taux avait même dépassé brièvement les 7% mardi, un seuil jugé insoutenable dans la durée par les experts. Les taux à cinq ans repassaient pour leur part sous les 6%, à 5,998% contre 6,341%. Par ailleurs, le taux belge est passé de nouveau sous les 4% alors que le taux espagnol a baissé vers les 5%.

→ Ce jeudi, Rome procèdera à une autre adjudication à valeur de test, avec l’émission de 8,5 milliards d’euros de dette à des échéances allant jusqu’à dix ans. Certains investisseurs redoutent que Rome peine à vendre son papier jeudi du fait du peu de liquidité disponible sur le marché et de la dépendance du pays aux investisseurs étrangers pour les emprunts de long terme.

Une bonne nouvelle

L’injection de liquidités bon marché par la Banque centrale européenne (BCE) et le nouveau plan d’austérité du pays semblent accorder à Rome un répit bienvenu, mais les analystes soulignent que les tensions sur les marchés pourraient rapidement revenir à la charge, en particulier lors de l’adjudication test de jeudi

Pour rappel, le parlement italien a entériné avant Noël le plan d’austérité d’urgence du nouveau gouvernement destiné à restaurer la confiance des marchés. 

Pour cet expert, « il sera fondamental de voir le résultat » de l’adjudication jeudi de 5 à 8 milliards d’euros d’obligations à 3, 9 et 10 ans, pour comprendre « si les investisseurs reprennent un peu confiance sur le long terme ».

La faiblesse des volumes de transactions et un regain de scepticisme des marchés à l’égard de l’Italie et de sa colossale dette (1.900 milliards d’euros, 120% du PIB) avaient fait craindre une poussée de fièvre des taux italiens mercredi.

Avant le remplacement de Silvio Berlusconi par le technocrate Mario Monti le 16 novembre, les taux à 10 ans avaient dépassé pendant plusieurs jours les 7%, un niveau insoutenable faisant redouter un défaut de paiement de l’Etat italien.

Selon le Corriere della Sera, l’Italie devra refinancer sa dette à hauteur de 450 milliards d’euros en 2012, dont la moitié dans les quatre premiers mois de l’année, un véritable défi. Pour Ugo Bertone, analyste renommé du site financier italien firstonline.info, « le premier trimestre de 2012 sera décisif pour la survie de l’euro car une grande bataille sera menée sur le front des obligations italiennes ». M. de Felice, de Intesa, a estimé que « janvier sera le mois de la vérité avec des émissions pour 53 milliards d’euros ».

Selon les spécialistes, la remontée des taux italiens ces derniers jours reflète des inquiétudes quant à l’impact récessif du plan anti-crise de M. Monti adopté avant Noël. L’Italie s’attend à une contraction de 0,4% de son PIB en 2012, alors qu’elle a déjà un pied dans la récession (-0,2% au troisième trimestre).

M. Monti voudrait notamment libéraliser des secteurs comme les taxis et pharmacies et assouplir la législation du marché du travail, mais il a dû freiner du fait d’une levée de boucliers des associations de catégorie et des syndicats.

Pour réduire d’un seul coup la dette de 100 à 150 milliards d’euros, le gouvernement envisage aussi de vendre des biens immobiliers de prestige et des participations dans des entreprises publiques.

 source afp/reuters dec11

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