A Chaud!!!!!

L’Edito du Samedi 14 Janvier : Rating, le concours des beautés est biaisé par Bruno Bertez

L’Edito du Samedi 14  Janvier : Rating, le concours des beautés est biaisé par Bruno Bertez

 Voilà, c’est fait. L’Agence Standard & Poor’s a rendu son verdict. Elle vient de publier le résultat de sa remise en perspective du crédit des 16 souverains de la zone euro, Creditwatch qui avait débuté le 5 Décembre 2011.

 

source Le Telegramme
 

 Certains pays ont été dégradés de 2 crans, Italie, Portugal, Espagne et Chypre.

D’autres, d’ un cran seulement, Autriche, Malte, Slovaquie,Slovénie et France.

Les derniers ont été maintenus inchangés, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Estonie, Irlande, Finlande.

Les perspectives de 14 souverains de la zone restent négatives, celles de l’Allemagne et de la Slovaquie sont stables.

La France perd donc son triple A, tandis que l’Allemagne le conserve et voit son statut confirmé puisque restant en perspective  »stable ».

 

  L’Agence a fait un travail remarquable, non seulement d’analyse, d’appréciation, mais aussi de justifications et explications de ses décisions. C’est un travail de fond, sorte de modèle du genre. Il va très loin dans la clarification de la situation européenne, dans la mise à jour des vrais problèmes, dans les insuffisances, les erreurs, les faiblesses des solutions mises en place par les dirigeants de l’Eurozone. 

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

 Tout ce que nous avons pu lire comme travail critique depuis le début de la crise, tout ce que nous-mêmes avons pu écrire est synthétisé, décortiqué et le fait n’est pas coutume, les liaisons causales sont claires, justes, pas de pirouette.

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« Dans son communiqué, l’agence est particulièrement sévère avec la gouvernance européenne. Elle pointe notamment comme facteur de stress « le conflit ouvert et prolongé entre les décideurs européens », puis juge que « l’efficacité, la stabilité et la visibilité des politiques et des institutions européennes n’ont pas été aussi fermes que ce que nous croyons nécessaire. »

 L’agence dénonce aussi une forme d’aveuglement face aux vraies racines de la crise, qui, pour les dirigeants européens, découlerait « principalement de prodigalité budgétaire à la périphérie de la zone euro ». Or, note Standard &Poor’s, les problèmes financiers viennent aussi « de déséquilibres extérieurs croissants et des divergences dans la compétitivité entre le noyau de la zone euro et la soi-disant “périphérie”. »

 

Conséquences de cette reconnaissance « partielle » des racines de la crise, les politiques de rigueur extrême menées en Europe risquent d’aggraver encore la situation : « Nous croyons qu’un paquet de réformes ne reposant que sur le seul pilier de l’austérité budgétaire risque de devenir auto-destructeur », explique S&P, pointant des risques de chute de la consommation et des rentrées fiscales. 

Les dégradations de S&P sont sévères pour quatre pays. En premier lieu l’Italie. Désormais évaluée BBB+, la Péninsule est notée comme l’Afrique du Sud ou la Thaïlande et n’est plus qu’à deux crans de la catégorie « junk bonds ». Lestée d’une dette de 1 900 milliards d’euros (120 % du produit intérieur brut), elle est confrontée également, selon S&P, à un « faible potentiel de croissance ». 

L’Espagne, encore notée AAA en 2009 et désormais à A, risque elle aussi d’effectuer un violent retour en arrière, après l’accalmie constatée sur les marchés ces derniers jours. La dette publique reste peu élevée, à 67,4 % du PIB en 2011, mais le pays est affecté par des « déséquilibres entre épargne et investissement », des « hauts niveaux de dette extérieure à court terme » et un coût de recapitalisation des banques potentiellement en hausse. 

Reste les cas de Chypre et du Portugal, désormais classés en « obligations pourries », ce qui va automatiquement pousser un certain nombre d’investisseurs, en raison de leurs règles internes, à se débarrasser de ces emprunts d’Etat. Pour l’île de la Méditerranée, cette dégradation pourrait l’obliger à réclamer un premier plan d’aide à la zone euro. Quant à Lisbonne, cette issue risque de retarder son retour sur les marchés après un premier programme de sauvetage de 78 milliards d’euros octroyé en mai 2011. source AFP »

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Pour tout dire, le travail de S&P constitue un bon instrument de travail, un document de référence aussi bien pour les professionnels des marchés que pour les politiques et même les partenaires sociaux. Une sorte de Bible à laquelle se référer avant de choisir une politique ou une position face aux mesures à prendre. On peut regretter le langage abscons utilisé lorsque l’on aborde le sujet sensible des divergences, des conflits entre les intérêts des différents pays et des différents groupes sociaux, mais peut-être est-ce simple pudeur, ces choses ne sont généralement évoquées qu’en parler politiquement correct. Plus de netteté et d’accessibilité aurait certainement contribué à la prise de conscience par les différents acteurs de la réalité de la situation.  

Maintenant que nous avons, sans équivoque aucune, exprimé notre satisfaction et étalé nos louanges, passons à l’essentiel, à savoir que ce travail est totalement biaisé, idéologique et, pour tout dire, il repose sur un soubassement contestable, des prémices idiotes.

THE LEFT IS EATING IT'S OWN -----JUST ASK JUAN WILLIAMS

L’erreur est fondamentale et la question qui vient immédiatement à l’esprit est : est-ce volontaire ou bien est-ce inconscient, tellement inconscient, ancré dans les structures de pensée dominantes que S&P ne s’en rend pas compte? Notre réponse est que les gens de S&P ne sont pas conscients, ils n’ont pas d’esprit critique et c’est ailleurs, dans le plus profond du système que l’on pense pour eux.

Reprenons notre petit livre rouge non pas Mao, mais de Keynes. Il nous dit que les marchés fonctionnent, non pas en absolu, mais comme un concours de beauté, les choix se font en relatif. Et puis il nous conseille, si vous voulez réussir, c’est le jury que vous devez étudier. Keynes avait parfaitement assimilé notre époque, une époque marquée par les chute des référents, la disparition des points fixes, l’évanouissement du réel au profit de ses signes. Au profit de ses signes manipulés.

Le rating d’un pays ou d’un bloc des pays est fondamental: c’est le rating qui gouverne l’accès aux marchés financiers. Si vous avez une bonne note, vous êtes autorisé à prélever sur la richesse et les ressources réelles mondiales en échange de papier, de promesses. S’endetter, c’est attirer à soi, maintenant, quelque chose de concret, d’utile, palpable en échange… de vent. Ce vent, vous pouvez l’émettre si vous inspirez confiance. Vous pouvez inspirer une confiance solide, fondée si vous avez un bon record, une bonne réputation. Vous pouvez aussi inspirer une confiance douteuse si vous êtes Enron, un banquier « extend and pretend », ou un souverain qui triche. Vous pouvez aussi inspirer confiance parce que vous êtes les plus forts et que c’est vous qui fixez les règles, le texte-book de la détermination de la confiance. Vous pouvez inspirer confiance pour les deux raisons à la fois, vous trichez sur votre comptabilité, vos chiffres et, en même temps, vous êtes celui qui impose les règles du jeu.

« La progression des bénéfices des banques américaines masque une tendance téméraire des établissements financiers à réduire certaines provisions pour risques, a estimé mardi une des dirigeantes de la banque centrale des Etats-Unis, Esther George.

« Les banques publient des bénéfices nets en hausse depuis 2009, mais cette amélioration est liée principalement à une réduction de leurs provisions pour prêts douteux », a déclaré Mme George, présidente de l’antenne de la Fed à Kansas City (Centre des Etats-Unis) lors d’un discours dont le texte a été transmis à la presse.

« Les banques mettent moins d’argent de côté car elles prévoient une baisse des prêts présentant des difficultés de remboursement. Etant donné la conjoncture économique mondiale actuelle et les difficultés du marché du logement intérieur, c’est une démarche téméraire », estime Mme George.

Or, »les prêts présentant des difficultés de remboursement restent à des niveaux historiquement élevés », ajoute-t-elle, notant que lorsque la santé du secteur financier laisse à désirer, cela « limite la force de la reprise économique ». source AFP « 

 Dans le monde keynésien, post Nixon de 1971, tout est suspendu dans les airs. Tout est FIAT, tout est circulaire, tautologie, il n’ y a pas de point d’ancrage, mais il y a des arrimages.

Turf Wars - From Our Own Correspondent

La preuve de ce que nous avançons est que lorsque le monde a peur, il se réfugie aux Etats-Unis, il achète de la monnaie américaine du dollar, il achète des Treasuries, des fonds d’Etat américains. Le monde est arrimé au dollar est à sa quasi monnaie, les Treasuries à 10 ans. Selon votre position relative par rapport au dollar, selon votre position relative par rapport au 10 ans US, vous avez le droit ou non de prélever ici et maintenant sur la richesse et les ressources rares, comme le pétrole par exemple, globales.

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Ce droit est relatif, comparatif. Il dépend du résultat du concours de beauté et donc du jury.

Les canons du concours de beauté, les critères sont fixés par les Américains et le jury est américain.

Tout travail de rating non idéologique, non biaisé, devrait expliciter son référent, ses bases, sa relativité. Il devrait faire ressortir clairement que ce qui compte, ce n’est pas le réel, la sphère concrète, mais la la comparaison avec la sphère financière, le crédit des Etats-Unis. Ceci devrait être intériorisé dans l’appréciation, « embedded » comme on dit aux USA.

source The Big Picture

Poussons à l’absurde, mettons-nous en situation de guerre, de conflit ouvert avec les Etats Unis, grâce à leur situation au Centre du système, ils sont les seuls à pouvoir se financer: ils nous ferment l’accès aux marchés puisque, déjà difficilement solvables,  nous devons nous endetter encore plus, sans avoir de prêteur de dernier ressort pour nous solvabiliser à l’infini.

source The Market Oracle

L’hypothèse de la guerre militaire est peut-être absurde, mais celle de la guerre commerciale, financière, statutaire pour la place dans le monde,  ne l’est pas. La Chine, la Russie en sont conscientes.

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Poussons encore plus à l’absurde, messieurs de S&P , nous sommes dans un monde clos, sans alternative, l’argent, les capitaux sont piégés. On a le choix entre des véhicules non- dollars, euros, yens, sterling. Par défaut, à force de dégradations, les blocs concurrents du dollar deviennent insolvables ou menacent de l’être, que se passe t il ? Il se passe ce que l’on a vu au moment de la bulle Telco, les capitaux suivent l’entonnoir global, ils se dirigent vers le Centre, vers les Etats-Unis, ils gonflent la valeur des Treasuries US, ceux-ci peuvent en émettre de plus en plus et ils ne s’en privent pas, une bulle gigantesque se forme sur le dollar et les quasi-liquidités , les fonds d’Etat, et même les créances pourries hypothécaires car on suit la ligne plus grande pente de la recherche de la rentabilité/risque.

 

Source CMA 

La masse de liabilities, de promesses, qui pèsent sur le système américain devient colossale, de fait, les Etats-Unis sont, deviennent, insolvables comme l’étaient leur secteur Telco dans les années 2000.

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Les chances pour que les prêteurs et apporteurs de capitaux retrouvent leur argent, fassent le plein du pouvoir d’achat de leurs assets américains deviennent nulles.

Qu’est-ce que cela signifie? Les Agences avec leurs critères et leurs hypothèses de base sont incapables de déceler le moment ou l’on franchit le seuil d’insolvabilité, de localiser le montant à partir duquel les créances deviennent irrécouvrables. La dissymétrie étant incluse dans le système, il est impossible de mesurer, d’avertir et d’éviter.

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« 14 septembre 1929, raconte Marc Flandreau, historien de l’économie qui professe à l’Institut des hautes études internationales et du développement de Genève, Standard Statistics fait passer dans The Saturday Evening Post l’annonce suivante: «Aujourd’hui, vous n’avez plus besoin de deviner… L’histoire se répète parfois mais pas forcément. En 1719, il n’y avait pratiquement aucun moyen de savoir la vérité sur l’affaire du Mississipi. Combien est enviable la situation de l’investisseur de 1929.»

« Le 24 octobre, éclatait le krach de la bourse puis la fameuse «crise de 1929».

1929 Crash Headline

Etudiant le rôle des agences de notations dans les emprunts d’Etats pendant les années qui précèdent et suivent la crise de la dette de l’entre-deux-guerres, Marc Flandreau, observe que «si les analystes ont bien perçu et enregistré la baisse de qualité des instruments qu’ils avaient à noter, ils n’ont à aucun moment pensé que les risques inhérents à cette baisse pourraient dégénérer en un désastre à l’échelle globale». Plus des trois quarts des nouveaux titres émis à la bourse de New York en 1929 n’obtenaient qu’un Baa ou une note équivalente, encore décrite comme «bonne» dans la mesure où elle ne descendait pas sous la barre de Baa/BBB. Mais en 1931, avec l’effondrement des marchés, les agences dégradaient massivement toutes leurs évaluations: en 1933, 60% des notes de Fitch étaient BB, contre 10% seulement en 1930; en septembre 1931, Moody’s avait déjà dégradé 46 des 81 titres sur lesquels elle informait. » » source Le Temps

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Qu’est-ce qui dit que ce moment n’est pas déjà derrière nous, que les limites n’ont pas déjà été franchies. Qu’est-ce qui garantit que cela ne sera pas fait ces prochains mois? Certainement pas la FED et sa connivence avec le pouvoir politique et la classe kleptocratique, certainement pas Obama, ses compères démocrates et ses théoriciens de la croissance à tout prix? Les marchés? Les bonds vigilantes? Ils ont été neutralisés par les quantitative easing et la propagande. Le paradigme du risk-off créé par les Etats-Unis et pour les Etats-Unis leur garantit de pouvoir sans arrêt, chaque fois que c’est nécessaire, agiter le grelot de la peur et de l’insécurité qui leur est si favorable.

Les Etats-Unis se moquent des rating, ils ont créé un entonnoir qui leur fait récolter les capitaux mondiaux par défaut. Nous soutenons que la baisse du rating américain en Aout dernier était une comédie, sans autre conséquence que d’impressionner le reste du monde et… d’accréditer la valeur des conclusions des Agences… pour les autres.

Le travail des Agences, contrairement à ce que prétendent les politiciens européens est utile, indispensable. Mais il doit être totalement réformé, revu de fond en comble. Il doit être une vue d’ensemble du système, mesurer sa solvabilité globale et à partir de là, il doit établir des échelles relatives par rapport à cette solvabilité globale. Nous soutenons que le système global est insolvable, il a émis beaucoup trop de promesses que l’on ne peut honorer sauf soit à restructurer les dettes par un plan concerté, soit à choisir la voie de l’avilissement de l’unité monétaire et à prendre le risque de l’hyperinflation. C’est à dire à n’assumer les dettes qu’en nominal.

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La faille dans le travail des agences et leur biais idéologique et impérial se révèle, se donne à voir clairement dans l’analyse des conditions monétaires. Vous savez que nous assimilons la monnaie, asset à maturité zéro, à la quasi monnaie asset à maturité différée. Une obligation, c’est de la promesse de monnaie dans 5 ans, 10 ans, or, on ne trouve pas d’analyse monétaire fondamentale dans le travail des agences. La monnaie est une donnée opaque que l’on ne remet pas en question.

Les Agences, si on les suit, critiquent et déplorent que la BCE refuse de jouer le rôle de prêteur de dernier ressort, c’est à dire, tenez-vous bien, ils déplorent que la BCE se refuse à monétiser, à prendre le risque d’inflater les dettes des govies et des banques. Si la BCE cédait, alors tout serait résolu, on soutiendrait le cours des emprunts par des achats non stérilisés, on refinancerait sans limite les banques, la chaine infernale qui lie l’insolvabilité des banques à l’insolvabilité des govies serait brisée, tout le monde redeviendrait triple A! Les Agences stigmatisent le fait que la BCE refuse de s’aligner, de passer sous les fourches caudines des Etats-Unis et prétende encore, malgré la crise européenne, constituer avec l’euro, sinon un concurrent du dollar, du moins une alternative.

Les principes, la philosophie, la pratique bancaire de la BCE constituent une exception qui doit être matée, mise au pas.

source FMI

On comprend l’animosité fondamentale, structurelle, des Anglo-saxons à l’égard de l’expérience maladroite européenne. Si elle venait à durer et réussir, c’en serait fini de la place de Londres avec sa livre malade et ses dettes extérieures en devises colossales, les capitaux fuiraient Londres. Même chose avec les Etats-Unis, ils perdraient le bénéfice de l’entonnoir qui leur permet de se financer malgré leur insolvabilité technique.

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Les Agences, en attendant la grande réforme qui ferait de la mesure de solvabilité et des ratings un processus d’évaluation systémique global, par exemple produit du travail d’une institution supranationale indépendante, les Agences devraient intégrer dans leurs analyses la situation et les conditions monétaires de base.

On s’apercevrait qu’en réel, la situation de l’Europe est meilleure que celles des Etats Unis avec un commerce extérieur équilibré et même excédentaire, un endettement corrige des créances réciproques très faible, des engagements hors bilan encore gérables et surtout une monnaie protégée par une pratique du Central Banking non encore dévoyée.

Ce progrès permettrait de répondre à la question. qu’est ce que vous préférez , recevoir le remboursement de votre créance à 100%, mais dans un monnaie avilie de 90% ou bien recevoir un remboursement à 60 %, mais avec une monnaie stable.

Le problème, c’est qu’en Europe, certains ne sont pas européens. Pour les uns, leurs intérêts les conduisent à défendre les positions anglo-saxonnes, pour les autres, leurs choix politiques les conduisent à se comporter comme vassal des Américains. 

« Nowotny Says S&P Favors Fed’s Bond Buying Over ECB’s Policy

By Boris Groendahl and Zoe Schneeweiss – Jan 15, 2012

European Central Bank Governing Council member Ewald Nowotny said Standard & Poor’s downgrades of euro members was based on the ratings company’s favoring theFederal Reserve’s policy of buying government bonds over the ECB’s “restrictive” policy.

S&P has “general doubts regarding our strategy of combining consolidation measures with the very restrictive policy of the ECB,” Nowotny said in a panel discussion broadcast live on Austrian state television yesterday. “Their model is the American or the English one, where the central bank itself massively buys bonds,” he said, adding that “this is a fundamental political discussion, which one has to lead.”

The rating company on Jan. 13 lowered the top ratings of France and Austria one level to AA+, with “negative” outlooks, while affirming the ratings of countries that included Germany, Belgium and the Netherlands. The company also downgraded Italy, Portugal, Spain and Cyprus by two steps and cut Malta, Slovakia and Slovenia by one level.

S&P analysts, outlining the decision to downgrade the sovereign credit ratings of nine of the euro area’s 17 members, said the challenges posed by the crisis were rising.

“The explanation of S&P is fundamentally a political one– they are unhappy with the developments in Europe,” said Nowotny, who also heads Austria’s central bank. “Frankly there are a lot of reasons to be unhappy, things are going too slowly.”

BRUNO BERTEZ Le 14 Janvier 2012

EDITO PRECEDENT : L’Edito du 3 Janvier 2012 : La crise, un processus d’effondrement des certitudes Par Bruno Bertez

EN LIEN : A Chaud!!!!! du Vendredi 13 Janvier : De Vendredi 13 chapitre 2 à l’Exorcisme 1 ou quand Marianne perd sa virginité par Bruno Bertez

EN BANDE SON

15 réponses »

  1. « Maintenant que nous avons, sans équivoque aucune, exprimé notre satisfaction et étalé nos louanges, passons à l’essentiel, à savoir que ce travail est totalement biaisé, idéologique et, pour tout dire, il repose sur un soubassement contestable, des prémices idiotes. » : ah quand même !

    « Le problème, c’est qu’en Europe, certains ne sont pas européens. Pour les uns, leurs intérêts les conduisent à défendre les positions anglo-saxonnes, pour les autres, leurs choix politiques les conduisent à se comporter comme vassal des Américains. » : le résultat est le même. Le problème c’est qu’en Europe, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les nations ont pris un coup dans l’aile et que le Club de Rome était bien mal nommé, le problème c’est qu’un des pères fondateurs de l’Europe était une couleuvre sans vision des nations européennes, mais avec une claire vision économique de marché et de (haute) finances anglo-saxonnes et que Jean Monnet, aimait beaucoup trop l’entregent et la position arrimée mais non ancrée (si je reprends votre si pertinente expression) pour permettre la construction viable d’une Europe contrepoids aux États-Unis. Il y avait peut être la lettre, mais pas l’esprit… et comme on tord facilement les lettres manifestement

  2. par quel miraculeux aveuglement les penseurs de gauche n’ont pas remarqué que la degradation de la France fait suite à la demande (electorale, c’est certain) de Sarkozy d’instaurer lataxe Tobin?? Ils auraient du y applaudir tout en denonçant l’arrière pensée electorale . de plus il ya 20 ou 30 ans il existait un impot de bourse de 3 pour mille sur les transactions boursieres (actions …)qui n’a pas empeché la croissance boursière . (actuellement ce taux serait beaucoup trop elevé pour une taxe Tobin raisonnable . en tout cas tous derriere Sarko sur ce point.

  3. @moutonus : la taxe Tobin concene le marché des monnaies et non les actions ou les obligations.Jospin lui a fait voter cette loi.Mais comme toujours, elle était « goupillée » : il fallait l’aval de l’EU qui n’est jamais venu !
    Ce lièvre a été levé il y a quelques jours par le canard enchaîné, cité sur le web.

    Je vois que de nombreux lecteurs font des remarques contre l’ « empire ».Les grands média ne parlent jamais sur ce ton.Qu’aurait-ils à redouter ?
    Etre traité d’anti-ricains ? D’ingras qui ont oublié leur sacrifice de 1944 ? De provoquer une réaction épidermique des média saxons , une nouvelle campagne de « French bashing » ?
    Même pas mal, on est habitués…
    >De se faire virer ? Ah oui, çà çà fait vraiment peur !

    PS : Si JM Daniel persiste, lui aussi sera austracisé très bientôt.Et on ne l’écoutera que sur internet !

  4. En zone euro, quatre Etats sont notés AAA.

    Ces quatre Etats AAA sont des Etats du nord de l’Europe : l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande.

    Dans les mois qui viennent, ces quatre Etats AAA accepteront-ils de payer davantage pour aider les autres Etats de la zone euro ?

    Dimanche 15 janvier 2012 :

    Un grand patron allemand évoque une sortie de l’Allemagne de l’euro.

    Le patron du géant allemand des gaz industriels Linde, Wolfgang Reitzle, a pris position pour une sortie de l’Allemagne de la zone euro au cas où l’on ne parviendrait « pas à discipliner les pays en crise », dans une interview au magazine Spiegel, à paraître lundi 16 janvier. « Si on ne parvient pas à discipliner les pays en crise, l’Allemagne doit se retirer », déclare M. Reitzle, ajoutant « ne pas croire personnellement qu’il faille sauver l’euro à tout prix ».

    Selon l’hebdomadaire, M. Reitzle est le premier patron d’une entreprise cotée à l’indice Dax des 30 valeurs vedettes de la Bourse de Francfort à prendre une telle position.

    « Ce scénario n’est à mes yeux pas souhaitable, mais il ne doit pas non plus être considéré comme tabou », a souligné le chef d’entreprise, qui considère qu’après le choc des premières années lié à sa sortie de l’euro, l’économie allemande pourrait retrouver toute sa compétitivité.

    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Un-grand-patron-allemand-evoque-une-sortie-de-l-Allemagne-de-l-euro_6346-2032422-fils-tous_filDMA.Htm

  5. « Le problème, c’est qu’en Europe, certains ne sont pas européens. Pour les uns, leurs intérêts les conduisent à défendre les positions anglo-saxonnes, pour les autres, leurs choix politiques les conduisent à se comporter comme vassal des Américains.  »

    Le problème, c’est que l’Europe elle-même n’est pas européenne ; c’est une créature américaine pilotée à distance par les Américains. Leur joujou, leur instrument, qui n’a jamais eu le moindre début d’espoir de constituer un contre-pouvoir à l’Empire US.

  6. merci pour cet excellent article.je ne comprends pas comment une espagne a l’agonie peut etre mieux notée que l’italie.je crois que cela rejoint les théories de l’article:standard and poors note plus le danger du mur de la dette 2012(le flux de crédit) que les fondamentaux.
    quant aux usa je me demande si l’enchevetrement général des dettes public,privées n’est pas bien supérieur a celui de l’europe:meme une université comme harvard émet des obligations.je ne vois pas encore cela en france

  7. Lundi 16 Jamvier
    Nous reviendrons sur les suites de la dégradation de la majorité des pays européens et ses conséquences, mais nous voulons vous faire part d’une Hypothèse de travail qui est en train d’émerger.
    Nous avons, souvenez vous défini et résumé l’année 2010 comme
     »L’ANNEE DU NO EXIT ». Les gouvernements et banques centrales, malgré leurs espoirs ou illusions n’ont pu revenir en arrière sur les politiques non conventionnelles mises en place en 2008.
    Nous n’avons pas défini 2011, mais avec le recul, nous dirions que c’est
    L’ANNEE DES GOVIES.  ». La crise est entrée dans la phase classique, historique qui suit toute crise financière, à savoir les doutes sur la solvabilité des gouvernements.
    Nous ne faisons que commencer 2012, il est donc trop tôt pour tenter de la caractériser, mais on peut avancer une hypothèse et prétendre que 2012 sera
    ^^L’ANNEE DES BANQUES CENTRALES »

    La crise est toujours la, le système bancaire vacille, le shadow systeme bancaire et ses repos se grippe, les gouvernements se voient progressivement fermer l’accès au marché de la dette et ne peuvent augmenter leur endettement, les amortisseurs sociaux touchent leurs limites, bref, les banques centrales sont en première ligne.

    Aux Etats Unis, la FED a mis en place depuis plusieurs semaines un  »case » , une propagande subreptice en faveur d’un QE3 ou 4, fondé sur l’achat de créances hypothécaires, en Chine on est a l’aube d’un renversement reflationniste, en Inde on prépare le terrain malgré une inflation toujours élevée, au Brésil c’est fait , on a pris le risque , en Angleterre on s’enfonce dans un nième QE, en Europe, la BCE avec la complicité allemande fait un QE souterrain.

    Vous devriez logiquement nous dire dans ce cas appelez l’année 2012
     »L’ANNEE 2012 DE LA REFLATION »

    Nous ne le faisons pas parce que cela risque d’être faux ou avorté. L’année 2009 était l’année de la reflation, c’est vrai mais nous suggérons que la tentative de faire un remake de 2009 a beaucoup de chances d’échouer. On se baigne jamais 2 fois dans la même rivière, cela veut dire que l’expérience et les enseignements de 2009/2010 sont passés par là.

    Voici une citation, parmi d’autres du gouverneur de la Bank Of Japan, elle date du 11 Janvier, rapportée par Bloomberg:  »il y a des limites à ce que la politique monétaire peut faire et les gouvernements doivent entreprendre les reformes nécessaires pour aider l’économie globale. Fournir des liquidités en tant que préteur de dernier ressort est, dans son essence, une politique pour gagner du temps, et le temps que nous pouvons acheter devient de plus en plus cher »

    Nous sautons le pas, nous allons plus loin que Masaaki Shirakawa et nous nous demandons si cette année 2012 ne pourrait pas être celle de la prise de conscience par les marchés, puis les gouvernements, puis les citoyens du fait que l’on a touché les limites du  »gagner du temps », du  »kick the can ».

    Les marchés ont compris depuis longtemps que l’on  »kick the can », il suffit de lire régulièrement les commentaires des gourous et du smart money, mais ils restent dans l’idée que l’on peut encore faire un tour, que l’on peut reproduire 2009, bref dans l’idée que les banques centrales peuvent encore faire quelque chose. Et si c’était faux? Et si comme le suggère le gouverneur de la BOJ on était au bout du rouleau?

    On ridiculise les japonais pour leur incapacité a sortir de la déflation, on a tort. Les japonais ont choisi une voie qui est compatible avec leur système social et politique et ils ne s’en sortent pas si mal. Mais ils ont fait des travaux considérables sur l’efficacité des politiques des banques centrales et ils en ont tiré des conclusions terribles. Finalement, elles sont impuissantes face aux crises de surendettement, face au problème de deleveraging.

    Comment peut se manifester en 2012 l’impuissance, l’échec des banques centrales? Il est difficile de répondre à cette question car nous n’avons pas de références historiques à l’action , à l’aventure dans laquelle se sont lancé nos demiurges. On est , ils sont en terrain inconnu.

    Nous livrons ceci à votre imagination et à votre sagacité.

    Voici quelques pistes.

    La tendance à la hausse du taux moyen d’intérêt mondial qui s’est initiée en 2011 peut s’accélérer et se généraliser, mettant de plus en plus de govies en difficulté.

    Les risques de stagflation, risque fatal pour l’équilibre du système, peuvent se préciser. Rechute de l’immobilier, en particulier le commercial qui est déjà en mauvaise posture

    Le marche financier mondial peut de gripper. On vit sur le mythe du hedge et des couvertures fictives des risques, l’illusion peut tomber, les yeux se déciller, c’est l’hypothèse Faber. Les dérivés subissent une crise de crédibilité et solvabilité des contreparties.

    Les tensions entre les pays et à l’intérieur des pays débouchent sur un désordre des changes et un effondrement de l’apparence de concertation internationale

    Structurellement, on peut évoluer vers un retour en arrière, un mouvement de contestation de la pseudo indépendance des banques centrales, contestation justifiée mais catastrophique pour le système issu de la dérégulation

    Le marché financier global qui avait tendance jusqu’en 2007 à s’unifier, se désunifie, se disloque progressivement , les obstacles à la circulation des capitaux se multiplient , on revient aux sous ensembles monétaires et fiscaux avec des réglementations, des contrôles, des taxes locales du style Tobin

    etc etc

  8. Lundi 16 Janvier.

    La BCE a commandé un étude sur la dette , les liabilities que représentent les pensions publiques chez l9 pays européens.

    Les pensions publiques promises par les 19 sont cinq fois supérieures à la somme des dettes officielles de ces 19 pays!

    La somme des liabilities s’élève a 30 trillions selon cette étude.

    Dans le même temps les fonds de pensions fondent à vitesse accélérée avec des taux réels négatifs et l’absence totale de rendement des placements sans risque.

    Rassurez-vous, au Etats Unis la situation est un multiple deux fois pire.

    Apres les dérivés, les systèmes de retraites sont en bonne place sur la liste de catastrophes en attente de se produire .

  9. Lundi 16 janvier 2012 :

    « La crise de la zone euro atteint une dimension systémique », pour Coface.

    « En 2012, la conjonction d’une croissance très affaiblie en Europe et d’un possible assèchement du crédit pourrait affecter de manière sensible le risque de crédit des entreprises », prévient le président de l’assureur-crédit Coface, dans une note publiée ce lundi.

    Sur l’ensemble de l’année dernière, la Coface a déjà observé une pression renforcée sur les sociétés de la zone euro, pour lesquelles les incidents de paiement ont progressé de 28% contre 19% dans l’ensemble du monde. Une situation qui fait dire à l’assureur que « la crise prend un nouveau virage et atteint une dimension systémique globale avec l’entrée en crise de l’Italie »…

    Les entreprises des pays de l’Europe dite « émergente » seront d’autant plus touchées par cette crise, les banques de l’ouest du Vieux continent réduisant leur soutien à leurs filiales particulièrement exposées à la dette. Or, « un tarissement du crédit européen aurait un impact majeur sur l’activité en Europe émergente, ces économies étant en outre bien souvent caractérisées par un secteur privé très endetté en devises », souligne la Coface.

    L’assureur estime ainsi que la croissance de l’Europe émergente pourrait être divisée par deux, passant de 4,1% en 2011 à 2% cette année. L’Europe dans son ensemble serait en récession de 0,1%.

    http://www.boursier.com/actualites/economie/la-crise-de-la-zone-euro-atteint-une-dimension-systemique-pour-coface-12802.html

  10. superbe ! merci !!

    j’adore ceci : Nous soutenons que la baisse du rating américain en Aout dernier était une comédie, sans autre conséquence que d’impressionner le reste du monde et… d’accréditer la valeur des conclusions des Agences… pour les autres.

    j’adore !!

  11. Vendredi 20 janvier 2012 :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 15,271 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 18,350 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 14,617 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Le Portugal traverse « un moment réellement critique. »

    Le Premier ministre portugais a admis vendredi que son pays, sous assistance financière, traversait « un moment réellement critique », espérant toutefois qu’il pourrait enregistrer en 2012 un excédent commercial alors qu’il mise sur les exportations pour relancer son économie.
    « Nous traversons un moment critique, qui entraîne un climat d’instabilité et d’insécurité sur l’avenir de l’Europe et par conséquent du Portugal », a dit Pedro Passos Coelho lors d’un débat au parlement.
    Le Premier ministre a évoqué en particulier des « nouvelles problématiques » venues « de Grèce ou d’une agence de notation ».
    L’agence américaine Standard and Poor’s a dégradé récemment la note de neuf pays européens, ramenant celle du Portugal au niveau des investissements spéculatifs, une décision jugée « infondée » par le gouvernement portugais.

    (Dépêche AFP)

  12. – Au début, les bisounours disaient : « Ne vous inquiétez pas. La Grèce pourra rembourser toute sa dette. »

    – Ensuite, les bisounours ont dit : « Ne vous inquiétez pas. La Grèce pourra rembourser PRESQUE toute sa dette. »

    – Ensuite, les bisounours ont dit : « Ne vous inquiétez pas. La Grèce pourra rembourser une grande partie de sa dette. Les banques et les assureurs européens ne subiront qu’une petite décote de seulement 21 %. »

    Les dirigeants de la zone euro se sont mis d’accord le 21 juillet sur un deuxième plan d’aide à la Grèce d’un montant total de 109 milliards d’euros. Le secteur privé, détenteur d’obligations souveraines grecques, sera mis à contribution à hauteur de 37 milliards d’euros. L’accord prévoit que les banques et assureurs européens subiront une décote de 21 % sur la dette grecque qu’ils détiennent.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/07/28/97002-20110728FILWWW00455-grece-les-banques-proposent-15mds-d.php

    – Ensuite, les bisounours ont dit : « Ne vous inquiétez pas. Les banques et les assureurs européens ne subiront qu’une décote de 40 %. »

    – Ensuite, les bisounours ont dit : « Ne vous inquiétez pas. Les banques et les assureurs européens ne subiront qu’une décote de 50 %. »

    – Aujourd’hui, les bisounours ne savent pas de combien sera la décote.

  13. La dégradation des USA : une comédie visant à crédibiliser les dégradations massives des Etats européens. Tout a fait d’accord. Il s’agit d’une attaque contre l’euro. S’il veut survivre, l’euro doit aux yeux des américains devenir la monnaie de singe qu’est le dollar. Sinon leur système d’entonnoir est en danger.

    J’ai espéré un temps que l’Europe l’emporte mais avec Draghi ( encore un européen qui n’est pas européen) en cheval de Troie, les américains sont en train de parvenir à leurs fins.

    Or les allemands ne peuvent accepter une monnaie faible car ils doivent construire des rentes à leur population vieillissante par des investissements exterieurs… on n’est pas à la fin du film

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