Behaviorisme et Finance Comportementale

Fin de l’austérité, une menace pour les retraites?

Fin de l’austérité, une menace pour les retraites?

Plus encore que l’élection française, c’est la situation en Grèce qui nous indique les événements à venir. En un mot, les populations européennes ne supportent plus l’austérité qui leur est imposée et exigent la relance. L’expression de cette volonté politique nous place devant l’alternative suivante: l’une optimiste, l’autre beaucoup moins.

 La bonne nouvelle se résumerait ainsi: les récents sacrifices n’ont pas été vains car la conjoncture est en train de se retourner. Suivant une telle logique, il est temps d’accompagner ce redémarrage en lançant de grands plans d’infrastructures à travers le Vieux Continent. Et la croissance reviendra d’elle-même. Mais comme le disait lundi dernier l’économiste en chef d’UBS dans cette même chronique, les banquiers centraux ont perdu leurs certitudes, pour ne pas dire le nord. Autant dire que cette hypothèse est certes souhaitable, mais tout sauf acquise.

 Pour les pessimistes, en vertu du principe physique qui veut que l’eau s’écoule toujours par le lieu offrant la moindre résistance, on peut prédire que l’utilisation de la planche à billets ne fait que commencer, sachant que les hommes politiques ne rendent pas de comptes à long terme. Dès lors, la suite de l’histoire est écrite: l’austérité – et là n’est pas le moindre des paradoxes – demeurerait la moins douloureuse des solutions à venir pour la majorité de la population.

Pour l’instant, la création ex nihilo d’argent n’a pas fait trop de dégâts, car la masse monétaire est restée contenue dans le bilan des banques. C’est même la déflation qui a prévalu.

En revanche, on sait de longue date que l’usage systématique de la dette pour régler les fins de mois de l’Etat mène mécaniquement à l’effondrement de la valeur de la monnaie concernée et surtout à une envolée des taux d’intérêt.

La boucle est bouclée. Nous avons constaté plus haut que la volonté populaire exigeait le recours à cette fameuse planche à billets pour atténuer les méfaits d’une austérité perçue comme insupportable. Mais puisque l’effondrement de la valeur de la monnaie ruine en premier lieu les détenteurs de créances (rentes, obligations, billets de banque) plutôt que les propriétaires d’actifs réels (actions, biens mobiliers comme immobiliers, outils de production), on devine déjà qu’une large et durable spoliation se prépare aux dépens des bénéficiaires de revenus fixes.

Pour adoucir toutefois la potion amère qui s’annonce pour les années qui viennent, il semblerait judicieux de détenir en priorité des biens réels achetés avec des créances «négatives», c’est-à-dire des dettes bloquées à long terme avec un taux bas.

François Gilliéron  Consultant indépendant mai 12 /le temps

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