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Forex : Le dilemme des refuges

Forex :  Le dilemme des refuges

La forte appréciation du dollar et de la livre sterling commence à affecter les exportateurs.

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis pourraient bien rejoindre la Suisse parmi les pays victimes d’une monnaie trop forte par rapport à l’euro. Monnaie dont la zone économique représente encore un débouché commercial majeur pour les deux pays.

  

Sur un an, l’euro a perdu plus de 10% contre la livre sterling à 0,783 livres et plus de 6,5% depuis le début de l’année. La devise commune perd plus de 15% à 1,223 dollar en un an et près de 6% depuis le début de l’année. Ce qui suscite une interrogation majeure: dans quelle mesure la recherche de valeur refuge sur le forex peut-elle plomber les exportations américaines et britanniques.

PLUS DE GUERRE DES MONNAIES EN SUIVANT :

La hausse de leurs ventes avaient été de 5,4% l’an dernier, d’après un récent rapport de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce qui constitue déjà une baisse de presque moitié par rapport aux performances de 2010. L’OMC a en outre rappelé que le commerce international baisserait davantage en 2012, notamment pour des raisons de changes aux Etats-Unis et ailleurs (corollaire de l’environnement économique morose en Europe), pour atteindre 5% de croissance contre près de 14% l’année précédente.

Pour les Etats-Unis, l’enjeu est majeur. Timothy J. Considine, professeur d’économie énergétique à l’université du Wyoming, calcule que pour un emploi créé dans le secteur très cyclique de l’industrie, sept sont créés dans l’économie générale américaine. La capacité de cette industrie à opérer de manière efficace dans n’importe quel type de configuration économique est connue. Mais à ce niveau de changes contre l’euro, le dollar pose un risque de moins en moins soutenable pour l’économie américaine. La politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) consistant à déprécier l’euro pour y stimuler sa propre économie, contre laquelle les dirigeants de la Fed n’ont d’ailleurs aucune objection, ajoute au désarroi des exportateurs américains.

Au Royaume-Uni, Bloomberg a enquêté auprès des commerces et entreprises du pays exportant au moins 45% de leur production vers le continent européen afin de jauger le sentiment des opérateurs de l’économie insulaire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, attendu la pléthore de crises économiques et financière du dernier siècle, jamais les sujets de sa Majesté n’ont vu leur devise prendre l’envol si rapidement et si profondément contre l’euro ou contre tout autre monnaie d’un partenaire commercial.

Malgré la première récession en double-creux depuis 1975, caractérisée, entre autres, par une baisse des exportations ayant conduit la Banque d’Angleterre (BoE) à injecter massivement des livres sterling (375 milliards de livres) pour stimuler l’économie, la monnaie britannique n’en a pas moins pris près de 3% au cours des six derniers mois. C’est même la meilleure performance des devises au sein d’un panier de dix monnaies, dont le yen.

C’est que les investisseurs ont retiré leurs fonds des portefeuilles d’actifs de la zone euro pour les réallouer entre les actifs libellés en dollar ou en livres sterling quand il ne s’agit pas du Bund souverain. D’après Nissay Asset Management, cette tendance ne devrait pas s’interrompre de sitôt. Même si on est en droit de se demander ce qu’il reste à vendre d’actifs libellés en euros, puisque les valorisations montrent que pratiquement tout ce qui est libellé en euros est déjà cédé.

Du point de vue stratégique, la tentation est grande de se ruer sur les actions européennes (en euros), afin de tirer parti, à moyen-long terme, du rebond potentiel. Un rebond qui peut s’avérer d’autant plus fort que la contraction aura été puissante.

Or rien n’est moins sûr. Jamais, en tout cas depuis la Seconde Guerre, la solvabilité financière d’un état souverain développé n’a été remise en cause. Il n’existe donc pas d’historique ou de précédent pour pouvoir apprécier les chances et l’ampleur d’un retour à la normal en Europe, susceptible de stabiliser le forex et les marchés d’actions de la zone euro.

Levi-Sergio Mutemba/Agefi juil12

1 réponse »

  1. Et bien savez vous, avec toussa toussa, à 1.201 le franc Suisse ? Ben il n’est pas cher je trouve ! ARGHHHHHHHHH !!!

    P.S. J’disça, j’dis rien hein ! Hum

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