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S&P 500 et Or ou la fable de la valeur d’efficacité et de la valeur de rareté par Charles Gave

S&P 500 et Or ou la fable de la valeur d’efficacité et de la valeur de rareté par Charles Gave

Ce à quoi les premiers économistes se sont intéressés c’est bien sur à la notion de valeur.

Pourquoi les objets où les services ont-ils de la « valeur » er pourquoi cette valeur varie t’elle avec le temps où les circonstances ? Telle était la question à laquelle des générations d’économistes ont essayé de répondre. La réponse fut apportée par les économistes Autrichiens à la fin du XIX eme.

La valeur d’un bien est « subjective » et se constate quand un échange volontaire a lieu entre deux individus  et au moment de cet échange la valeur égale le prix. Et ce « prix » peut être durablement supérieur ou inferieur à la « valeur » du travail inclus dans le bien en question, ce qui veut dire que la « valeur travail » sur laquelle repose tout l’édifice intellectuel du Marxisme est une idée fausse et que, comme chaque fois que l’on essaye de monter un système économique sur une idée fausse cela n’amène qu’a des désastres, comme l’expérience des pays communistes l’a amplement montré.

Fort bien.

Voila qui est acquis et c’est la que s’arrête la plupart des économistes. Mais on peut essayer d’aller un peu plus loin.

PLUS DE GAVE EN SUIVANT :

A mon avis, il existe deux raisons qui peuvent m’inciter à me séparer de mon bon argent pour acquérir un bien.

  1. Soit je peux essayer d’acquérir quelque chose qui me sera utile, un outil par exemple et dans ce cas la valeur de l’objet ou du bien viendra de son « efficacité ». Un exemple de la valeur « efficacité »  sera par exemple un grand indice boursier du style S&P 500 qui représente peu ou prou la somme des outils de l’économie US.
  2. Soit je peux acheter quelque chose simplement parce que ce « quelque chose » est beau et peu commun, un bijou, une oeuvre d’art et dans ce cas la valeur de cet objet viendra de sa « rareté ». L’archétype d’une telle « valeur » c’est bien entendu l’Or.

La différence entre les deux « systemes de valeur » est que le premier est ouvert et le second est fermé et que le premier se branche sur une croissance en volume, ce qui n’est pas le cas du deuxième. Je veux dire par la que la création de valeur dans le système « efficace » est infinie, puisqu’elle ne dépend que de l’invention humaine  alors que dans le systeme de rareté la quantité de valeur est par définition » fini ».

Les deux sortes de « valeurs » sont présentes à tout moment dans nos systèmes économiques et toutes les deux se servent de la monnaie pour  concrétiser ces valeurs au moment de l’échange.

Il est donc tout à fait probable que si je calcule un ratio entre le S&p 500 et l’Or,  et que je suis ce ratio au travers du temps, je vais avoir une bonne idée de la façon dont le public en général valorise ces deux valeurs l’une par rapport a l’autre.

Et ici, je viens d’introduire subrepticement une troisième notion, celle de la « monnaie.

Imaginons qu’un gouvernement suive une politique économique tout à fait favorable au développement des valeurs « efficacité », ce qui veut dire favorable à la création de nouvelles richesses et donc favorable au capitalisme, comme pendant les années Reagan ou Thatcher . Dans ce cas de figure, je devrais m’attendre à ce que la valeur « efficacité »  fasse beaucoup mieux que la valeur rareté puisque dans un cas je bénéficie d’une croissance en volume, ce qui n’est pas le cas pur la valeur rareté. Dans ce cas la, je devrais m’attendre à ce que la monnaie soit une bonne monnaie qui préserve mon pouvoir d’achat.

Par contre, si la politique suivie par le gouvernement et la banque centrale est défavorable au système productif et à la valeur de la monnaie, en suivant par exemple une politique de taux réels négatifs alors on peut s’attendre à ce que l’or fasse mieux que le S&P 500.

Vérifions, en prenant l’historique de ce ratio, base 100 en 1972, au début des changes flottants

Il ressort clairement du graphique que de 1972 à 1980 , les USA ont clairement suivi une politique visant à la destruction de la monnaie US , en maintenant des taux réels constamment négatifs, ce qui revenait à procéder à ce que Keynes recommandait et appelait « l’euthanasie du Rentier ». Le marché des actions a baissé par rapporta l’or de 80 % pendant cette période

De 1980 à 2002, changement de politique, la monnaie US offre des rendements positifs et le capitalisme peut fonctionner à nouveau. Le S&P 500 passe par rapport à l’or de 20 à prés de 300 et le monde connait une période de prospérité sans précédent

Depuis 10 ans, retour aux errements des années 70 et le marché chute de 300 à 50…

Les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Ce que j’essaye de montrer est  donc que le ratio entre valeur d’efficacité et valeur de rareté (S&P 500/ Or) est un outil prodigieux pour juger de la pertinence  de la politique monétaire aux USA .

Si ce ratio monte, il faut avoir confiance et dans le dollar et dans le marché des actions. S’il baisse, la plus grande prudence s’impose

J’avais fait l’analyse, ce qui fut une erreur, que devant le désastre économique représentée par la Présidence Obama, les citoyens allaient changer de Président. Il n’en a malheureusement rien été Ce qui veut dire que la politique monétaire va rester défavorable à la croissance…

D’ou ma grande prudence.

Est ce que cela veut dire que je recommande d’acheter de l’or?Pas vraiment dans la mesure ou je peux trouver en Asie des solutions d’investissement plus attrayantes à mon avis que l’or.

Cela veut juste dire en revanche que je réduis la voilure sur le dollar, les obligations américaines et les actions domestiques outre Atlantique… 

C.G

SOURCE ET REMERCIEMENTS : INSTITUT DES LIBERTES

http://institutdeslibertes.org/sp-500-et-or-ou-la-fable-de-la-valeur-defficacite-et-de-la-valeur-de-rarete/

4 réponses »

  1. Charles Gave toujours aussi brillant dans ses analyses mais à ne pas suivre dans ses conseils selon moi car il n’a jamais le timing. Sa dernière perle quand le CAC valait 3000 cet été est d’avoir annoncé une baisse sans précédent du marché (sans doute prenait-il ses désirs pour des réalités et attendait-il la chute de l’euro). Avoir raison trop tôt en bourse c’est avoir tort mais ça n’enlève rien à la pertinence de fond de ce qu’il dit.

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  2. « Cela veut juste dire en revanche que je réduis la voilure sur le dollar, les obligations américaines et les actions domestiques outre Atlantique…  »
    Sur son site je lui avais dit que l’amour rendait aveugle, il retrouve lentement la vue semble-t-il

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  3. Les économistes marginalistes considèrent la valeur comme étant la mesure du désir qu’un agent économique éprouve pour un bien ou un service. C’est alors une appréciation subjective non mesurable , liée aux préférences de la personne compte tenu de sa situation actuelle. William Jevons développe lors d’un congrès en 1862 la notion de « degré final d’utilité » ( utilité marginale ). Pour reprendre l’exemple du verre d’eau, un homme assoiffé dans le désert est prêt à payer une « fortune » pour UN verre d’eau, un peu moins pour le deuxième quand il s’est déjà abreuvé, encore moins pour le troisième, etc., et ce indépendamment de sa valeur de production. William Jevons introduit donc une subjectivité dans la détermination de la valeur. La théorie néoclassique adopte cette conception de la valeur comme liée à l’utilité dégagée par la dernière unité échangée et à la satisfaction des autres besoins. La formation des prix ne dépend alors plus que de cette utilité marginale.

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