Asie hors émergents

Le grand squeeze des sociétés minières commence! par Pierre Leconte

Le grand squeeze des sociétés minières commence! par Pierre Leconte

Les sociétés minières, les unes après les autres, voient leurs profits chuter en raison de la hausse massive de leurs coûts de production, de l’instabilité politico-sociale dans les pays où elles interviennent comme de la raréfaction inéluctable des gisements qu’elles exploitent. Mais surtout de leurs politiques erronées de vente à terme de leurs productions actuelle et future aux fins de hedging, qui les protègent en cas de baisse des prix des métaux mais les privent de tout profit en cas de reprise des prix desdits métaux, et qui font aussi chuter la valeur desdits métaux comme on l’a constaté en 2011-2012 alors que ces sociétés devraient au contraire tenter de les faire monter pour contrer les bullion banks qui les “shortent”. De telle sorte qu’elles sont actuellement “squeezées” et n’ont plus comme solutions que de fermer leurs mines et de licencier leurs employés ou bien de se reconvertir dans d’autres secteurs d’activité plus profitables (plus facile à dire qu’à faire), comme viennent de le décider Amplats Platinum en Afrique du Sud mais aussi Freeport MacMoran ou Rio Tinto, à moins de racheter à perte leurs positions short à un coût prohibitif et même de prendre des positions à la hausse sur lesdits métaux pour compenser leurs pertes actuelles et passées du fait d’un prochain mouvement de hausse des prix des métaux.

Ce qui signifie que leurs actions restent et resteront orientées à la baisse mais que les prix des métaux, en particulier ceux du platine et du palladium (qui viennent de confirmer leurs cassures à la hausse), avant que ce soient aussi ceux de l’or et de l’argent-métal qui restent en retard, sont en phase d’amélioration après leurs chutes de 2011-2012 et devraient poursuivre leur mouvement actuel puisque les sociétés minières en produisent de moins en moins… Conclusion: ne pas conserver d’actions des sociétés minières si l’on en a encore mais, au contraire, rester long sur les métaux eux-mêmes (physique, à terme, en options calls ou en ETF). D’autant qu’un sombre avenir attend ces sociétés minières qui produiront de moins en moins (pendant que les métaux eux-mêmes verront alors leurs prix monter en flèche et se dégageront des mouvements monétaires qui pour le moment limitent encore leur progression) au fur et à mesure que l’on se rapprochera de l’épuisement des ressources minières naturelles partout dans le monde qui est programmé pour les métaux précieux de façon suivante: 2021 pour l’argent-métal, 2023 pour le platine, 2025 pour l’or et 2064 pour le platine.

Lire: http://terresacree.org/palladium.htm

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Ce qui signifie aussi que, par ordre d’épuisements successifs des ressources disponibles, les métaux les plus haussiers devraient être d’abord l’argent-métal, puis le palladium, puis l’or et enfin le platine.

Nous ne changeons donc pas nos prévisions exposées dans notre dernier commentaire. A noter que la hausse de l’euro/dollar US et donc la baisse du dollar US index (en dépit de la forte hausse du dollar US/yen qui n’est que le résultat temporaire des manipulations des autorités japonaises) se poursuivent comme prévu (même si cela est trop lent à notre goût), ce qui ne fait pas remonter que les métaux précieux exprimés en dollars US mais aussi l’ensemble des matières premières (le pétrole brut en particulier) cotées en monnaie US, d’autant que les investisseurs japonais dont la valeur de la monnaie s’effondre achètent à nouveau métaux et matières premières avant que leurs prix atteignent des niveaux prohibitifs en yens.

Pour ce qui concerne les actions US et obligations US en général, nous conseillons pour le moment, compte tenu de leurs niveaux extrêmes de surévaluation qui ne sont dus qu’aux manipulations des banques centrales, soit de ne pas les traiter, soit d’acheter des SDS (Proshares Ultra Short S+P500 – NYSE), un ETF dont le niveau de prix est proche de son plus bas qui ne manquerait pas de fortement monter en cas d’impasse prolongée ou de dégradation dans les négociations entre Républicains et Démocrates sur le relèvement du plafond de la dette publique US. Nous ne pouvons que partager les récents commentaires d’un analyste français qui remarquait:

“Les banques centrales ont subverti les mécanismes de fixation de la valeur, aussi bien des produits obligataires (dettes d’Etat, emprunts corporate) que des actions. Il en résulte la restauration des conditions techniques propres à une bulle, mais avec une différence fondamentale qui rend toute prévision très hasardeuse. Il n’y a pas à proprement parler de psychologie à analyser, car il n’y a plus de marché. »

Prenons le cas des États-Unis ou du Japon. Il y a un unique vendeur de dette — le Trésor américain ou japonais — et un unique acheteur, à savoir la Federal Reserve ou la Bank of Japan — qui agit soit en direct (la Fed ramasse 90% des emprunts à 30 ans émis par l’Etat), soit par le biais des banques commerciales auxquelles elle avance l’argent nécessaire.

Elles leur fournissent en fait des liquidités toutes fraîches via l’échange de dettes antérieures de qualité très incertaines et non cessibles sur les marchés en l’état.

En d’autres termes, il devient très difficile de déterminer le potentiel du marché actuel. En effet, que penser d’un marché qui a déjà pris 15% en 2012, non seulement à contrecourant de conditions économiques adverses mais également de perspectives qui ne sont pas plus engageantes pour 2013, grâce à de l’argent créé à partir de rien et par des banques qui n’ont aucune idée de la soutenabilité du processus et des conséquences ultimes de politiques monétaires complètement expérimentales (dignes d’apprentis sorciers).

Si les volumes d’échanges ne cessaient d’augmenter à mesure que les indices boursiers et les emprunts d’Etat se renchérissent, nous pourrions affirmer que les marchés affichent une foi inébranlable (peut-être un peu irrationnelle) dans l’infaillibilité de la Fed, de la Bank of Japan et dans une moindre mesure de la BCE… mais ce n’est pas le cas.

« Les permabulls saluent abondamment l’habileté de la BCE — dont le verbe s’est avéré magique cet été mais qui de ce fait n’a pas encore eu l’occasion d’injecter un seul euro dans les circuits financiers depuis le 25 juillet dernier. Quand bien même l’Espagne l’appellerait au secours, cela ferait-il une différence puisque les 1 000 milliards d’euros des deux LTRO de fin 2011 et février 2012, destinés justement à encourager le rachat de dettes périphériques, n’ont pas percolé dans l’économie réelle ?” Philippe Béchade, Chronique Agora

Lire: http://la-chronique-agora.com/hausse-trompe-oeil-wall-street/#anc

http://www.businessinsider.com/fitch-failure-to-raise-the-debt-ceiling-will-likely-prompt-a-downgrade-even-if-debt-payments-are-still-made-2013-1

SOURCE ET REMERCIEMENTS: FORUM MONETAIRE DE GENEVE 

http://www.forum-monetaire.com/?p=7389

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