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En Chine, semble régner une certaine confusion!!!

En Chine, semble régner une certaine confusion, une absence de direction du nouveau gouvernement, qui laisse les investisseurs indécis. Voici plusieurs points à même d’expliquer ce qui se prépare dès cet été avec des implications domestiques mais aussi globales essentielles pour les dix années à venir.

EN LIENS: Credit crunch: La Chine coupe le robinet du cash à ses banques

Crédit Crunch suite : Panique dans le marché bancaire chinois, la Banque centrale contrainte d’intervenir

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Dans la journée de lundi, en Asie, la bourse de Shanghai a dévissé de 5,3%, son pire plongeon en près de quatre ans. Alors que les investisseurs s’inquiètent des déclarations de la banque centrale, le marché chinois a ainsi atteint son plus faible niveau de clôture depuis le 3 décembre 2012. La place de Shanghai a également enregistré la plus forte chute journalière depuis août 2009, où elle avait perdu 6,74%. Les valeurs du secteur financier ont été particulièrement touchées. Southwest Securities a atteint la limite de 10% de baisse autorisée pour une seule journée, tandis que Pudong Development Bank perdait 9,18%. Les titres miniers ont également fini la séance en fort recul. Yangquan Coal Industry a atteint le seuil de 10% de baisse tandis que le sidérurgiste Baotou Steel perdait 9,6%.

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 La stratégie du gouvernement se structure, 7 groupes de travail, tous dirigés par des responsables majeurs, les patrons de la PBOC et de la NPC notamment, sont en place et plusieurs grandes décisions concrètes vont arriver avant la fin de l’année. Ce sont:

1) La réforme de la TVA avec une réduction généralisée de la Business Tax qui vise à tonifier la croissance des profits et des investissements des sociétés.

2) L’Etat Central va prendre en charge le contrôle de la qualité alimentaire et de l’environnement allégeant le fardeau financier des provinces.

3) La Chine n’aime plus le charbon et va le montrer de façon brutale. L’objectif est de faire chuter l’indice PM2,5 de pollution à 30 d’ici 2030. En comparaison, nous sommes à 17 aux Etats-Unis, 20 au Royaume-Uni mais Beijing a atteint jusqu’à 1000 en janvier (la vie même est en danger au-dessus de 25). La Chine, en moyenne, est actuellement à 63. Si elle maintient ses prévisions de hausse de consommation de charbon (responsable à 45% de l’excès de pollution en Chine) de 60% sur les 10 années à venir et une hausse de son parc automobile de 300% d’ici à 2030, nous aurons un indice PM2,5 alors à 120, loin des 30 visés. Des mesures drastiques sont en préparation dans ces deux secteurs. Ces mesures vont-elles peser sur la croissance du pays ? Selon une analyse de Deutsche Bank, si elle est bien gérée, une forte réduction d’activité sur le charbon, l’auto et l’industriel bas de gamme, emportant 500 Mds de RMB de PIB avec elle, serait compensée par une création de 500 Mds de nouveau PIB menée par le gaz, les énergies alternatives et les projets de transports publics.

4) La Chine va taxer son e-commerce bondissant, qui représente déjà 13% des ventes au détail, un montant total supérieur à celui des Etats-Unis. Une manne à venir pour le budget d’Etat

5) La Chine va faire payer plus cher son eau (20% de hausse des prix sur les deux prochaines années), son gaz (20% de hausse des prix sur les 2 prochaines années) et le prix des terrains pour les usines et le coût de sa main d’oeuvre, en améliorant les minima sociaux, vont grimper. « L’usine du monde » va être beaucoup moins compétitive sur les coûts mais plus productive.

6) La réforme des terres agraires. Les fermiers vont obtenir un titre de propriété valable pour 30 ans qui leur permettra de louer leur terre, de la mettre en garantie contre un prêt ou bien de la fragmenter pour en vendre directement une partie sans avoir à passer par la Province. Un boom de la consommation et de l’investissement à venir avec une réalisation de la valeur des terrains.

7) La libre convertibilité de la devise dans les 5 prochaines années et l’accès au marché de capitaux chinois à tout institutionnel le demandant dans les 3 prochaines années.

Ces « avancées » sont d’une ampleur pas connue depuis le début des années 90 et les premiers jalons sont attendus sur le second semestre.

La politique monétaire chinoise actuelle continue d’être restrictive, la lutte contre le « shadow-credit » s’intensifie (comme le montre la forte tension sur le marché repo) mais une fois les circuits un peu assainis, l’injection de liquidité dans l’interbancaire va s’accélérer, cela a commencé et ceci va continuer pendant l’été.

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L’action de contrôle de la PBOC sur les liquidités à très court terme de l’interbancaire a été soudaine et appuyée. Du taux 24 heures au prêt à 3 mois, la tension a été très nette ces derniers jours. Le taux d’emprunt à 7-jours est monté jusqu’à 11%, nous étions à 4,8% à fin mai.

Pékin fait  le strict minimum pour empêcher une panique bancaire. Alors que les taux restent très élevés sur le marché interbancaire chinois, la Banque centrale souffle le chaud et le froid, mais maintient malgré tout une posture de fermeté. 

Ainsi, d’après des rumeurs convergentes, la Banque centrale aurait pris un certain nombre de mesures ciblées, vendredi, pour soulager certaines institutions financières au bord de l’asphyxie financière. Et dans un compte-rendu de réunion publié ce dimanche, elle a évoqué, pour la première fois depuis septembre, la nécessité d’un «réglage fin» («fine tuning» en anglais) de sa politique monétaire. Une façon de laisser entendre que, le cas échéant, elle pourrait envisager de rouvrir partiellement le robinet du crédit. 

En réalité, Pékin reste d’une fermeté sans précédent. Aucune action d’envergure n’a été prise ces derniers jours pour rassurer le marché (en particulier, une baisse des taux de réserves obligatoires, souhaitée par de nombreuses banques, ne semble pas à l’ordre du jour).

Dimanche matin, les Chinois ont eu des sueurs froides lorsque les quelque 18 000 distributeurs à billets de l’ICBC se sont éteints simultanément, pendant deux heures. Même le personnel au guichet ne parvenait à remettre de l’argent. La Banque industrielle et commerciale de Chine était-elle subitement à court de liquidités? Le bruit a couru à toute vitesse sur les microblogs chinois et le démenti s’est fait attendre. «Il s’agissait d’une simple mise à jour de notre système informatique» a affirmé le porte-parole.

L’incident reflète cependant la nervosité entourant la situation. Chez les particuliers comme au sein des milieux financiers. Le marché des prêts interbancaires – sur lesquels les banques commerciales se servent massivement pour se refinancer – s’est brièvement asséché. Les taux d’intérêt offerts aux établissements ont pris l’ascenseur, alors que la banque centrale rechignait à injecter des liquidités dans ces rouages.

Reste que dans un pays où les médias traditionnels sont toujours strictement contrôlés par l’Etat, celui-ci a la possibilité de limiter la propagation d’un sentiment de panique auprès de la population. Et les marchés se méfient de la situation du secteur bancaire.

Plus symptomatique encore, un commentaire publié samedi par l’agence officielle Xinhua, met en garde contre les conclusions trop hâtives dans la période de stress actuelle. D’après ce texte, il n’y a pas d’assèchement des liquidités. «Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’argent, mais que l’argent n’est pas au bon endroit», y lit-on notamment. Une façon de dire que le système financier chinois est dangereusement déséquilibré et qu’il est temps que certaines institutions mettent de l’ordre dans leurs pratiques. Lundi, un éditorial des Nouvelles de Pékin a analysé la démarche des autorités comme une volonté de durcir leur position vis-à-vis des banques commerciales, les inciter à privilégier le long terme, renforcer la réforme financière et améliorer l’allocation des ressources.

Et surtout lutter contre le système bancaire «souterrain», source de toutes les inquiétudes. Selon l’agence de notation financière internationale Fitch, les placements par les citoyens les plus aisés dans des fonds d’investissement à haut rendement – qui ensuite prêtent cet argent au taux fort à une myriade d’entreprises ou de promoteurs immobiliers, d’où leur surnom de banques «souterraines» – atteignent l’équivalent de 16% des dépôts: 13 000 milliards de yuans contre seulement 500 milliards il y a cinq mois.

 Compte tenu du fait que de nombreux de ces placements financiers à haut rendement (produits de gestion de patrimoine) arrivent à échéance à la fin juin (pour un montant estimé à 1500 milliards de yuans par Fitch) et d’autres éléments conjoncturels liés à la fin du deuxième trimestre, la plupart des analystes s’attendent donc à ce que les taux restent élevés sur le marché interbancaire chinois dans les prochaines semaines. La pression sur les banques chinoises ne devrait pas retomber rapidement.

Sans compter que dans une économie obnubilée par l’urbanisation, les mêmes banques sont aussi promoteurs immobiliers ou facilitent grandement l’octroi de prêts aux promoteurs plus ou moins solides, sous la pression des officiels locaux en mal de recettes fiscales et de pots-de-vin. Cette semaine, le procès pour corruption de l’ancien secrétaire de Parti d’un district de Chongqing fait les choux gras de la presse chinoise.

Ce sentiment que l’on octroie des crédits sans complexe est exacerbé par l’apparition d’acteurs inattendus. Le 13 juin, le premier site marchand du pays, Alibaba, proposait à la vente toute une gamme de produits financiers. Désormais, via son système de paiement Alipay – l’équivalent chinois de Paypal – les Chinois ordinaires peuvent accéder à des outils spéculatifs alléchants. Yu E Bao, c’est son nom, a attiré 1 million d’adeptes en sept jours. Le site subira des sanctions, promet pourtant l’instance chinoise de régulation bancaire. 

La maîtrise de ce gonflement de l’octroi des crédits est suivie au jour le jour par les autorités. Le premier ministre Li Keqiang – qui célèbre ses 100 jours au pouvoir – devra donc encore appeler les banques à lutter contre la tentation de l’argent facile et les convaincre de se focaliser sur le financement de l’économie réelle, dont la croissance – à 7,8% – est à son plus faible niveau depuis 13 ans. Mais les premiers dégats  de cette folie financière se font jour

La ville chinoise d’Ordos asphyxiée par sa dette 

Ordos, la ville chinoise de Mongolie intérieure célèbre pour ses investissements disproportionnés et sa nouvelle ville aux allures de cité fantôme, s’enfonce dans la crise. D’après le «21st century business herald», un journal économique réputé en Chine, les revenus budgétaires de la ville auraient fondu de 15,8% sur un an au cours des cinq premiers mois de l’année. 

Ce contrecoup du ralentissement économique en cours, qui pèse sur les recettes fiscales émanant des entreprises, fait s’envoler la dette de la ville, qui atteindrait désormais 100 milliards de yuans (12 milliards d’euros). Le paiement des fonctionnaires de la ville est en retard. La municipalité exerce donc actuellement une pression accrue sur les entreprises en retard de paiement de l’impôt pour qu’elles effectuent les versements qu’elles doivent aux autorités. 

En pleine tension sur le financement bancaire, le gouvernement local risque d’avoir bien du mal à rembourser 20% de son stock de dette en 2013, comme il s’en était fixé l’objectif en début d’année.

Source Les Echos/Edram/Le Temps juin13

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